Après de longs mois d’arrêt forcé, la Gazette est de retour et revient sur la reprise des championnats un peu partout en Europe de l’Est….

9 minutes de VAR, penalty litigieux et record de longueur

20 minutes d’arrêt de jeu, dont 8 minutes et 49 secondes de VAR ! La fin du choc entre le FK Rostov et le FK Krasnodar a été d’un chaos exceptionnel.

Le FK Krasnodar mène 1-0 à Rostov à la fin du temps réglementaire. Six minutes de temps additionnel restent alors à jouer. Bien que Krasnodar ait nettement dominé la première mi-temps, le FK Rostov pousse fortement en fin du match. Alors qu’aucun carton n’était à déplorer pendant la première heure de jeu, les cartons jaunes pleuvent dans le dernier quart d’heure, comme le signe d’un FKK qui perd le contrôle du match.

Un coup-franc est accordé à Rostov au début du temps additionnel. Sur celui-ci, un contact rapproché crée la confusion lorsque Caio détourne du bras (à l’évidence involontairement) une remise de la tête avant de mettre le ballon en corner. L’arbitre reçoit alors un signal de l’assistance vidéo : il pourrait y avoir penalty pour main dans la surface de réparation. Après une longue écoute de l’équipe devant la vidéo, il décide de faire appel à la VAR, récemment mise en place en Russie, et accorde le penalty à la grande surprise de plusieurs observateurs (comme en témoignent les nombreuses réactions sur les réseaux sociaux).

La suite est tout aussi confuse. Après quelques avertissements verbaux à des joueurs, l’arbitre semble prêt à être tiré. …sauf que l’arbitre reçoit de nouvelles informations venant de l’assistance vidéo. L’attente devient interminable et la confusion devient totale lorsque l’arbitre, totalement immobile pendant plusieurs minutes et focalisé sur son appareil audio, donne l’impression d’envisager d’annuler le penalty accordé par la VAR. C’est au bout d’une attente extraordinaire de presque neuf minutes que le penalty est définitivement accordé et finalement tiré, permettant au FK Rostov d’égaliser et d’arracher le match nul.

Évidemment, le but dans le temps additionnel et les neuf minutes de VAR nécessitent de déborder davantage sur le temps prévu ; non seulement les six minutes sont à rattraper, mais le but lui-même est à prendre en compte également. Plusieurs fautes allongent encore la durée et c’est au bout de 111 minutes et 15 secondes de jeu au total que l’arbitre siffle la fin de la partie.

Outre la longueur extraordinaire du match (les matchs sans prolongation à avoir duré 111 minutes ne doivent pas être nombreux dans l’histoire du ballon rond), cette fin de rencontre a porté à son paroxysme les défauts qui ont été soulevé par les critiques de la VAR. Entre confusion totale et perte de temps, il s’avère que la décision finale apparaît tout aussi contestable qu’un penalty non sifflé ou sifflé à tort, sur le direct, sans VAR. Le paradoxe de l’histoire est que le FK Krasnodar, qui a été l’un des plus grands soutiens à la mise en place de l’outil, a vu celui-ci se retourner contre lui.

Pour le club qui est à la lutte depuis plusieurs années afin d’accrocher une place en Ligue des champions, ces deux points perdus pourraient peser lourd. L’actuel et ancien troisième du classement aurait ainsi pu remonter à un point du Lokomotiv Moscou, qui occupe la dernière place directement qualificative, avec la perspective d’un match en plus à jouer mais reste donc à une distance de trois points.

Juin 92, le Tavria Simferopol premier champion d’Ukraine de l’Histoire

La chute de l’URSS donne naissance en 1991 à des fédérations de football autonomes qui doivent en peu de temps mettre sur pied des championnats nationaux. L’année 1992 marque la toute première édition du championnat d’Ukraine indépendante, la Vyshcha Liga. Vingt clubs sont alors versés en Première division et répartis en deux groupe, A et B.

