2016 – Un an de football au Kazakhstan

Damien F - Publié le 6 décembre 2016

L’année 2016 n’a pas été précisément de tout repos pour le football kazakh. Loin de là, même. Après une belle année 2015 que l’on annonçait prometteuse pour le football kazakh (premier club qualifié en Ligue des Champions, construction d’installations ultramodernes), 2016 a tout remis à zéro. Footballski vous offre le panorama footballistique 2016 du pays des plus belles steppes du monde.

La fédération

Pour vous mettre dans le bain des incongruités de cette saison 2016, nous nous devions de commencer par la situation à la fédération. Retenez bien un nom, qui vous sera utile tout au long de la lecture de ce bilan : Yerlan Kozhagapanov. Celui-ci a tenté toutes sortes d’expériences extravagantes, avant de disparaître de la circulation quelques jours avant la fin de la saison, officiellement de façon volontaire. Officieusement, sous la pression des fans de football du pays, de certaines personnalités du football kazakh, de clubs et même du petit-fils du grand président Nazarbayev.

Du bilan de l’ancien agent des douanes, on retiendra donc une série sans fin de scandales et de conflits avec à peu près tous les acteurs du monde du football kazakh. Pendant deux ans, le népotisme a régné en maître à la fédération kazakhe et les projets pour le football national ont tous avorté les uns après les autres. Alors que le football kazakh prenait un tournant très intéressant et devenait le sport numéro 1, les deux ans de règne ont été ceux de la stagnation  et de la régression.

Bilan club par club

  • Play-offs

01. FC ASTANA

Astana vient de terminer une nouvelle saison triomphale en terminant pour la troisième fois de suite champion, ce qui n’était jamais arrivé dans sa jeune histoire. Mieux, Astana réalise le doublé Coupe-Championnat, ce qu’aucune équipe n’avait réussi à faire jusqu’ici. En ce qui concerne l’Europe, le club de la capitale n’a certes pas réédité l’exploit de l’an dernier mais a atteint la phase de groupe de l’Europa League. Et a gagné un match, ce qui en fait la première équipe kazakhe à avoir gagné un match dans une phase de poule de coupe d’Europe.

Le championnat avait commencé parfaitement. Astana gagnait match après match, sans même regarder l’Irtysh qui avait pourtant bien fait illusion jusqu’à la dixième journée en empochant 26 points sur 30. Son principal rival, le Kairat, s’enlisait avec Borodyuk à sa tête. Même après leur première défaite à la 11e journée, les champions en titre continuèrent à gagner et à avoir des résultats stables. Au final, les cinq défaites de la saison ne furent pas préoccupantes puisque une série de victoires juste après pouvait éteindre tout début d’incendie. Stanimir Stoilov, une nouvelle fois, a été le grand artisan de cette réussite dans toutes les compétitions. Parmi les joueurs clés, citons Maksimovic, Canas, Shomko, Logvinenko ou Kabananga qui ont été des leaders chacun à leur façon et ont porté l’équipe. La profondeur de banc a été aussi indispensable tout au long de la saison, comme l’atteste l’exemple Agim Ibraimi, recruté au mercato pour être le successeur de Zhukov, qui a finalement été indisponible toute la saison. Sans que cela se ressente sur les performances.

La saison a donc été de très bonne facture, que ce soit en championnat, sous le blizzard en coupe (nous y reviendrons plus tard) ou en coupe d’Europe. Quand seule une faute de concentration en fin de match face au Celtic a empêché Astana de disputer un barrage et, peut-être, une deuxième phase de groupe consécutive. Peu importe, une phase de groupe d’Europa League est aussi appétissante pour ce requin qui grandit vite. Outre la déconvenue au Pirée, la campagne fut digne avec des résultats probants à domicile. Et reste sur 12 matchs d’invincibilité d’affilée à domicile en Coupe d’Europe, peut-être un peu aidé par la géographie.

