Coup de tonnerre en Biélorussie ! Après 14 ans d’hégémonie, le BATE Borisov est tombé et a vu le Dynamo Brest remporter son premier titre de champion national. A part ça, la saison n’a vu que peu de surprises : des gros tout en haut, des problèmes financiers et un niveau de jeu qui ne semble pas s’améliorer au fil des saisons.

1. Dynamo Brest – 75 points

23 victoires, 6 matchs nuls et une seule défaite. Le bilan du Dynamo Brest est digne d’un champion logique et pour cause, le club de la ville de l’ouest de la Biélorussie a été chercher en cette saison 2019 le premier titre de son histoire en Vysshaya Liga. Le bilan reflète aussi assez bien, finalement, la saison du Dynamo, dominateur de bout en bout, meilleure attaque et certainement meilleur fond de jeu également. Le Dynamo a enfin trouvé la bonne formule pour atteindre le niveau de ses ambitions. L’effectif a été bien construit avec quelques joueurs biélorusses confirmés (Nekhaychik, Kislyak, Gutor), des plus jeunes affirmés dans le championnat (Laptev, Pavlovets, Savitskiy) et des étrangers qui apportent une véritable plus-value à l’image d’Artem Milevskyi, qui a retrouvé l’envie de jouer au football dans son pays de naissance.

Artem Milevskyi, la légende.

Sous pavillon émirati depuis 2016, le Dynamo Brest se donnait les moyens de ses ambitions mais il a fallu la nomination du polyglotte Marcel Licka pour que ces ambitions se traduisent sur le terrain. Mais les choses ont été faites dans l’ordre, ce qui est notable pour ce type de projet en Europe de l’Est. La communication a été largement améliorée, beaucoup de moyens ont été mis autour de la formation avec de nouvelles infrastructures, la venue de conseillers étrangers et la tenue de matchs amicaux face à des grands d’Europe (Atlético Madrid, Real Madrid, etc.). 25% du budget du club (10 millions de dollars) sont alloués à la formation. Le Dynamo a la meilleure ambiance de Biélorussie, le meilleur public mais aussi la meilleure affluence (plus de 10 000 spectateurs par match) et les nouveaux dirigeants ont réussi à amener un petit plus avec une fan-zone avant les matchs à domicile contenant diverses animations. La parenthèse Maradona aura eu le mérite de faire parler du club et du projet à défaut d’avoir eu une réelle utilité.

Mais le plus dur commence et tout n’est pas parfait. Le dirigeant, Aleksandr Zaitsev, est un vieux de la vieille, proche du président Lukachenko (confirmation que ce projet Dynamo est aussi politique) et les relations avec son entraîneur, qui n’avait jamais vraiment sa langue dans sa poche, n’ont pas toujours été bonnes. Le contrat de Marcel Licka n’a pas été renouvelé malgré le titre et il a été remplacé par Sergey Kovalchuk, le directeur sportif. Quelques cadres comme Nekhaychik (BATE), Gutor (Shakhtyor) et à moindre mesure Khoblenko (Dnipro) sont partis, remplacés par l’intéressant Pechenin (Vitebsk), le virevoltant Shevchenko (Minsk) et le pari Khacheridi (libre). Le Dynamo aura la lourde tâche de représenter la Biélorussie en Ligue des Champions et ne sera pas tête de série dans les premiers tours. Une tâche délicate.

2. BATE Borisov – 70 pts

L’hégémonie du BATE Borisov aura finalement duré 14 ans. Une longévité tout de même très impressionnante et qui se sera prolongée de deux ans après le miracle de Gorodeya et ce but de Rodionov dans les arrêts de jeu. Mais c’est logiquement que le BATE a perdu sa couronne. Le club stagne depuis des années, voire régresse, et il ne restait sur le trône que grâce aux contre-performances des autres cadors et aux exploits personnels de ses joueurs au-dessus du lot.

Il y en a eu cette saison, car le BATE n’a encore pas impressionné dans le jeu, à l’image de son modeste parcours en Coupe d’Europe. Igor Stasevich, élu joueur de l’année, a tenu la baraque comme d’habitude avec ses 11 buts et 14 passes décisives, tout comme les expérimentés Stanislav Dragun et Maksim Skavysh. Derrière, Zakhar Volkov explose alors que Denis Scherbitski, futur gardien de la sélection, s’est blessé à l’épaule début juin et n’a plus rejoué de la saison. La recrue islandaise Willumsson a déçu, bien qu’il n’ait jamais réellement eu la chance de montrer ce qu’il savait faire. Globalement, le recrutement n’est plus aussi fin que ces dernières années. Erwann Moukam, le Franco-Camerounais arrivé du Neman Grodno cet été, en est l’une des rares satisfactions.

