Retour sur la journée 4 de RPL 2016-2017 – Championnat de Russie de football

Adrien Laëthier
Adrien Laëthier - Publié le 24 août 2016

Nous revenons comme tous les mercredis sur ce qu’il se passe en RPL et en dessous pour les amateurs du football pratiqué en Russie. Revenons donc sur la prise du pouvoir du Spartak, la confirmation de Rostov ainsi que le choc du week-end. Nous suivons également le retour du Dinamo, qui ne manque pas de provoquer des polémiques, même dans la victoire.

L’affiche :  Zenit Saint-Pétersbourg – CSKA Moscou : 1-1

ZENIT XI : Lodygin / Smolnikov – Garay – Neto (67e Djordjevic) – Criscito / Mauricio (46e Giuliano) – Javi Garcia (©) – Witsel / Shatov – Kokorin (79e Dzyuba) – Zhirkov

CSKA XI : Akinfeev / Fernandes – Berezutski – Ignasevitch – Shchennikov / Wernbloom – Eremenko – Dzagoev (©) (79e Natcho) / Golovin – Traoré (66e Ionov) – Tosic (30e Milanov)

Seulement un petit mois après la finale de la Supercoupe de Russie, qui avait vu le Zenit s’imposer grâce à un but du Brésilien Mauricio (1-0), les deux clubs se retrouvaient pour un « El Clasikov » déjà important pour le haut du tableau. Mirceau Lucescu proposait un 4-2-3-1 plutôt classique pour ce début de saison et le coach roumain avait décidé de reconduire Zhirkov sur l’aile droite comme la semaine passée face à Rostov. Javi Garcia héritait du brassard. Système de jeu identique du côté moscovite avec la présence en pointe de Lacina Traoré, prêté par l’AS Monaco au CSKA notamment pour remplacer Ahmed Musa, parti à Leicester City cet été.

Sur une bonne pelouse et sous un beau soleil, le match débutait sur un rythme tranquille, le Zenit ayant la possession. Et sur la première vraie incursion, Akinfeev sauvait les siens d’une parade exceptionnelle sur sa ligne à la suite d’une belle combinaison offensive du Zenit conclue par une frappe de Kokorin à l’entrée de la surface (7e) ! Le CSKA réagissait timidement par Golovin, dont la tête passait à côté. S’en suivit une nouvelle grosse occasion pour les locaux sur coup-franc : Garay déposait le ballon sur la barre transversale. Et sur l’action qui suivait et contre le cours du jeu, c’est le CSKA qui ouvrait le score (0-1) ! Sur un corner mal dégagé par Witsel, le Finlandais Roman Eremenko crucifiait Lodygin d’une belle frappe du plat du pied qui faisait mouche. Ce but arrivait au moment où le Zenit se faisait de plus en plus pressant devant les buts d’Akinfeev. Le Zenit réagissait mais voyait la tête de Witsel sous la barre bien détournée par le portier moscovite (31e). Juste avant la pause, Criscito déposait son centre sur la tête de Zhirkov qui piquait sa tête pour égaliser face à un Akinfeev impuissant sur ce coup-là (1-1). Sur le coup d’envoi, Shatov récupérait la balle suite à une jolie déviation de la tête en appui de Kokorin et armait, mais sa frappe frôlait la base du montant droit du gardien moscovite (45+1). Une belle fin de mi-temps donc pour les hommes de Lucescu qui revenaient à hauteur du CSKA.

© Epsilon/Getty Images

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La seconde période reprenait sur les mêmes bases que la première avec la possession pour le Zenit, malgré une baisse de rythme et plus de déchet technique au milieu de terrain. Le Zenit se heurtait à un mur jaune, les joueurs du CSKA attendant clairement le contre. Les joueurs de Lucescu cherchaient le décalage, mais malheureusement pour eux, la dernière passe restait approximative. L’entraîneur roumain souhaitait la gagne et faisait rentrer Djordjevic à la place du défenseur Neto (65e). Le CSKA se créait une énorme occasion, mais Eremenko voyait sa reprise bien captée par Lodygin sur sa ligne, alors que la défense du Zenit avait été prise à défaut (72e). Le Zenit finissait plus fort la rencontre mais ne trouvait pas la faille !

