Autriche Euro 2016 : Présentation de l’Autriche

Quentin Guéguen
Quentin Guéguen - Publié le 2 juin 2016

De retour à l’Euro après avoir manqué l’édition 2012, la Wunderteam nourrit des ambitions assez logiques au vu de ses qualifications impressionnantes. Si l’objectif est « d’entendre l’hymne national plus de trois fois » en France dixit le président de l’ÖFB, il ne serait pas impossible de voir l’Autriche aller loin dans cette compétition tant elle semble être en avance dans sa préparation.

Autriche

La sélection

Gardiens :

Robert Almer (Austria Wien), Heinz Linder (Eintracht Frankfurt), Ramazan Özcan (FC Ingolstadt)

Défenseurs :

Aleksandar Dragovic (Dynamo Kyiv), Christian Fuchs (Leicester City, ANG), György Garics (SV Darmstadt), Martin Hinteregger (Borussia Mönchengladbach), Florian Klein (VfB Stuttgart), Sebastian Prödl (Watford), Markus Suttner (FC Ingolstadt), Kevin Wimmer (Tottenham)

Milieux de terrain :

David Alaba (FC Bayern München), Marko Arnautovic (Stoke City), Julian Baumgartlinger (FSV Mainz), Martin Harnik (VfB Stuttgart), Stefan Ilsanker (RB Leipzig), Jakob Jantscher (FC Luzern), Zlatko Junuzovic (Werder Bremen), Valentino Lazaro (RB Salzburg), Marcel Sabitzer (RB Leipzig), Alessandro Schöpf (Schalke 04)

Attaquants :

Lukas Hinterseer (FC Ingolstadt), Rubin Okotie (1860 München), Marc Janko (FC Basel).

Équipe-type

österreich

Créé via best11.eurosport.com

Les points forts

Avant cet Euro français, beaucoup de sélections avancent dans l’incertitude, entre blessures et forme en dents de scie. Ce n’est absolument pas le cas de l’Autriche. La Wunderteam est prête depuis quelques mois, le onze est trouvé depuis deux ans et il ne bougera pas, Marcel Koller étant plutôt un fan du dicton « on ne change pas une équipe qui gagne ». Tout est prêt pour faire mieux qu’en 2008 et ça ne sera sûrement pas très compliqué.

Koller, le contrat de confiance

Avant son Euro 2008, organisé conjointement avec la Suisse, les supporters autrichiens n’étaient absolument pas sereins. 10 000 d’entre eux avaient d’ailleurs signé une pétition pour exiger le retrait de leur sélection, jugée trop mauvaise. 8 ans plus tard, point de Crowdfunding pour payer des billets retours express aux joueurs autrichiens. L’arrivée du technicien helvète Marcel Koller a redonné de l’allant à une équipe nationale sans éclat. Il s’est appuyé sur la génération qui a terminé quatrième au mondial U20 en 2007, avec notamment Junuzovic, Harnik, Suttner et Prödl. Cette nouvelle colonne vertébrale a eu l’occasion de faire ses preuves sur le terrain, avec un parcours époustouflant en éliminatoires. Dans le groupe G, l’Autriche a remporté 28 points sur 30 possibles, ne concédant qu’un nul face à la Suède. C’est simple, seule l’Angleterre a fait mieux. Sûre de sa force, l’Autriche débarque en France avec de nombreuses certitudes.

Un collectif parfaitement rodé

Avec un schéma en 4-2-3-1, l’Autriche se permet d’avoir d’entrée quatre joueurs destinés à l’attaque. Si certains peuvent y voir un déséquilibre, la paire du milieu AlabaBaumgartlinger effectue le travail de l’ombre avec un nombre incalculable de kilomètres parcourus pour combler les espaces. Juste devant eux, Harnik, Junuzovic et Arnautovic forment un trio complémentaire, avec deux ailiers capables d’intervertir leur position. Enfin Mark Janko occupe le poste de pointe fixe. Avec sa taille colossale (1,96 m), il demeure une arme redoutable dans le domaine aérien. Avec de très bons tireurs de coups de pied arrêtés comme Alaba, Fuchs ou Junuzovic, le danger sera considérable dans ce secteur de jeu pour les adversaires des Rot-Weiß-Roten. En éliminatoires, les Autrichiens ont inscrit 22 buts. Pas forcément monstrueux mais c’est la variété des buteurs qui est très intéressante ici. Chaque membre du quatuor a planté, ne laissant que peu de place au doute. Malgré un système où le socle défensif est important, le spectacle sera au rendez-vous.