02. KAIRAT ALMATY

Tout a commencé sous la houlette du coach Alexander Borodyuk, adoubé par ses pairs dans son pays russe. Et pourtant, au Kazakhstan, ce prophète dans son pays n’a pas conduit l’équipe a son meilleur niveau dans le jeu, ni même dans la condition physique. Loin de là. Ses débuts fracassants se sont d’ailleurs soldés sur 2 défaites (et un nul) en 3 matchs contre Taraz et Akzhayik… les deux derniers de la phase régulière ! En perdant 8 points lors des 3 premiers matchs, le Kairat était certain de ne pas finir champion. Devant ce taux de 11% de points pris, Borodyuk a préféré s’en aller de lui-même avant de ruiner complètement sa réputation. Bien lui en a pris, car son successeur Kakhaber Tskhadadze a pris plus de 80% des points. Ce qui nous laisse des regrets car le club de la capitale du Sud était capable de faire bien mieux.

Un peu comme chaque année, le Kairat se saborde tout seul malgré une qualité hors norme. Défensivement tout d’abord. Aux côtés du taulier Zarko Markovic, Cesar Arso est venu remplacer Bruno Soares, blessé. L’un de nos cinq espoirs de l’an dernier, Timur Rudoselskiy, continue sa progression en joker. Sur le côté droit Stanislav Lumin a émergé pour solidifier un couloir auparavant un peu perméable. Que dire du milieu type ? Kuat est un international kazakh, Tymoschuk est Tymoschuk, Bauyrzhan Islamkhan est un phénomène (20 buts), Arshavin est toujours aussi beau et Isael complète de belle manière un sacré milieu. En attaque, Tawamba est parti au Partizan mais Gerard Gohou joue pour 2 (26 buts 11 passes décisives). Après avoir investi dans les infrastructures de manière phénoménale, le Kairat va continuer à investir dans l’équipe comme le prouve l’arrivée de Zhukov, l’ex star d’Astana. Après 3 années qui ont vu le Kairat échouer quasiment tout seul, il se pourrait bien que 2017 soit celle de la réussite.

03. IRTYSH PAVLODAR

Irtysh avait commence sa saison de la meilleure des manières, en livrant un duel acharné avec Astana pour la première place jusqu’au mois de Juin. Puis, les vieux démons ont ressurgi comme les retards de paiement, ayant empêchés le club de recruter. Pourquoi seulement Irtysh a été interdit de recruter alors que la majorité des clubs kazakhs sont endettés et ont des retards de paiement ? Parce que l’Irtysh n’a pas fait allégeance au grand manitou Kozhagapanov. Du coup, impossible de remplacé des tauliers qui sont partis Gogua, Djalloy, Malogo, Kislitsyna. C’est à peine s’ils ont pu rappeler Djiby Fall, quelques semaines après l’avoir jeté dehors. Dans de telles circonstances, il était très difficile de maintenir tout le monde à un même niveau de motivation. Sans compter que les arbitres, à la solde des hautes instances, ont souvent pénalisé Pavlodar cette saison. Heureusement, le coach Dimitar Dimitrov, tout juste remis d’un cancer, a su aller contre les évènements défavorables pour accrocher une médaille de bronze.

C’est surtout dans le tour final de la compétition que nous pensions qu’Ordabasy finirait par prendre la troisième place au finish. Notamment après les cinq défaites consécutives en ouverture de ces play off. C’était sans compter sur les talents de Dimitrov pour motiver ses troupes. Les victoires suivantes 4-1 et 5-1 contre Okzhetpes et Aktobe ont sonné la révolte et l’Irtysh a bien fini sa saison. Outre le fait d’avoir su secouer les joueurs et les obliger à se sentir concernés jusqu’au bout, Dimitrov a su mettre en place un jeu alléchant. Reste à savoir ce qu’il va se passer la saison prochaine alors que Pavlodar devra défendre l’honneur du football kazakh en Europa League. L’Irtysh, qui avait des moyens financiers intéressants l’an passé malgré une décevante 6ème place, est finalement un beau résumé de ce qu’est le football kazakh : instable, capable du meilleur une année comme du pire la saison suivante. La suite, sans Roman Murtazayev (18 buts) parti à Astana s’annonce tout de même très compliquée…

04. ORDABASY SHYMKENT

Pour la troisième année consécutive, Ordabasy termine 4ème du championnat. Et termine à 1 point d’une troisième place qui avait été promise en début de saison par le board.

