Mais où va le Panathinaïkos ?

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Martial Debeaux
Martial Debeaux - Publié le 19 février 2016

Saison sportive ratée. Pas de coupe d’Europe. Incidents en tribunes. Gate 13 fermée. Flou autour du projet sportif. Possible procédure à venir auprès de la fédération. On appelle ça un sans-faute, ou presque. Club mythique de Super League, le Panathinaïkos semble aller droit dans le mur. Comment expliquer cette longue descente d’une équipe pourtant championne en 2009-2010 ? Éléments de réponse.

Un été raté

Le point de départ. Deuxième d’un championnat dominé depuis des années par l’Olympiakos, le Pana se qualifie alors pour le troisième tour préliminaire de la prestigieuse Ligue des Champions. Jusque-là, tout va bien. Pour arriver à cet objectif affiché, à savoir celui d’aller en phases de groupe, le club avait décidé de mettre les moyens à l’été pour bâtir une équipe expérimentée. Une équipe surtout, censée être apte à relever ce défi de ramener le Pana dans une compétition dont il fut le finaliste lors de la saison 1970-1971 (la meilleure performance pour un club grec) et qu’il n’a plus connue depuis la saison 2010-2011. L’époque où Sidney Govou et Djibril Cissé combinaient pour marquer au Camp Nou. Tout cela semble si proche, et si loin à la fois.

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Pour se faire, deux Scandinaves, le Finlandais Robin Lod (200k€ – Helsinki) et le Danois Rasmus Thelander (300k€ – AaB) débarquent dans la capitale, ainsi qu’un Allemand, Jens Wemmer, arrivé libre de Paderborn avec 125 matchs de D2 allemandes dans les pattes. Mehdi Abeid arrive, lui, en provenance de Newcastle (pour environ 600k€), pour retrouver un stade, une ville où l’international algérien avait brillé lors de son prêt en 2013-2014. Prometteur. Mais les deux gros coups, ou du moins les deux plus ronflants, arrivent après. Sergio Sanchez, latéral droit espagnol plutôt expérimenté (165 matches de Liga), décide de signer après plusieurs jours de tractations, le joueur étant un peu sceptique vis-à-vis du contexte économique en Grèce et de ses répercussions sur le club.

Et, en bon club grec qui se respecte, le Pana va signer une ancienne gloire en déliquescence sportive : Michaël Essien, ancien de Chelsea et du Real qu’on ne présente plus, libre après son départ du Milan. Forcément, quand le joueur arrive à Athènes, l’attente est énorme. Les supporters l’attendent, fumis à la main, pour lui souhaiter la bienvenue, à l’image d’un Djibril Cissé avant lui, ou d’un Cambiasso à l’Olympiakos. Mais, à l’inverse de son camarade français, le Ghanéen ne va pas connaître la même réussite. Fragile physiquement, ce qu’on avait déjà observé lors de ses passages en Italie ou en Angleterre, il se blesse dès juillet pour une durée de deux mois. Un coup dur, autant pour le club qui attend beaucoup d’un milieu qui n’est pas venu jouer bénévolement que pour le joueur qui prend du retard sur sa préparation physique, et qui fera son premier match officiel le 28 novembre. Une éternité.

Alors, forcément, en manque de repères, mal préparée pour cette échéance qui arrive très vite après la reprise, l’équipe athénienne subit la loi des Belges du Club Bruges, malgré une victoire 2-1 dans un stade Apostolos Nikolaidis dont nous reparlerons plus bas. Balayé 3-0 dans le plat pays, par une équipe peu connue mais très joueuse, les coéquipiers de Marcus Berg basculent dans les éliminatoires d’Europa League. Moins glamour, mais toujours ça de pris pour se reconstruire lentement, et surtout goûter à nouveau aux joies de l’Europe. Qu’importe le flacon, pourvu qu’on ait l’ivresse, disait Musset.

Sauf que l’ivresse, les supporters du Pana ne l’auront pas. Opposé aux Azerbaïdjanais de Qäbälä, une équipe plutôt méconnue de l’Europe du foot mais talentueuse et difficile à manœuvrer, mais à la portée du Pana, les Grecs ramènent un 0-0 de leur long déplacement. Pas forcément de quoi se mettre dans les meilleures dispositions, ni de se prémunir face aux très redoutés buts à l’extérieur. C’est d’ailleurs ce qu’il se passera, avec un doublé du Brésilien Dodô, et un score final de 2-2. Fini les espoirs d’Europe, d’exploits, de Gate 13 survoltée. Le retour à la réalité est terrible, pour un club qui avait misé aussi sur les retombées financières d’une qualification.

