Le Dniepr, fleuve lĂ©gendaire. VĂ©ritable symbole de l’Ukraine, ses rives ont forgĂ© quelques-unes des plus grandes villes du pays et inspirĂ© les plus belles lĂ©gendes. ColonisĂ© par les VarĂšgues au IXe siĂšcle, des vikings venu de SuĂšde, qui se sĂ©dentarisent sur ses bords pour faire prospĂ©rer leur commerce et Ă©tendre leur empire. Ce sera ensuite au tour des Cosaques zaporogues, fiers guerriers, de s’approprier les bords du Dniepr, eux qui forgeront l’identitĂ© contemporaine de l’Ukraine.

Aujourd’hui, si l’Ukraine se dĂ©chire et se divise, un lien inaliĂ©nable s’est tissĂ© entre sa culture et son football, fĂ©dĂ©rateur autour de la mĂšre-patrie. Chaque ville compte son Ă©quipe de football, invariablement amarrĂ©e Ă  l’histoire de celle-ci et irrĂ©mĂ©diablement attachĂ©e Ă  son identitĂ©, entre passĂ© et prĂ©sent, bonheur et malheur.

De Kiev Ă  Dnipropetrovsk, le fleuve du Dniepr accueille quelques une des grandes Ă©quipes du championnat ukrainien mais aussi et surtout de plus petit clubs, oĂč le folklore se marie sans concession au football. Partons Ă  la dĂ©couverte de ces villes et de leurs Ă©quipes de foot en se laissant porter par les flots dans un voyage dĂ©paysant et enchanteur.

Kiev

© Wadco2
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Notre voyage sur le Dniepr commence Ă  Kiev, capitale de l’Ukraine et plus grande ville du pays. Bijou architectural, Kiev est une ville qui s’est construite au fil des siĂšcles, diversifiĂ©e par les empires qui ont imprĂ©gnĂ© la ville de leur philosophie. Renaissance ukrainienne, pĂ©riode soviĂ©tique, empire de l’Eglise ou encore pĂ©riode contemporaine ont façonnĂ© cette ville aux mille visages comme l’une des plus belles d’Europe.

Épicentre des rĂ©volutions modernes, la capitale est aujourd’hui un symbole de libertĂ© et d’émancipation. La dynastie des Riourikides et les Hetmans Cosaques ont fondĂ© la Kiev ukrainienne, tandis que les occupations russe, lituanienne ou encore polonaise ont diversifiĂ© et enrichi la ville d’un patrimoine hors du commun. MusĂ©es, Ă©glises et bĂątiments d’époque donnent un charme sans Ă©gal Ă  la ville, accentuĂ© par ses nombreux espaces verts.

Monument commémorant les joueurs morts | © V&A Dudush
Monument commémorant les joueurs morts | © V&A Dudush

Qui dit capitale dit forcĂ©ment grande Ă©quipe de football. Bienvenue dans la ville du Dynamo, terreur soviĂ©tique par le passĂ© et dĂ©voreur de titres depuis l’indĂ©pendance de l’Ukraine.

CrĂ©Ă©e en 1927, l’équipe du Dynamo Kiev connait sa premiĂšre Ă©popĂ©e dans la tragĂ©die. En pleine Seconde Guerre mondiale, dans une Kiev occupĂ©e par les Nazis, huit de ses joueurs et trois du feu Lokomotiv Kiev gagnent le match de la mort, ce qui entraĂźne le courroux de la Gestapo qui s’amuse alors Ă  torturer certains de ses joueurs et Ă  en expĂ©dier d’autres vers des camps de concentration.


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Trois joueurs y laissent leur vie, fusillés par les soldats allemands pendant la tristement célÚbre Shoah par balle à Babi Yar.

Cet Ă©pisode douloureux ne brise pas l’élan de ce jeune club qui se relĂšvera et gagnera mĂȘme son premier trophĂ©e en URSS dix petites annĂ©es plus tard. Le club deviendra par la suite l’une des places fortes du football soviĂ©tique, gagnant 13 fois le championnat et 11 fois la coupe d’URSS, en ayant comptĂ© dans ses rangs des lĂ©gendes tel que Oleg Blokhine ou encore Valery Lobanovsky.

