2016 – Six mois de football en Russie – Partie 1

Adrien Laëthier
Adrien Laëthier - Publié le 14 décembre 2016

La première partie de saison en Russie a livré son verdict avec son lot de surprises et de confirmations. Il est temps pour nous d’y revenir avec tout d’abord le haut du classement. Voici d’abord un rappel dudit classement avant de nous plonger dans le vif du sujet.

 

1.  Spartak Moscou – 40 points

Une première partie de saison en mode gladiateur ! Ça tombe bien puisque l’on parle du Spartak, auteur d’un bilan record : treize victoires, trois défaites (contre le Zenit (4-2), Ufa (0-1) et le Krylia Sovetov (4-0)) et un nul face au Rubin (1-1). Durant ces trois défaites, le Spartak a encaissé 69% de ses buts depuis le début de saison (treize au total). Ce chiffre montre bien sur quoi le Spartak a accentué ses efforts : la défense. Et il le doit à la présence de Massimo Carrera comme entraîneur. Le tacticien italien a remis de l’ordre dans la défense autour d’Ilya Kutepov en charnière centrale et de la paire Fernando/Glushakov, plaque tournante du milieu rouge et blanc. Outre le retour du travail tactique que l’on retrouve durant les matchs, Carrera a redonné une seconde vie aux joueurs grâce à son tempérament au bord du terrain et sa rage de vaincre qui n’est pas sans rappeler ses longues années passées aux côtés d’Antonio Conte. Offensivement, Quincy Promes n’est plus le seul à marquer. Glushakov, Ze Luis ou encore Ananidze participent aussi à l’effort offensif même si les dirigeants souhaitent recruter devant et durant le mercato d’hiver

Malgré une élimination éclaire du Spartak en Coupe de Russie et une grosse défaite face au Zenit, le Spartak a su enchaîner les victoires, même sur le plus petit des scores (6 victoires sur le score d’1-0) et attendre les faux pas de ses adversaires pour reléguer le Zenit à cinq points et le CSKA à huit points. La victoire 3-1 contre le CSKA dans un stade plein à craquer restera évidemment le moment fort de cette première partie. Les dirigeants continuent de n’avoir que la Ligue des Champions comme objectif mais tout le monde ne souhaite que la victoire finale. Avec cinq points d’avance, le Spartak n’est pas à l’abri d’un retour des poursuivants. Il faudra un mercato intelligent et une bonne gestion de la trêve hivernale par Massimo Carrera. Ces trois mois de pause sont donc cruciaux.

Le joueur à retenir est certainement le capitaine de cette équipe, Denis Glushakov. Auteur de quatre buts, le Russe a marqué la plupart des buts hors de la surface et ses buts furent importants pour continuer la dynamique de victoires. C’est clairement sa meilleure saison sur les couleurs rouge et blanche depuis son arrivée en 2013. Il prend le rôle le patron sur le terrain et dans les vestiaires, c’est lui qui, sur les réseaux sociaux, fait le porte parole avec les supporters. Côté tribune, les supporters rouge et blancs sont aussi leader. Mais contrairement au rectangle vert, il n’y a pas de rival dans les tribunes. L’affluence à l’Otkrytie Arena est quasiment toujours la meilleure et à l’extérieur, les supporters sont toujours présents, même dans les conditions climatiques les plus dures (1.000 supporters lors du match contre le Krylia Sovetov à Samara par – 12°C).


2. Zenit Saint-Pétersbourg – 37 points

Fort d’une très belle qualification en poche pour les seizièmes de finale de la Ligue Europa et d’une deuxième place en championnat derrière le Spartak, le Zenit a très bien géré le départ de Villas-Boas et l’arrivée du Roumain Mircea Lucescu sur le banc à l’intersaison. Le départ du meilleur buteur et joueur Hulk pour la Chine cet été aurait pu signifier la fin d’une époque pour le club de Saint-Pétersbourg. Il n’en fut presque rien. L’arrivée de Giuliano en électron libre en attaque a fait beaucoup de bien à l’animation offensive de l’équipe. Positionné le plus souvent au milieu avec Javi Garcia et Witsel pour soutenir le trio Kokorin – Dzyuba – Shatov/Mak, le Brésilien excelle dans ce registre et est véritablement l’homme fort de cette première partie de saison côté Zenit.