Même s’il est toujours difficile d’être prêt pour ces échéances qui arrivent très tôt dès le début de la saison, le club a raté son objectif, celui qui aurait pu lui permettre de se reconstruire petit à petit et surtout bâtir les fondations nécessaires pour retrouver un prestige quelque peu disparu. Comment espérer attirer des joueurs sans coupe d’Europe, qui plus est dans un championnat qui n’inspire pas la confiance vu le contexte économique du pays ? Et, surtout, comment rester motivé pour jouer une saison de Super League sans Europe ? Deux questions qui se transformeront en deux problèmes de taille au fur et à mesure de la saison.

Le premier acte d’une saison compliquée vient de se produire. Pas en confiance, l’équipe aborde la saison dans une posture délicate, ses recrues n’ayant pas donné satisfaction, et le retard sportif sur l’Olympiakos apparaît déjà presque impossible à combler. Et nous sommes, alors, qu’à la fin du mois d’août.

Un derby dévastateur

L’Europe oubliée tant bien que mal, le Pana doit alors se remettre dans le bain d’un championnat grec hétérogène, où certains stades sont bien loin du prestige d’une Ligue des Champions. Vraiment très loin. Heureusement, certains joueurs vont se révéler, comme Nikolaos Karelis, par exemple. L’ancien de l’Ergotelis, passé par la Russie, va réaliser un très bon début de saison, marquant trois fois lors des quatre premières journées.

Forcément, cela se ressent dans les résultats de son club. Avec six victoires en sept journées, on se dit alors que l’équipe coachée par Yannis Anastasiou, alors en place depuis juillet 2013 (un sacré exploit), est parfaitement lancée, et qu’elle peut le faire. C’est à dire, en d’autres termes, mettre fin à la domination outrageuse de l’Olympiakos. Mais à trop vouloir se focaliser sur son rival du Pirée, et aussi à cause de leur irrégularité, les Verts vont vite rentrer dans le rang. Et décevoir. En témoignent cette défaite face au PAOK (3-1) et ce match nul contre l’AEK (0-0) en l’espace de deux journées. Deux adversaires directs pour cette 2e place, puisque l’Olympiakos semble vite intouchable. Deux adversaires, aussi, contre lesquels le Pana n’arrive pas à démontrer sa supériorité. Parce qu’elle n’existe pas, ou plus, tout simplement.

Après une victoire contre l’Atromitos pour se relancer, arrive le match qui changera tout. Celui qui fera basculer la saison des deux clubs, vers le haut pour l’Olympiakos, et vers le bas pour le Pana. Celle qui fera basculer tout un championnat, aussi. Le fameux derby des éternels ennemis. Celui que toute l’Europe du foot regarde, pour son ambiance, ses chants, ses scandales son atmosphère explosive, ses fumis. Et des fumis, justement, il en sera question en ce samedi 23 novembre. Durant la traditionnelle reconnaissance de la pelouse que font les joueurs avant le coup d’envoi, un fumigène lancé par un supporter du Pana touche légèrement Alfred Finnbogason à la jambe. Dans une ambiance qui sent le soufre, où une seule étincelle suffirait à tout faire dégénérer, les joueurs de l’Olympiakos décident de rentrer aux vestiaires, et d’y rester. Deux heures avant le match, des affrontements avaient eu lieu dans la ville entre fans du Pana et la police. Tout le monde est à cran.

Les minutes s’écoulent. Les joueurs du Pirée ne souhaitent pas sortir, face à un public (très) hostile. Jamais un derby n’aura semblé avoir une telle atmosphère tendue. On parle d’abord de coup d’envoi retardé de dix minutes. Puis quinze. Puis trente. Finalement, le couperet tombe : le match est tout bonnement annulé. La goutte d’eau qui fera déborder le vase. Les fans, pour qui la décision semble démesurée, envahissent la pelouse, et se confrontent aux forces de l’ordre avec tout ce qu’ils peuvent trouver. Piquets, pancartes publicitaires, bâtons, tout est bon pour exprimer la colère et le sentiment d’une sanction incohérente. Les joueurs, eux, sont privés de leur métier. Ceux de l’Olympiakos attendent même plus d’une heure dans le vestiaire avant de repartir, histoire de ne pas risquer d’être agressés dans leur bus. Le Pana, lui, est privé d’un moyen de relancer sa saison en s’offrant le scalp d’une équipe qui n’a pas connu autre chose que la victoire depuis le début de saison.

