Autopsie de la sélection soviétique, entre propagande et réalité

Rémy Garrel
Rémy Garrel - Publié le 6 octobre 2015

En ces périodes de tensions extrêmes entre Russes et Ukrainiens, le spectre de l’URSS flotte au dessus de la frontière. Sur fond de guerre dissimulée, les combats se livrent aussi sur le terrain médiatique et font resurgir les vieilles discordes historiques. Certains pays, ex-membres de l’Union Soviétique, réclament depuis bien longtemps la pleine et entière reconnaissance de leur participation dans des domaines divers et variés. On sait aujourd’hui que certaines parties de l’histoire soviétique prêtent à confusion, notamment la participation massive de soldats ukrainiens et biélorusses durant la Seconde Guerre Mondiale dans les rangs de l’Armée Rouge, que Moscou peine à reconnaître.

Un certain nombre de voix s’élève aujourd’hui contre la mémoire sélective des Russes, à qui la FIFA a officiellement attribué les records et le palmarès de la sélection soviétique. Qu’en est-il de la réalité du rectangle vert ? Qui sont ces joueurs qui ont fait l’histoire du football soviétique ? Zigzaguant entre propagande et guéguerre d’état(s), Footballski a sorti sa calculette et ses vieux bouquins d’histoire afin d’éclaircir en partie le nuage radioactif qui entoure cette mythique sélection au maillot rouge. Suivez le guide.

Les données de l’étude

Impossible ou presque de rassembler des statistiques complètes et ultra précises sur l’ensemble des joueurs sélectionnés avec l’URSS depuis sa création. Nous avons donc choisi, comme base pour l’étude, les joueurs sélectionnés pour les sept Coupes du Monde que l’URSS a disputée entre 1958 et 1990. Ainsi, la population étudiée est assez importante pour exploiter des statistiques et reste assez représentative en terme d’importance des joueurs dans l’histoire de leur équipe.

Pour chaque Coupe du Monde, l’étude se présentera de la manière suivante : le premier graphique représente en pourcentage la nationalité réelle des joueurs qui composent la liste. Étant tous nés en Union Soviétique, leur nationalité réelle est déterminée par leur lieu de naissance ou par la nationalité choisie après la chute de l’URSSLe graphique n’inclut pas la nationalité du sélectionneur. Le second graphique représente, aussi en pourcentage, les clubs des joueurs au moment de la compétition.

Barbouzes et ballon rond

L’histoire de cette équipe soviétique commence en 1923, quelques mois après la création de l’URSS, avec une victoire sur la Suède à Stockholm. Il faudra pourtant attendre une année de plus avant d’obtenir l’homologation de la FIFA et l’officialisation de leurs rencontres.

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© sovsport.ru

Après être passé par diverses ligues régionales, viendra ensuite la création du championnat domestique. Le Spartak et le Dinamo Moscou vont se tirer la bourre durant ses débuts, avec leurs camarades de l’Armée du CDKA Moscou (futur CSKA Moscou).

Le CDKA sera, jusqu’aux années cinquante, le principal fournisseur d’internationaux. Mais la politique va brutalement en décider autrement. La sélection sera battue, aux J.O. d’Helsinki en 1952, par la sélection yougoslave. Une insulte pour l’URSS en raison des relations tendues entre Staline et Tito. Le gouvernement déclarera que cette défaite porte « un préjudice sérieux au prestige du sport soviétique et à l’État soviétique ». Pointés du doigt, les internationaux du CDKA vont en subir les conséquences. L’ordre N°793 emmenant du Comité des Sports ordonnera la dissolution pure et simple du club. Les joueurs seront reversés au sein des autres équipes. Les rumeurs diront que cette défaite aurait servi de prétexte au redoutable Lavrenti Beria, chef des services secrets (NKVD), pour se débarrasser du CDKA, principal rival du Dinamo Moscou, son club affilié. Le club sera réhabilité deux années plus tard après la mort de Joseph Staline.

Coupe du Monde 1958, les grands débuts

La Coupe du Monde 1958 va marquer la première participation de l’URSS dans une compétition de cette envergure, deux ans après avoir remporté la médaille d’or aux J.O de Melbourne, prenant au passage leur revanche sur les Yougoslaves en finale. Une époque qui marque véritablement les grands débuts de cette sélection soviétique dans les hautes sphères du football mondial.

Deuxièmes ex-æquo de leur groupe derrière le Brésil, les Soviétiques disputeront un match de barrage face à l’Angleterre qu’ils remporteront 1 à 0 pour valider leur ticket pour les quarts. L’URSS sera battue au tour suivant par la Suède, le pays organisateur.