Les deux équipes se quittent donc sur ce score de parité assez logique (1-1). La semaine prochaine, le Zenit accueillera pour une troisième fois d’affilée : les coéquipiers de Witsel affronteront Amkar pour le dernier match avant la trève internationale. Le CSKA de son côté finira sa série de 5 matchs à l’extérieur pour cause de travaux dans son stade à Moscou et se déplacera en Sibérie à Tomsk.

Le match du week-end : Spartak Moscou – FK Krasnodar : 2-0

C’était le duel des leaders mal-en-points qui se déroulait à l’Otkrytie Arena. D’un côté, le Spartak Moscou qui abordait la rencontre dans des conditions difficiles avec un nouvel entraîneur, l’Italien Massimo Carrera, qui ne sait pas parler russe mais qui travaillait déjà au Spartak avant sa nomination et une préparation plus que limite à cause de bouchons à Moscou ayant entraîné un retard de 30 minutes. De l’autre, le FK Krasnodar qui non seulement devait faire face à cinq absents de marque (Mamaev et Wanderson blessés pour les deux mois et demi à venir, ainsi qu’Izmaïlov et Laborde pour quelques jours supplémentaires et également Ragnar Sigurdsson qui vient juste de quitter les Byki pour l’Angleterre après en avoir marqué l’histoire…) mais en plus n’avait pu bénéficier que de 68 heures de repos après sa victoire jeudi en Ligue Europa (4-0) contre le Partizani Tirana en incluant deux sessions d’entraînement et le vol pour Moscou. Toutefois, Podberyozkin qui s’était blessé avant le début de la saison faisait son grand retour dans l’effectif. Pour combler les pertes, Kononov alignait une équipe comparable à celle du match contre Tirana mais avec Torbinski en attaque (du jamais vu !), Strandberg en défense centrale, Jedrejczyk sur un côté gauche plutôt inhabituel.

© Epsilon/Getty Images

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Le Spartak entrait avec un esprit déterminé et agressif et dominait outrageusement la première mi-temps contre un Krasnodar tout bêtement méconnaissable, pas dans l’événement, inhabituellement timide et en manque total de confiance. Chaque offensive menée par les Spartakistes (rien à voir avec le mouvement politique allemand) apportait le danger dans la surface des Byki, qu’il s’agisse d’un tir vers le but ou d’une passe dangereuse. Granqvist excelle décidément bien mieux avec Sigurdsson qu’avec Strandberg car la charnière centrale montrait des lacunes inquiétantes et un manque de communication entre les deux joueurs, le défenseur norvégien ayant été un point faible très important du match. Même les convaincants d’habitude Kaleshin et Jedrzejczyk avaient bien du mal à tenir la baraque. À l’inverse, la défense de l’équipe du peuple n’était quasiment jamais en danger bien que Tasci, blessé dès la dixième minute du match, ait du laisser sa place à Bocchetti. Ce changement n’affecta pas la physionomie du match et c’est très logiquement que le Spartak ouvrit le score à la quinzième minute. Kaboré perdait le ballon aux dix-huit mètres face à Zobnin qui pénétrait dans la surface. Strandberg commettait l’erreur fatale de foncer tête baissée contre lui, laissant un espace que Zé Luis pouvait exploiter pour marquer d’un lob du pied gauche malgré les efforts de Granqvist qui tentait de rattraper en vain l’erreur de son coéquipier (1-0, 15e). Rarement on avait vu une équipe de Krasnodar aussi timorée (deux tirs seulement dans la première mi-temps, aucun cadré !!) à l’image d’Ari qui ratait toutes ses entreprises et perdait le ballon bien trop vite. Même sa victime de Tirana jeudi dernier s’était montrée plus combative. On aurait dit que le Spartak évoluait avec deux ou trois joueurs de plus sur le terrain. Dans un match pareil, le score de 1-0 apparaissait comme une issue heureuse pour les Byki et regrettable pour les Spartakistes dont la bonne performance permettait d’oublier un temps les problèmes internes qui ont secoué le club ces dernières semaines.

