Arsenal : Tula à la découverte de la Première ligue avec Alenichev

Adrien Laëthier
Adrien Laëthier - Publié le 3 septembre 2014

Le 2 août, Arsenal Tula recevait le vice-champion de l’exercice précédent : le Zenit Saint-Petersbourg. Un jour remarquable pour cette ville car c’est la première fois de l’histoire du football russe et soviétique que cette ville de 500 000 habitants (la 37e de Russie) abrite un club de l’élite.

C’est un petit évènement également au niveau régional car la « vieille-russie » du sud et de l’ouest de Moscou ne comptait plus de clubs dans l’élite. C’est en effet un désert footballistique qui s’étendait de Moscou à Rostov jusqu’à lors ; avec notamment les difficultés financière connues par de nombreux clubs (Fakel, Rotor,…) et des villes à la démographie vieillissante dont la population est attirée par Moscou qui est tout de même assez proche.

Mais si Tula en est arrivé là avec trois montées en trois ans, après avoir lui aussi connu la faillite ; deux hommes y sont pour beaucoup : le premier est le gouverneur de la région de Tula qui a largement financé la reconstruction du club ; mais le deuxième, qui nous intéresse ici, c’est son jeune entraineur Dmitriy Alenichev, ancien international russe, et vainqueur de la Ligue des Champions avec Porto en 2004.

On reste gentil : on ne commentera pas la tenue !

On reste gentil : on ne commentera pas la tenue !

Il a imposé à son équipe la philosophie qu’il entretenait en tant que joueur: celle du beau jeu et du jeu offensif. Pour preuve l’équipe termine pour son retour dans le monde professionnel deux fois d’affilée meilleure attaque de son championnat. Tout d’abord avec 74 buts en D2 centre que l’équipe survole avec une seule défaite et ensuite en FNL avec 62 buts et l’accession obtenue dès la première année.

Pour cela, le jeune technicien s’appuie sur des joueurs expérimentés aguerris aux joutes des divisions inférieures et sur son « gardien/entraîneur des gardiens » Sasha Filimonov, ancien international russe (il gardait notamment les buts lors de la victoire historique de la Russie au Stade de France 3-2 en 1999), aujourd’hui agé de 40 ans. Il a d’ailleurs recruté beaucoup d’anciens joueurs du Sibir tablant sur le fait que ces joueurs se connaissaient et joueraient plus facilement ensemble.

Et Dmitriy reste fidèle à ses principes : sur les 20 joueurs ayant évolué cette saison pour Arsenal, 9 étaient présents en D2 (dont Kutin auteur de 35 buts en deux saisons), et 8 en FNL : seuls trois joueurs ont rejoint le club cet été. Mais cet avantage peut se retourner contre lui : certaines voix commencent à s’élever sur le fait que le club n’est pas prêt aux joutes de la première ligue. On lui reproche notamment l’absence de « légionnaires » (joueurs étrangers), en effet seul Mladen Kascelan, le monténégrin, n’est pas russe dans l’effectif des Tulyaks. Interrogé récemment sur le début de saison difficile de son équipe (1 point et 1 but en 5 matchs malgré son jeu offensif), il a assuré qu’il resterait fidèle à ses principes expliquant que l’essentiel était que les joueurs se fassent plaisir et jouent un football qui leur plait ; et qu’il n’était pas question de « poser l’autobus ».

Alenichev pour son plus grand titre : la C1

Alenichev pour son plus grand titre : la C1

Un point de vue très respectable dans le football actuel et qui nous pousse à soutenir ce jeune entraîneur. Mais il est probable que les joueurs s’essoufflent moralement : à l’heure ou j’écris ces lignes, le club vient de perdre 3-0 à Grozny et n’a jamais semblé en mesure d’inquiéter les tchetchènes, une impression à l’opposé de l’image laissée lors de la défaite inaugurale face au Zenit (0-4) où les jaunes et rouges avaient plusieurs fois inquiété Lodygin malgré une grande naïveté défensive qui leur avait couté ces quatres buts. L’optimisme qu’affichait Alenichev après la deuxième mi-temps contre le Dinamo (1-2 avec le premier but d’Arsenal en PL) est donc retombé très vite.

Tout porte à croire que le problème sera donc plus profond même si les supporters que j’ai pu interroger continuent à le soutenir dans sa démarche, réclamant seulement quelques renforts avant la fin de l’été.

A sa décharge, son équipe a affronté cinq équipes faisant partie des « gros » ou réussissant un super début de saison, et le calendrier va continuer à être cruel, lui préparant prochainement un match contre le CSKA notamment.

On suivra donc cette équipe très agréable à regarder cet automne face à des équipes plus proches de son niveau et en espérant qu’Alenichev soit toujours en poste. En attendant, ils retrouveront le week-end prochain, la décevante équipe du Kuban Krasnodar ; peut-être une chance de se lancer ?[1]

"C'est l'heure de gagner"

« C’est l’heure de gagner »

Adrien Laëthier

[1] Depuis lors, Arsenal en ratant un pénalty, a perdu 1-0 en fin de match contre Kuban, et se prépare à son déplacement sur le terrain du CSKA.

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A propos de l'auteur

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Adrien Laëthier

Amoureux de la Russie et de l'Ukraine et spécialiste de ces footballs, ainsi que du football de l'Est en général ! A vécu en Russie, à Chelyabinsk là où les météorites tombent. J'essaye de faire vivre sur Footballski les différents championnats d'ex-URSS (Ukraine, Caucase, Baltique,...) ainsi que la RPL par les résumés hebdomadaires.

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