2015 – Six mois de football en République Tchèque

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Pierre Vuillemot
Pierre Vuillemot - Publié le 9 février 2016

Retour sur l’interminable course au titre en République Tchèque entre le Sparta Praha et le Viktoria Plzen, sur les nouvelles ambitions du Slavia Praha ou encore sur la saison en chemin de croix du Banik Ostrava et les plaisirs du Ďolíček. Retour sur six mois de football dans le pays de la Pilsner Urquell, de Pavel Horváth et des supportrices seins nus.

La course au titre, éternel mano à mano

Depuis maintenant quelques années, deux équipes se partagent les premières places : l’historique Sparta Praha, et le nouveau mastodonte du pays, le Viktoria Plzen. Un duel qui, bien évidemment, est toujours au gout du jour avec cette nouvelle saison 2015/2016.

Champion en titre, le Viktoria Plzen avait commencé cette nouvelle saison avec un marché des transferts relativement bien maîtrisé avec, entre autres, l’arrivée de Jan Kopic en provenance de Jablonec, tandis que Thomas Wagner et Stanislav Tecl faisaient le chemin inverse. En gardant un groupe relativement identique avec l’ajout de jeunes joueurs comme Jan Suchan ou Ales Mateju, le Viktoria Plzen a choisi la stabilité afin de remplir ses objectifs européens et nationaux.

Malheureusement pour Miroslav Koubek, alors entraîneur du club de Plzen, ses hommes connaîtront un début de saison bien laborieux avec une élimination en Ligue des Champions face au Maccabi Tel-Aviv après une défaite à domicile.  Après cette tâche inaccomplie en Europe, et suite à des résultats défavorables en championnat, Koubek rendra rapidement son tablier durant le mois d’août, remplacé par le duo inexpérimenté mais symbole de la ville, Karel Krejčí, né dans la ville et assistant de Pavel Vrba en sélection nationale, ainsi que la légende au beau bidon, Pavel Horvath.

Pavel Horváth , la légende | © idnes.cz

Pavel Horváth , la légende | © idnes.cz

Un changement qui apportera un nouvel élan en championnat et en Europa League. Une Europa League historique pour le pays qui a eu l’occasion d’y placer trois de ses clubs en phase de groupes avec le Viktoria Plzen, le Sparta Praha et le Slovan Liberec. Malheureusement pour le club, cette épopée européenne n’ira pas plus loin que les groupes. Un groupe composé, en l’occurrence, de Villarreal, du Rapid Wien et du Dinamo Minsk. Un changement de coaching qui permit aussi de revoir renaître l’attaquant slovaque Michal Ďuriš, actuel second meilleur buteur du championnat avec 11 buts. Un renouveau bienvenu tant la nouvelle recrue Aidin Mahmutović, depuis prêtée au Sigma Olomouc, s’est montrée peu efficace et bien loin de son niveau avec Teplice.

Ne reste plus qu’à voir comment le club fera pour compenser le départ de Václav Procházka en Turquie, lui qui était un joueur cadre du club depuis maintenant plusieurs saisons et qui était sans conteste l’un des meilleurs joueurs du championnat à son poste de défenseur central. Un mercato hivernal dans lequel le club s’est montré très peu actif, certainement à cause des échéances relativement peu chargées du club après cette élimination en EL, mais aussi une nouvelle preuve de la volonté de stabilité du club.

Des échéances peu nombreuses dont le club devrait profiter pour la course au titre. Car, de son côté, le Sparta, à trois points de la première place, a su sortir de son groupe d’Europa League en se qualifiant pour le prochain tour, et se confrontera au club russe de Krasnodar. Ainsi, à l’inverse du club de Plzen, le Sparta Praha aura connu un début de saison canon avant de s’essouffler peu à peu, la faute à une mauvaise gestion des matchs importants.

Mais aussi, à l’inverse de son compère de Plzen, le Sparta Praha n’a pas vraiment choisi la stabilité. Désireux de retrouver le titre, le nouvel entraîneur Zdeněk Ščasný avait alors bouleversé l’effectif avec près de 20 changements. Exit Pavel Kaderábek, meilleur joueur du championnat lors de la précédente édition, on souhaite la bienvenue à son remplaçant Markus Steinhöfer, au jeune ailier Martin Frýdek en provenance de Liberec, à l’expérimenté Petr Jirácek ou encore aux attaquants Fatai et Marco Paixao.

Un ballet de nouveaux joueurs qui, comme on peut le constater 6 mois plus tard, n’a pas vraiment porté ses fruits. Si Martin Frýdek n’a pas vraiment déçu, ce n’est pas le cas de tous ces transferts. Marco Paixao n’a jamais su s’affirmer, la faute à de multiples blessures et a préféré retourner jouer avec son jumeau en Pologne tandis que Markus Steinhöfer se voit critiqué de toutes parts, que ça soit par les supporters, mais aussi par l’entraîneur lui même qui n’a pas hésité à déclarer : « Steinhöfer, nous l’avons pris au dernier moment car nous avions un grand manque sur le flanc droit. Il faut admettre qu’il est très mauvais. »

Enfin, si Fatai n’a pas démontré l’étendue du talent qu’on avait eu l’occasion de constater durant son passage roumain, il a su se montrer décisif et répondre présent au moment où le club avait besoin de lui, à savoir en début de saison lorsque le peuple était inquiet au sujet des blessures de son incroyable buteur légendaire, David Lafata. Un buteur, qui malgré son âge, fait toujours aussi bien le travail devant le but et qui est une nouvelle fois en tête du classement des meilleurs buteurs du championnat tchèque. Toujours ça de pris pour le club.