La liste des 22 : Lev Yashin / Vladimir Kesarev / Konstantin Krizhevsky / Boris Kuznetsov / Yuriy Voynov / Igor Netto / German Apukhtin / Valentin Ivanov / Nikita Simonyan / Sergei Salnikov / Anatoli Ilyin / Vladimir Maslachenko / Vladimir Belyayev / Leonid Ostrovskiy / Anatoli Maslyonkin / Viktor Tsaryov / Aleksandr Ivanov / Valentin Bubukin / Gennadi Gusarov / Yuri Falin / Genrikh Fedosov / Vladimir Yerokhin
Sélectionneur : Gavriil Kachalin
CDM 58 Nat

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Une très grande majorité des participants était de nationalité russe, et issue des clubs de la capitale. Rien d’étonnant tant la domination des clubs moscovites était écrasante à cette époque. Les 23 premiers championnats soviétiques seront remportés par un club de Moscou. Il faudra patienter jusqu’à l’année 1961 pour voir un club non-russe émerger au top niveau, en la personne du Dynamo Kiev.

Cette sélection soviétique va se faire une renommée grâce à son historique ossature russe. Valentin Ivanov, héro des JO 56, sera un des attaquants les plus prolifiques de l’histoire de l’URSS, accompagné au milieu de terrain par l’emblématique capitaine et légende du Spartak, Igor Netto. Une ossature complétée et magnifiée par l’immense Lev Yashin, le seul gardien de but à avoir remporté le Ballon d’Or.

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De gauche à droite, Igor Netto, Sergeï Salnikov & Lev Yashin | © wikipedia

La terreur qu’avait irradiée Joseph Staline sur les pays satellites de la Russie, pour ne pas dire les crimes qu’il y avait commis, n’a sans doute pas aidé à l’intégration de joueurs non russes dans l’équipe durant ces années précédant la Coupe du Monde. L’Après Guerre aura marqué l’apogée de la paranoïa stalinienne, une période à laquelle personne n’osait s’opposer au secrétaire général du PC, sous peine de disparaître de la circulation très rapidement. Lui, le Géorgien moqué pour son accent du Caucase et réputé pour avoir porté les coups les plus durs à ses (anciens) compatriotes, va finalement rendre l’âme dans une certaine confusion après une série de barbouzeries croisées avec le chef du NKVD, ce bon Lavrenti Beria.

Parmi les clubs, le Dinamo Moscou, champion écrasant en 1957 et vice-champion l’année suivante, est logiquement le plus représenté avec 7 joueurs. Cette année-là qui verra le Spartak l’emporter avec une petite unité d’avance sur le Dinamo, avec dans ses rangs le meilleur buteur de la compétition, Anatoli Ilyin, auteur de 19 réalisations en 22 rencontres. Cinq internationaux étaient donc issus du Spartak, champion en titre avant le Mondial en Suède. Le troisième larron s’appelait le Torpedo Moscou, vice-champion en 57 avant une saison très moyenne en 58 et une septième place sur douze. Ce qui n’a pas empêché le coach Gavriil Kachalin de sélectionner 4 joueurs du Torpedo, dont Valentin Ivanov, le troisième meilleur buteur de l’histoire de la sélection et Leonid Ostrovskiy, le (seul) Letton.

Une nouvelle histoire incroyable va alors sortir du chapeau de l’URSS juste avant la Coupe du Monde, Eduard Streltsov, la star absolue du Torpedo qui totalisait à l’époque 37 buts en 30 matchs (matchs amicaux inclus) sous le maillot soviétique, ne sera pas emmené au mondial. Et pour cause, le buteur sera condamné à douze ans de camp de travail forcé pour viol sur la fille d’un général de l’Armée Rouge. Cette histoire est celle d’un joueur hors norme qui n’est sans doute pas né dans le bon pays, ni à la bonne époque. Streltsov était régulièrement pointé du doigt par les dirigeants communistes pour ses extravagances en dehors des terrains : alcool, soirées, refus d’être transféré de force… bref très loin des affiches de propagande montrant des athlètes soviétiques parfaits sur tous les points. Finalement, la star du Torpedo sera libérée en 63 et pourra poursuivre sa carrière. Un grand gâchis…

Streltsov, légende du Torpedo Moscou

Streltsov, légende du Torpedo Moscou | © ugorizont.ru

 

Coupe du Monde 1962, le pétard mouillé

Auréolés deux ans plus tôt d’un titre de champion d’Europe, les Soviétiques feront naturellement partie des favoris de la compétition. Premiers de leur poule devant la Yougoslavie de Skoblar, leur parcours va prématurément s’arrêter au tour suivant face au Chili. L’URSS est donc une nouvelle fois défaite par le pays organisateur. La Coupe Jules Rimet ira au Brésil de Zito, vainqueur de la Tchécoslovaquie par 3-1.

La liste des 22 : Lev Yashin / Vladimir Maslachenko / Sergo Kotrikadze / Eduard Dubinski / Givi Chokheli / Leonied Ostrovskiy / Anatoli Maslyonkin / Albert Shesternyov / Nikolai Manoshin / Igor Netto / József Szabó / Valery Voronin / Gennadi Gusarov / Valentin Ivanov / Viktor Kanevskyi / Aleksei Mamykin / Mikheil Meskhi / Slava Metreveli / Viktor Ponedelnik / Viktor Serebryanikov / Galimzyan Khusainov / Igor Chislenko 

