Albanie Euro 2016 : Présentation de l’Albanie

Raphaël Brosse
Raphaël Brosse - Publié le 8 juin 2016

Une première participation à un tournoi majeur, une modeste 42e place au classement FIFA, des joueurs pour la plupart inconnus du grand public… L’Albanie peut, à première vue, être considérée comme étant l’équipe la plus faible de l’Euro. La campagne d’éliminatoires réalisée par les protégés de Gianni De Biasi vient, cependant, nous rappeler que leur présence dans la cour des grands ne doit rien au hasard. Présentation de ce qui risque d’être un véritable poil à gratter pour les membres du groupe A, France y compris.

Albanie

La sélection

Gardiens :

Etrit Berisha (Lazio Rome), Alban Hoxha (FK Partizani), Orges Shehi (KF Skenderbeu)

Défenseurs :

Arlind Ajeti (Frosinone), Naser Aliji (FC Bâle), Mërgim Mavraj (FC Cologne), Lorik Cana (FC Nantes), Ansi Agolli (Qarabag), Frédéric Veseli (FC Lugano), Elseid Hysaj (SSC Napoli)

Milieux :

Ledian Memushaj (Delfino Pescara), Ergys Kaçe (PAOK Salonique), Andi Lila (PAS Giannina), Migjen Basha (Côme), Odise Roshi (Rijeka), Burim Kukeli (FC Zurich), Ermir Lenjani (FC Nantes), Taulant Xhaka (FC Bâle), Amir Abrashi (Fribourg)

Attaquants :

Bekim Balaj (Rijeka), Sokol Çikalleshi (Basaksehir), Armando Sadiku (FC Vaduz), Shkelzen Gashi (Colorado Rapids)

L’équipe type

 

Créé via best11.eurosport.com

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Les points forts

Un bloc défensif imperméable

Organisée en 4-5-1, l’Albanie veille avant tout à avoir une solide assise défensive. Habitués à laisser le jeu à l’adversaire, les « Kuq e Zinjtë » (« Rouge et Noir », en VO) quadrillent parfaitement le terrain, avec deux rideaux compacts difficiles à franchir. Ce schéma de jeu a été mis en place par le sélectionneur actuel, Gianni de Biasi, adepte du bon vieux catenaccio des familles. Le coffre-fort albanais n’a d’ailleurs été percé qu’à cinq reprises lors des éliminatoires, ce qui en fait l’une des meilleures défenses de cette campagne. Une hargne et une rigueur symbolisées par un joueur qui arpente encore les pelouses de Ligue 1, Lorik Cana. Ancien milieu de terrain du PSG et de l’OM, aujourd’hui à Nantes (a priori plus pour très longtemps), le capitaine de la sélection est descendu d’un cran et forme la charnière centrale avec Mërgim Mavraj, joueur de Cologne, lui aussi expérimenté (29 ans). Cette tactique a permis à l’Albanie de réaliser quelques jolis braquages, en atteste notamment la victoire obtenue au Portugal en septembre 2014 (0-1).

© David Rogers/Getty Images

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Berisha, le dernier rempart

Les rares fois où l’arrière-garde albanaise est prise à revers, elle peut compter sur son portier, Etrit Berisha, incontestablement l’un des meilleurs joueurs de l’équipe. Âgé de 27 ans (c’est-à-dire ni trop jeune, ni trop vieux), Berisha dispose, du haut de son 1,95m, d’une grande envergure. A l’aise dans le domaine aérien, propre dans ses relances et agile sur sa ligne, il dégage une sérénité qui n’est sans doute pas étrangère à la solidité de sa défense. Bien qu’il ne soit pas un titulaire indiscutable à la Lazio – où il a tout de même disputé une soixantaine de rencontres en trois saisons – le natif de Pristina reste donc une valeur sûre de l’Albanie. Pour l’anecdote, Berisha peut également tirer les penaltys, ce qui lui a déjà permis de trouver le chemin des filets adverses en club. Aura-t-il l’occasion de le faire avec sa sélection dès cet été ?