Après une suite de matchs nuls, dans la continuité de l’élimination en Ligue des Champions face au CSKA Moscou, combinée à des défaites dans les gros matchs face au Slavia Praha à l’Eden et au Viktoria Plzen, le Sparta Praha s’est peu à peu « écroulé » jusqu’à en laisser sa première place à son principal concurrent. Ainsi, à l’exception de Mlada Boleslav,  le Sparta n’a jamais réussi à s’imposer face aux équipes du Top 5 cette année. Un constat qu’il faudra bien évidemment réglé lors de la prochaine phase retour pour espérer pouvoir accrocher un nouveau titre de champion.

Malgré tout, le Sparta Praha a des motifs d’espoirs. Le club reste tout de même la meilleure défense du pays et seconde meilleure attaque derrière Mlada Boleslav et a une nouvelle fois décidé d’être très actif durant le mercato hivernal avec, à l’heure actuelle, les arrivés du défenseur central Mazuch (libre), un joueur qu’il faudra relancer après une très lourde blessure avec le Dnipro, mais aussi d’Ondřej Zahustel et de Josef Sural, joueur cadre du Slovan Liberec auteur d’une très belle saison pour le moment. Tandis qu’un des objectifs du club dans ce mercato se retrouve en Turquie avec le défenseur Michal Kadlec de Fenerbahce. Ce duel Plzen – Prague risque encore de livrer de belles surprises durant ces 6 prochains mois et sera à suivre attentivement tant il reste indécis.

La région de Liberec chamboulée

Alors que le Slovan Liberec avait connu une dernière saison bien compliquée, son voisin et rival, Jablonec, c’était imposé comme le principal outsider au Viktoria Plzen et au Sparta. Puis, vint cette saison 2015/2016. Loin, très loin de ce que l’on pouvait imaginer dans la région de Liberec.

L’équipe de l’ancien international tchèque Tomáš Hübschman est en effet bien loin des attentes. Surnommé les Galacticos en République Tchèque, Jablonec a, depuis maintenant deux bonnes années, eu pour objectif de concurrencer à terme le haut du tableau et d’accrocher un titre de champion national. Pour y parvenir, le club a longtemps décidé de mettre les moyens, avec une nouvelle preuve cet été avec le recrutement de Stanislav Tech et Thomas Wagner en guise de monnaie d’échange pour le transfert de Jan Kopic au Viktoria Plzen.

Dirigé en juillet dernier par Jaroslav Šilhavý, l’un des meilleurs entraîneurs au pays, Jablonec était tout naturellement considéré comme le grand outsider pour cette nouvelle saison et devait confirmer ses prétentions que ça soit en championnat mais aussi en Europe.  Une compétition européenne qui tournera court au moment d’affronter l’ogre qu’est l’Ajax Amsterdam en barrages d’Europa League. Malgré de belles prestations, le club ne réussira pas à accrocher une qualification en phase de groupes de cette même compétition européenne.

Loin du drame, cette élimination devait pouvoir construire une nouvelle saison sur une bonne dynamique avec un jeu plaisant comme en avait l’habitude les différentes équipes de Jaroslav Šilhavý, qui déclarait d’ailleurs que « la saison avait très bien commencé, nous voulions construire sur les bases de l’année précédente qui était extrêmement réussie. Nous nous sommes principalement concentrés sur la scène européenne où nous avons très bien joué. » Et pourtant.

Si à la mi-septembre, le club était bien placé avec, notamment, une belle victoire face à Brno ou un match nul face au Sparta Praha, le club aura bien du mal à enchaîner à la fin de ce même mois. De match en match, Jablonec perd de nombreux points. La faute à une multitude de matchs nuls, une défense fragile, parfois apathique, tandis que le milieu de terrain ne se montrait pas d’un grand soutien défensif avec un fort manque d’agressivité. Notons également un manque d’efficacité cruel du côté de Jablonec nad Nisou. En effet, lorsque l’on regarde les stats générales du championnat, Jablonec est l’équipe qui se procure le plus d’action offensive, avec un total de 1452 attaques, ainsi que l’équipe qui tire le plus au but, avec un total de 107 tirs. Malgré tout, l’efficacité est loin d’être au rendez-vous et il faudra très clairement y remédier durant les six prochains mois.

Éjecté de son poste d’entraîneur, Jaroslav Šilhavý fut remplacé durant cette trêve hivernale par le slovaque Zdenko Frťala, ancien entraîneur du Slovan Varnsdorf, club de seconde division tchèque. Bien loin des ambitions affichées des Galacticos.

