AEK, une renaissance?

V. Athanasios Koulos
V. Athanasios Koulos - Publié le 10 mars 2014

Qui aurait osé imaginer parmi les fans des jaunes et noirs que leur club adoré retrouverait ses ambitions d’antan.  L’expression « reculer pour mieux sauter », prendra peut-être tout son sens pour AEK d’ici deux, trois saisons.

Fin avril 2013, en effet, le club à l’Aigle Bicéphale terminait à l’avant dernière place de la Super League et connaissait la première relégation de son histoire. A l’entame de la saison 2012-2013, touché par de graves problèmes d’ordre financier, « I Enosis » (l’Union) fut interdit de compétitions européennes et contraint de laisser partir la majeur partie de ses joueurs cadres: Leonardo (Corée), Klonaridis (Lille), Makos (Munich 1860), Karabelas (Levante), Manolas (Olympiakos). Dans le même temps des figures emblématiques du club telles Lyberopoulos et Traianos Dellas raccrochaient les crampons. Pour les remplacer, AEK ne pouvait enregistrer que des transferts gratuits ou des joueurs grecs de moins de vingt-deux ans. Loin d’être suffisant pour ambitionner le maintien en Super League.

Le 14 mai 2013, ce fut le choc dans le microcosme du football grec, l’Union Athlétique de Constantinople, exsangue, fut contraint de déposer le bilan et se déclara en faillite. C’est alors qu’entra en scène Dimitris Melissanidis ancien président du club et au passage une des fortunes les plus importante du pays. Profitant de la refonte des leagues professionnelles et amateures (désormais il ne subsiste plus que deux leagues professionnelles), il décida de reprendre le club et lors d’une AG extraordinaire, le 7 juin 2013il fut décidé de faire passer les jaunes et noirs en league amateur et donc en Football League 2, équivalent d’une division 3.

Depuis la reprise du club, les projets de reconstruction vont bon train. D’anciens grands serviteurs sont mis à contribution. Traianos Dellas a pris la tête de l’équipe première, alors qu’Akis Zikos a été nommé directeur du centre de formation réputé d’AEK. Ensemble ils construisent, pour l’avenir, une équipe composée de jeunes promesses grecques et de joueurs rompus au championnat de division 1. Pendant que des Cordero et Anakoglou acceptaient d’accompagner AEK au troisième échelon inférieur, d’autres anciens comme Bruno Cirillo ou Nikos Georgeas revenaient « à la maison ». En même temps AEK disposait d’arguments de poids pour acceuillir en son sein les seconds couteaux comme Vassilios Rovas ou  le brésilien Alexandre D’Acol qui n’auraient jamais osé rêver signer dans un club aussi populaire.

Pour cette année, en intégrant une série composée d’équipes de la région d’Athènes et des Cyclades, AEK domine le championnat de la tête et des épaules. En enchainant les victoires, plus larges les unes que les autres, les jaunes et noirs enregistrent déjà 16 points d’avances sur leur plus proche poursuivant à 9 journées de la fin. Autant dire que la messe est dite. Dans quelques semaines AEK sera officiellement sacré champion et redeviendra un club professionnel (même s’il l’est déjà) en intégrant la Football League (D2).

D’ailleurs, le club prend les devants et prépare la saison prochaine avec déjà pas moins de 7 transferts enregistrés et pas des moindres pour la Football League: Mandalos (Xanthi, millieu, 22 ans), Kolovetsios (PAS Giannina, défenseur, 22 ans), Sarris ( Ergotelis, défenseur, 24 ans), Aravidis (Panionios, attaquant, 26 ans), Dounis (Panionios, millieu, 21 ans), Labropoulos (Paniliakos, défenseur, 27 ans) et Anestis (Panionios, gardien, 23 ans). En outre, on parle avec de plus en plus d’insistance de l’arrivée de Dimitrios Papadopoulos, le buteur d’Atromitos qui envisagerait serrieusement la possibilité de rejoindre l’Enosis après le mondial brésilien. On construit donc une équipe qui aura une marge de progression et qui pourra lutter pour le titre suprême en Super League à moyen terme.

Au rayon infrastructures, ça bouge également. Le 10 juillet 2013, Dimitris Melissanidis annonça son intention de construire un nouveau stade pour AEK à Nea Philadelphia sur l’emplacement même de l’ancien stade Nikos Goumas détruit en 2003. Ce stade portera le nom d’Agia Sofia (Sainte Sofie) en hommage à l’ancienne cathédral devenue maintenant mosquée à Istanbul. Le 2 octobre 2013 fut présenté en grande pompe le projet de la nouvelle anceinte multifonctionnelle d’une capacité de 32 000 places et qui répondra à tous les critères dictés par l’UEFA pour un stade 4 étoiles. Les travaux devraient être finis pour la montée en Super League prévue pour la saison 2015-2016.

Bref, pour l’attractivité du championnat grec, il serait intéressant que les rêves de tous les fans de l’Enosis se réalisent et que tel un phénix, l’aigle bicéphale renaisse de ses cendres.

V.Koulos


Photo à la une : Giannis Arabatzis, le gardien d’AEK craque lors de la dernière journée contre Atromitos | © Spiros Chorchoubas

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