Sélectionneur : Gavriil Kachalin

CDM 62 Nat

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Les joueurs russes seront toujours majoritaires dans la sélection bien qu’en net recul par rapport au Mondial précédent (12 au lieu de 18). József Szabó du Dynamo Kiev va inscrire la Hongrie au palmarès, tandis que la Géorgie fait son apparition elle aussi grâce à la montée en puissance du Dinamo Tbilissi. Troisième en 59, le club géorgien se trouvera un serial buteur en la personne de Zaur Kaloev. Après un premier passage mitigé au Dinamo (1953-1957), Kaloev revient en 1959 pour terminer meilleur buteur du championnat avec 16 réalisations. L’année suivante va marquer une petite révolution pour le football soviétique avec la refonte du championnat et l’arrivée d’un système type « playoffs ». Les 22 clubs seront divisés en deux groupes avec confrontations aller-retour puis segmentés en quatre groupes pour la phase playoffs (du 1er au 6ème, 7ème au 12ème, 13ème au 18ème, et 19ème au 22ème).

Les Géorgiens se rateront lors de la phase finale du championnat 1960 pour finalement échouer à la huitième place. Kaloev terminera tout de même meilleur buteur pour la seconde fois consécutive avec 20 réalisations. La déception en championnat sera suivie de celle en coupe d’URSS avec une défaite en finale face au Torpedo Moscou. Le Torpedo qui va réussir le doublé cette année-là et s’inviter au palmarès des clubs moscovites déjà titrés, sans son héros Streltsov mais toujours grâce aux performances constantes de Valentin Ivanov.

La délivrance d’un titre ne viendra que deux saisons après la Coupe du Monde pour le Dinamo Tbilissi mais, au-delà des résultats, c’est la qualité et la beauté du football pratiqué à l’époque par ces Géorgiens qui vont attirer l’œil du sélectionneur russe Gavriil Kachalin, qui d’ailleurs finira par coacher le Dinamo pour lui offrir son premier titre. Les médias occidentaux vont même comparer cette génération de Géorgiens, les Mikhaïl Meshki, Zaur Kaloev, Slava Metreveli, Givi Chokheli, aux stars sud-américaines de l’époque. Les gens n’attendaient qu’une seule chose : des joutes européennes pour le Dinamo Tbilissi. Mais patience…

Mikhaïl Meshki & Slava Metreveli

Mikhaïl Meshki & Slava Metreveli | © sports.ru

Pourtant bien lancé, le Torpedo ne fera pas le back-to-back en 1961, la faute au Dynamo Kiev de Valeriy Lobanovskiy et de József Szabó, tous deux joueurs à l’époque. L’équipe de la capitale ukrainienne réalise alors l’exploit de mettre fin à 23 ans de domination russe. L’année 62 qui précède le Mondial au Chili verra le Spartak terminer devant le Dinamo Moscou. Le championnat soviétique est alors beaucoup plus ouvert en ce qui concerne la victoire finale, la domination du trio Spartak – CSKA – Dinamo est mise à mal et la composition de la sélection de 1962 s’en ressent. Derrière le Torpedo (6 internationaux), le CSKA, le Spartak Moscou, le Dynamo Kiev et le Dinamo Tbilissi comptent chacun trois internationaux.

Buteur en toute fin de match en finale de l’Euro 1960 face aux Yougoslaves, Viktor Ponedelnik est le seul représentant du SKA Rostov, très bon en sélection malgré les résultats mitigés de son club, seulement neuvième en 62. Auteur de 20 buts en 29 rencontres internationales, l’avant centre natif de Rostov est lui aussi passé à côté de sa carrière. Pas de goulag pour Ponedelnik mais sa fidélité sans failles à sa ville natale ne lui rapportera aucun titre malgré de belles performances sur le terrain. Il commencera sa carrière au Rostselmach Rostov (aujourd’hui connu comme le FC Rostov), accumulant les belles stats il continuera donc sa carrière au SKA Rostov et connaîtra enfin le succès avec la sélection seulement. A 29 ans il devra mettre un terme à sa carrière pour des raisons de santé, peu après un transfert au Spartak Moscou, qui lui aurait peut être enfin permis de briller en club.

 

Coupe du Monde 1966, une quatrième place encourageante

Le Mondial 66 revient en Europe et les phases de poules vont bien réussir aux Soviétiques qui réalisent un sans faute devant la surprenante Corée du Nord qui terminera seconde de la poule. Le coach Nikolaï Petrovic Morozov, ancien joueur et entraîneur du Torpedo, emmènera ses hommes jusqu’en demi-finale, conclue par une défaite 2-1 face à l’Allemagne de l’Ouest de Franz Beckenbauer. Même sanction pour la petite finale face au Portugal. Les Soviétiques termineront donc à la quatrième place de ce mondial anglais avec comme meilleur buteur l’Ukrainien Valeriy Porkujan tout juste transféré d’Odessa à Kiev.