Et pour cause. Miroslav Pelta, président de la ligue de football tchèque et accessoirement du club, n’a pas hésité à afficher la nouvelle politique du club dans la presse durant cette trêve. Ainsi, depuis 2016, Jablonec ne veut plus être assimilé aux Galacticos. Exit l’ambition d’acheter des joueurs à coup de millions, le club veut dorénavant se concentrer dans la recherche de nouveaux talents et « se concentrer sur un modèle régional », déclarait ainsi Miroslav Pelta. Avant d’ajouter : « Nous allons avoir des ambitions, mais nous n’achèterons plus des joueurs hors de prix. Nous voulons acheter des joueurs à fort potentiel, qui ne coûtent pas cher et qui à l’avenir, pourront être revendus avec une marge. » Pour accompagner ce nouveau projet, Miroslav Pelta a eu la bonne idée de faire venir Ivan Hornik en tant que directeur sportif. Qui ?

Ivan Hornik, la définition du style | © Pavel Mazáč (Sport)

Ivan Hornik, la définition du style | © Pavel Mazáč (Sport)

Ivan Hornik. Derrière ces lunettes dorées et ce look digne de François Lambrouille se cache une personne qui baigne dans le football tchèque depuis des années, et, par la même occasion, à la corruption qui a pu l’accompagner. Le moustachu est l’un des rares a avoir été condamné dans une affaire de corruption sur des arbitres ayant éclaté en 2004 en République Tchèque.  Condamné en 2006 par le tribunal de district de Prague 3 à une peine de sept mois de prison, une suspension conditionnelle de cinq ans, une interdiction de toutes activités liées au football durant une durée de 10 ans, ainsi qu’une amende de 900 000 couronnes tchèques, Ivan Hornik fait donc son retour dans l’élite du football tchèque après un passage dans les divisions inférieures depuis 2012 et une grâce de peine, notamment en tant que directeur sportif du Viktoria Žižkov. Pas forcément le meilleur choix possible pour remettre au centre du club cette nouvelle philosophie et approche du football.

Mais si à Jablonec nad Nisou les mois furent galères, ce ne fut pas vraiment le cas de son voisin, le Slovan Liberec.


Voir aussi : Slovan Liberec, en quête du Ještěd


Après une saison 2014/2015 bien galère, sauvée par une victoire en Coupe qui permit au club d’accrocher une place en Europa League, le Slovan Liberec devait se reprendre et retrouver les sommets du Ještěd. Si pas grand monde n’aurait misé une pièce sur le renouveau du club, Jindřich Trpišovský, nouvel entraineur du club après le départ de David Vavruška, et ses hommes auront rapidement su faire taire les détracteurs avec une très belle quatrième place à la trêve, derrière Mladá Boleslav.

Une renaissance qui vient dans un premier temps par un recrutement judicieux et l’éclosion de quelques joueurs aujourd’hui cadre. Ainsi, le prêt de Tomas Koubek pour garder les caches du club est une vraie réussite, les Marseillais peuvent en témoigner. Saluons également l’arrivée du virevoltant défenseur latéral Lukáš Bartošák, de la confirmation du génial Josel Šural, transféré au Sparta Praha cet hiver, ou encore du très beau milieu de terrain et pièce maîtresse de l’équipe, David Pavelka, transféré durant ce dernier mercato au Kasımpaşa Spor Kulübü en Turquie.

Et c’est justement là que le bât blesse. Malgré cette très bonne première partie de saison, comment le club arrivera concurrencer ses concurrents malgré la perte de ses joueurs clés durant l’hiver ?

Car le Slovan Liberec et ses hommes forts auront su marquer le championnat et l’Europe durant ces six derniers mois. Tout d’abord avec un début de saison canon, enchaînant les victoires solides en championnat en s’appuyant sur une défense de fer et un gardien montrant son meilleur visage. Les barrages face à l’Hapoël Ironi Kiryat Shmona et à l’Hajduk Split ne sont presque qu’une simple formalité et l’équipe maintient un rythme d’enfer malgré la participation à la phase de groupes d’Europa League. Loin, très loin de cette dernière saison galère.

Et quand bien même l’accumulation des matchs aura fait perdre quelques points au club, le Slovan n’a jamais connu un véritable trou d’air qui aurait laissé s’échapper Mladá Boleslav.  Malgré tout, cette deuxième partie de saison risque d’être bien plus difficile à gérer pour le club qui ne lui reste plus qu’à espérer garder ce qui a fait sa force depuis quelques mois, une combativité à toute épreuve. Le Slovan Liberec est en effet la seconde équipe qui réalise le plus de fautes et n’a jamais hésité à mettre quelques taquets bien sentis. Les joueurs marseillais se souviennent encore des crampons de David Pavelka.

 Mladá Boleslav, efficacité et discrétion

Si Mladá Boleslav n’est pas une équipe qui fait forcément beaucoup parler d’elle. Le club entraîné par Karel Jarolím depuis maintenant trois ans a le mérite d’être constant dans la réussite. Si le club n’arrive toujours pas à passer l’étape du titre, il a le mérite d’être toujours positionné dans le quatuor de tête depuis quelques saisons. Une situation qui se confirme encore cette saison avec une troisième place.