Le BATE doit se remettre en question. Le décès de son président historique, Anatoly Kapski, il y a 18 mois, a fait mal au club. Preuve de l’importance du président défunt, les supporters se lèvent lors de chaque 53e minute de match à la Borisov Arena pour l’applaudir, lui qui est décédé à 52 ans. Son fils a pris la relève au pied levé mais peine à s’imposer après la perte d’une image pareille. Logiquement, Aleksey Baga n’a pas été reconduit – lui qui entraînait son petit frère, Dmitriy, milieu de terrain international – et c’est Kirill Alshevskiy, entraîneur de la réserve et ancien sélectionneur des équipes de jeunes biélorusses, qui aura la lourde tâche de ramener le BATE sur le toit du pays. Pour cela, le club a fait appel à des joueurs qui savent le faire : Aleksandr Volodko et Pavel Nekhaychik font leur retour au BATE, eux qui sont déjà multiples champion de Biélorussie avec le club.

3. Shakhtyor Soligorsk – 65 points

Toujours placé, jamais gagnant. Pour la neuvième saison consécutive, le Shakhtyor Soligorsk termine sur le podium mais son compteur de titre reste toujours bloqué à un. C’était en 2005. Depuis ces neuf saisons, cinq deuxième et quatre troisième places sont à mettre à l’actif des Mineurs. Et encore une fois, avec 65 points, le Shakhtyor n’a pas grand-chose à se reprocher. Quelques points perdus ici et là mais, finalement, le Shakhtyor totalise plus de deux points par match, ce qui est théoriquement considéré comme un rythme de champion.

Mais cette saison, comme le signalent très bien Pavel Rybak, son capitaine, et Valery Gromyko, sa pépite (on reviendra sur Gromyko un peu plus tard) sonne « comme un gâchis ». Tout d’abord car l’effectif, sur le papier, est plein à tous les postes. Des bons joueurs de partout. L’arrivée d’Antic comme latéral gauche fut excellente alors que des Khvaschinskiy, Bodul et Volodko apportaient des solutions alternatives aux titulaires qu’étaient le légendaire Yanush et Szöke. Egalement car le Shakhtyor avait trouvé son entraîneur : l’expérimenté Sergey Tashuev, coach russe passé par Krasnodar, le Kuban et l’Anzhi notamment. Des méthodes pragmatiques mais une efficacité redoutable pour un club qui avait tenté l’expérience Marek Zub, sans convaincre, l’année précédente.

Dans les faits, la situation ne s’est pas déroulée comme prévue. Si le Shakhtyor a toujours été à la lutte, il a aussi toujours été derrière, naviguant entre deux et sept points des deux premiers. Surtout, c’est en coulisses que le club s’est peut-être sabordé. Le directeur sportif a été débarqué, Sergey Tashuev a lui aussi été limogé après la 27e journée et, surtout, il y a eu l’épisode Gromyko, mis sur la touche par la direction parce qu’il ne souhaitait pas prolonger son contrat alors qu’il était prépondérant dans la belle saison de son club et que son entraîneur voulait le faire jouer. A noter quand même la belle victoire en Coupe de Biélorussie, ce qui ne gâche rien.

Le Shakhtyor a fait le ménage cet hiver : les expérimentés Rybak et Yanush à Isloch, les jeunes internationaux Gromyko et Kovalev à l’Arsenal Tula, le très prometteur Max Ebong à Astana mais surtout Elis Bakaj, maître à jouer de l’équipe (une dizaine de buts et autant de passes décisives) parti au Dynamo Brest alors qu’il était en fin de contrat. Mais avec Yurii Vernydub à sa tête (auteur d’un superbe travail au Zorya Lugansk pendant une dizaine d’années), le Shakhtyor restera compétitif avec les arrivées de Gutor (Dynamo Brest) pour remplacer Klimovich (Orenburg), le retour de Yuri Kendysh (Sheriff) en Biélorussie, la révélation Podstrelov (Dnipro Mogilev), l’international Politevich (Kairat Almaty) et l’intéressant Igor Ivanovic (Napredak), acheté pour 500 000 €. Les matchs amicaux sont très prometteurs, tant dans leurs résultats que leurs contenus. Le Shakhtyor sera dangereux cette saison.