Ordabasy, formidable usine à talent, pourrait jouer à un niveau plus élevé. Mais l’entraîneur Bakhtar Baisetiov n’a pas été à la hauteur des attentes et ses méthodes semblent passées. Très fortement critiqué par les supporters pour être un proche de Kozhagapanov, Baisetiov a été pris dans une affaire d’écoute téléphonique où il parlait tranquillement de trucage de match avec un autre proche du président, le grandiose Dmitry Vasilyev…

Et l’énorme échec sur la scène continentale (3-0 pour le FK Čukarički à Belgrade et 0-3 après 21 minutes du match à Shymkent) n’est pas non plus accidentel. Ces techniques, qui ont marché dans le football kazakh des années 1990, ne sont plus toujours efficaces aujourd’hui. Quoi que, sur cette saison 2016 au Kazakhstan…

L’équipe semblée pourtant bien taillée pour aller plus haut. A part le vétéran géorgien Gogita Gogua qui a ressenti le poids des années, les autres joueurs ont le niveau pour rester et emmener Ordabasy plus haut. On pense notamment au fiable défenseur Branislav Trajkovic, aux impassables milieux défensifs Abdoulaye Diakhate et Dominic Chatto, Aleksandar Simcevic et Yerkebulan Tungyshbayev sur le flanc droit ou Aleksandr Geynrikh devant. Et l’an dernier, Ordabasy n’avait pas une telle équipe d’où le sentiment de gâchis. Les matchs contre le Kairat (2 victoires 2 nuls) ont notamment fait ressortir la qualité individuelle des joueurs. Mais pour atteindre les grands sommets, il faudra changer les méthodes de travail et ne pas rester cloué dans les années 90.

05. FK OKZHETPES

Le club de Kokshetau a tout simplement obtenu son meilleur classement depuis la mise en place du championnat indépendant, il y a de cela 25 ans. Pour expliquer ce succès, nous pouvons citer différents facteurs comme le soutien du gouverneur de la région, Sergey Kulagin, la prise en charge de l’équipe par un entraîneur expérimenté et compétent, Vladimir Mukhanov,  qui est dans la lignée d’une gestion stable du club. Grâce à cette gestion stable et raisonnée, le recrutement a été performant avec les arrivées du camerounais Serge Bando N’Ganbe en provenance du FC Villefranche (!)  ou de son compatriote Joseph Naïn (San Antonio). Même Zhasulan Moldakaraev, arrivé du Kaisar, a été performant au point d’être appelé en équipe nationale.

L’un des principaux artisans de cette saison historique reste l’entraîneur Vladimir Mukhanov, adepte du beau jeu, qui a réussi à inculquer ses valeurs aux joueurs à sa disposition. Il fut agréable de voir jouer Okzhetpes cette année, toujours près à jouer son style de jeu porté sur la technique et le fighting spirit quelque soit l’adversaire. Que le joueur ait 19 ans (Sultan Abilgazy) ou 35 ans (Vitali Volkov), peu importante pour Mukhanov tant que c’est un joueur de ballon prêt à tout donner sur un terrain. De plus, une claire ligne directrice s’est dégagée de la composition d’équipe qui devra être conservée et affinée la saison prochaine. Toutes les conditions sont réunies pour que l’équipe progresse, alors pourquoi pas viser une place en Europe la saison prochaine ?

06. FK AKTOBE

Cette saison est à oublier du côté d’Aktobe, qui, c’est peu de le dire, aura vécu des moments très compliqués. Et le club du nord se révéla parfait pour servir d’expérimentation à des pratiques diverses et variées mais tout autant douteuses les unes que les autres. Le bilan final est piteux : une élimination dès le premier tour d’Europa League, dès le premier tour de la Coupe du Kazakhstan et une sixième place en championnat (plus que contestée) pour cet habitué du podium. Il est peu probable que les fans d’Aktobe aient un jour cauchemardé de ce qu’ils ont vécu en cette saison 2016. Mais tout cauchemar peut devenir une réalité. Notamment lorsqu’un russe un peu arrogant, « descendu du ciel pour aider ses prochains » selon ses dires, acquiert la propriété de votre club avant la reprise du championnat. En toute impunité, Vassilyev a volé l’argent du club, placé ses hommes, bafoué les lois de la République et s’est comporté de manière fort désagréable, presque raciste, envers les kazakhs.