Et pourtant, la saison n’avait commencé de la meilleure des manières avec une élimination précoce en Europa League face aux Norvégiens de Strømsgodset. Un résultat malheureux qui poussa les coéquipiers de Milan Baros à se concentrer sur un seul objectif, la Synot Liga.

Loin d’être l’équipe possédant l’effectif le plus excitant, les hommes de Jarolím ont le mérite de ne perdre que très peu de points face aux équipes dites inférieures tout en s’appuyant sur des vieux briscards comme Milan Baros, mais aussi la légende des Hearts Rudi Skacel, qui ne joue que très peu certes, mais qui peut marquer quand il veut, ne l’oublions pas, et surtout Lukáš Magera et ses 10 buts, faisant de lui le troisième meilleur buteur du championnat cette saison.

RUDI, RUDI, RUDI, RUDI ! DO YA, DO YA, DO YA, DO YA. WANNA, WANNA SCORE A GOAL ?!

Malgré tout, et à l’image du Slovan Liberec, le club a aujourd’hui laissé filer deux de ses cadres, à savoir le milieu de terrain Ondřej Zahustel et l’ailier détonateur et meilleur passeur du club Jiří Skalák à Brighton en seconde division anglaise.

Si la contribution financière des Anglais est non négligeable pour un club comme Mladá Boleslav, l’impact sportif, lui, risque d’être fort regrettable. Le choix de vendre ses cadres lors du mercato hivernal n’est jamais facile pour des « petits » clubs comme celui-là, des clubs qui n’ont pas un effectif et des finances extensibles à souhait et qui ne peuvent pas lutter avec le Sparta Praha et autres clubs européens à la trésorerie plus fournie.

Ne reste plus qu’au club d’espérer une bonne acclimatation des recrues : l’ultra polyvalent Tomáš Přikryl qui aura pour but de renforcer l’équipe offensive et de faire oublier au mieux le transfuge de Brighton, ainsi que le slovaque Lukáš Pauschek pour renforcer la défense. Espérons également le retour en grâce de la légende Milan Baroš qui a su montrer quelques bonnes choses durant ces six derniers mois et qui pourra compter sur une préparation physique pleine grâce au stage hivernal.

Le renouveau du Slavia ?

Quand on parle du football tchèque, la plupart des personnes pensent au Sparta Praha, mais aussi à son ennemi juré, le Slavia Praha. Un club qui, depuis des années, ne tient plus vraiment son rang et est abonné au ventre mou, voire pire encore, à la lutte pour le maintien. Et pourtant, cette saison 2015/2016 marque un véritable tournant dans l’histoire du club avec l’arrivée de nouveaux propriétaires venus de Chine.

CEFC China Energy, qui investit dans le marché slovaque et tchèque depuis 2015, devient ainsi le propriétaire majoritaire du club en rachetant 60% des parts, tandis que les 40 autres % tombent dans les mains de Jiří Šimáně, président du club et de la compagnie aérienne Travel Service. Compagnie aérienne s’étant fait racheter 10% de ses parts par … CEFC China Energy. Début 2016, la société chinoise devient ainsi propriétaire majoritaire et par la même occasion annonce qu’elle injectera un minimum de 100 millions de couronnes durant les trois prochaines années. Si la situation financière semble être dorénavant au beau fixe du côté du Slavia, cette première partie de saison fut également marquée par de belles prestations sur le terrain.

« Être à trois points de retard sur la troisième place est quelque chose dont nous ne nous attendions pas lorsque nous sommes entrés en négociation avec le club. Cela a sans aucun doute accéléré la procédure de nos investissements. Nous ne nous faisons pas d’illusions, nous ne sommes pas en mesure de rattraper Plzen ou le Sparta durant le printemps, mais nous croyons en nos chances pour la saison prochaine et pour batailler avec eux pour la première place » déclarait Jaroslav Tvrdík, vice-président du conseil de surveillance du club et représentant de CEFC.

Depuis la venue de ces nouveaux propriétaires, le premier objectif a été de combler les dettes du club, de régler les procédures d’insolvabilité et de se renforcer durant l’hiver.


Voir aussi : FootballskiTrip Prague #6 : Sur les traces du Slavia Prague


Car si sur le terrain, Dušan Uhrin Jr. et ses hommes auront su montré de belles choses en six mois, l’entraîneur tchèque aura aujourd’hui dans ses mains un effectif bien plus complet avec les venues de Josef Husbauer en provenance de l’autre « S » de Prague, de l’ailier virevoltant et grand espoir slovaque Jaroslav Mihálik en provenance de Zilina, du meilleur gardien du championnat qui sort enfin du marasme d’Ostrava, j’ai nommé Jiri Pavlenka, ou encore de l’attaquant espoir tchèque Zdenek Linhart et Lukas Zeleznik, capitaine de la surprise de l’année, le FC Zlin. Un recrutement pas forcément bling-bling, mais extrêmement judicieux et prometteur, surtout si Josef Husbauer retrouve son niveau d’il y a deux saisons, lui qui émerveillait toutes les semaines le championnat tchèque de sa technique, sa vision du jeu et de ses buts.