Le collectif autrichien sera difficile à stopper. / © Christian Hofer/Getty Images)

Le collectif autrichien sera difficile à stopper. | © Christian Hofer/Getty Images

Les points faibles

Mais l’Autriche reste l’Autriche et n’est pas encore considérée comme un grand d’Europe ou un favori de cet Euro. La raison est simple, la sélection de Marcel Koller a encore des failles que les adversaires pourront exploiter pour bouger le solide collectif bien rodé.

Un manque d’expérience européen

Ce sera pour beaucoup la première compétition internationale avec l’Autriche. Sur les 23 joueurs appelés par Marcel Koller, seulement 5 étaient présents : Özcan, Garics, Prödl, Fuchs et Harnik. Cela fait peu d’expérience internationale, et difficile de comparer la Ligue des Champions, qu’Alaba et Dragovic ont disputé, à l’Euro tant le format est différent. Les six matchs de poules deviennent trois et les matchs aller-retour deviennent secs. Le droit à l’erreur est moindre dans un Euro et c’est cette pression que les Autrichiens devront gérer pour espérer aller loin. Dès le premier match face à la Hongrie, on pourra néanmoins déjà faire un premier état des lieux à ce niveau. Un excellent début de compétition est primordial et pourrait libérer l’Autriche. On peut néanmoins noter que l’Islande et la Hongrie, deux de leurs adversaires dans le groupe F, n’en ont pas plus qu’eux. Un certain avantage dans l’inconvénient, donc.

Une profondeur de banc incertaine

Si le onze type se détache facilement, est clair et déjà connu – une interrogation se pose néanmoins sur le défenseur central à côté de Dragovic entre Prödl et Hinteregger –, le reste de la sélection peut poser problème. Une blessure d’un joueur, notamment au milieu de terrain, pourrait venir déranger l’engrenage autrichien. La différence de niveau entre les titulaires et les remplaçants est assez notable. Okotie et Hinterseer avec Janko devant, Ilsanker avec Baumgartlinger et Alaba, Sabitzer avec Arnautovic, Suttner avec Fuchs… si les remplaçants restent des bons joueurs capables d’apporter en entrant 15 voire 30 minutes, une perte d’un titulaire important serait vécue comme une catastrophe. Le groupe autrichien n’est pas assez homogène pour se permettre de perdre un joueur comme Alaba, Junuzovic ou Arnautovic.

L’homme à suivre

Julian Baumgartlinger. / © David Rogers/Getty Images

Julian Baumgartlinger / © David Rogers/Getty Images

Pas de David Alaba, mais plutôt son alter-ego du milieu de terrain, Julian Baumgartlinger. Car si Alaba est si performant en sélection en tant que milieu de terrain libre et peut être utilisé de cette manière par Koller, c’est surtout parce que Baumgartlinger compense merveilleusement bien ses montées. Récemment transféré à Leverkusen, Baumgartlinger est une véritable machine à courir (13,6 kilomètres contre le Bayern avec Mayence cette saison), intelligent et techniquement pas maladroit. Le complément idéal d’Alaba au milieu et le garant de l’équilibre de l’Autriche. Il ne sera pas souvent mentionné car il ne fait rien de très vendeur, mais Julian Baumgartlinger est indispensable à son équipe.

La prévision

Avec un onze titulaire solide, des joueurs qui tournent très bien ensemble depuis deux ans et un groupe « à sa portée », l’Autriche a toutes les cartes en main pour sortir des poules. Avec plus de joueurs expérimentés, de qualité et présents dans les grands championnats que l’Islande et la Hongrie, elle pourrait même batailler pour la première place avec le Portugal. Plus aguerris, les coéquipiers de Cristiano Ronaldo devraient tout de même assurer le coup. Les hommes de Marcel Koller pourraient ainsi affronter le deuxième du groupe B, à savoir la Russie, le Pays de Galles ou la Slovaquie. Trois sélections à leur portée, même si le scénario reste imprévisible. Le quart de finale pourrait bien sonner le glas des Autrichiens, avec sur leur route le premier du groupe A, à savoir la France vraisemblablement. Mais avec toutes les blessures et problèmes extrasportifs que rencontre Didier Deschamps, la vérité d’aujourd’hui n’est pas celle de juillet prochain…

Adrien Mathieu & Quentin Guéguen


Image à la une : © SAMUEL KUBANI/AFP/Getty Images

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J'aime les draniki sans champignon, et accessoirement le football biélorusse et autrichien.

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