AprĂšs l’indĂ©pendance, le Dynamo Kiev continue de survoler le championnat Ukrainien en dĂ©crochant 14 fois le titre et soulevant 11 fois la coupe d’Ukraine mais est toutefois contrariĂ© dans son hĂ©gĂ©monie nationale par le Shakhtar Donetsk depuis le milieu des annĂ©es 2000.

Le Dynamo Kiev compte depuis l’Euro 2012 deux stades, le rustique et trĂšs soviĂ©tique Stade Dynamo Valery Lonbanovsky, rĂ©novĂ© depuis peu et antre du club principalement pour les rencontres de seconde zone de championnat, et le Stade Olympique de Kiev de 70 000 places qui accueille le club le plus souvent pour des matchs importants et les rencontres europĂ©ennes. Le Dynamo est un club trĂšs populaire Ă  travers l’Ukraine et compte une base de fans extrĂȘmement solide. PlutĂŽt orientĂ©s Ă  droite (voir trĂšs Ă  droite), ses ultras sont bruyants et spectaculaires.


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| © V&A Dudush
Le charmant stade de l’Obolon, 4500 places au compteur | © V&A Dudush

Si le Dynamo est le club principal de Kiev, son petit frĂšre l’Obolon-Brovar Kyiv, ressorti de terre il y a peu aprĂšs dix ans d’existence dans l’ombre, est tout aussi intĂ©ressant. SituĂ© dans le quartier populaire d’Obolon, le club sponsorisĂ© par la brasserie ukrainienne Obolon ZAT est actuellement deuxiĂšme de seconde division et pourrait bientĂŽt rejoindre l’élite du championnat ukrainien. Fort d’une popularitĂ© en hausse et d’un capital sympathie important de par la forte implication des fans dans le club, l’Obolon pourrait devenir dans peu de temps une autre belle place du football ukrainien Ă  Kiev, entraĂźnant un derby festif de par la trĂšs bonne entente entre les fans du Dynamo et de l’Obolon.

Tcherkassy

© MaverickLittle
© MaverickLittle

Bienvenue Ă  Tcherkassy ! SituĂ©e Ă  180 kilomĂštres en aval de Kiev, cette ville de prĂšs de 300 000 habitants est un symbole en Ukraine et l’a Ă©tĂ© en URSS pendant plusieurs dĂ©cennies. La forteresse de Koursoum, en pĂ©riphĂ©rie de Tcherkassy, fut l’une des capitales des Cosaques Zaporogues. Rempart des attaques nomades et principalement des Ottomans contre Kiev, Tcherkassy fut de tous temps un emplacement stratĂ©gique.

ThĂ©Ăątre de la Bataille de Tcherkassy en 1944, la ville et ses environs connaissent l’un des tournants du front de l’Est durant la Seconde Guerre mondiale. Inclue dans l’opĂ©ration Dniepr-Carpates de l’ArmĂ©e Rouge, la dĂ©faite cinglante des Allemands et la supĂ©rioritĂ© tactique des SoviĂ©tiques est la brĂšche par laquelle l’ArmĂ©e Rouge peut reconquĂ©rir Kiev puis le sud de l’Europe de l’Est. Cette victoire est aujourd’hui cĂ©lĂ©brĂ©e par une statue de la MĂšre Patrie, lieu de rassemblement principal Ă  Tcherkassy.

La région de Tcherkassy est connue pour ses trÚs beaux canyons et ses multiples riviÚres, affluents du Dniepr, qui sont un haut lieu de visite des habitants de Kiev désireux de quitter la ville le week-end pour se ressourcer.

© V&A Dudush
Le Central Stadium, enceinte du Dnipro | © V&A Dudush

La ville compte un club de football, le Dnipro Tcherkassy qui Ă©volue en seconde division. Comme beaucoup de clubs en Ukraine, le Dnipro a connu de gros soucis financiers et a disparu en 2009 avant de renaĂźtre il y a deux ans sous l’impulsion de ses fans et d’Ivan Yaremchuk, ancien joueur du club et passĂ© par le Dynamo Kiev et la sĂ©lection soviĂ©tique.

Le club est aujourd’hui Ă  la 3Ăšme place du championnat de seconde division et aura l’occasion cette annĂ©e de se battre pour obtenir le premier ticket pour la premiĂšre division de son histoire.