Une nouvelle alternative offensive pour le club donc, d’autant que Dušan Uhrin Jr. pourra toujours compter sur son meilleur joueur et meilleur buteur, l’international tchèque Milan Skoda.

« Josef est un bon joueur offensif. Il a eu une très bonne saison, dans laquelle il avait su marquer dix-huit buts (saison 2013/2014, ndlr.) et a marqué pas moins de 40 buts en championnat dans sa carrière, ce qui est beaucoup pour un milieu de terrain. Je crois fermement qu’il nous aidera. » déclarait l’entraîneur du club lors de l’arrivée d’Husbauer

Pour en revenir au terrain, le club aura donc su être bien au-dessus des attentes durant ces six mois de compétition avec comme apogée une victoire historique dans le derby face au Sparta Praha. Seule petite tâche sur ce tableau quasi parfait, les quelques points perdus, avec notamment un match nul dans le derby face à Bohemka ou encore la défaite surprise face au Sigma Olomouc. Si le club pointe à une très belle deuxième place en ce qui concerne les matchs à l’extérieur, le Slavia a, au final, perdu ses points chez lui. Une situation constatée également par Dušan Uhrin. « Si quelqu’un m’avait dit en début de saison que nous aurions 26 points, nous aurions probablement été très satisfaits. Mais cela ne peut pas être satisfaisant, car nous aurions pu avoir trois ou quatre points de plus » déclarait-il durant cette trêve.

Derrière toutes ces bonnes nouvelles, la principale interrogation reste à savoir si la mayonnaise pendre entre un groupe qui marchait plutôt bien jusqu’ici et les nouveaux venus au club. En tout cas, pour le moment, ce nouveau Slavia a su montrer de belles choses durant les matchs amicaux du stage hivernal avec notamment des victoires face au Dynamo Kiev et au Lech Poznan.

Les réussites moraves

Zlin et Brno. La Moravie de l’Est et la Moravie du Sud. Deux équipes qui ne payent pas de mine et qui, pourtant, réalisent leur meilleure saison en première division tchèque depuis des années.

De retour dans l’élite après six années dans l’antichambre tchèque, le FC Zlin prouve depuis le début de saison qu’une petite équipe devant faire avec un budget réduit pouvait créer la surprise et se montrer compétitive. Des performances qui placent l’équipe à la sixième place au classement de Synot Liga. Une place inespérée grâce notamment à un homme, Bohumil Páník.

Remplaçant Martin Pulpitsur sur le banc du club, l’ancien entraîneur du Pogoń Szczecin en Pologne a complètement métamorphosé l’équipe de Zlin depuis son arrivée en 2014. Terminant à la troisième place en seconde division grâce à un jeu extrêmement efficace, Zlin a profité de la non-montée du FK Varnsdorf, qui avait terminé à la seconde place, pour cause d’un stade non homologué pour la Synot Liga.

| © Luděk Ovesný, MAFRA

Bohumil Páník, le faiseur de miracles | © Luděk Ovesný, MAFRA

Si la plupart des experts et des observateurs condamnaient le club en début de saison, le terrain en a été tout autre. Terre de hockey, le football n’a jamais eu une grande place dans la ville et ne pouvait imager une première partie de saison comme celle-ci. À l’image d’un Angers en France, toutes proportions gardées, si le club en est là aujourd’hui c’est grâce à un véritable esprit de groupe, une équipe solidaire où les capacités des joueurs sont parfaitement exploitées par l’entraîneur.

Ainsi, Tomáš Holý, recruté cet été par le club en provenance du Sparta, est une vraie réussite au poste de gardien et peut être considéré comme l’un des meilleurs à son poste depuis le début de la saison. Stepan Kores, arrivé en provenance de la réserve du Slavia Praha, Jakub Jugas, en provenance de Brno, et le vétéran de 33 ans Tomáš Janíček, qui lui vient du MFK Karvina, club de seconde division, forment une arrière-garde solide. De plus, le club a eu la chance de compter sur un duo offensif faisant un véritable malheur dans sa complémentarité, à savoir le capitaine Lukáš Železník, aujourd’hui au Slavia, et son coéquipier Tomáš Poznar. Malheureusement, le départ du premier cité est une véritable perte pour le club et risque de freiner quelque peu les performances de l’équipe.

« Nous avons pu bénéficier de la très belle coopération de notre duo offensif qui n’hésitait pas à revenir défendre après les pertes de balle. Le départ de Železník risque de perturber cette alchimie, mais nous allons réfléchir à un remplaçant convenable pour l’équipe » déclarait ainsi Bohumil Páník

Durant cette première partie de saison, le club aura connu que très peu de désillusions, s’inclinant logiquement face à des clubs comme le Sparta, Viktoria Plzen ou Mladá Boleslav. Il aura su remporter des points face à des équipes moins cotées et des adversaires directs pour le maintien, avec, en apothéose, une victoire dans le derby face à Slovacko. Un match bouillant à guichets fermés (5800 spectateurs) où les ultras des deux clubs avaient su répondre présents en faisant du Letná Stadion de Zlin un véritable chaudron.