Fort heureusement, le russe a été attrapé par la justice. Le bureau national de lutte contre la corruption a établi le détournement de fonds du club de football Aktobe. L’enquête a établi que le directeur général de Dmitry Vasilyev, via bonus en espèces illicites, a commis un détournement de fonds budgétaires d’une valeur de plus de 300 millions Tenge. Désormais assigné à résidence par la justice, le Russe a complètement détruit le club d’Aktobe en à peine un an, son identité et ses valeurs.

Ce qui est désormais intéressant, c’est de savoir dans quelle direction se déplacera ce géant du football kazakh dans le court terme. Le nouvel entraîneur, l’ukrainien Rakhayev, a d’ors et déjà été trouvé. Il est à parier que les rouges joueront avec des jeunes du cru en raison des dettes laissées par Vassiliyev. Aktobe aura payé cher pour apprendre de ses erreurs…

  • Play-down

07.  FK TOBOL KOSTANAY

Parmi les deux seules choses qui n’ont pas changé en KPL depuis l’année dernière, la septième place de Tobol. Une place que ce club affectionne puisque Tobol s’est classé cinq fois septième sur les … six dernières saisons ! Pour se rassurer, les dirigeants de Kostanay pourront se dire que c’est un gage de stabilité. On ne sait pas si toutefois ce statut incontesté de meilleur parmi les pires attire vraiment les investisseurs. Pourtant l’intersaison s’annonçait un peu plus radieuse avec le transfert du coach d’Aktobe et sa clique de joueurs l’ayant suivi (Ciprian Deac, Sergei Hizhnichenko, Dmitry Miroshnichenko, Arturas Zhulpa, Viktor Dmitrenko, Evgeny Levin …). Pour cela, le budget avait fortement augmenté. Mais après un mauvais début de saison, l’entraîneur Ogai a été écarté au profit d’Omari Tetradze. Après une féroce lutte pour la dernière place qualificative pour les PO, Tobol a laissé sa place à Aktobe. Les play down ont montré la supériorité de l’équipe qui a donc fini à sa place favorite, se permettant de finir en roue libre avec trois défaites de suite. Cependant, la qualité entrevue a donné bien des regrets quant à une place bien loin des ambitions du début de saison. Du travail lors de l’intersaison est à prévoir.

08. FK ATYRAU

Cette saison de football au Kazakhstan a été un sketch et Atyrau en a fait les frais. A la fin de la phase régulière, Atyrau était l’équipe qui avait le plus de décisions arbitrales défavorables. L’apothéose étant lors du match à Shymkent où l’arbitre s’est ouvertement permis de railler le club de l’Ouest… Malgré un onze de départ de bon niveau, Atyrau eut la malchance d’avoir une cascade de blessures et ne réussit pas à se qualifier pour les play off. Le changement d’entraîneur en cours de saison ne suffit pas à colmater le manque de profondeur de banc et les décisions arbitrales étranges. Devant cette situation, tout le monde au club fut déstabilisé et la saison se termina en roue libre. Maintenant que la fédération a changé, Atyrau pourra avoir une chance de réaliser ses ambitions. Le potentiel du club de la capitale du pétrole est très grand et il est plus que de temps de le mettre à profusion.

09. SHAKHTER KARAGANDA

Le Shakhter Karaganda a laissé une impression mitigée à ses fans. D’un côté, les Mineurs ont fait mieux que l’an dernier. De l’autre, ils étaient largement capables de plus au vu de leur potentiel.