Arrivé en provenance de Grêmio, le milieu offensif a mis très peu de temps pour s’intégrer au système de Lucescu. Le Zenit s’en retrouve beaucoup moins dépendant qu’à l’époque d’Hulk où presque toutes les attaques étaient initiées côté droit. Lucescu commence à mettre sa patte et le jeu du Zenit est particulièrement beau à regarder. Malgré quelques résultats décevants comme les défaites à l’extérieur face au Terek Grozny et Krasnodar, le bilan à domicile, lui, reste excellent. En bonne position pour aller titiller le Spartak pour le titre, il ne faudra pas gaspiller. Sorti de la coupe nationale, le Zenit peut aussi espérer une belle campagne européenne, à commencer par une double confrontation mi-février face aux Belges d’Anderlecht.


3. CSKA Moscou – 32 points

L’actuel champion en titre a connu de meilleurs débuts de saison que celui en cours, troisième à la trêve hivernale avec trois points de retard sur le Zenit et huit sur son rival le Spartak, leader. Malgré l’arrivée du nouveau stade, les joueurs du club de l’armée ont dû faire face a de nombreux imprévus et des retournements de situations qui ont handicapé le club durant la première partie de saison avec un effectif diminué au niveau quantitatif et qualitatif. Le départ d’Ahmed Musa a paralysé le secteur offensif, Lacina Traoré arrivé en prêt de Monaco et le retour de Carlos Strandberg n’ont pas donné satisfaction à Leonid Slutsky qui, devant les performances de ses attaquants, a préféré finir la première partie de saison en laissant sa chance au jeune Fedor Chalov.

Au-delà des nombreuses blessures de joueurs cadres comme Alan Dzagoev, c’est l’affaire Eremenko qui a secoué le début de saison du club moscovite. D’abord suspendu un mois, le milieu de terrain finlandais a finalement écopé d’une suspension de deux ans (jusqu’en 2018) pour avoir été testé positif à la cocaïne. Un véritable séisme qui, sur le plan sportif, prive le CSKA de l’un de ses meilleurs éléments et amoindrit les espoirs de titre en fin de saison.

Le CSKA déçoit également une nouvelle fois sur la scène européenne. Depuis la saison 2012-2013, le CSKA enchaîne les campagnes désastreuses, et cette saison ne fait pas exception à la règle. Une nouvelle fois dernier de son groupe de Ligue des Champions, le CSKA se ridiculise à nouveau sur le terrain face aux autres équipes européennes. La défense vieillissante et une naïveté incroyable plombe une nouvelle fois une compétition qui semble inaccessible pour les Moscovites. Ce dernier échec aura d’ailleurs eu raison de Leonid Slutsky qui a démissionné après le dernier match contre Tottenham, le 7 décembre dernier (défaite 3-1).


4. Terek Grozny – 28 points

La dernière place européenne est pour l’instant la chasse gardée du Terek Grozny, qui réussit un impressionnant début de saison. Pourtant, avec le départ de Maciej Rybus cet été à Lyon, même les bookies les plus proches du palais présidentiel de Kadyrov avaient préféré faire remonter les côtes pour une qualification européenne du club tchétchène. Il faut dire que, depuis l’arrivée de Rachid Rakhimov à la tête de l’équipe première en 2013, Grozny ne fait que progresser, améliorant chaque année son classement final. L’ancien défenseur de l’Austria Vienne a imposé son style rigoureux à un effectif qui semble sans cesse s’améliorer malgré le départ inévitable de ses meilleurs éléments. Malheureusement, Rakhimov a connu quelques soucis de santé cet automne qui l’ont tenu éloigné du banc pendant une longue période.