Les deux vainqueurs de groupe, le Dynamo Kiev et le Tavria Simferopol s’affrontent ensuite dans une finale à Lviv. A la surprise générale, le club criméen s’impose par le plus petit des scores et devient donc le premier club auréolé du titre de champion d’Ukraine. L’unique but est inscrit par l’attaquant ukraino-kirghize Sergiy Shevchenko. Le Dynamo, pourtant grand favori, laisse échappé ce jour-là un titre dans un contexte très particulier après la chute du bloc soviétique.

Le Tavria Simferopol restera comme le seul club a avoir arraché un titre de champion aux deux mastodontes que sont le Shakhtar Donetsk (13) et le Dynamo Kiev (15).

RPL

Absentes pendant de longues semaines, la RPL est enfin de retour et comme souvent, il y a eu du spectacle mais aussi des polémiques.

S’il y a bien une équipe qui a prit rapidement le rythme,c’est bel et bien le Zénit Saint Pétersbourg qui file tout droit vers un nouveau sacre. Malgré un succès compliqué contre le modeste Tambov, le champion en titre a étrillé le CSKA Moscou 4-0 lors de la reprise. Avec neuf points d’avance sur son dauphin, les hommes de Semak semblent imprenables.

Alors que le titre est quasiment joué, il faudra jeter un oeil dans la course pour l’Europe qui s’annonce captivante. Le Lokomotiv semble avoir quasiment validé son billet pour la C1 mais tout reste à faire pour Krasnodar, Rostov et le CSKA Moscou…

La reprise est difficile pour le Dinamo et le Spartak Moscou qui peinent à enchaîner les performances, l’Europe est certainement impossible pour eux. L’autre équipe surprise de cette reprise est indéniablement l’Akhmat Grozny ! Relégable avant l’interruption du championnat, le club tchétchène a remporté 7 points sur 9. Une belle performance qui permet à l’équipe de Shalimov de bien se positionner dans la course au maintien.

En bas du tableau, la guerre pour le maintien est déclarée. La pauvre équipe d’Orenbourg est dans l’impossibilité de jouer à cause du virus et se retrouve dernière… De son côté, le Krylia de Samara est l’autre relégable et a en ligne de mire Tambov, le premier non relégable.

FNL

La FNL ne reprendra pas et est donc arrêtée. Les deux clubs promus sont le Rotor Volgograd qui fait son grand retour dans l’élite ainsi que Khimki qui a obtenu sa licence après de multiples renversements de situation.

LE JOUEUR DU WEEK-END

Auteur d’un doublé lors du derby contre le Spartak Moscou, Vlasic a permit à son équipe de s’offrir un bol d’air et de s’accrocher dans la course à l’Europe. Il est très clairement le meilleur joueur de son club cette saison.

LE CLASSEMENT

Arménie: du suspense et un scandale

Leader de Bardzragujn Chumb, le championnat d’Arménie, à la sortie de plus de deux mois d’arrêts pour cause de confinement, l’Ararat-Armenia semblait bien parti pour s’offrir un deuxième titre national consécutif. Mais voilà, rien ne se passe comme prévu pour les hommes de Vardan Minasyan. Ces derniers n’ont ainsi réussi à s’imposer que trois fois sur les neuf journées de play-offs disputées. Un bilan trop moyen qui permet à ses concurrents de revenir à hauteur. Alors qu’il ne reste que deux journées à disputer, le Shirak Gyumri et le FC Noah sont désormais dans la course au titre.

Si les trois clubs ont d’ores et déjà assuré leur place européenne pour la saison prochaine, tout reste encore à jouer. Pas vraiment la fin de saison rêvée pour l’Ararat-Armenia de Yoann Gouffran. L’ex-Bordelais qui n’est pas à la fête non plus, puisque le seul but qu’il a marqué l’a été… contre son camp.

Mais cette semaine a surtout été secouée par un scandale qui a mené à l’arrêt pur et simple de la deuxième division arménienne! Après une grande enquête sur des soupçons de matchs truqués, la FFA a décidé de frapper fort en mettant fin à la saison en D2. Mais surtout en bannissant pas moins de cinq clubs de cette division : Aragats, Dilijan, Masis, Torpedo Erevan, et surtout le Lokomotiv Erevan, qui pointait à la deuxième place ! Une suspension de deux ans a été décidée contre ces clubs, à laquelle s’ajoute la suspension de pas moins de… 58 personnes ! Si ces décisions sont encore attaquables en appel, la fédération arménienne montre sa volonté de frapper fort contre les matchs arrangés sur son territoire.