Le coup fatal arrivera quelques jours plus tard. Match perdu sur tapis vert, quatre matchs à huis clos, et 190.000 euros d’amende. Autant dire que le championnat vient de s’envoler vers le Pirée avec ces 17 points de retard sur le rival éternel. Une sanction lourde, qui contribuera à creuser un peu plus le fossé entre l’Olympiakos et le reste du foot grec. Au Pana, forcément, personne n’accepte ce verdict, surtout pas des fans qui y voient là le signe d’un favoritisme envers le club honni. Surtout que le club perdra le match suivant, contre l’Iraklis, histoire de ne pas arranger les choses. Sans certitudes, le Pana ne retrouvera jamais la confiance, et les prestations s’en ressentent. Et les joueurs expérimentés, censés apporter leur savoir et cadrer l’équipe, faillissent à leur mission. Aucun leader ne semble se détacher de cette équipe. Pas même ce bon vieux Stathis Tavlaridis, toujours titulaire en défense centrale malgré ses 36 ans et un niveau qui régresse de jour en jour. Comme un symbole.

Une Gate 13 muette

Le Pana sans sa Gate 13, c’est un peu comme un repas sans Ouzo en digestif, ou une salade grecque sans feta. Fade. Inintéressant, aussi. Idem pour l’Olympiakos et la Gate 7, ou l’Aris sans la Super 3. Réputée à l’échelle du monde entier pour sa ferveur, ses fumis vert, et son soutien sans faille à son club aux quatre coins de la planète, même dans d’autres disciplines que le foot, les ultras du Pana ne peuvent pas exprimer leur voix, et soutenir leur club adoré. Mais à ce moment-là, ils pensent que ça ne va durer que quatre matchs. Tous attendent la fin de la sanction avec impatience pour retrouver leur place, leur seconde maison. Parce qu’ils ont encore l’espoir – légitime – que les choses s’arrangent.

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Mais c’est sans compter sans l’opiniâtreté d’un homme. Stavros Kontonis, le vice-ministre des Sports du gouvernement Tsipras. Celui-là même qui prônait, en avril dernier« l’adoption immédiate du billet électronique et l’installation des caméras de vidéosurveillance »  et pour qui le football grec baigne « dans un climat de suspicion et d’opacité permanent. »  Un ministre qui, comme dans d’autres pays d’Europe, notamment la France, préfère opter pour la sanction plutôt que le dialogue dès lors qu’il s’agit d’ultras et de football. Une posture qui, forcément, ne va pas plaire aux fans des Verts, qui ont déjà peu confiance dans les principales instances du football grec. Et qui vont se sentir persécutés.

Si la violence, et les scandales divers (corruption, salaires non payés) qui entourent le foot grec sont, malheureusement, bien trop présents, et ancrés profondément dans l’ADN de beaucoup de clubs, la seconde salve des sanctions envers le Pana ne fera qu’accentuer ce même climat dénoncé. À la mi-janvier, le club est condamné à fermer jusqu’à la fin de la saison sa Gate 13. Même la nouvelle amende de 90.000 € sera anecdotique, tant la sanction paraît impossible à encaisser. Une saison entière sans Gate 13, personne n’aurait jamais imaginé cela, même dans les pires scénarios. Sans parler du manque à gagner financier pour le club, c’est une partie de celui-ci qui manque à chaque match. La nouvelle, d’ailleurs, fera le tour du monde, tant la ferveur de ces ultras est connue et reconnue par les spécialistes de la question.

Plutôt que de s’attaquer en profondeur aux problèmes qui touchent un football malade, où certains joueurs grecs ont à peine de quoi vivre dans les divisions inférieures, et où le prix des billets est tellement élevé vu le contexte économique que les stades sont presque tous vides, le gouvernement choisit ce qui s’apparente à la solution de facilité en adoptant une mesure restrictive forte. La pilule ne passera pas, et les ultras du Pana iront même manifester, à plus de 2.000, devant le domicile d’Alexis Tsipras. Pour le symbole, face à un homme qui a incarné l’espoir de renouveau de tout un pays. Et qui, maintenant, devient aussi le symbole des maux d’un club qui se sent plus sanctionné que d’autres. Mais renforcer la rivalité et la défiance entre l’Olympiakos et le Pana n’est pas ce qui permettra aux clubs grecs de se tirer mutuellement vers le haut. Bien sûr, la rivalité existera toujours. Mais la constante comparaison entre les décisions arbitrales, par exemple, vient souvent parasiter l’analyse sportive pure, et empêche toute analyse constructive, notamment du côté du Pana.