Ne reste plus qu’à savoir où va aller le club durant cette seconde partie de saison avec le départ important de Lukáš Železník.

Du côté de la Moravie du Sud et de Brno, la situation est également au beau fixe. Bien loin résultats des dernières saisons, le club réalise son meilleur parcours depuis son retour dans l’élite en 2012.


Voir aussi : FootballskiTrip Prague #8 : Qui es-tu Zbrojovka Brno ?


Et pourtant, cette réussite n’était pas forcément prévue dans une équipe qui avait lutté pour le maintien durant toute la saison. En manque d’un buteur, le club eut la bonne idée d’aller chercher Jakub Řezníček en provenance de Mladá Boleslav. Un choix payant pour l’actuel meilleur buteur du club qui s’est réveillé durant les deux derniers mois de l’année 2015. Des buts importants et victorieux face notamment au Slovan Liberec pour une victoire 3-1, un doublé face au Dukla pour une victoire 2-1 ou encore face à Mladá Boleslav pour un match nul 1-1. Des prestations qui viennent également du meilleur passeur du club Michal Škoda, frère de, du capitaine Pavel Zavadil, ou encore de la recrue et espoir slovaque Martin Chrien.

Derrière cette septième place, la véritable réussite du club se trouve dans sa force dans son antre. Avec cinq victoires, un match nul et deux défaites dans son stade, Brno a eu le mérite d’accrocher quelques gros dans son tableau de chasse. Une situation qui porte tout de même une grosse faille, la situation comptable du club hors de ses bases. Brno, avec une petite victoire, est en effet l’une des pires équipes à l’extérieur. Une situation qu’il faudra certainement changer pour espérer viser un peu plus.

Le quatuor au ventre mou

Neuvième derrière Jablonec, Příbram aura connu une première partie de saison en yoyo, enchaînant les séries de victoires et de défaites.

Très actif durant le mercato d’été avec la venue de trentenaires dont l’ancien international Jan Rezek, l’une des belles réussites du club, Příbram a surtout pu compter sur un autre ancien international, le buteur Roman Bednář.

Alors que la saison commença parfaitement bien avec des victoires face au Sigma Olomouc et Teplice, le club montra par la suite une inconstante chronique qui ne lui permettra jamais d’évoluer un peu plus haut que le simple ventre mou du championnat tchèque. Pire encore, le club a également été un habitué des lourdes défaites, notamment face au Sparta et Viktoria Plzen (4-0).

Avec le même nombre de points, Slovácko, autre club de Moravie, se retrouve à la dixième place. Un classement obtenu avec une équipe quasiment inchangée, car à Uherské Hradiště, on ne connait pas vraiment le changement. Entraîné par Svatopluk Habanec depuis 4 ans maintenant, le club avait choisi la stabilité et la confiance aux jeunes pour commencer cette nouvelle saison.

Une équipe encadrée par le vétéran de 37 ans Libor Došek. Véritable meneur de troupes, il a eu l’occasion de se montrer rapidement à son avantage avec un triplé en début de saison face au Dukla Praha pour une victoire 4-3. Malheureusement pour le club et le joueur, une blessure au dos viendra le couper dans son élan. Une blessure qui fut le point de départ de nombreuses défaites. En crise, Slovácko ne pouvait ni compter sur son joueur cadre, ni sur sa défense qui s’est bien souvent retrouvée à la ramasse.

Loin d’être spectaculaire et de vivre une saison passionnante, le club devra peut-être penser à se renforcer durant le mercato hivernal. Une équipe qui pourrait d’ailleurs ne plus être entraînée par Svatopluk Habanec si le constat reste le même à Uherské Hradiště.


Voir aussi : Dukla Praha, l’histoire du club le plus impopulaire du pays


L’inconstance. C’est certainement le meilleur qualificatif pour désigner les dernières saisons du Dukla Praha. Capable du meilleur comme du pire, le club du français Beauguel avait pourtant connu une belle saison 2014/2015 avec une sixième place à la clé. Une belle saison sur laquelle les hommes de Lubos Kozel devaient s’appuyer, mais qui, au final, révèle pour le moment du flop.

Dès le début de la saison, le club du faire face à un exode de quasiment toute sa défense avec le retour de prêt de Roman Polom au Sparta, celui de Matej Hanousek à Jablonec ou encore la fin de contrat de l’expérimenté défenseur de 37 ans Jan Vorel. Pour remplacer tout ce beau monde, le club a donné sa chance à Ondřej Vrzal, un choix qui s’avérera payant, le tchèque montrant au fil des mois un niveau en hausse, tandis que les recrues serbes Josip Jurendic – Branislav Milosevic restent des recrues de qualité.

Cependant, le véritable défaut de l’équipe cette saison reste sa faiblesse mentale. De nombreuse fois, le club perdit des points alors qu’il menait au score, comme, par exemple, face au Slavia Praha ou Brno. Loin d’être catastrophique, le club de la capitale a malheureusement un faible pour les matchs nuls, le club en compte 7 pour le moment, et, de ce fait, a bien du mal à engranger les points.