La liste des 22 : Lev Yashin / Viktor Serebryanikov / Leonid Ostrovskiy / Vladimir Ponomaryov / Valentin Afonin / Albert Shesternyov / Murtaz Khurtsilava / Yozhef Sabo / Viktor Getmanov / Vasiliy Danilov / Igor Chislenko / Valery Voronin / Alexey Korneyev / Georgi Sichinava / Galimzyan Khusainov / Slava Metreveli / Valeriy Porkujan / Anatoliy Banishevskiy / Eduard Malofeev / Eduard Markarov / Anzor Kavazashvili / Viktor Bannikov
Sélectionneur : Nikolaï Morozov
CDM 66 Nat

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Le championnat d’URSS est alors de plus en plus ouvert et le club des vainqueurs s’est entre-temps agrandi avec le Dinamo Tbilissi en 1964. Les cinq saisons qui précéderont le Mondial 66 verront cinq champions différents, le Spartak Moscou en 62, le Dinamo Moscou en 63, le Dinamo Tbilissi en 64, le Torpedo Moscou en 65 et le Dynamo Kiev en 66 qui réalise le doublé coupe-championnat. La sélection pioche maintenant un peu partout dans la grande corbeille soviétique et voit de nouvelles nationalités et de nouveaux clubs s’inviter à la fête.

Après une petite saison parmi l’élite (1949-1950) et une relégation dans la foulée, le club azerbaïdjanais du Neftyanik Bakou remontera en première division au début des années 60. Habitué au ventre mou du championnat, le club de la capitale va réaliser la meilleure saison de son histoire l’année de la Coupe du Monde (1966) en terminant à la troisième place derrière Rostov et Kiev. Composée principalement de joueurs locaux, cette équipe de Bakou reste dans l’esprit des Azerbaïdjanais comme la meilleure jamais bâtie. Emmené par le légendaire Anatoliy Banishevskiy, membre de la prestigieuse liste des 52 Golden Players ayant marqué l’histoire du foot ces cinquante dernières années. Avec 19 buts en 50 sélections, Banishevskiy trône aussi à la huitième place des meilleurs buteurs de sa sélection. Il formera un redoutable duo d’attaquants avec son compatriote Eduard Markarov, qui lui ne connaîtra malheureusement jamais le succès en sélection.

Cette année 66 va aussi constituer un record pour le SKA Rostov qui va réaliser sa meilleure performance en tant que vice-champion, derrière le Dynamo Kiev intouchable. Ces années soixante vont aussi nous pondre une autre légende Est-européenne, Eduard Malofeev. Le jeune attaquant sera auréolé d’un titre avec le Spartak Moscou en 1962, bien que n’ayant disputé qu’une poignée de matchs. Né en Russie à Kolomna, il prendra finalement la nationalité biélorusse après une carrière plus que bien remplit au Dinamo Minsk. Un club qu’il amènera au sommet dans les années 80. Le club de la capitale biélorusse entre lui aussi dans le palmarès soviétique, avec ses camarades non russes de Bakou, Kiev et Tbilissi.

Le défenseur Vasiliy Danilov clôt la liste des 22 en apposant le nom de son club à la sélection, le Zenit Leningrad, qui deviendra plus tard le Zenit St. Petersbourg. Club qui végétera durant de nombreuses années et qui terminera même à la dernière place du championnat la saison suivant la Coupe du Monde 66. Et hop, nouveau lapin sorti d’un chapeau communiste, en l’occurrence celui de Leonid Brejnev. Le Zenit sera sauvé de la relégation par le Parti Communiste, ne voulant pas voir la club descendre l’année des 50 ans de la révolution bolchevique, partie de Leningrad, ville sainte et ville symbole.

 

Coupe du Monde 1970, la déception avant le déclin

C’est le Mexique qui héritera de cette première Coupe du Monde en couleurs. Les Soviets se feront un plaisir de terminer en tête de leur groupe, devant les locaux. Les quarts de finale ne seront qu’une énième déception pour les Rouges qui devront s’incliner après prolongations face à des Uruguayens pourtant inférieurs à eux dans le jeu. A noter le retour sur le banc de Gavriil Kachalin après un titre avec Tbilissi et un passage avec les U21 soviétiques puis l’équipe olympique.

La liste des 22 : Leonid Shmuts / Anzor Kavazashvili / Valentin Afonin / Revaz Dzodzuashvili / Volodymyr Kaplychnyi / Evgeny Lovchev / Gennady Logofet / Murtaz Khurtsilava / Albert Shesternyov / Valeri Zykov / Kakhi Asatiani / Nikolay Kiselyov / Lev Yashin / Volodymyr Muntyan / Viktor Serebryanikov / Anatoliy Byshovets / Gennady Yevryuzhikhin / Slava Metreveli / Givi Nodia / Anatoliy Puzach / Vitaliy Khmelnytskyi / Valeriy Porkujan
Sélectionneur : Gavriil Kachalin
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Alors que le championnat oscille entre le format à deux groupes et le format initial, une phase aller et une phase retour, le Dynamo Kiev entérine sa mainmise sur le football soviétique avec trois titres de suite en 66, 67 et 68, puis vice-champion l’année suivante. Le club de la capitale ukrainienne est à nouveau le plus représenté en sélection, devant le Dinamo Tbilissi. Les deux Dynamo étant les seuls résistants à la puissance moscovite qui regagne sa place au soleil à la fin des années 60 avec les titres du Spartak (69) et du CSKA (70). La part de joueurs russes ne cesse de diminuer dans cette équipe pour finalement se trouver à égalité avec l’Ukraine (8 joueurs chacun). La Géorgie suit derrière avec six internationaux.