Kontoni, lui, subira les foudres des fans d’une manière différente, et moins directe si l’on puit dire. Plusieurs banderoles peu aimables, dont l’une le qualifiant même de fasciste, seront déployées fin janvier lors d’un déplacement victorieux sur la pelouse de Levadiakos. Ironie du sort, l’arbitre du match, M.Dimitropoulos, retardera le début du second acte pour faire enlever ces banderoles, seuls moyens restants à ces supporters d’exprimer leur opinion et leur colère face à des instances souvent en décalage avec la réalité. Il faudra même l’intervention de quelques joueurs du Pana, obligés de demander à leurs supporters de les enlever, pour que le match reprenne.

Un projet sportif flou

Revenons-en au terrain. Toujours dans le coup pour la 2e place alors qu’arrive le mois de janvier, le Pana décide de se renforcer au mercato. Jusque-là, rien de mal. Olivier Boumale (Panionios) et Lucas Villafañez (Panetolikos), très bons depuis le début de la saison dans deux clubs plutôt modestes, rejoignent le club pour près d’un million d’euros. Auxquels s’ajoutent les deux frères Vlachodimos – Odisseas, gardien formé à Stuttgart et international dans toutes les catégories de jeunes Allemandes, et Panagiotis, ancien de l’Olympiakos passé à Nîmes récemment, les Brésiliens Moledo, Mamute (prêt) et Lucas Evangelista (prêt), le retour au club de l’Argentin Leto et l’Italien Mesto, tous deux arrivés libres.

PAO_PaianiaAu total, ce sont neuf joueurs qui débarquent. Entre temps, Yannis Anastasiou a été remercié, remplacé par l’Italien Stramaccioni. Si les renforts étaient nécessaires, c’est le nombre qui pose soucis, et surtout les postes ciblés. Déjà bien pourvu au milieu, le club voit débarquer plusieurs joueurs évoluant dans cette zone de jeu. Ce mercato, qui voit aussi le très bon Karelis et le décevant Ninis s’envoler pour la Belgique, pose les questions de la véritable ambition du club, tant il aura semblé recruter pour recruter, sans vraiment combler les manques. Surtout, il apparaît comme une correction d’un mercato d’été raté, à l’image de Jens Wemmer, devenu indésirable six mois après son arrivée en Grèce. Mais cela traduit parfaitement l’instabilité d’un club peu à peu distancé par le voisin de l’AEK dans la course à la deuxième place, modèle de régularité et d’intelligence depuis sa remontée dans l’élite de cette année.

En coulisses, aussi, le club est agité. L’arrivée de Stramaccioni provoque quelques changements, et certaines têtes sautent. Leonidas Vokolos (directeur technique) et Takis Fyssas, ancien champion d’Europe 2004, son assistant, ont en effet démissionné au début du mois de février, payant leurs mauvaises décisions de l’été, comme le malheureux Wemmer (toujours lui), par exemple. Mais pas que. Certes, il est toujours difficile de se séparer de deux légendes du club, mais le club a besoin d’avancer. Dans la foulée, le président Alafouzos élargit les prérogatives d’Andrea Stramaccioni, qui devient une sorte de manager à l’anglaise, avec une mainmise sur les transferts. Un fonctionnement digne des grands clubs européens, qui témoigne d’une certaine volonté de changement. Mais, forcément, cela prend du temps, et le club n’en a plus. L’exigence de résultats est omniprésente dans un club aussi prestigieux, et cela empêche parfois la dynamique de progression de se mettre en place.

Largué, comme les autres, dans la course au titre, le club mise alors gros, comme les autres, sur la Coupe de Grèce pour ne pas finir la saison bredouille, et garnir à nouveau une armoire à trophées déjà bien remplie. Mais, forcément, l’alchimie a du mal à prendre avec l’incorporation d’autant de recrues. Et ce qui devait arriver arriva. Après un nul sur sa pelouse à l’aller, le Pana se fait sortir en quarts, par l’Atromitos d’Anthony Le Tallec sur un superbe but du Monténégrin Milos Stojcev peu après l’heure de jeu. Apathiques, les joueurs offrent un triste visage, blâment les décisions arbitrales alors qu’ils se montrent incapables de se révolter et de hausser un niveau de jeu bien trop bas pour espérer une place dans le top 3. C’est d’ailleurs là que réside le dernier objectif du club : sauver les meubles, et accrocher une place européenne. Face à un AEK séduisant et régulier, seul club à avoir fait chuter l’Olympiakos, un PAOK toujours difficile à battre malgré les difficultés de Tudor et Berbatov, et les « petits » de l’Asteras et du Panionios qui poussent derrière, le Pana a dû soucis à se faire.