UPL

Pour la première fois depuis la reprise de l’UPL, les six matchs de la journée ont pu avoir lieu. Le malheureux Karpaty Lviv a en effet été mis en quarantaine en raison d’une épidémie de Covid-19 au sein de l’effectif et de l’encadrement et a vu trois de ses matchs être reportés avant de devoir affronter l’Olimpik Donetsk… qui a vu à son tour plusieurs de ses joueurs être victimes du virus.

Sacré champion d’Ukraine pour la treizième fois, la quatrième consécutive, le Shakhtar Donetsk a concédé le nul face au Zarya Lugansk (0-0). Ce résultat, ainsi que la victoire du Desna Chernigiv face au Dynamo Kiev (3-2) ont totalement relancé la lutte pour la deuxième place alors que le Dynamo semblait promis à la Ligue des Champions. Le Dynamo Kiev, le Zarya et le Desna se tiennent en trois points. De son côté, le Kolos Kovalivka a obtenu sa première victoire de la deuxième phase en triomphant (2-1) d’Oleksandriya. Ce résultat n’a que peu d’importance pour les deux équipes puisque le Kolos terminera sixième quoi qu’il arrive tandis qu’Oleksandriya ne devrait pas faire mieux que cinquième car comptant neuf points de retard sur le Desna, quatrième, à quatre journées de la fin.

Dans l’autre moitié de tableau, le suspense pour la septième place qualificative pour les barrages européens est relancé. Mariupol l’a en effet emporté (2-1) face au SK Dnipro-1 et est revenu à un point de son adversaire du jour, septième. La dernière chance du Vorskla Poltava d’accrocher l’Europe via le championnat (il est qualifié pour la finale de la coupe) est sans doute passée avec un match nul (0-0) face à l’Olimpik Donetsk. Enfin, le premier match du Karpaty depuis mars s’est terminé par un match nul (1-1) dans le derby face au FK Lviv. Le Karpaty Lviv reste lanterne rouge avec huit points de retard sur l’avant-dernier et avec quatre matchs de retard mais il est au bord du gouffre financièrement et a déjà été contraint de renoncer à disputer le premier de ses matchs en retard face à Mariupol. Il n’est pas dit qu’il puisse finir la saison.

PERSHA LIGA

La D2 ukrainienne a enfin repris ses droits après sept long mois d’interruption. On avait laissé le Rukh en haut du classement fin novembre, on le retrouve hors du Top 3 après un nul sur la pelouse de Mykolaiv. La pause hivernale couplée au Covid n’a visiblement pas perturbé le Metalist, qui reprend sur la même dynamique. Avec deux succès en deux journées, l’ancien pensionnaire le D1 se hisse à la première position, ex æquo avec l’Ingulets Petrove, vainqueur face au Girnik-Sport mais tenu en échec à Minay ce dimanche. Malgré un belle victoire 5 à 2 face au Volyn Lutsk, le Chornomorets reste englué au dixième rang. Le club d’Odessa, dont les rumeurs de rachat courent toujours, a toutes les peines du monde à trouver la régularité pour se mêler à la course à la D1.

La lutte pour la montée est toujours aussi indécise en Persha Liga puisque le premier et le septième se tiennent en quatre points. En fond de classement, Cherkashchyna est quasiment condamné avec 11 unités de retard sur le premier non relégable.

LE JOUEUR DU WEEK-END

Le Kolos Kovalivka a enfin renoué avec la victoire après une série noire de 7 défaites de suite. Série commencée avant l’arrêt du championnat. C’est l’attaquant Vladimir Lysenko qui a permis au promu de relever la tête avec un doublé ce week-end face à Oleksandriya. Malgré ces trois points, le Kolos reste bon dernier du premier groupe, c’est-à-dire sixième.

La Coupe au Petrocub!