Kremenchuk

© V&A Dudush
© V&A Dudush

Sur notre chemin dans la descente du Dniepr se dresse l’un des endroits les plus importants d’Ukraine : le rĂ©servoir de Kremenchuk. Grand de 2 550 km2, ce rĂ©servoir abrite la centrale hydroĂ©lectrique de Kremenchuk qui fournit prĂšs de la moitiĂ© de la consommation annuelle d’électricitĂ© du pays.

Ancien point central du commerce en Ukraine, sa position Ă  mi-chemin entre Moscovie et Mer Noire fut une aubaine pour les Cosaques qui s’enrichirent dans les affaires, fournissant aussi bien les royaumes de Russie que de Pologne ou de Lituanie. Le rĂ©servoir est une source de revenus pour sa rĂ©gion et notamment pour la ville. Kremenchuk est aussi un lieu important de l’industrie ukrainienne et ses entreprises prospĂšres ont eu un grand effet bĂ©nĂ©fique sur la ville, qui s’est modernisĂ©e et continue de se dĂ©velopper malgrĂ© la crise Ă©conomique qui touche l’Ukraine.

Le 26 Juillet 2014, Oleh Babayev, le maire de Kremenchuk est assassinĂ© Ă  Lviv par un homme masquĂ© et armĂ©e d’un pistolet Ă  silencieux alors qu’il se rend Ă  un congrĂšs parlementaire. Cet assassinat est un choc pour la rĂ©gion et la ville, mais aussi pour le pays alors dĂ©vastĂ© par les troubles politiques et militaires dans l’Est du pays. Babayev Ă©tait un pro-Maidan avĂ©rĂ©, s’étant rendu Ă  plusieurs reprises au square de l’indĂ©pendance Ă  Kiev et se positionnant pour une Ukraine plus moderne. Babayev Ă©tait aussi un passionnĂ© de sport et lors de son mandat Ă  la mairie, il mit un point d’honneur Ă  faire rĂ©nover tous les parcs et aires de jeu sportives, tout en continuant Ă  endosser le rĂŽle de prĂ©sident du club de foot local, le Kremin Kremenchuk. Le club de foot de la ville Ă©volue en troisiĂšme division et n’a plus jouĂ© en premiĂšre division depuis 1998.

Le Kremin Stadium sert de terrain de jeu au club et est rĂ©guliĂšrement bien garni malgrĂ© le faible niveau de jeu. Le stade est construit en 2010 sur l’initiative du maire, et possĂšde la particularitĂ© d’avoir un terrain synthĂ©tique. Le club a part ailleurs dĂ©cidĂ© de laisser Ă  titre posthume le poste de prĂ©sident Ă  Oleh Babayev, laissant vacante sa place au siĂšge du club.

Dnipropetrovsk

© Giorgio Tomassetti
© Giorgio Tomassetti

Oh Dnipropetrovsk, tes parcs somptueux, tes immeubles staliniens, tes activitĂ©s nautiques sur le Dniepr l’étĂ©, tes rues bondĂ©es de soldats en permission, ton balai infernal d’ambulances revenant du front de l’Est..

Il fait bon vivre Ă  Dnipropetrovsk, ville la plus russophone d’Ukraine mais qui n’a pas sombrĂ© dans les affres de la Novorossiya. Une ville fondĂ©e par les RuthĂšnes qui fuyaient les persĂ©cutions de la Pologne lituanienne pour y crĂ©er un Hetmanat, l’administration dĂ©mocratique Cosaque.

Dnipropetrovsk Ă©tait l’un des fleurons industriels de l’URSS et accueillait des usines d’armement (missiles) mais aussi des centres de recherche et dĂ©veloppement dans l’aĂ©ronautique pour les satellites ainsi que des usines pour les transports ferroviaires.

Aujourd’hui la ville s’est embellie avec la rĂ©novation de ses espaces verts et publics, et l’amĂ©nagement des rives du Dniepr qui a sublimĂ© la vielle ville et modernisĂ© le centre-ville. Toutefois, sa pĂ©riphĂ©rie reste encore trĂšs marquĂ©e par l’Ă©poque stalinienne avec des barres d’immeubles et des petites maisons qui regroupent les quartiers populaires de la ville. Mais Dnipropetrovsk c’est aussi sa rive Est avec son superbe parc Taras Shevchenko, plĂ©biscitĂ© par ses habitants pour se promener et passer un moment agrĂ©able au calme.