Retour manqué pour le sélectionneur Gavriil Kachalin

Retour manqué pour le sélectionneur Gavriil Kachalin | © sports.ru

La génération des Lev Yashin, Anatoliy Banishevskiy et autres Slava Metreveli va finalement raccrocher les crampons et voir cette sélection décliner d’année en année après la fessée 3-0 reçu en finale de l’Euro 72 contre l’Allemagne de l’Ouest.

 

Coupe du Monde 1982, le grand retour

Après douze années de disette et les non-qualifications en 74 et 78 ainsi qu’à l’Euro 80, l’URSS revient enfin pour disputer une phase finale de Coupe du Monde. Décevantes ces dernières années malgré l’avènement de nouveaux cadors tels qu’Oleg Blokhin, Ballon d’Or en 75, Leonid Buryak ou encore Fyodor Cherenkov, cette équipe ne brillera pas en Espagne. Qualifiés de justesse en poule, derrière le puissant Brésil et ex-æquo avec l’Écosse (meilleure différence de buts), les Soviétiques seront reversés dans un autre groupe avec la Pologne et la Belgique. Le Mondial 82 avait adopté cette formule de second tour avec quatre groupes de trois nations, système qui sera abandonné dès l’édition suivante. Cette fois-ci, c’est l’URSS qui va faire les frais du goal-average après avoir terminé ex-æquo avec la Pologne. Les Rouges plient une nouvelle fois bagage dès le second tour d’une Coupe du Monde. L’Italie ira jusqu’au bout et vengera la France de sa demi-finale volée face à la RFA d’Harald Schumacher.

La liste des 22 : Rinat Dasaev / Tengiz Sulakvelidze / Aleksandr Chivadze / Vagiz Khidiyatullin / Sergei Baltacha / Anatoliy Demyanenko / Ramaz Shengelia / Volodymyr Bezsonov / Yuri Gravilov / Khoren Oganesian / Oleg Blokhin / Andriy Bal / Vitaly Daraselia / Sergei Borovsky / Sergey Andreyev / Sergey Rodionov / Leonid Buryak / Yuri Susloparov / Vadym Yevtushenko / Oleg Romantsev / Viktor Chanov / Vyachelsav Chanov
Sélectionneur : Konstantin Beskov
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Petit bond dans le temps de douze années pour voir quelques changements dans la hiérarchie soviétique, enfin pas pour tous le monde puisque, entre temps, le Dynamo Kiev aura arraché six titres de plus aux griffes russes et renforcé sa présence dans cette sélection (36%). Le Spartak, le Dinamo Tbilissi, le Dinamo Moscou et le Torpedo devront se contenter de ramasser les miettes laissées par l’ogre ukrainien avec un titre chacun. En 1976, la ligue attribuera deux titres, un au Torpedo Moscou comme champion d’automne et un au Dinamo Moscou comme champion de printemps. Brillant.

La surprise viendra dès l’année 1972 où un autre club ukrainien va priver le Dynamo Kiev d’un nouveau titre : le Zarya Voroshilovgrad, connu aujourd’hui sous le nom de Zorya Lugansk dans l’Est ukrainien.

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Le Zarya Voroshilovgrad champion en 1972 | © wikipedia

Même surprise la saison d’après, où le club Arménien de l’Ararat Yerevan va s’adjuger le doublé coupe-championnat au nez et la barbe du Dynamo Kiev. C’est sous la coupe du légendaire Nikita Simonyan (meilleur buteur de l’histoire du Spartak Moscou) que le club remportera son seul et unique titre sous l’ère soviétique. Là aussi, les dirigeants soviétiques devront s’incliner face au nouveau recul du nombre de Russes en sélection face à cette formidable génération de footballeurs arméniens en plein âge d’or, aussi bien sur le terrain que dans les rues de la capitale caucasienne.

La sélection de 82 sera composée quasiment à moitié d’Ukrainiens et d’un quart de Russes. L’Arménie entre logiquement dans ce palmarès avec Khoren Oganesian, milieu de terrain prolifique de l’Ararat pendant plus de dix ans. C’est ensuite au tour de la Biélorussie de faire son entrée triomphale sous la bannière soviétique. Sous l’impulsion de son entraîneur Eduard Malofeev, le Dinamo Minsk s’empare du titre en 1982. Nouvelles scènes de liesse dans une ville non russe, et nouvelle crise de nerfs à Moscou devant la fierté biélorusse retrouvée. Le défenseur Sergey Borovsky, 400 matchs avec Minsk, sera bien du voyage en Espagne pour porter le maillot CCCP.

La fin des années 70 et le début des années 80 seront marqués par les performances européennes des clubs soviétiques après des débuts timides au début de la décennie malgré une finale de C2 perdue par le Dinamo Moscou en 1972. Le Torpedo Moscou se hissera plusieurs fois en quarts de finale de C2, tout comme leurs voisins du Spartak avant d’être relégués en 76. Le salut soviétique viendra sans surprise du Dynamo Kiev, porté par sa légende Oleg Blokhin et vainqueur de la Coupe d’Europe des Vainqueurs de Coupe 1975. Blokhin sera élu meilleur joueur européen en 75 et s’adjugera même le Ballon d’Or, douze années après Lev Yashin.