De manière assez étonnante vu l’entourage du club, les transferts sont également bien menés, avec cette année encore une trouvaille en la personne de l’avant-centre albanais Bekim Balaj, auteur de huit buts en première partie de saison. Il faut saluer aussi la solidité de la défense : le nouveau venu Wilker Ángel forme un quatuor de choc avec Mohammadi, Semyonov et Utsyev. Il était temps, car le vétéran brésilien Rodolfo commençait à tirer la langue sur les fins de match. Comme les années précédentes, le Terek est une équipe très difficile à manœuvrer dans son antre de l’Akhmat Arena : seuls l’Amkar Perm et le Spartak Moscou ont réussi à prendre les trois points là-bas. Pour le reste, les Verts ont signé des succès éclatants contre Krasnodar (2-1), le Zenit (2-1) et Rostov (2-1). Dommage que les résultats à l’extérieur soient beaucoup moins brillants, avec notamment des déplacements difficiles à Moscou contre le CSKA (3-0) et le Lokomotiv (2-0), et surtout une fessée à Krasnodar (4-0).

Un entraîneur en pleine forme, des recrues toujours en feu, c’est tout ce que l’on souhaite au Terek Grozny pour le début de l’année prochaine. Et aussi un ravalement de façade complet de leur site internet, parce que ça ne peut plus durer.


5. FK Krasnodar : 28 points

Fort de trois saisons réussies, le FK Krasnodar d’Oleg Kononov visait la Ligue des Champions cette année. L’objectif est, à mi-parcours, très compromis avec sept points de retard sur la deuxième place et aucune victoire obtenue à l’extérieur. Il faut dire que plusieurs facteurs n’ont pas aidé les Byki à se rapprocher de leur but. Si Krasnodar peut se targuer d’être la dernière équipe russe à être toujours plus ou moins en course sur les trois tableaux (Europe, RPL et Coupe de Russie) à la trêve hivernale, cette première moitié de saison a soulevé beaucoup de questions sur le proche avenir du club plutôt que de poser les belles garanties des deux saisons précédentes. Oleg Kononov, surchargé depuis cinq ans, a choisi de démissionner dès la baisse de régime du club, puis son successeur, Igor Shalimov, a su faire le nécessaire pour garder le club en course dans les trois compétitions mais on ne peut pas tellement dire que son FKK ait été brillant. Le club a été pénalisé par les blessures en série (les joueurs de premier plan ont tous été touchés à quelques rares exceptions près !) et on se demande bien s’il s’agit d’un pur hasard, d’un symbole d’une sur-motivation et/ou d’un excès d’engagement des joueurs sur le terrain ou d »une mauvaise préparation physique ?

Pourtant, le début de saison avait été idéal avec un mercato intelligent (malgré la perte de Sigurdsson) et quatre victoires très prometteuses aux tours préliminaires de la Ligue Europa et aux deux premières journées de RPL contre Tom Tomsk et le Terek Grozny avec la confirmation du duo composé par Fyodor Smolov et Pavel Mamaev qui avait ébloui le football russe la saison dernière. Mais les blessures (ou maladies dans certains cas, ça n’a pas toujours été clairement précisé) ont ensuite ébranlé le club et on peut en faire une liste effrayante :