Malgré tout, le club peut compter une grosse satisfaction qui porte le nom de Tomáš Berger. Pilier de l’attaque, l’attaquant tchèque a su scorer 7 fois durant cette première moitié de saison et a surtout une grande capacité à se mettre en position de frappe et ainsi créer de nombreuses chances de but pour son équipe. Bien loin de son attaquant français Beauguel qui n’est que l’ombre de lui même par rapport à la saison dernière. Une situation délicate qui pourrait d’ailleurs le pousser hors de République Tchèque. Enfin, le club pourra aussi compter sur sa recrue hivernale, l’expérimenté slovaque Michal Breznanik qui devrait animer son côté gauche et bien aider le club offensivement.

Dernier larron de ce groupe de quatre, Teplice. À seulement trois petits points de la relégation, le club est bien loin des attentes placées en lui en début de saison. Habitué d’être classé dans la première moitié de tableau, Teplice n’a jamais réussi à passer un palier pour atteindre une meilleure position, si ce n’est en 2009 avec une participation européenne.

Loin de jouer la stabilité comme ces autres compères, les dirigeants du club avaient déjà préféré se séparer de l’entraîneur Petr Rada, qui sortait pourtant d’une saison loin d’être horrible, pour l’ancien entraîneur du Slovan Liberec David Vavruška. De plus, le club a dû également composer avec la fin de contrat de Francis Litsingi qui en a profité pour signer au Sparta Praha. Bien heureusement, le club eut la bonne idée de se renforcer avec l’arrivée de Martin Fillo. L’expérimenté milieu de terrain est certainement le meilleur joueur de l’équipe cette année et a su donner de nombreux points à son nouveau club, notamment en début de saison.

En effet, si le début de saison ne fut pas forcément horrible pour le club avec quelques victoires, la fin d’année aura été un véritable calvaire avec une série de cinq matchs sans aucune victoire. Bien loin des attentes du club.

L’espoir pour Bohemka

En 6 mois, le club d’Antonin Panenka aura connu deux saisons bien distinctes. En début de saison, le Ďolíček aura eu peur. Très peur. Avec seulement cinq petits points et cinq matchs nuls après 11 journées, les Bohemians ne savaient pas vraiment où ils allaient. Chamboulé durant l’intersaison par de multiples transferts, que ça soit au niveau des départs ou des arrivées, le club populaire et antifasciste de la capitale avait besoin de temps.

Entraîneur du club depuis 2014, Roman Pivarník a cependant su conserver la confiance des siens. Une décision qui s’est avérée payante pour Antonin Panenka et son club. Depuis cette soirée du 31 octobre, les kangourous sont tout simplement métamorphosés. Loin de ses précédents résultats, les Verts enchaînent les bons résultats, ne connaissant plus le gout de la défaite depuis. Mieux encore, Bohemka aura su tenir en échec le Slavia Praha lors du derby à l’Eden ou encore Mladá Boleslav toujours à l’extérieur. Des résultats importants qui permettent au club pragois de sortir de la zone de relégation et de voir les prochaines échéances avec bien plus d’espoir et de confiance.

Et quand bien même cette saison ne fut pas radieuse, les supporters du club savent très bien que les possibilités financières du club sont bien loin des concurrents de la ville. Ces derniers peuvent tout de même rêver grâce aux performances de leur capitaine, pilier défensif et cœur de l’équipe, Josef Jindřišek. Ou encore grâce à leur gardien Zdeněk Zlámal qui a su marquer de son empreinte cette première partie de saison grâce à un but égalisateur dans les dernières minutes de jeu face au Dukla Praha dans le derby. Un moment émouvant pour le gardien qui fêtait là le premier but de sa carrière, et surement le dernier, à 30 ans !

La panique au Banik

Si, en plus des Bohemians, la relégation devrait se jouer avec Vysočina Jihlava et le Sigma Olomouc, le dernier candidat, et accessoirement moins bien engagé, est le Banik Ostrava.

Endetté, pillé saison après saison, le club d’Ostrava pourrait cette année descendre en Deuxième division pour la première fois de son histoire. Et compromettre sérieusement sa survie à l’avenir.

À Ostrava, ancienne ville minière proche des frontières slovaque et polonaise, à cheval sur la Moravie et la Silésie, le football ne passionne plus les foules. Un peu plus de 10 ans après un titre de champion de République Tchèque (2004) puis un autre en coupe nationale (2005), le FC Baník Ostrava a perdu de sa superbe et compte les jours restants avant une (inévitable?) descente en deuxième division. Un crève-cœur pour les fans, dont le club est l’un des rares à ne pas avoir connu la deuxième division depuis la création du championnat de République Tchèque (avec le Slovan Liberec, le Sparta et le Slavia Prague). Mieux,  Baník, comme son ennemi juré le Sparta, n’a connu qu’une saison en deuxième division dans son histoire, en 1966-1967, neuf ans après son premier titre de champion de Tchécoslovaquie. Ostrava sera trois fois champion au total avant la partition de la Tchécoslovaquie (en 1976, 1980 et 1981).