Le FKK revenait des vestiaires avec un meilleur esprit mais avec toujours beaucoup de difficultés. Dès la 48e minute, Smolov mettait le gardien moscovite Rebrov à contribution pour la première fois sur un coup-franc effectué à deux mais qui se dirigeait droit vers lui. Ce n’était pas pour autant que les Moscovites avaient l’intention de laisser les visiteurs contrôler le ballon. Le match se rééquilibrait mais continuait sur un mauvais rythme. Pour Krasnodar, les apparitions de Podberyozkin et d’Akhmedov redonnaient de l’énergie à l’attaque. Par l’entrée de Podberyozkin (de retour de blessure), tout l’effectif du FKK avait obtenu du temps de jeu en cette saison 2016-2017. Les Byki commençaient alors à montrer un visage réellement offensif. Kritsyuk et Rebrov étaient obligés de réaliser quelques parades mais c’était Zé Luis qui doublait le score en faveur du Spartak. Ananidze (entré en cours de jeu) et Promes se jouaient de Jedrzejczyk et Kaboré sur l’aile droite. Le premier servit d’un joli geste technique le deuxième qui centra magistralement pour Zé Luis. Le Cap-verdien, aidé par la passivité d’un Strandberg observateur, s’élança pour envoyer victorieusement de la tête le ballon au fond des filets d’un Kritsyuk impuissant (2-0, 74e). Les Byki réagissaient bien et semblaient retrouver de leur vrai niveau, affichant un visage bien plus combatif et tentant le tout pour le tout. Ils se procurèrent leur meilleure occasion à la 81e minute lorsqu’Ari trompa les défenseurs adverses, se retrouva face à Rebrov qu’il dribbla et tira au but. Un geste-réflexe de Bocchetti permit de dégager le ballon sur la ligne et empêcher la réduction du score. Le FKK lança l’assaut général contre le but moscovite. Podberyozkin remua la défense du Spartak, Gazinski força Rebrov à une parade spectaculaire sur corner et Akhmedov tenta deux tirs dangereux qui frôlèrent les montants. Malgré ces efforts, le score ne bougera pas.

Convaincant et combatif, le Spartak Moscou remporte brillamment le choc des leaders, s’empare seul de la tête du championnat et inflige au FK Krasnodar sa première défaite de la saison. Dans le jeu, le Spartak a été impérial sur toute la première mi-temps et a su exploiter les failles de son adversaire. Les remous internes, qui ont secoué le club ces dernières semaines depuis l’élimination (faussement) surprenante du club par l’AEK Larnaca en Ligue Europa, ne se sont pas ressentis et tant mieux pour le club. À l’inverse, le FK Krasnodar, très diminué, a semblé totalement en dehors de sa rencontre sur la première mi-temps et plus exactement sur l’heure de jeu mais a montré des signes encourageants dans la dernière demi-heure après les entrées de Podberyozkin et Akhmedov et semblé retrouver plusieurs de ses automatismes habituels. Il tombe à la quatrième place du classement mais repart de Moscou avec une panoplie d’enseignements à exploiter dès la semaine prochaine lors de la réception du Lokomotiv Moscou, ou même dès jeudi au moment du déplacement en Albanie pour valider la qualification chez le Partizani Tirana. Il va cependant falloir sérieusement faire quelque chose en défense centrale car, Sigurdsson étant parti, Strandberg pourrait faire connaître à son club de véritables calvaires (comme c’est arrivé contre le Sparta Prague) s’il venait à répéter continuellement ce style de performances. Le Spartak ira de son côté confirmer ce résultat contre l’Anzhi Makhatchkala et démontrer que la crise du mois d’août est désormais derrière lui.