Dnipropetrovsk, c’est aussi le FK Dnipro. FiertĂ© de la ville, qui a vibrĂ© au rythme de son Ă©quipe de foot lors son Ă©popĂ©e en Europa League l’an passĂ©, mĂȘme s’ils sont restĂ©s bien malgrĂ© eux Ă  distance de leurs exploits. L’UEFA estimant que la ville n’était pas sĂ»re en raison de la guerre qui se situait Ă  une centaine de kilomĂštres, le Dnipro a atteint la finale de l’Europa League aprĂšs bien des pĂ©ripĂ©ties mais sans jouer un match a la maison.

Cette finale perdue les armes Ă  la main contre SĂ©ville (3-2) est sĂ»rement une des plus belles lignes du palmarĂšs du Dnipro mais c’est loin d’ĂȘtre une surprise quand on sait que l’équipe se bat depuis quelques annĂ©es les yeux dans les yeux avec le Shakhtar Donetsk et le Dynamo Kiev.


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TĂȘte d’affiche du championnat soviĂ©tique dans les annĂ©es 80, pĂ©riode pendant laquelle l’équipe dĂ©croche deux titres et une coupe d’URSS, le Dnipro se contente de jouer un rĂŽle d’outsider aprĂšs l’éclatement du bloc de soviĂ©tique et son intĂ©gration au championnat ukrainien. Equipe redoutable mais jamais dominatrice sur une saison, le Dnipro n’accroche que quelques finales de coupe et une seconde place en championnat depuis 1992.


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https://www.youtube.com/watch?v=duwyD7QyIkU

Le Dnipro jouit d’une grande popularitĂ© dans la ville malgrĂ© un stade quelques fois bien vide, et les Ă©vĂ©nements rĂ©cents ont contribuĂ© Ă  rapprocher le club de sa ville. Grande cĂ©lĂ©brations avec ses joueurs et concert gratuit dans son stade ont permis au club d’accroĂźtre sa popularitĂ©, ce qui a permis aussi Ă  ses ultras de passer de l’ombre Ă  la lumiĂšre. DotĂ©s d’une moyenne d’ñge jeune, eux qui n’ont pratiquement connu que l’Ukraine indĂ©pendante se sont mobilisĂ©s en masse pour soutenir aussi bien physiquement lors des manifestations que financiĂšrement, avec un projet pour l’hĂŽpital, la volontĂ© d’émancipation de l’Ukraine et d’unitĂ© du pays. Ces Ă©vĂ©nements ont permis Ă  Dnipropetrovsk d’ĂȘtre une ville calme et sans tension, premiĂšre grande citĂ© prĂšs des rĂ©gions sĂ©paratistes.

Zaporijia

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Un village cosaque refait Ă  l’identique sur l’üle de Khortytsa | © Wikinymous

Zaporijia, la ville des Cosaques. VĂ©ritable symbole en Ukraine, la ville fait face Ă  l’üle Khortytsa qui accueille au XVIĂšme siĂšcle un des plus grands camps cosaque et est la capitale symbolique des Zaporogues. Premier rempart contre les attaques des Ottomans et des Tatars de CrimĂ©e contre Kiev, l’üle est alors un rempart infranchissable pour les ennemis venus du sud. TombĂ©e aprĂšs une bataille sanglante contre la Moscovie, la Tsarine Catherine II fait dĂ©truire totalement la ville pour imposer sa domination et poursuivre l’éradication des Cosaques, trop nationalistes et indĂ©pendants Ă  son goĂ»t.

Lors de l’ùre soviĂ©tique, la ville est industrialisĂ©e de par sa prĂ©sence gĂ©ographique Ă  mi-chemin entre les mines de charbon de Donetsk et le site de production de Fer de KryvyĂŻ Rih. Aujourd’hui, cet hĂ©ritage est restĂ© et Zaporijia accueille le plus grand constructeur automobile d’Ukraine ainsi qu’un leader dans le domaine ferroviaire.