  • Vyacheslav Podberyozkin s’était blessé lors de la trêve estivale et a manqué les cinq, six premiers matchs. Il était ensuite revenu et monté en puissance mais s’est re-blessé début novembre jusqu’à la trêve.
  • Marat Izmaïlov a eu le malheur de se blesser dès la trentième minute de la première journée. Il a raté ainsi les dix premières journées avant de se re-blesser début novembre jusqu’à la trêve.
  • Ricardo Laborde a eu deux blessures. En début de saison pendant le mois d’août et pendant les derniers matchs suite à une blessure contre le Zenit.
  • Pavel Mamaev a raté quasiment toute la première partie de la saison à cause d’une blessure qui n’a pas cessé de se prolonger du début août 2016 jusqu’à la trêve avec deux apparitions anecdotiques où il a été contraint de sortir en vitesse ou de rentrer sur le tard. Avec Smolov, il a été l’absent le plus pénalisant de cette première partie de saison.
  • Wanderson s’est blessé gravement contre Samara début août et n’a retrouvé le terrain que fin novembre.
  • Mauricio Pereyra a été blessé deux fois. Pendant deux mois de septembre à novembre, puis à partir de la fin novembre.
  • Fyodor Smolov est resté blessé longtemps entre la rencontre fin-septembre contre Nice et le match contre l’Ural vers la fin novembre.
  • Dmitri Torbinski a raté le mois d’octobre et n’a retrouvé les terrains qu’après Smolov.
  • Naldo s’est blessé pendant la majorité du mois d’octobre et n’est revenu que début novembre.
  • Sergey Petrov s’est blessé début novembre jusqu’à la trêve.

Le pire est que cette liste ne recense que les joueurs ayant eu une absence prolongée. Si l’on compte en plus les maladies passagères, les blessures mineures ou même les suspensions, la liste s’empire ! Ari a été ainsi été absent quatre fois pour maladie ou blessure mineure, le gardien Kritsyuk trois fois, Jedrzejczyk deux fois, Kaleshin deux fois, Éboué et Kaboré ont pris chacun un carton rouge et un match de suspension qui va avec. Même Shalimov lui-même est tombé malade et n’a pas pu se déplacer à Grozny où son équipe s’est inclinée catastrophiquement sur le terrain. Autant dire que les Byki n’ont jamais été en mesure de jouer un match avec leur équipe-type. Kononov puis Shalimov ont du jongler avec les compositions en permanence ce qui a détruit la dynamique lancée par le beau printemps 2016 pour laisser place à un jeu de plus en plus inefficace malgré un engagement évident. Quand une équipe doit jouer sur trois tableaux différents, donc quasiment deux matchs par semaine avec les déplacements qui vont avec, et que l’équipe à au moins cinq absents importants par match parfois même le double, c’est un véritable cauchemar ! On dira donc que Krasnodar s’en est tiré honorablement mais qu’il devra se relever au retour de trêve.

En Europe, les Byki ont réussi à se qualifier dans un groupe relevé. Ils se sont courtement imposés à Salzbourg au lendemain de la démission de Kononov puis battu le leader de L1 avec la manière, avant de manquer de réalisme (deux mi-temps entières nettement dominées) contre Schalke et de concéder deux défaites très regrettables. Ils ont terminé en mocheté leur automne européen avec deux non-matchs contre Salzbourg et Nice et un total de sept points, le plus faible de tous les groupes. Tirés contre Fenerbahçe au tour suivant (qui avait éliminé le Lokomotiv Moscou au même stade un an plus tôt), les Byki ne partiront pas favoris et devront hausser leur niveau de jeu pour se qualifier surtout qu’ils seront privés de Granqvist, expulsé contre Nice. Ils pourront compter sur l’expérience acquise la saison précédente pour ne pas réitérer l’affreuse double-rencontre contre le Sparta Prague lors de leur première tentative. Ils pourront se rassurer en se rappelant que le Dnipro de la saison 2014-2015 avait aussi totalisé sept points avant de réaliser le parcours de rêve que l’on sait.

Dans l’ensemble, le bilan n’est pas réellement mauvais, mais il n’est pas bon. Il est attendu en deuxième partie que Krasnodar retrouve l’efficacité redoutable de la saison dernière, que Shalimov dissipe les quelques doutes qu’il a pu accumuler sur sa personne et que l’effectif gagne en stabilité. L’objectif C1 est très compromis, mais pas encore perdu.