Les autres matchs

  • Le Rubin n’avance pas. Pourtant grand outsider pour l’Europe cette saison, le club de Kazan peine à se lancer et à une nouvelle fois chuté contre Anzhi. Dominateur en début de match le Rubin va ouvrir le score grâce à Kannunikov qui, bien servi par Song, trompe Belenov du gauche. Mais juste avant la pause, Anzhi va égaliser. Sur un bon centre de Berisha, Budkivsky se démarque du marquage approximatif de Song et égalise. La deuxième période est un fiasco complet pour les locaux, sur une balle aérienne Ryzhikov se troue totalement dans son intervention et permet à Ebecilio de doubler la mise pour l’Anzhi. En fin de match Kazan obtient un pénalty plus que contestable mais Portnyagin bute sur Belenov. 1-2 et nouvelle désillusion pour le Rubin.
  • Le Terek enchaîne. Toujours bien placé pour jouer l’Europe, le Terek Grozny a réalisé un match solide sur la pelouse d’Ufa avec un succès 3-1 à la clé. Après une première période sans but, il faudra attendre le second acte pour voir les choses s’accélérer. Dès le retour des vestiaires, Balaj ouvre le score pour le Terek d’une superbe tête. Ufa pousse pour égaliser et est récompensé par Katai de la tête sur un coup franc bien travaillé à la 75e minute. Ufa pense avoir fait le plus dur mais va complètement craquer en fin de rencontre. Sadaev et Grozav inscrivent deux buts en deux minutes en toute fin de match.
  • L’Amkar vainqueur du derby. Les matchs entre Perm et Ekaterinbourg sont souvent tendus et la rivalité entre les deux clubs existe depuis de nombreuses années. Avec une formation inédite en 5-4-1, l’Ural Ekaterinbourg existe… une minute. Juste histoire de se créer sa seule occasion par Stavpets en tout début de match. L’Amkar Perm pousse toute la rencontre et malgré les nombreux loupés de Anene, l’Autrichien Bodul marque le seul but du match en seconde période. L’Amkar confirme son bon début de saison tandis que Ural a du mal à se lancer.
  • Rostov fait le plein de confiance.  Si dès le début du match, les locaux auraient pu bénéficier d’un pénalty suite à une intervention de Jablonsky sur Bukharov. C’est sur coup-franc que Rostov va ouvrir le score. Une action un peu confuse avec une balle au deuxième poteau, remise par Cesar Navas à son compère de la charnière centrale Novoseltsev qui inscrit déjà son deuxième but de la saison sur une tête lobée et croisée qui ne laisse aucune chance à Anton Kochenkov. Ce même Kochenkov va ensuite sauver les siens sur une frappe puissante de Cristian Noboa. De son côté, le Tom ne se montre dangereux que sur coups de pied arrêtés et c’est l’ancien de la maison Dyakov qui va faire passer un frisson dans le stade en envoyant sa tête sur la barre transversale. Néanmoins, Rostov tue le suspense avant la mi-temps sur un contre superbement mené par un Poloz altruiste qui sert Ezatolahi pour le 2-0 dans les arrêts de jeu. Au retour des vestiaires, c’est Samodin qui de la tête oblige Dzhanaev à se détendre, mais le suspense sera anéanti par les locaux dès la 54e minute lorsque Erokhin reçoit une offrande dans l’axe de la part de la défense sibérienne. Frappe instantanée à vingt mètres et 3-0. Dès lors, Rostov va défendre pour s’économiser en vue des échéances futures et le Tom Tomsk ne va réagir que trop timidement et assez épisodiquement. On note tout de même un face à face manqué par l’Ukrainien Oleksandr Kasyan ainsi qu’une grosse occasion gâchée par Pavel Kudryashov juste avant le coup de sifflet final et suite à un bon raid sur l’aile droite de la part des Sibériens. Rostov peut aborder sereinement son barrage de C1 alors qu’à Tomsk, le travail reste important pour Valery Petrakov.
  • Le Lokomotiv dans le dur. Quatrième rencontre et quatrième match nul pour le Lokomotiv Moscou. Les Moscovites ne parviendront jamais à tromper un Loria dans une forme étincelante qui arrêtera même un pénalty de Skuletic en fin de match. Attention pour le Loko qui flirte avec la zone de barrages!
  • Toujours pas but de pour Orenbourg. Nouveau match pour le promu et toujours pas de buts ! Sur la pelouse de Tula dans ce qu’on pourrait surnommer la « purge » du week-end, l’ex-Gazovik rapporte un second point contre Arsenal Tula, ce qui lui permet de rester malgré tout au contact des non-relégables.