Un avenir difficile ?

Quand se pose la question de l’avenir du Pana, la réponse est difficile à trouver. Verra-t-on un jour les Verts goûter à nouveau aux joies d’un sacre national ? Impossible à dire. Si un club devait, à l’avenir, briser la série de titres de l’Olympiakos, la balance pencherait plutôt du côté de l’AEK, qui dispose d’un projet sportif clair, organisé, et qui résiste aux mauvais résultats. Le Pana, lui, ressemble plutôt à une somme d’individualités, certes talentueuses, mais qui n’arrivent pas à vraiment se dépasser dans le collectif. Censé apporter un souffle nouveau, Andrea Stramaccionni n’a pas su chambouler le jeu de manière significative, à l’image d’un Gus Poyet à l’AEK.

Le bateau tangue, plus que jamais. Mais ne coule pas. Pour l’instant. Privé de ses supporters, et dans l’œil du gouvernement, le club pourrait bientôt l’être aussi dans celui de la fédération grecque de football. Sans participation à une coupe d’Europe, impossible de compter sur les rentrées d’argent que supposent ces compétitions ni ceux des droits télés. De plus, les lourdes amendes suite au derby ne viennent pas arranger les finances déjà fragiles du club, qui doit payer quelques gros salaires. Et à tout ça vient s’ajouter cette sortie prématurée en Coupe de Grèce, pour ne rien arranger. La seule rentrée d’argent est venue du départ de Karelis à Genk, estimé à 2,5M€. Une somme bienvenue, mais une grosse perte sportive.

Pourtant, comme évoqué plus haut, le club n’a pas lésiné sur les investissements en janvier, grâce à des apports directs effectués par le président Alafouzos en personne. Difficile, cependant, d’y voir quelque chose de viable à moyen ou long terme, tant les exemples récents (AEK, Aris) ont montré que les clubs où les investisseurs représentaient la seule source d’argent pouvaient vite sombrer dans les méandres des divisions inférieures du football grec, et s’y éterniser. Le Pana n’en est pas encore là, mais les signaux commencent à devenir alarmants.

Surtout que les paiements échelonnés découlant des transferts, en particulier les commissions dont certaines sont encore non payées à ce jour et sur lesquelles le club essaye tant bien que mal de gagner du temps, pourraient lui valoir des procédures assez graves (devant le TAS notamment). Des procédures pouvant entraîner, par exemple, la suspension des comptes du Pana ou l’interdiction de transfert. Comment justifier ces mouvements d’argent alors que d’autres n’ont pas été honorés ? C’est toute la problématique auquel risque de devoir répondre le club si les procédures commencent à pleuvoir. Et, selon certains échos, ce pourrait être imminent.

Ajoutons à cela le litige avec l’Olympiakos, concernant la clause de Panagiotis Vlachodimos. En effet, le club du Pirée avait inclus dans le contrat de l’ancien Nîmois une clause qui stipulait que tout club grec qui achetait le joueur devait payer 350k€ à l’Olympiakos pour l’inscrire dans ses listes. Malin. Entré enjeu lors du quart de finale retour face à l’Atromitos le 10 février, l’ancien futur crack du football grec se retrouve malgré lui au centre d’un conflit opposant les deux meilleurs ennemis du pays. Le Pana ne compte pas payer cette somme, plutôt importante, arguant du fait que le joueur est arrivé libre. L’Olympiakos, lui, s’est dit prêt à aller devant un tribunal pour trancher l’affaire. Une procédure de plus, qui vient un peu plus alourdir l’actualité (et les finances) d’un club qui vit une saison plus que compliquée.

En effet, de l’extérieur, le club semble donner l’impression de jouer avec le feu, comme pris dans un cercle vicieux dont l’issue semble de moins en moins radieuse. Le plus paradoxal, dans tout ça, c’est que malgré tous ces problèmes-là, le club n’est qu’à quatre points du deuxième, et six devant le quatrième. Comme si, finalement, la rédemption pouvait encore arriver au terme d’une saison bien mal engagée. Parce qu’un club comme le Pana en a vu d’autres. Le bateau tangue, mais ne coule pas. Mais il pourrait vite faire face à de fortes tempêtes.

Martial Debeaux

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Beaucoup de football grec et de Nassim Akrour.

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