Désormais, le club n’est plus que l’ombre de lui-même. Depuis cinq ans, le FCB joue le maintien en championnat et cette saison il se classe dernier, avec une seule victoire en 16 matches. La faute notamment à un manque de stabilité, à la fois sur le terrain et en coulisses.

Depuis 2010, dernière année où Baník a terminé sur le podium, 10 entraîneurs se sont succédé sur le banc de touche. Leur longévité moyenne est de moins de sept mois, en prenant en compte les six mois d’exercice de l’entraîneur Radomír Korytář, nommé en juin dernier.

L’un des symptômes de la maladie du club est la lutte entre les ultras et la direction. Si le président du club Petr Šafarčík peut se vanter d’avoir épongé la dette du club (notamment grâce à une aide exceptionnelle de l’équipe municipale précédente), sa gestion au quotidien ne lui vaut que des critiques tant il semble ne pas prendre en compte l’identité du FCB.

Le président du club n’a pas hésité à stigmatiser les ultras, notamment lors de la réception du Sparta Prague le 22 mars 2014, lorsque des hooligans du club polonais de Katowice ont arraché des sièges et voulu en découdre avec les ultras du Sparta pendant le match. La direction du club a alors mis en place un contrôle strict des billets de match, où le nom et l’adresse du propriétaire devaient figurer. Cette mesure est restée en application durant plus d’une saison.

Les ultras ont, à la suite de ces décisions, choisi de boycotter les matches à domicile, afin de ne pas donner d’argent au club tant que Petr Šafarčík serait à sa tête. Les joueurs sont donc soutenus par leurs fans les plus ardents uniquement lors des matches à l’extérieur. Le stade de Baník sonne donc creux et l’on voit mal comment le club pourrait inverser la tendance. Les prix augmentent régulièrement (180 couronnes cette saison contre 150 la saison dernière) et les offres commerciales ne suffisent pas à remplir les travées du stade. Lors de la réception d’Olomouc le 2 octobre dernier, la vente de places à une couronne symbolique n’a permis de réunir que 7329 spectateurs, soit un taux de remplissage de 48 %. C’est toutefois nettement mieux que les 2151 spectateurs du match contre Jablonec (perdu 1-2) le 19 septembre.

L’un des paramètres qui explique ce manque d’affluence est, outre le boycott des ultras globalement suivi par les fans plus modérés, le changement de stade à l’intersaison. Après 56 années dans son stade atypique de Bazaly niché à flanc de colline, Baník s’est installé dans le stade municipal du quartier de Vítkovice, les travaux de rénovation de Bazaly n’étant pas réalisables. Un choix loin d’être anodin puisque le club joue désormais à domicile dans la partie morave de la ville. Une région qui, aux yeux des ultras, peut sembler plus étrangère que la Pologne voisine, où s’étend le reste de la Silésie.

Car les villages de Slezská Ostrava et Moravská Ostrava n’ont été réunis qu’en 1941, et le Baník Ostrava s’est construit sur une forte identité silésienne. À l’origine du club il y a le SK Slezská Ostrava, fondé en 1922. Jumelé avec les Polonais du GKS Katowice, le FCB a toujours été un club silésien. Si bien que les ultras n’ont pas supporté le déménagement dans le Vítkovice Stadion, stade olympique flambant neuf de 15 250 places, mais surtout domicile du MSK Vítkovice, descendant du FC Vítkovice, fondé en 1919.

La division entre Moravie et Silésie s’étend jusqu’au hockey sur glace : les ultras du Baník Ostrava ne sont pas les bienvenus lors des matches des Vítkovice Steel, au point qu’ils supportent le club de la ville voisine (silésienne) Havířov, en deuxième division. Ce profond fossé est renforcé par l’apparente absence de chaleur du stade, essentiellement due à la piste d’athlétisme qui entoure la pelouse, et où Usain Bolt a remporté plusieurs fois le meeting IAAF de Zlatá Tretra.

Aujourd’hui, le club est au plus bas sportivement (4 points seulement à mi-championnat), mais la donne pourrait peu à peu changer. Le président du club Petr Šafarčík a annoncé récemment qu’il allait revendre le club et le quitter avant la reprise du championnat en février. Si les ultras ont célébré ce départ, ils attendent de connaître la nouvelle direction prise par le club avant de se prononcer sur une éventuelle levée de leur boycott. Vlastimil Petržela, ancien entraîneur du Slavia ou encore du Zénit Saint-Pétersbourg, a pris les rênes de l’équipe à partir de la reprise, mais a d’ores et déjà annoncé que le maintien est inaccessible et qu’il vise une remontée immédiate en première division.

Pierre Vuillemot.
Avec la participation de Jerek Paketa pour le Banik Ostrava.


Image à la une : © idnes.cz

2015 – Six mois de football en République Tchèque
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Pierre Vuillemot

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Le mec qui arrive à te parler du Slovan Ivanka pri Dunaji et du Družstevník Liptovská Štiavnica en toute décontraction. En clair, j'aime le football slovaque et, accessoirement, je suis gérant de Footballski.

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