4. Dinamo Minsk – 50 points

L’écart est gigantesque entre le Dinamo Minsk et le trio de tête. Aussi grand que le chaos dans le club le plus prestigieux de Biélorussie, mais qui n’est désormais plus que l’ombre de lui-même. Il faut dire que rien n’est fait pour que celui-ci évolue dans les meilleures conditions. Le Dinamo avait tenté un pari en faisant venir Roman Pilipchuk sur son banc, pour remplacer Sergey Gurenko. Le Russe aura tenu neuf matchs avant d’être remplacé par… Gurenko. Les méthodes de Pilipchuk étaient ambitieuses et plutôt prometteuses sur le papier, mais la mayonnaise n’a pas pris entre lui, les rescapés de la saison dernière et les recrues plutôt étranges.

Les arrivées des trois Russes Djakov (Spartak), Tigiev (Spartak) et Chochiev (Krylia Sovetov) n’ont absolument rien donné. Celles de Muniru et Zaleskiy n’ont pas été beaucoup plus convaincantes. Au final, cela a donné une équipe brouillonne, inconstante et difficile à suivre. Yuri Chizh, propriétaire du club depuis 20 ans via son entreprise Triple et proche du président Lukachenko, s’est vu être délesté de ses actions, obtenues de façon illégale selon le tribunal administratif de Minsk… 20 ans après donc. Une bonne chose pour l’homme d’affaires, qui souhaitait se débarrasser du club de toute façon. En 20 ans, le club aura vu passer 31 entraîneurs. Des rumeurs annonçaient l’arrivée de Mikhail Gutseriev comme nouveau propriétaire, le milliardaire russe étant un grand ami d’Aleksandr Lukachenko mais finalement, le club pourrait atterrir dans les mains… du ministère des Sports et du Tourisme. Toute une histoire.

Remise à zéro pour le Dinamo après cette année blanche et le mercato est plutôt prometteur. L’effectif a changé à 80% et les résistants s’appellent Shvetsov, Danilo, Bilonog, Plotnikov. Quatre pierres angulaires pour une reconstruction bien menée sur le papier. On notera les arrivées d’Ivan Bakhar, le néo-international courtisé par les meilleures équipes biélorusses après une superbe saison au FK Minsk, Vladislav Klimovich avec un CV similaire mais au Torpedo-BelAZ, Evgeni Shikavka de retour d’une expérience moyenne en Grèce ou Aleksey Rios, l’expérimenté latéral droit du BATE Borisov. Ajoutons à cela quelques étrangers comme Karlo Brucic (Suduva), Miha Goropevsek (Volyn) et même le Sud-Coréen (!!!) Jun-young Kim (Hanyang University) et le Dinamo pourrait être l’équipe plus ou moins surprise de la saison prochaine. Ce serait une bonne nouvelle pour le championnat.

5. Isloch Minsk – 47 points

Derrière les quatre gros du championnat, c’est la porte ouverte aux équipes les plus constantes de la saison. Elles diffèrent de saison en saison. Cette fois, la palme revient à l’Isloch Minsk. L’Isloch est un club intéressant car très jeune – fondé en 2007 – mais qui se développe très bien grâce notamment à son entraîneur, Vitaliy Zhukovskiy. Adepte des tirades dans les médias, Zhukovskiy n’est pas seulement un technicien qui gueule sur les arbitres et les institutions, il est aussi l’un des meilleurs entraîneurs du championnat et le plus grand artisan de la progression du club. Il l’entraîne depuis 2010, soit depuis ses 25 ans. C’est devenu, depuis la montée du club de la banlieue de Minsk en 2016, une vraie figure du championnat. Ses interviews sont tranchantes mais aussi souvent très intéressantes.

Vitaliy Zhukovskiy, entraîneur d’Isloch et personnalité du football biélorusse.