Mihail Ghecev va s’en souvenir toute sa vie. Cette 92e minute de finale de Coupe de Moldavie, dans une Zimbru Arena vide de spectateurs mais remplie de téléspectateurs (des écrans géants affichaient une mosaïque de webcam), ce centre parfait de Sergiu Istrati, cette reprise dans le petit filet d’Avram, cette course folle et ses coéquipiers qui le rejoignent… et puis ce drapeau levé, pour une déviation on ne peut plus légère de Volkov avant qu’il ne touche le ballon.

Le Sfântul Gheorghe était à deux doigts de conclure une saison historique par une victoire de haute lutte en Coupe de Moldavie. Mais ce coup au moral a finalement profité au Petrocub, au-dessus dans des prolongations inévitables vu l’assez morne équilibre qui régnait entre les deux finalistes durant le temps réglementaire. Finalement, c’est le gardien Cristian Avram qui se glisse dans la peau du héros du soir, en arrêtant le tir au but de Bondarenco.

Un premier trophée dans la vitrine du club d’Hîncești, dont la saine gestion et les résultats qui s’accumulent peuvent servir de bel exemple aux autres écuries de l’élite. Coup de chapeau également à Lilian Popescu, le magique coach du Petrocub qui gagne enfin un trophée majeur dans sa déjà belle carrière d’entraîneur.

Au niveau des premières, signalons que le Sfântul Gheorghe avait déjà empoché son ticket européen au terme d’une saison historique terminée sur la seconde marche du podium. La Ligue Europa sera aussi une nouveauté pour le Dinamo-Auto, quatrième de la saison régulière et qui ércupère le dernier accessit puisque la Coupe opposait deux équipes déjà « européennes ».

Le football moldave connaît donc son premier dénouement de cette année et enchaîne avec le début de la Saison 2020 dès ce week-end. Une saison qui aurait dû débuter fin mars mais dont le report était inéluctable avec la crise sanitaire qui a frappé le pays au même moment. Une crise qui ne semble pas s’épuiser dans le Paradis du vin et des placinte, ce qui retardera inévitablement la présence de supporters dans les gradins. Bien que pour certains clubs, la différence sera certes minime…

Le résumé du match (ainsi que le match complet) est disponible sur Youtube : 

Estonie : le Flora et les autres

La coupure due à l’urgence sanitaire a beau avoir stoppé la Premium Liiga estonienne avant même la deuxième journée, elle n’a pas stoppé l’élan du Flora Tallinn. Dernière équipe invaincue cette saison, le champion en titre passe tout près de la perfection avec neuf victoire et un nul lors des dix premières journées. Une prestation doublée d’une qualification pour la finale de Coupe d’Estonie, qui se disputera ce samedi, face au Trans Narva qu’il vient de battre en championnat.

Derrière, les concurrents sont loin. Décevant à la reprise, Paide a mis du temps à se relever mais est maintenant en pleine forme. Grâce à cinq victoires consécutives, les Rouge et Bleu pointent à la deuxième place du classement. Le vrai test arrive néanmoins en juillet, avec des matchs face aux trois grosses cylindrées de Tallinn.

Parmi elles, le FCI Levadia et le Nõmme Kalju marquent le pas. Le premier nommé reste ainsi sur quatre matchs sans la moindre victoire, avec surtout une cinglante défaite (4-0) sur le terrain du Flora dans le Tallina Derbi. Une claque qui a fait bien du mal au moral des hommes de Martin Reim.

Ce n’est guère mieux du côté de Kalju, qui alterne le bon et le mauvais. Les Panthères Roses se sont ainsi inclinées face au Flora, à Paide, et même face au modeste promu Legion! Les points pris face au FCI Levadia ne suffisent pas à contre-balancer ces défaites. Et dans ce championnat qui sera amputé d’un quart de ses matchs, les deux prétendants au titre comptent déjà neuf et dix points de retard sur le Flora. Déjà rédhibitoire ?

LE BUT DE LA SEMAINE

La patte gauche d’Alexandru Suvorov a encore fait des siennes. L’ancien du Cracovia a envoyé une mine en demi-finale de Coupe de Moldavie contre le Speranța (à 4’23 »).

LA TRIBUNE DE LA SEMAINE

Zenit Saint-Pétersbourg

La rédaction Footballski

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