Cette année, Karaganda a encore tout misé sur son guide, l’attaquant Andrei Finonchenko. Le vétéran amoureux du club a fait ce qu’il a pu mais ses capacités et sa santé ne sont pas illimités. En conséquence, c’est le hollandais Dursley Ubbink, habituel milieu, qui a souvent joué devant. Le bilan parle de lui-même : après 16 rencontres, le Shakhter avait inscrit … 5 buts ! Le ratio était, disons-le, assez pauvre. Alors Karaganda a acheté deux buteurs étrangers à l’été : Marko Simonovski et Stefan Zoshaka. Cependant, il s’est avéré que les deux n’étaient pas des tireurs d’élite : le premier a scoré deux buts, le second un seul. Zoshaka a vu l’arrivée de son compatriote slovaque Philip Serechin à la demande d’un entraîneur tout autant slovaque … qui a pourtant démissionné presque immédiatement après ses arrivées qu’il a demandé. La connexion slovaque de Karaganda n’aura donc été que de courte durée. Une démission surprise qui ne l’a pas été vraiment, les dirigeants expliquant être fatigué de travailler avec le spécialiste qui a avoué se sentir tout autant fatigué de travailler avec ses dirigeants… L’arrivée d’Alexei Eremenko a remis les choses en place. Quelque changements dans la composition ont apporté un peu de sang frais, des buts marqués et inévitablement des points glanés. Les fans de Karaganda espèrent désormais qu’un travail sérieux sera effectué cet hiver pour enfin relancer le club.

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10. FK AKZHAYIK URAL

La marche semblait trop haute pour Akzhayik. Ce n’est jamais bon signe quand le gouverneur de la région assure en début de saison que le budget du club sera de 420 M tenge soit 20 millions de moins qu’en 2015 … quand le club était à l’étage inférieur. Voilà le souci de planifier le budget un peu trop à l’avance (1an avant !) en pensant que l’équipe ne monterait pas. Finalement, la région débloqua quelques fonds supplémentaires pour permettre de ne pas se ridiculiser (il était question à un moment de faire jouer les jeunes du club) et même de financer un stage en Turquie de pré saison, ainsi que l’arrivée d’un joueur paraguayen.

Ce n’est pas l’histoire Talgat Baysufinov qui nous a fait penser que le club pourrait s’en sortir. L’entraîneur principal de l’équipe se faisait régulièrement remarquer par ses absences, puisqu’il faisait profiter de ses compétences à l’équipe nationale, alors sans coach. Ainsi, ce n’était pas rare de le voir s’absenter 2 semaines avant un match de l’équipe nationale. Résultat des courses, Akzhayik finissait dernier à la mi-saison. En juin, nommé officiellement à la tête de l’équipe, il arrêta son travail au noir à Akzhayik. La situation était catastrophique : dernier à la mi-saison avec un effectif trop limité, sans coach et en étant pas certain d’avoir assez d’argent pour tenir jusqu’à la fin de saison.

Alors que le club avait presque réussi à se mettre d’accord avec  le légendaire Victor Kumykov, le grand manitou président de la FFK Yerlan Kozhagapanov réussit à faire capoter l’affaire avec son réseau et installa une « valeur sûre », Vahid Masudov. Etrangement, après cette affaire, Ural se trouva affecté de fonds supplémentaires et l’équipe se trouva considérablement renforcée… Et remonta son retard en gagnant match sur match. Finalement, Akzhayik échappa même à la place de barragiste et se sauva directement. Ce permit à Kozhagapanov de faire passer un message important : le club qui se soumettra sera gagnant. Cependant, le président de la fédération est parti et à Ural, on ne sait pas de quoi l’avenir sera fait…

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11. FK TARAZ

L’école de football de Taraz peut être fière de ses élèves, excellant dans bien des domaines depuis de longues années. Ce n’est pas pour rien que les meilleurs joueurs du pays viennent de cette école réputée, tels que Bauyrzhan Islamkhan, Eldos Akhmetov, Ulan Konysbaev, Almir Mukhutdinov. Taraz a beau être le meilleur formateur, il faut garder les joueurs pour être compétitif. Et c’est plus compliqué. La dernière fois que Taraz tutoyait les sommets, nous étions en 2012 et le coach était le célèbre serbe Lyubko Petrovic. La belle quatrième place n’augura pourtant pas un futur brillant. Petrovic s’en alla, tout comme les résultats de Taraz (10è, 11è, 9è et donc 11è à nouveau). Il faut dire que les mauvais choix se sont accumulés. En symbole, le recrutement du joueur Alexander Aliev arrivé en Juin, pour tenter de relancer une ex star. Rapidement, il fut impliqué dans une bagarre avec son entraîneur Maximov. Après une arrivée en retard d’Aliev à un rassemblement, les deux hommes se sont roués de coups devant toute l’équipe, médusée. Quelques jours plus tard, le club annonçait la séparation avec le joueur pour « raison familiale »… Il faut dire que le pari Aliev était risqué, le joueur étant connu pour son talent mais surtout pour son comportement entre alcoolisme, violence, embrouilles avec les journalistes, coéquipiers et fans. Même sa femme avait porté plainte contre lui pour violence conjugale en état d’ivresse et d’intoxication.