6. Amkar Perm – 27 points

La surprise de la saison dernière s’appelait Rostov. Cette année, on a quelques temps cru qu’elle allait s’appeler Amkar ! Auteur d’un épisode 2015/2016 assez tendu puisque le club a flirté avec la zone de barrages la majeure partie de la saison, l’Amkar a fait bien mieux en ce cycle aller. Avec un mercato estival intéressant avec notamment l’arrivée de Bodul en provenance de Dundee United et de l’ancien grand espoir du foot ukrainien Anton Shynder, le club de la ville de Perm a rapidement séduit. Cinq victoires consécutives en matchs de préparation ont permis de glaner un moral au beau fixe et le début de saison fut excellent ! Deux mois de folie comme on en avait rarement vu au stade Zvevda, 14 points sur 21 possibles, une seule défaite contre le Zenit mais surtout une victoire 3-1 sur la pelouse du Terek.

Malheureusement, la suite fut un peu plus délicate. Une victoire acquise dans la douleur, dans des conditions dantesques sur la pelouse du Volga Ulyanovsk en coupe, puis une série de cinq matchs sans victoires avec une défaite dans le derby en coupe contre l’Ural 2-1 sont le point noir du cycle aller. Les derniers matchs seront corrects avec un match nul sur la pelouse du CSKA et un dernier succès 3-0 contre Orenbourg permettent à l’Amkar d’accrocher une sixième place à un point de l’Europe. Impensable quand on était la quinzième attaque de RPL la saison précédente !

La seconde partie de saison ne sera pas de tout repos pour l’Amkar ! Le club devra faire avec la perte de son portier, Selikhov, qui a pris la direction du Spartak Moscou. Sans son excellent gardien, Perm aura du mal à faire aussi bien qu’en début d’année, mais la défense étant le point fort du XI de Gadzhiev, on peut espérer revoir des matchs avec zéro tir des deux côtés comme la saison dernière. Bon, on est mauvaise langue, mais sans se mouiller on peut vous dire que l’Amkar ne sera pas européen la saison prochaine. Dommage parce qu’un Amkar Perm – Quevilly aurait pu être sympa.


7. FK Rostov sur le Don : 27 points

On se rappele très bien de la saison passée de Rostov avec son ascension à la Leicester. On se rappele aussi des problèmes financières au sein de la direction qui ne permettait de penser qu’ils puissent faire une telle performance. Mais Kurban Berdyev est un magicien tactique, on ne peut plus le nier. Ce qu’il a fait au bord du Don est un vrai exploit. Avec les moyens du bord le technicien du Turkmenistan a fait mieux que les riches de Saint-Pétérsbourg en faisant la preuve du dicton « L’argent ne fait pas le bonheur ».

Après un début de saison compliqué et les embrouilles causées par un entretien d’embauche de Berdyev au Spartak Moscou, Rostov a su reprendre le fil de son jeu et fait un parcours digne en Ligue des Champions. Et cela avec presque les mêmes ressources ! Aucune augmentation au niveau du budget, même une interdiction d’acheter de nouveaux joueurs a été mise en place. Tout était contre eux. Actuellement il n’y a que trois points qui séparent le club du sud de la zone européenne, c’est-à-dire que les jaune-et-bleu sont en forme. Garder cette bonne dynamique avec tout ce qui leur arrivent n’étaient pas évident du tout. D’ailleurs, la preuve de la qualité de leur travail se voit dans les rumeurs du mercato: seul Sardar Azmoun est ciblé par pas mal de clubs de européens de différents niveaux.

Faire chuter le CSKA Moscou est devenu déjà une chose normale, mais gagner contre le Bayern Munich : cela va rester le plus grand exploit de l’histoire du club pour longtemps. Même si Neuer était absent, c’est un pur exploit ! Rostov a su faire une bonne première partie de saison malgré tous ses problèmes. On sait l’adversaire qui l’attends en Ligue Europa et on est presque sûr que l’équipe du sud du pays va passer l’étape des seizièmes de finale. Le Sparta Prague n’est pas considéré par les spectateurs comme un favori et on sait que Rostov n’est facile pour personne à manoeuvrer, que ce soit pour une écurie de l’élite anglaise ou un club moins prestigieux comme l’advérsaire futur. L’essentiel est de ne pas perdre les leaders de cette équipe et de continuer d’aller dans la bonne direction. Berdyev n’est peut-être plus l’entraîneur, mais depuis sa chaise roulante présidentielle, il influence sur le processus, soyez-en sûrs ! En tous cas on a hâte de voir la suite de ce scenario miraculeux.