Plus important encore, le FC Isloch est en train de se faire une belle place parmi la hiérarchie de la Vysshaya Liga. Le club s’est développé saison après saison, sans brûler les étapes et arrive maintenant à accueillir des joueurs expérimentés et confirmés du championnat. C’est d’ailleurs l’une de ses marques de fabrique : Alexey Yanushkevich, Aleksandr Hleb, Dmitriy Komarovskiy, ce sont autant de joueurs qui ont rejoint les Loups la saison dernière. Ils étaient entourés de bons joueurs comme Sergey Makarov ou Sergey Karpovich. Et comment ne pas parler de Momo Yansané, meilleur buteur du club avec 11 buts, lui offrant des sélections avec la Guinée. Yansané, Makas et Komarovskiy ont d’ailleurs marqué 74% des buts de leur équipe. Pas la plus spectaculaire du championnat, mais efficace.

L’objectif pour 2020 sera de confirmer cette saison et, pourquoi pas, d’aller titiller les quatre premiers. Le club a certes perdu Makarov mais s’est renforcé en signant Nikolay Yanush et Pavel Rybak, deux légendes du Shakhtyor Soligorsk, jugés trop vieux pour continuer avec les Jaune et Noir. Sur le papier, la défense est très solide avec également la venue d’Igor Kuzmenok (Torpedo-BelAZ) mais aussi les deux jeunes prometteurs Vladislav Glinskiy (BATE) et Godfrey Stephen (Nigéria), ce dernier signant définitivement après un prêt convaincant l’an passé. L’Isloch possède quatre joueurs nigérians de moins de 20 ans dans son effectif, travaillant main dans la main avec l’agent Evgeniy Gaiduk. Selon Zhukovskiy, ce sont des bons joueurs à très bas prix. « Leur salaire ressemble plus à une bourse qu’autre chose, » explique-t-il alors que le budget de l’équipe professionnelle a été réduit de 25% cet hiver.

A suivre aussi, le sujet du stade. Le club souhaiterait construire sa propre enceinte alors qu’il jouera dans deux stades différents l’an prochain.

6. Torpedo-BelAZ Zhodino – 45 points

Le Torpedo est devenu, au fil des années, une des équipes les plus solides de Biélorussie. Néanmoins, le club sponsorisé par les usines de poids (très) lourds BelAZ ne sont jamais parvenus à venir jouer les trouble-fêtes. C’était l’ambition du club en faisant venir Vadim Skripchenko sur son banc en début de saison. Le CV est particulièrement intéressant pour un club de ce calibre. Ancien entraîneur-adjoint de Viktor Goncharenko au BATE Borisov puis à l’Ural Ekaterinbourg, il a ensuite connu des bonnes expériences comme coach principal à l’Ural puis au Krylya Sovetov. Il prône un jeu offensif, idéal pour cette équipe à l’effectif prometteur sur le papier avec des Khachaturyan, Klimovich, Myshenko et compagnie.

Et le Torpedo a finalement réalisé une saison torpedienne. Jamais en-dessous de la septième place, il n’a jamais non plus été au-dessus de la quatrième. Cela a d’ailleurs coûté sa place à Skripchenko, remplacé par le vétéran et hyper-expérimenté Yuri Puntus (qui ne fait d’ailleurs pas l’unanimité chez ses propres supporters) après la 20e journée. Si les résultats n’étaient pas si mauvais que ça, comme le suggère le classement, le Torpedo n’impressionnait pas dans la manière, gagnant régulièrement sur le plus petit des scores. Et finalement, le club n’a pas passé le cap souhaité.

Alors, c’est l’exode. Myshenko (Oleksandriya), Klimovich (Dinamo Minsk), Bukorac (Kaspiy), Obradovic (Okzhetpes), Kuzmenok (Isloch), Gayduchik (Rukh), Yaskovich (Gorodeya) et Begunov (Shakhtyor) – entre autres – ont quitté le club. Les arrivées, quant à elle, ne font pas vraiment rêver si l’on excepte celle de Nikita Kaplenko (Dinamo Minsk), un des très bons joueurs du championnat. Il y a fort à parier que le Torpedo reculera au classement cette année. A moins qu’il ne frappe quand on l’attendra le moins.

7. Gorodeya – 44 points

Le club de Gorodeya, petite ville de 4 000 habitants dans la région de Minsk, fêtait ses 15 ans sur cette saison 2019. Le FK Gorodeya est l’un des clubs les plus anonymes de Biélorussie, avec un logo plutôt hideux et un stade particulier de 1 650 places, dont une tribune construite sur une sorte de talus qui lui donne un cachet aussi sympathique que champêtre. Néanmoins, le club continue de se maintenir depuis 2015 avec des moyens limités, grâce notamment à une solidité à toute épreuve et le soutien de l’usine locale de… sucre.