Ce n’est pas la première fois que le club de cette grande ville du sud descend au deuxième étage. En 2002 et en 2008, Taraz jouait en deuxième division, gagnant à chaque fois le droit de remonter automatiquement. 2002, 2008, 2017 mêmes combats ? Vous le saurez en lisant le bilan de l’année 2017 au Kazakhstan.

12. FK ZHETYSU TALDYKORGAN

Il est un peu difficile d’expliquer pourquoi l’équipe de Taldykorgan n’a pu finir mieux qu’à une terrible  12ème place. Les ventes des deux piliers Savic et Turysbeka lors du mercato d’été ont bien entendu pénalisé fortement Zhetsyu qui a réalisé un play down absolument catastrophique (2 victoires sur 10). Pourtant, les départs ont été compensés par les arrivées de Dzhermanovich et Kasyanov dont la qualité n’est plus à démontrer. De plus, Zhetsyu était une des rares équipes à tenter de proposer un football attrayant dans ce championnat. Mais les joueurs de Taldykorgan n’ont pas montré assez de caractère comme ce dernier match à domicile contre une équipe d’Akzhayik plus faible mais bien plus présente dans le combat. Le mal est fait, Zhetsyu jouera au deuxième échelon en 2017. Même si dans le football kazakh, tout peut toujours se passer. En tout cas, l’espoir ne sera pas du côté de l’extension de la ligue, qui reste à l’étude, mais ne sera pas pour cette année.

zhetsyu

Le joueur de l’année

Bauyrzhan Islamkhan (Kairat)

Le successeur de Gerard Gohou (auteur d’une nouvelle grosse saison, 26 buts cette année) est un autre joueur du Kairat : Bauyrzhan Islamkhan. Cette saison était la plus réussie pour le meilleur footballeur kazakh de l’ère contemporaine. Dans un très fort milieu, il s’est distingué par sa vision du jeu, sa créativité et les nombreux buts qu’il a marqué. Son bilan de 17 buts et 9 passes décisives en a fait un leader absolu de l’équipe. Agé de 23 ans, Islamkhan est déjà le capitaine du Kairat et de l’équipe nationale. Son potentiel est très élevé et nous l’attendons encore plus haut dans le futur.

C’est un joueur bien connu de 35 ans qui a pris la seconde place. Suscitant très peu d’enthousiasme chez les fans, l’arrivée de la superstar russe Andrey Arshavin a finalement été une réussite, avec 8 buts et 7 passes. Le milieu offensif a désormais une côte de sympathie élevée chez les fans qui attendent impatiemment de le revoir l’an prochain.

Le buteur de Pavlodar Roman Murtazayev a pris la troisième place grâce à ses 18 buts marqués et son rôle important dans la belle saison de l’Irtysh. Son nouveau statut d’international kazakh demande à être confirmé dès l’an prochain à Astana où il a signé.

L’espoir de l’année

Pour ne pas concurrencer la rubrique à venir des 5 espoirs de l’année au Kazakhstan, nous voulions mettre en valeur un joueur de 16 ans qui a fait le buzz en gagnant en concours.

Daulet Amanov

Il y a quelques semaines, la communauté footballistique du pays a beaucoup parlé d’Amanov, qui va faire un essai à Arsenal. Le jeune Daulet, 16 ans, originaire de la région de Zhambyl, a gagné le concours B1nk Kazakhstan, banque coopérant avec Arsenal et organisant une sélection de talents au Kazakhstan. Le jeune joueur a parlé pendant 10 minutes sur Skype à certains joueurs d’Arsenal (un interprète traduisait) puis ira faire un stage à Londres pour essayer de gagner une place à l’académie. Sinon, Daulet pourra toujours faire ses gammes au Kairat, lui qui est fan depuis toujours des jaunes et noirs.