© David Rogers/Getty Images

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Les points faibles

Une attaque peu prolifique

Trop occupée à bien défendre, l’Albanie fait preuve d’un manque cruel d’imagination en situation offensive, se contentant trop souvent de balancer de longues ouvertures sur son seul attaquant de pointe. Ce n’est pas un hasard si la formation du « pays des aigles » n’a inscrit que sept buts en sept matches pendant la phase de qualifications à l’Euro (sans prendre en compte le 3-0 obtenu sur tapis vert face à la Serbie). Le titulaire au poste d’attaquant, Sokol Cikalleshi, ne ménage pas ses efforts pour gêner la relance adverse, mais ne touche, au final, qu’un nombre famélique de ballons exploitables par match. Des joueurs tels que Kaçe (qui avait nettoyé la lucarne d’Hugo Lloris en juin 2015), Roshi ou encore l’autre Nantais de l’effectif, Lenjani, ont un potentiel intéressant mais le schéma tactique établi par de Biasi ne leur permet que trop peu de se montrer. . Auteur d’une saison prometteuse avec le Vitesse Arnhem (31 matchs, 8 buts), Milot Rashica a été éjecté de la liste des 23. La jeune pépite albanaise aurait pourtant permis d’apporter de la folie devant…

La découverte d’un nouveau monde

Avec l’Irlande du Nord, l’Islande, le Pays de Galles et la Slovaquie (si l’on excepte la période tchécoslovaque), l’Albanie fait partie des bizuts de cet Euro 2016. Après 70 ans d’existence sur le terrain footballistique, elle s’apprête à participer au premier tournoi majeur de son histoire. Si la perspective est bien évidemment alléchante pour les supporters et les joueurs, ces derniers ne risquent-ils pas, cependant, d’être complètement inhibés par l’événement ? La sélection albanaise est l’une des plus inexpérimentées de cette compétition, seuls Cana, Berisha, Kace et quelques autres ont eu l’occasion de disputer des rencontres de C1 ou de C3. Félix-Bollaert, le Vélodrome et le Parc OL sont des enceintes qui n’ont rien à voir avec le stade champêtre d’Elbasan, dans lequel les Albanais étaient venus à bout de l’équipe de France il y a un an. A eux de vite s’adapter à ce nouvel environnement.

L’homme à suivre : Elseid Hysaj

© FRED TANNEAU/AFP/Getty Images

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Dans une équipe à vocation défensive, rien de plus normal que de mettre en avant un défenseur. Né à Shkodër, Elseid Hysaj, 22 ans seulement, est un membre indéboulonnable du onze de départ de Gianni de Biasi. Il faut dire que le jeune latéral droit sort d’une saison pleine au Napoli, où il a disputé 37 rencontres de Serie A et 5 de Ligue Europa. De grosses cylindrées européennes, comme Barcelone ou le Bayern Munich, surveillent ses performances d’un œil attentif. Hysaj représente donc très certainement l’avenir du football albanais.

La prévision

Bon nombre de pronostiqueurs sont tentés de laisser à l’Albanie la dernière place du groupe A, avec trois défaites au compteur. Mais s’ils arrivent à prendre la mesure de l’événement et à jouer de manière décomplexée, il y a fort à parier que les coéquipiers de Lorik Cana seront bien plus que de simples faire-valoir. La rencontre face à la Suisse, le 11 juin, ressemble au match piège par excellence. Plusieurs joueurs de la Nati ont des origines albanaises (dont Granit Xhaka, qui retrouvera son frère, Taulant, dans le camp d’en face), alors qu’un certain nombre d’Albanais sont nés et ont été formés en Suisse. Le contexte émotionnel sera donc assez spécial, et il pourrait bien jouer des tours aux hommes de Petkovic. Le deuxième match, contre la France à Marseille, sera forcément très compliqué, mais la troisième place (potentiellement qualificative) peut toujours être à portée de tir au moment d’affronter la Roumanie.

Raphaël Brosse


Image à la une : © FRED TANNEAU/AFP/Getty Images

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A propos de l'auteur

Raphaël Brosse

Raphaël Brosse

Etudiant en journalisme à Sciences Po Toulouse, je garde un souvenir inoubliable de mes quelques mois passés sur les rives de la Vistule, du côté de Varsovie. De retour en France, j'ai intégré la rédaction de Footballski, où j'écris principalement sur le foot hongrois. Avant, pourquoi pas, de repasser à l'Est.

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