8. FK Ufa : 25 points

Promis à la lutte contre la relégation, le club de la capitale bashkire a surpris en ce début de saison, le terminant tout juste dans le haut du tableau. Il aura pourtant fallu un bon mois aux hommes de Goncharenko pour lancer une saison qu’ils avaient commencé en dernière position et beaucoup plus pour rejoindre cette huitième place qu’ils ont parfois quitté pour retomber aux alentours de la dixième. Mais la satisfaction principale réside dans le fait que les joueurs cis-ouraliens n’ont jamais plus flirté avec la zone rouge. Le principal artisan de ce début de saison, c’est Goncharenko lui-même, car après un raté dans la ville voisine (en Russie tout est relatif) d’Ekaterinbourg, le technicien biélorusse a su apporter une cohérence à un effectif peu stable. Viktor Vasin, un temps joueur prometteur du CSKA, est arrivé cet été pour se relancer et nul doute que le stoppeur y est pour quelque chose dans la réussite des siens : les Bashkirs possèdent la quatrième meilleure défense de la ligue.

Problème, Vasin et son entraîneur vont retourner au CSKA dès cet hiver pour y tourner la page Slutskiy ; ainsi tout est à reconstruire de nouveau en Bashkirie, et il faudra compter sur de nouvelles têtes. Parmi elles, l’étonnant gardien Andrey Lunyov qui a enchaîné les performances de grande classe alors qu’il était quasiment inconnu à la fin de l’été à un poste où l’incertitude était grande après les départs de David Yurchenko ainsi que de Sergey Narubin. Il a ainsi pris la place d’un Giorgi Shelya qui n’avait pourtant que rarement démérité à son poste. Stoskiy sur son aile mais à un poste plus reculé a également achevé de convaincre les observateurs tout comme le défenseur Pavel Alikin ou encore l’ancien du Spartak, Vyacheslav Krotov. Fatai, ancien du Sparta Prague a également su se relancer comme il fallait et partage la place de meilleur buteur d’une attaque malheureusement pas toujours très inspirée malgré le jeu léché demandé par Goncharenko. C’est d’ailleurs la réussite offensive qui sera la clé pour qu’Ufa se maintienne à ce niveau, même sans son génie biélorusse aux manettes.

Les candidats ne manquent d’ailleurs pas pour le printemps et on parle aujourd’hui aussi bien de Dmitry Alenichev que de Sergey Semak pour continuer l’entreprise Ufa en 2017. En attendant, il faudra savoir renouveler certains exploits comme celui réalisé à l’Otrkitye Arena face à un Spartak leader et invaincu (1-0, but de Fatai) mais éviter de retomber dans les travers du début de saison (défaites évitables contre Tom et Ural aujourd’hui en bas de classement). Notons qu’Ufa est également toujours engagé en coupe de Russie où ils recevront Anzhi et possèdent une bonne chance d’atteindre le dernier carré de la compétition. La deuxième partie de saison d’Ufa sera sans aucun doute très intéressante à suivre, avec tous ces changements à venir et gageons qu’ils sauront encore nous surprendre, surtout si l’équipe retrouve un niveau en rapport avec son classement à domicile, où il est vrai, elle n’est pas toujours aidée par une grande affluence.


La rédaction Russie de Footballski, sous la direction d’Adrien Laëthier

Image à la une : © Anton Denisov/Sputnik via AFP Photos

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A propos de l'auteur

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Amoureux de la Russie et de l'Ukraine et spécialiste de ces footballs, ainsi que du football de l'Est en général ! A vécu en Russie, à Chelyabinsk là où les météorites tombent. J'essaye de faire vivre sur Footballski les différents championnats d'ex-URSS (Ukraine, Caucase, Baltique,...) ainsi que la RPL par les résumés hebdomadaires.

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