Le Dynamo Kiev et sa flopée de trophées en 1975

Le Dynamo Kiev et ses trophées qui ne rentrent pas dans la vitrine |© dynamo.kiev.ua

Ce sera ensuite au tour du Dinamo Tbilissi de briller en Europe : les Géorgiens soulèveront la C2 en 1981 avant d’échouer en demi-finale l’année d’après. L’histoire soviétique continue de s’écrire, mais pas en russe.

 

Coupe du Monde 86, l’espoir sur les épaules ukrainiennes

Les performances européennes des clubs de l’espace soviétique laissaient présager une belle Coupe du Monde au Mexique. Les Soviétiques vont entamer leurs matchs de poule en atomisant la Hongrie, 6 à 0. Viendront ensuite un nul face à la France et une victoire face aux Canadiens qui leur assureront la première place du groupe. Malgré un jeu séduisant, offensif et rapide sous la coupe de Lobanovskiy, la sélection soviétique va flancher en huitièmes de finale face à la Belgique. Une élimination 4 à 3 contre le cours du jeu et après prolongation. Igor Belanov inscrira un triplé au Camp Nou (celui de Leon, au Mexique), mais rien à faire ce jour là pour les Rouges. L’Argentine de Maradona soulèvera la coupe.

La liste des 22 : Rinat Dasaev / Volodymyr Bezsonov / Aleksandr Chivadze / Gennady Morozov / Anatoliy Demyanenko / Aleksandr Bubnov / Ivan Yaremchuk / Pavlo Yakovenko / Oleksandr Zavarov / Oleg Kuznetsov / Oleg Blokhin / Andriy Bal / Gennadiy Lytovchenko / Sergey Rodionov / Nikolay Larionov / Viktor Chanov / Vadym Yevtushenko / Oleg Protasov / Igor Belanov / Sergei Aleinikov / Vasyl Rats / Sergiy Krakovskyi
Sélectionneur : Valeriy Lobanovskiy
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Le Dynamo Kiev va continuer de rayonner au milieu des années 80 avec deux nouveaux titres de champion et une nouvelle Coupe d’Europe, en 1986 après avoir passé à la moulinette l’Atletico Madrid. Blokhin est associé en attaque à Igor Belanov, nouvelle révélation du foot soviétique, lui aussi Ukrainien. Belanov va rajouter un nouveau Ballon d’Or (86) au palmarès des Rouges. Le succès du Dynamo viendra en partie du génie d’un certain Valeriy Lobanovskiy, alors remis à la tête de la sélection pour le Mondial 86.

Le légendaire entraîneur Ukrainien s’appuiera largement sur l’ossature du Dynamo Kiev avec bien sûr la paire Blokhin – Belanov en attaque, Vasyl Rats et Anatoli Demyanenko en défense, ou encore Andriy Bal et Oleksandr Zakarov en milieu. Ce dernier terminera 6ème du Ballon d’Or en 1986, remporté par son compatriote et coéquipier en club.

La joie d'Igor Belanov

La joie d’Igor Belanov au Mondial 86 | © sports.ru

Les chiffres de la sélection ne laissent aucun doute quant à la domination de cette superbe génération d’Ukrainiens. L’Ukraine compte 15 internationaux sur 22, la Russie cinq dont Sergey Rodionov, actuel manager général du Spartak Moscou. La Géorgie et le Belarus ferment la liste avec un international chacun.

Côté club, le Dynamo Kiev rassemble plus de la moitié des joueurs de la sélection de 86. Le Spartak Moscou arrive derrière avec quatre internationaux. Le club russe va connaitre des temps difficiles et jouer de malchance dans ces années 80 en échouant à la seconde place du championnat en 80, 81, 83, 84 et 85.

Une nouvelle ligne sera ajoutée au palmarès du football soviétique en 1983. Une ligne frappée du nom du Dnipro Dnipropetrovsk, ou Dniepr en russe. Après une relégation à la fin des années 70 et une remontée dans la douleur, les dirigeants du club ukrainien confieront les rênes de l’équipe à la paire d’entraîneurs Volodymyr Yemets et Gennadiy Zhizdik. Les deux techniciens offriront le premier titre de son histoire au club à la fin de l’exercice 83 avec des joueurs tels que Gennadiy Lytovchenko ainsi qu’Oleg Prosatov, 9ème meilleur buteur de l’histoire du championnat soviétique et surtout second meilleur de l’histoire de la sélection derrière Blokhin. Le Dnipro réitérera l’exploit deux saisons après le mondial 86.

Dnipro

Vainqueurs 4-2 du Spartak Moscou au Stade Meteor, les joueurs du Dnipro savourent leur titre de champion en 1983 |© fanat1k.ru

Le reste du gâteau sera partagé par le Zenit Leningrad, champion pour la première fois en 84, le Dinamo Minsk de Sergei Aleinikov, champion pour la première et seule fois en 82, et le Dinamo Tbilissi d’Aleksandr Chivadze, futur sélectionneur de la Géorgie.