Le classement

Le Spartak est toujours devant et devance désormais le surprenant Amkar.

L’œil de Moscou

La seconde place de l’Amkar Perm: exploit ou hasard ?

Si vous suivez avec attention la Russian Premier League, vous remarquez que, chez les gros, seul le Spartak Moscou gagne des points sur ses rivaux. Un constat qui fait du bien à des supporters qui ne connaissent plus vraiment le gout des succès. On constate également que le Zenit version Lucescu démarre, comme prévu, assez doucement son championnat. Mais finalement, ce que l’on voit, c’est qu’après quatre journées, l’Amkar Perm se retrouve à une seconde place inattendue. Alors, exploit ou simple hasard ? Comment ce petit club arrive suivre le rythme du nonuple champion de Russie. L’une des principales raisons de ce succès se trouve sur le banc avec son entraîneur Gadzhi Gadzhiev. Lui, le maître du bricolage, le fondateur de l’équipe de Samara il y a plus de 10. Le Krylya Sovetov de l’époque était alors spectaculaire et toujours dans le haut de tableau du pays derrière le CSKA ou le Lokomotiv. Une équipe avec des noms comme Karyaka, Tikhonov, Leilton, Anyukov, Kolodin et Kingston régalaient chaque week-end les trente-cinq mille spectateurs qui venaient au stade Metallurg.

Même si le projet n’a pas vécu longtemps, à Samara, on remercie encore aujourd’hui Gadzhiev. A Perm, son équipe n’est certes pas spectaculaire, mais se base sur d’autres atouts comme la solidité défensive. Symbole, le gardien Aleksandr Selikhov n’a toujours pas encaissé le moindre but après quatre journées. Il y a quelques jours il a promis que son équipe et lui allaient apporter le maximum de problèmes au Zenit Saint-Pétérsbourg qu’ils affrontent le week-end prochain.

Si l’Amkar n’est pas l’équipe la plus en réussite face au but, elle n’a finalement pas fait pire que le CSKA Moscou. Une véritable surprise dont on parle encore trop peu. Une surprise qui n’a rien du hasard. Cette réussite, c’est le fruit d’un travail de longue haleine de Gadzhi Gadzhiev.

Les ours écrasés

Match nul arrosé à Vladivostok

Poésie et football en Extrême-orient russe 

Poésie et football en Extrême-orient russe © vl.ru

7 000 kilomètres, c’est la distance qui sépare Kaliningrad et Vladivostok, une petite trotte que s’infligent une fois par an les deux clubs de FNL, sans oublier les 8 heures de décalage horaire qui vont avec. Le 21 août, c’était au tour du Baltika Kaliningrad de se rendre à l’autre bout de la Russie, tandis que les bulletins météo de la région annonçaient un mini-cyclone pour le jour du match. Alors, on fait quoi, on annule ? Jamais ! Le comptable du Baltika, il suffit de lui susurrer « déplacement à Vladivostok » dans le creux de l’oreille pour lui déclencher des convulsions. Plutôt mourir noyé sous le déluge que de repasser à la caisse plus tard dans la saison ! Les braves de l’enclave se sont donc jetés sur ce match avec l’énergie du désespoir, arrachant un nul humide aux locaux.

Le résumé vidéo du match, publié par le site du Luch-Energiya Vladivostok, est absolument surréaliste, avec des joueurs qui tapent comme des sourds dans le ballon pour essayer de le faire avancer de quelques mètre sur un terrain transformé en marécage. Jugez plutôt :

La polémique du week-end

Un barbecue pour Sapeta ?

