2014 – Année de transition pour la Croatie

Mandzukic, Srna, Croatie, Vatreni
Cédric Maiore - Publié le 14 janvier 2015

L’année 2014 vient de se terminer, l’occasion de jeter un dernier coup d’œil sur 12 mois intenses ponctués par le plus grand événement sportif, la Coupe du Monde ! Il s’est passé beaucoup de choses dans le football croate et l’on retiendra de nombreux signes positifs qui permettent d’être confiants pour le millésime 2015, à l’aube d’une coupe d’Europe forcément attendue dans nos contrées françaises. Voici de quoi l’on se souviendra en 2014 dans les sphères de la sélection nationale, thermomètre de la santé du nogomet à la sauce Vatreni.

Niko Kovac, l’homme de la situation

Arrivée à l’arrache en Octobre 2013, Niko Kovac a dû se mettre très vite dans le bain pour préparer la Coupe du Monde. Extrêmement contesté, Igor Stimac a laissé la place à un homme très apprécié du vestiaire. Il faut dire que Kovac était il n’y a pas si longtemps encore le capitaine de la sélection (dont on attend encore le successeur) puisque ses coéquipiers s’appelaient Stipe Pletikosa, Darijo Srna ou encore Luka Modric lors de sa retraite après l’Euro 2008. Le lien s’est forcément créé rapidement, de même avec le public qui a toujours trouvé en Kovac un homme respectueux, intelligent et en plus bon joueur de football. L’ambiance délétère autour de la sélection s’est vite désamorcée pour entamer l’année 2014.

Pour autant, difficile d’attendre grand-chose d’un coach tout à fait novice à ce niveau, avec dans le CV seulement quelques matchs sur le banc des Espoirs mais également dans le staff du RedBull Salzbourg. A la manière de Slaven Bilic, c’est avant tout le choix de l’humain qui a été fait pour créer une dynamique.

Une décevante Coupe du Monde

Comme trop souvent avec la Croatie, des attentes énormes se sont formées autour de l’équipe d’autant que le staff et les joueurs ont énormément parlé en ce sens. Dans le groupe A, il a déjà fallu affronter le Brésil lors du match d’ouverture. Nul doute que cette rencontre restera dans l’histoire autant par les décisions arbitrales étonnantes que par la qualité du match puisque la Croatie n’est pas passée loin de l’exploit (1-3).

Par la suite, les Vatreni n’ont fait qu’une bouchée du faible Cameroun. Il fallait veiller pour assister à cette victoire 4-0 où Ivan Perisic a démontré l’étendue de son talent. Les espoirs étaient permis pour la finale du groupe contre le Mexique, auteur d’une belle prestation (et que dire d’Ochoa) contre les Brésiliens.

« Le Mexique a une bonne équipe, mais je pense que la Croatie est meilleure, que ce soit individuellement ou collectivement. Notre seule option est de gagner, ce qui est très bien. On trouvera un moyen de battre leur gardien, c’est sûr. Qu’importe qui marque. Nous avons raison de croire en une victoire ». Modric s’est avancé quant au potentiel croate mais c’est un match tactique qui s’est déroulé, beaucoup de crispation qui a empêché les Vatreni d’avoir de réelles occasions. La fin de match cauchemardesque a envoyé les joueurs en vacances. Sortir une seule fois des poules d’une grande compétition (Euro 2008) depuis 1998 est une statistique peu valeureuse !

Comment expliquer une nouvelle déroute alors qu’il y a clairement de la qualité dans l’effectif ? Le mal croate est propre à celui du football de l’Est depuis toujours, l’irrégularité des résultats n’est plus un secret. Pour autant, il est bien difficile de ne pas souffrir en tant que supporter dans de telles conditions et forcément ressentir du gâchis face à de tels joueurs. La Croatie devait battre le Mexique pour prouver sa valeur. Niko Kovac n’est pas à oublier dans cet échec car son manque d’expérience à ce niveau ne fait pas de cadeau, les meilleures équipes ont de vieux roublards sur le banc ! En même temps, après une fin de qualifications particulièrement mauvaise (dont deux défaites contre l’Ecosse), la surprise n’est pas inattendue.

Mandzukic, Croatie, Vatreni

Un moment marquant de cette Coupe du Monde (c) lilkoye.com

La retraite des anciens

2014 c’est aussi une page qui se tourne avec la retraite internationale de nombreux joueurs emblématiques de la sélection des années 2000. Le premier de la liste est le pieux gardien Stipe Pletikosa, numéro 1 dans les buts depuis 2002 (114 sélections), parti en s’excusant de ses mauvaises prestations au Mondial, à juste titre puisque la plupart des buts encaissés sont pour lui. Dommage de terminer sur la sensation du tournoi de trop pour un homme apprécié des croates et pas mauvais dans les buts, quoi qu’on puisse en dire.

Le Mondial n’a pas été pour le local Eduardo l’occasion de se montrer une dernière fois. Le chouchou national n’est jamais revenu à son niveau stratosphérique de 2007, une carrière détruite par le tacle assassin d’un certain Taylor en Premier League. « Dudu » a choisi de quitter l’Europe pour retourner dans son pays natal, le Brésil, à l’approche de la fin d’une carrière qui aurait pu être toute autre.