PS : ce n’est pas avec la vidéo ci dessous qu’il est devenu l’heureux élu.

Le coach de l’année

Dimitar Dimitrov (Irtysh)

Alors oui, nous aurions pu citer Stanimir Stoylov comme l’an dernier, auteur d’une nouvelle saison menée de main de maître. Mais nous connaissons les qualités du maître bulgare. C’est pour cela que nous voulons mettre à l’honneur son compatriote Dimitar Dimitrov.

Celui qui a vaincu une tumeur de l’estomac de la taille d’une balle de tennis, diagnostiquée, a été doublement fragilisé par un club en situation financière instable. Encore sous le coup de la chimiothérapie en début de saison, pas toujours rémunéré en temps et en heure, il a dû motiver des joueurs non payés et plus trop concernés pour accrocher une troisième place et une place en Europa League. Même dans les moments les plus difficiles de la saison (cinq défaites consécutives en ouverture des PO), il a su garder le cap en maintenant un niveau de jeu agréable. Une belle récompense pour cet amoureux du football dont nous tresserons le portrait dans quelques semaines.

irtysh site officiel

Une finale de coupe surréaliste

Comme l’an dernier, la finale de la Coupe opposait les deux meilleures équipes que sont Almaty et Astana. Le match avait beau être disputé à Almaty, les sudistes n’auront pas forcément eu l’avantage du terrain… Et pour cause, un blizzard s’abattait sur Almaty, forçant les joueurs à évoluer sur un grosse quantité de neige. Les lignes n’étaient pas visibles, les joueurs s’enfonçaient dans la neige… Ce n’était pas forcément du football mais les images en sortant étaient juste exceptionnelles. Ce qui nous ferait regretter tous ces nouveaux stades aseptisés avec des toits… Pour la petite histoire, c’est Junior Kabananga qui a marqué le seul but de la rencontre et a donné une victoire chanceuse à Astana.

Une seconde division mouvementée

Après avoir lu le résumé club par club, vous pensez que la KPL 2016 était un sketch ? Vous n’avez donc pas encore lu ce qu’il s’est passé en seconde division.

Et notamment autour du Kyzylzhar Petropavlovsk. Son président a passé sa saison à tresser des louanges à Yerlan Kozhagapanov, de façon tout à fait ridicule et grotesque. Et comme trop souvent au Kazakhstan, les hommes en noir se sont mis au service des plus hauts, quitte à ignorer l’éthique. Le Kyzylzhar a donc cumulé les décisions favorables tout au long de la saison… Le club de Petropavlovsk a toutefois atteint le point de non retour lorsque 9 points sortis de nulle part leur ont été attribués… puis retirés.

Altaï, né de la fusion entre deux clubs (voir bilan 2015) est monté tout aussi bien que le Kaisar, relégué de l’édition 2015.

La polémique de l’année

Il y a eu trop de polémiques dans le football kazakh cette année pour en sélectionner une en particulier. Cependant, un débat qui existe depuis longtemps a refait parler de lui cette année et serait prêt à être mis en pratique. Ce débat est le suivant : doit-on passer de 12 à 14 clubs ? C’est la question que se posent depuis un bon moment les responsables du football kazakh. Et la réponse n’a pas encore été donnée à 2 mois de la reprise du championnat. Comme dans tout débat, il y a les pour et les contre. Cependant, on peut rationnellement penser qu’il est un peu tôt pour cela quand on voit la situation de certains en KPL. La majorité des clubs ont des retards de paiement et globalement, des problèmes financiers. Il faudrait plus penser à stabiliser les clubs présents et à trouver un modèle durable que rajouter des clubs pas forcément solides financièrement. A terme, bien entendu, la solution est possible au vu du potentiel de ce grand pays.

Si jamais les dirigeants décidaient la validation de cette option, trois prétendants pourraient être repêchés : Taraz et Zhetysu qui sont descendus ou le fameux (voir catégorie seconde division) FC Kyzylzhar Petropavlovsk… Et au vu de cette saison, on peut légitimement penser qu’aucun de ces trois clubs ne mériterait de participer à la KPL 2017.

2016 – Un an de football au Kazakhstan
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