 

Coupe du Monde 1990, la chute

Finaliste de l’Euro 88 et championne olympique la même année face au Brésil, la pourtant fringante équipe de foot soviet’ va terminer son existence dans un triste anonymat qui contraste avec le vacarme de sa chute politique. Toujours composée d’excellents éléments qui brillent en club, la sélection va disputer en Italie la dernière compétition majeure de son histoire et terminer à la dernière place du groupe B, après une victoire et deux défaites, et sortir la tête basse de la compétition. La RFA de Lothar Matthäus et Jürgen Klinsmann aura finalement raison de l’Argentine de Diego Maradona à Rome le 8 juillet 1990.

La liste des 22 : Rinat Dasaev / Volodymyr Bezsonov / Vagiz Khidiyatullin / Oleg Kuznetsov / Anatoliy Demyanenko / Vasyl Rats / Sergei Aleinikov / Gennadiy Lytovchenko / Oleksandr Zavarov / Oleg Protasov / Igor Dobrovolski / Aleksandr Borodyuk / Akhrik Tsveiba / Volodymyr Lyutyi / Ivan Yaremchuk / Viktor Chanov / Andrei Zygmantovich / Igor Shalimov / Sergei Fokin / Sergei Gorlukovich / Valeri Broshin / Aleksandr Uvarov
Sélectionneur : Valeriy Lobanovskiy
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Russes du Spartak et Ukrainiens du Dynamo vont se tirer une dernière fois la bourre avant que le championnat national ne soit classé comme monument historique et que Footballski ne vienne le déterrer. Le Dnipro en profitera aussi pour épingler un second titre à son palmarès, en 1988. C’est finalement le CSKA Moscou qui viendra rafler le dernier trophée de l’histoire, en 1991, et refermer un livre vieux de plus de 68 ans.

La moitié de la sélection sera une nouvelle fois composée de joueurs ukrainiens (11 sur 22). Même constat en club avec une nouvelle domination flamboyante du Dynamo Kiev. En revanche, la nouveauté est, comme vous pouvez le voir ci-dessus, l’ouverture européenne de cette sélection. Les plaies béantes de l’Union Soviétique et la mise en place de la perestroïka (la restructuration) vont ouvrir de nouveaux horizons à ces joueurs, aussi bien sportifs que personnels.

Le premier gros coup sera pour le Toulouse FC, qui réussira à faire venir sur les bords de la Garonne le libéro russe d’origine tatare Vagiz Khidiyatullin, impressionnant de maîtrise défensive lors des coupes d’Europe. Son passage au TFC ne laissera que très peu de souvenirs ou presque malgré une soixantaine de matchs disputés.

L’Ukrainien Oleksandr Zavarov sera le second joueur soviétique à franchir le rideau de fer et rejoindra en 1988 la Juventus de Turin, imité un an plus tard par la légende biélorusse Sergei Aleinikov. Ensemble, ils remporteront la Coupe de l’UEFA en 1990, malgré des performances bien en dessous des espoirs placés en eux.

Zavarov à gauche et Aleinikov à droite sous la maillot de la Vieille Dame

Zavarov à gauche et Aleinikov à droite sous la maillot de la Vieille Dame |© ussrfootballteam.fmbb.ru

Avec sa formidable carrière et ses 335 matchs dans les cages du Spartak Moscou en plus de ses 91 sélections (second joueur le plus capé de l’histoire), celui qu’on surnommait le chat, Rinat Dasaev, s’en ira pour le FC Séville où il terminera sa carrière, marquée par quelques problèmes de boissons et de code de la route. Schalke 04 enregistrera les signatures de Aleksandr Borodyuk, en provenance du Dinamo Moscou, et de Volodymyr Lyutyi, du Dnipro Dnipropetrovsk. Pour terminer, c’est le Biélorusse Sergey Gorlukovich qui quittera le Lokomotiv Moscou pour le Borussia Dortmund. La grande majorité des Ukrainiens resteront un temps fidèle au Dynamo Kiev, club performant en coupe d’Europe.

L’exode (enfin) autorisé des joueurs soviétiques vers l’Ouest sera marqué par de très nombreux flops. Des problèmes d’adaptation à la vie occidentale, mêlés aux comportements de certains clubs peu scrupuleux à l’égard des footballeurs soviétiques, notamment en termes contractuels et salariaux.

 

Statistiques globales

Total selections par pays

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Les joueurs russes comptent le nombre le plus important de sélections pour ces Coupes du Monde avec 66 au total, devant l’Ukraine avec 54 et la Géorgie avec 21. Les débuts de la sélection soviétique étant très russophile à tous les points de vue et la statistique globale s’en ressent.

La Lituanie, le Kazakhstan, l’Ouzbékistan, la Moldavie, l’Estonie et le Tadjikistan n’ont malheureusement jamais eu de représentant portant le chandail CCCP lors d’un Mondial. Même topo pour le Turkménistan et Kirghizistan qui sont aussi les deux seules républiques à n’avoir jamais eu de clubs en première division soviétique.