Enfin, Josip Simunic a raccroché complétement les crampons en Décembre 2014. Ce défenseur rugueux et parfois limite n’a pas eu la possibilité d’endosser une dernière fois le maillot à damiers cette année à cause des chants « Za Dom Spremni » jugés trop bordelines par l’UEFA lors du barrage 2013 contre l’Islande. Simunic restera un pilier de l’histoire du foot croate (105 matchs), un homme de vestiaire comme de terrain toujours prêt à se sacrifier pour les siens. Il est venu saluer le public une dernière fois au Maksimir pour recevoir un maillot sous forme d’hommage du Dinamo Zagreb, club dans lequel il a terminé sa carrière.

N’oublions pas les retraites internationales de Ognjen Vukojevic qui ne s’est jamais imposé comme milieu défensif alors que l’équipe en avait besoin. Mais c’est surtout le choix de Nikica Jelavic de prendre la porte qui surprend en Novembre dernier, à deux jours d’un match contre l’Azerbaïdjan, jugeant qu’il ne veut pas venir en sélection pour être remplaçant.

Des jeunes bourrés de promesses

En dépit du Mondial mitigé, il est rassurant de voir qu’une génération de joueurs extrêmement prometteurs arrive. On en retrouve à tous les postes et certains sont déjà dans de grands clubs. Parmi eux, il y a Mateo Kovacic (Inter), Tin Jedvaj (Bayer), Marcelo Brozovic (Dinamo), Alen Halilovic (Barça) ou encore Sime Vrsaljko (Sassuolo). L’espoir de l’année 2014 restera cependant Andrej Kramaric auteur de statistiques exceptionnelles avec Rijeka (30 matchs et 28 buts en une demi-saison) qui lui ont ouvert les portes de clubs prestigieux comme la Juve ou Chelsea. Il a fait ses premiers pas en sélection (4 matchs, 2 buts) et s’impose déjà comme l’attaquant numéro 2 après Mario Mandzukic. Ivan Perisic fait aussi partie des nouvelles têtes qui ne cessent d’impressionner.

Les cadres au niveau

Le grand nombre de jeunes espoirs concorde avec l’arrivée au sommet de leur carrière de nombreux cadres de la sélection, en particulier au milieu de terrain. Modric et Rakitic forment un duo majeur qui doit être le moteur de l’équipe nationale pour accrocher des résultats sur la scène internationale. Derrière, le capitaine Darijo Srna est toujours aussi régulier tout comme Mandzukic qui s’épanouit complètement à l’Atlético comme lorsqu’il jouait au Bayern. C’est sur eux que reposent les ambitions du <strong. C’est sans doute aussi eux qui sont responsables de ne pas avoir emmené l’équipe au-delà du premier tour du Mondial…

Mandzukic, Srna, Croatie, Vatreni

(c) dnevnik.hr

L’Euro 2016 dans le viseur

La campagne de qualifications à l’Euro a très bien commencé pour la Croatie qui n’a perdue aucun match tout en proposant un jeu attractif caractérisé par un fort esprit d’équipe et une facilité technique encourageante. L’équipe prend du plaisir et cela se voit à travers les attitudes et l’envie de gagner comme le démontre la victoire 6-0 contre l’Azerbaïdjan, la solide performance en Bulgarie (1-0) et surtout le duel au sommet contre l’Italie (1-1) qui aurait dû se terminer autrement si Perisic n’avait pas manqué la balle de match.

Il reste encore à affronter la Norvège dans la phase aller pour se mettre réellement à l’abri et ainsi accueillir l’Italie à Zagreb dans ce qui est déjà, le match le plus attendu de l’année 2015 pour les Vatreni. Voici clairement l’équipe la plus compétitive, mix entre espoirs de talents et cadres au top, depuis 2007-2008 voire même depuis 1998. A Kovac de transformer les individualités en groupe à la hauteur des attentes !

Des clubs en progrès, un championnat qui change

L’arrivée de Rijeka comme rival sérieux du Dinamo relance l’intérêt du championnat croate. Pour autant, les autres clubs restent marginaux et ne peuvent faire le poids en particulier à cause de la taille de leurs structures. Le Hajduk souffre d’une situation financière très compliquée qui l’oblige à vendre très vite ses jeunes.

Il est cependant important de noter que pour la première fois, 4 clubs croates ont joué les barrages d’Europa League. Par la suite, Rijeka a montré un beau visage en accrochant 9 points au Kantrida alors que le Dinamo, gangrené par une gestion déplorable, n’a pu que sauver l’honneur en terminant troisième de son groupe. Ces résultats, dans l’ensemble positifs, permettent à la Prva Liga de gagner quelques places à l’indice UEFA pour 2015 en passant notamment devant Israël, la Pologne ou encore Chypre.

Le point marquant dans le championnat croate est sans conteste la grogne des supporters du Hajduk contre la direction du Dinamo, accusée de refuser les supporters qui ne lui conviennent pas au Maksimir. La colère a touché les plus hautes sphères du foot croate mais pour l’instant, rien n’a évolué pour la dynastie Mamic qui continue de tuer l’esprit communautaire du Dinamo. Par conséquent, le club compte des affluences historiquement basses dans son stade en dépit du titre de champion d’Automne.

Comment résumer la situation en début de nouvelle année ? Croatie 2015 : Un nouvel espoir.

Cédric MaioreL’Actualité du football croate

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