C’est donc en toute logique que le club de la ville est nommĂ© le Metalurg Zaporijia. Si il n’a jamais inscrit une ligne sur son palmarĂšs, sa prĂ©sence en premiĂšre division depuis 1992 fait de lui un acteur rĂ©current du football ukrainien, bien que sauvĂ© sur tapis vert ces deux derniĂšres annĂ©es aprĂšs la disparition de plusieurs clubs. MalgrĂ© un groupe d’ultras bruyants et une Ă©quipe accrocheuse, le stade sonne souvent bien creux et n’attire pas non plus les investisseurs. Le club se trouve dans une situation financiĂšre critique depuis que son propriĂ©taire a annoncĂ© son retrait progressif du club, et est du mĂȘme coup devenu persona non grata dans la ville, accusĂ© d’ĂȘtre Ă  la botte des sĂ©paratistes de l’Est.


Voir aussi : Le Metallurg Zaporozhye survivra-t-il ?


© photofact
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De lĂ  est nĂ© le mouvement spontanĂ©e lancĂ© par les ultras « #SaveFCMZ » qui a pour but de mettre en lumiĂšre les difficultĂ©s du club et d’inciter les Ă©ventuels sponsors Ă  s’y intĂ©resser. Le mouvement a pris beaucoup d’ampleur que ce soit Ă  Kiev, Lviv ou Kharkiv mais aucun repreneur ne s’est encore manifestĂ©, ce qui rend l’avenir du club bien incertain… Comme tant d’autres en Ukraine.

Kherson

© 7777777kz
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FondĂ© par Grigori Potemkine aprĂšs la colonisation du sud de l’Ukraine par la tsarine Catherine II au XVIIIĂšme siĂšcle pour sa proximitĂ© avec la mer noire et son emplacement stratĂ©gique dans la guerre russo-turque, la ville de Kherson est aujourd’hui la capitale en exil de la RĂ©publique Autonome de CrimĂ©e depuis son annexion par la force par la Russie.

Fleuron de l’industrie maritime et porte d’entrĂ©e sur la mer noire, Kherson est une ville Ă©conomiquement prospĂšre grĂące Ă  son port international et ses entreprises diverses. Kherson Ă©tant autant ukrainophone que russophone, ce qui est assez rare dans le sud de l’Ukraine, jamais les tensions de sa voisine de CrimĂ©e et de ses cousins de l’Est n’ont dĂ©teint sur la ville. Premier relais de CrimĂ©e en Ukraine, la ville a accueilli quelques milliers de personnes qui ont fui la pĂ©ninsule et principalement des Tatars. Pour faciliter leur intĂ©gration et leur accueil, la ville a dĂ©cidĂ© d’entreprendre la construction d’une grande mosquĂ©e, preuve que l’intĂ©gration de cette minoritĂ© musulmane, ainsi que de tous les expatriĂ©s de CrimĂ©e, est une prioritĂ©.

Si Kherson a accueilli des habitants de CrimĂ©e, la ville pourrait aussi voir un club de football venir s’implanter en son sein. En effet le Tavrya Simferopol, premier vainqueur du championnat d’Ukraine indĂ©pendant en 1992, est pressenti pour venir s’installer Ă  Kherson et ce dĂšs l’annĂ©e prochaine. Si la situation est pour l’instant encore floue, une fusion avec le club local, le Krystal Kherson, est une option. Pensionnaire de troisiĂšme division aprĂšs plusieurs annĂ©es de disparition du football professionnel, le club possĂšde des infrastructures adĂ©quates aux besoins d’un club de premiĂšre division, ce qui crĂ©dibilise la possible fusion et donc renaissance du Tavrya Simferopol Ă  Kherson.

Le Dniepr s’en va maintenant se jeter dans la Mer Noire et marque ainsi la fin de notre voyage Ă  travers ses villes et ses clubs de foot, son passĂ© et son prĂ©sent. En espĂ©rant vous avoir montrĂ© une autre face de l’Ukraine, plus attachante et fleurie qu’à l’accoutumĂ©e, et vous avoir fait dĂ©couvrir une autre vision du football ukrainien, fidĂšlement attachĂ© Ă  ses racines mais fragile comme une fleur dĂšs que le vent se lĂšve.

Bastien Cosquer


Photo à la une : © Dmitry A. Mottl

Balade sur les bords du Dniepr
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