Ne faisant pourtant pas partie des 15 républiques socialistes soviétiques, la Hongrie est tout de même présente par l’intermédiaire de József Szabó (40 sélections). L’ancien entraîneur du Dynamo et de l’équipe nationale ukrainienne fait partie de cette importante diaspora hongroise présente dans l’Ouest de l’Ukraine. József, ou Yozhef en version russe, est né en 1940 dans la ville d’Uzhgorod, à l’époque Hongroise et appelée Ungvár avant que l’Armée Rouge ne s’en empare à la fin de la Seconde Guerre mondiale pour la rattacher à la RSS d’Ukraine.

 

Evol nombre de selections

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L’écrasante présence russe, et particulièrement Moscovite aux débuts de la sélection soviétique, va peu à peu reculer, à l’inverse du nombre d’Ukrainiens. Les deux tendances finiront par s’inverser dans les années 70 et la domination grandissante du Dynamo Kiev.

Selections par club

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Les Kiéviens font naturellement la course en tête dans cette catégorie statistique avec 45 sélections contre 23 à leur dauphin du Spartak Moscou. Logique pour les deux clubs les plus titrés de l’histoire soviétique. Le Dinamo Tbilissi réussit à se glisser au milieu de la meute moscovite formée par le Dinamo, le Torpedo et le CSKA.

Caps et meilleurs buteurs

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Dernières statistiques avec les joueurs les plus capés et les meilleurs buteurs. Sans surprise pour toi lecteur, le magnifique Oleg Blokhin caracole en tête de ces deux catégories avec 112 sélections et 42 buts. Le pauvre Eduard Streltsov arrive tout de même à la quatrième place avec 25 unités.

 

Good Bye Lénine

Le Mondial 90 va marquer la dernière participation de la sélection soviétique dans une compétition importante. Une sélection déjà vacillante après les déclarations d’indépendances des pays Baltes en Mars 90. Moins de deux mois après la Coupe du Monde, le 23 août 1990, l’Arménie se déclare en état de sécession et élit Levon Ter-Petrosyan à la tête de la première République d’Arménie. La Géorgie, l’Ukraine et la Biélorussie suivront l’année suivante. La dislocation inévitable du bloc se poursuit lors de cette année 1991 alors même que la sélection décroche sa qualification pour l’Euro 92 en Suède.

Le 25 décembre 1991 au soir, Mikhaïl Gorbatchev termine sa journée et quitte donc son bureau du Kremlin. A 19h32, heure de Moscou, le drapeau soviétique est descendu de son mât une dernière fois, il ne trônera plus jamais sur la capitale. Le lendemain, le Conseil des Républiques ainsi que la Haute Chambre du Soviet Suprême ratifient ensemble la déclaration mettant fin à l’existence de l’Union des Républiques Socialistes Soviétique. L’URSS n’est plus.

Boris Eltsine debout sur un char prononçant un discours à côté du drapeau russe

Boris Eltsine debout sur un char, prononçant un discours devant le bâtiment du parlement à Moscou | © wikipedia

Les événements inéluctables qui ont conduit à la chute de l’URSS vont évidemment toucher le football de plein fouet. Alors qualifiée pour le Championnat d’Europe 1992, la sélection soviétique sera officiellement dissoute le 1er janvier 92, et remplacée à peine dix jours plus tard par la sélection de la Communauté des Etats Indépendants (CEI). C’est l’ancien international (1966-72) et avant-centre ukrainien du Dynamo Kiev, Anatoliy Byshovets, qui se chargera de les entraîner. Malheureusement, cette sélection, composée majoritairement de joueurs russes restés au pays malgré le désordre, ne disputera dans son histoire que ces trois matchs de poule lors de l’Euro 92. Bilan, deux matchs nuls et une défaite pour une dernière place du groupe et une élimination d’entrée de jeu.

Quelques semaines plus tard, la FIFA décidera de nommer la Fédération Russe de Football comme héritière légitime de la Fédération Soviétique. Son passée, son présent et son futur, sera dorénavant russe. Le 3 juillet 1992, l’équipe nationale de Russie est réinscrite dans les registres de la FIFA, le livre est définitivement refermé.

En guise de conclusion

Que faut-il penser de tout ça ? De ce récit, de ces statistiques ? La Russie a-t-elle volé une partie de son histoire footballistique à ses voisins ? Dans ce cas-là, la FIFA n’est-elle pas coupable d’avoir injustement attribué les records et le palmarès soviétique à la fédération Russe ? Union Soviétique, Russie, le raccourci était tellement facile et il l’est encore aujourd’hui pour beaucoup de monde. Et puis après tout, le communisme nous enseigne le partage et la mise en commun ? Enfin, je crois…

Soviétiquement vôtre

Rémy GARREL


Photo à la une : © sovsport.ru

 

Autopsie de la sélection soviétique, entre propagande et réalité
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Rémy Garrel

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Consommateur de vodka, amoureux du Dynamo Kiev, défends l'intégrité territoriale de l'Ukraine sur Footballski.

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