Son buteur maison, Bojan Dubajic, parti au BATE, on pouvait se poser la question de la compétitivité de Gorodeya cette saison. D’ailleurs, les Sucriers ont réalisé un début de saison calamiteux en se retrouvant quatorzièmes après sept journées, de quoi avoir peur concernant la suite des opérations. Mais cela s’est amélioré. Sergey Yaromko, l’entraîneur depuis 2014, a été démis de ses fonctions, remplacé par Oleg Radushko et le club s’est stabilisé à une convaincante septième place. 31 buts marqués pour 29 encaissés : on ne s’est pas éclaté devant Gorodeya cette saison mais qu’importe : c’est le meilleur classement de l’histoire du club depuis sa création.

L’intersaison a été plutôt calme pour Gorodeya. Sergey Arkhipov rejoint son frère jumeau Artem, lui qui a inscrit 8 buts en 13 matchs depuis son arrivée cet été en prêt depuis Tambov. Les autres recrues semblent bonnes avec Dmitri Ignatenko (Gomel), Denis Yaskovich (Torpedo-BelAZ), Mikhail Shibun (Shakhtyor) et le pari intéressant du jeune gardien russe Gleb Efimov (Ufa-2). Les performeurs de la saison dernière, Sergey Pushnyakov, Dmitri Baiduk, Kirill Pavlyuchek et surtout le capitaine emblématique Dmitri Lebedev sont toujours là. Gorodeya ne devrait pas avoir de souci pour se maintenir.

Ce sera le cas si le club reste en vie. Cet hiver, Mikhail Krishtapovich, le propriétaire de l’usine de sucre de la ville de Gorodeya, a été arrêté à la sortie d’un avion pour avoir touché des pots de vin de façon illégale, tout comme trois autres gérants d’usine de sucre dont celle de Slutsk, qui soutient également le club de Slutsk. Fan de football, Krishtapovich était le plus grand soutien du club de Gorodeya, qu’il a soutenu depuis ses débuts. Si l’usine venait à changer de main, ce soutien pourrait ainsi baisser, mettant en danger l’existence du club. Tout cela n’est que supputation néanmoins. Pour l’instant.

8. Slavia Mozyr – 37 points

Un petit trou sépare ensuite les sept premiers du Slavia Mozyr, huitième. Le Slavia avait quitté la Vysshaya Liga il y a deux ans, avant de remonter immédiatement en fin de saison dernière. Et le fait de revoir le Slavia en première division est une bonne nouvelle. Mozyr est une place forte du football biélorusse et le club de la ville a été champion de Biélorussie en 1996 et 2000. De ce fait, elle est l’une des équipes les plus suivies dans le pays, arrivant à remplir son stade plutôt correctement (quatre guichets fermés cette saison) avec un peu moins de 3 000 personnes de moyenne dans son Yunost (5 100 places), bon pour le cinquième total du championnat.

Généralement, le Slavia est une équipe très solide. Il n’y a pas de star, pas de gros nom, pas de joueur qui s’élève au-dessus des autres. Même statistiquement, le meilleur buteur est le vétéran Andrey Chukhley avec cinq petits buts. Le meilleur passeur est peut-être le meilleur joueur de l’équipe : Nikita Melnikov avec six passes décisives. 13 buteurs se partagent les 35 buts sur cette saison 2019. Une saison sans véritable haut, sans véritable bas. Idéal pour un promu, idéal pour retrouver une certaine tranquillité au cœur de cette Vysshaya Liga.

Soutenu par la raffinerie de la ville, le Slavia Mozyr devrait une nouvelle fois passer une saison tranquille en 2020. Seul Ruslan Khardarkevich (Shakhtyor) est à mettre au rang des départs importants, alors que le milieu ghanéen James Kotei et ses… 207 000 followers sur Instagram (c’est plus que la totalité des clubs biélorusses réunis) sont arrivés, tout comme Aleksandr Kotlyarov (Jelgava), Nikolay Romanyuk (Gorodeya) et Igor Tymonyuk (Rukh). Il faudra peut-être être un peu plus spectaculaire cette année pour passionner son public. Un public qui pourrait ne pas se rendre au Yunost cette saison, le stade étant en cours de rénovation.

Quentin Guéguen

Image à la Une : © dynamo-brest.by

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