Enfin, nous sommes en Russie et ce sont donc des Shashlyky que le joueur du Dinamo a « préparé » après le but du Dinamo. Mais cette célébration a fait beaucoup parler pendant et après le match contre les rivaux du Spartak en FNL. Sur le coup, le geste du milieu de terrain moscovite n’était pas clair et de nombreuses interprétations ont été possibles et imaginées. Le joueur, lui, est catégorique sur la signification de ce geste et la ligue semble en accord avec cela car son geste ne sera pas visionné en commission de discipline. La polémique, cette semaine, a donc eu lieu en FNL.

Les anciens du week-end

Fortunes diverses pour les anciens de la RPL en barrages de la Ligue des Champions. Capitaine du Viktoria Plzeň, Roman Hubník a vu son club concéder le nul à domicile face au Ludogorets Razgrad (2-2) et donc être éliminé après la défaite du match aller (0-2). Le défenseur central international tchèque est connu en Russie pour avoir porté les couleurs du défunt FK Moscou entre 2007 et 2010 même s’il a été prêté dans l’intervalle au Sparta Prague et au Hertha Berlin. Défenseur central lui aussi, Iván Marcano a eu plus de chance. Son club le FC Porto l’a facilement emporté sur le terrain d’une AS Rome réduite à neuf (3-0) et s’est qualifié pour la phase de poules de la Ligue des Champions malgré un match nul concédé au Portugal à l’aller (1-1). Ancien de Villarreal, Marcano a également porté le maillot du Rubin Kazan entre 2012 et 2014.

Il est à noter que la rencontre entre Monaco et Villarreal aurait aussi pu se placer sous le signe de la Russie avec d’un côté Vágner Love et de l’autre Denis Cheryshev. Malheureusement, aucun des deux joueurs n’était présent sur la pelouse du stade Louis-II : l’attaquant brésilien est blessé en plus d’être sur le départ tandis que l’international russe (qui n’a toutefois jamais joué en RPL) revenait à peine de blessure, comme trop souvent.

Le but du week-end

Si tout va mal pour le Rubin Kazan de Javier Gracia en ce début de saison, avec cette nouvelle défaite, à domicile, contre Anzhi, les Tatars peuvent au moins se consoler avec l’ouverture du score de Kanunnikov venue d’une combinaison magnifique avec l’ancien Bastiais Alexandre Song.

La FNL ce week-end

Le Dinamo continue sa marche vers la RPL avec une victoire symbolique contre le rival Spartak, ou tout du moins sa réserve. Malgré un but de l’ancien de la maison Granat en début de match, Panchenko (le meilleur buteur du championnat) et Sapeta vont permettre aux Dinamovtsy de remporter le derby. Après un quart du championnat, les favoris sont devant car suivent à bonne distance Tosno et le Fakel. Tosno qui a connu un coup d’arrêt avec une défaite sur sa pelouse 2-1 contre une bluffante équipe du Yenisey Krasnoyarsk coachée par Tikhonov. De son côté, le Fakel a fait match nul 1-1 sur le terrain du Sibir Novosibirsk.

Suivent les réserves du Spartak et du Zenit, ces derniers ont été battus dans le Caucase par le Spartak Nalchik 1-0 en toute fin de match grâce à Sergey Kramarenko. C’est donc le Volgar qui fait la bonne opération et revient dans la course grâce à une victoire nette 3-0 sur le Neftekhimik avec notamment un doublé de Roman Akbashev. Le championnat est très serré et Tyumen a fait un beau rapproché en s’imposant grâce à Mamtov de nouveau sur la pelouse de Tambov où rien ne va plus et l’entraîneur a été prié de s’en aller.

Outre le nul du Shinnik à Khabarovsk contre le SKA (0-0) dans le ventre mou, c’est le bas de tableau qui nous intéresse avec un duel de relégués et Kuban a enfin renoué avec la victoire en s’imposant à Saransk 3-1 avec un doublé d’Arsen Khubulov. Les deux ex-pensionnaires de RPL sont relégables et accompagnés par le Luch incapable de faire mieux que 1-1 contre un Baltika qui avait parcouru 7 000 kilomètres pour jouer sous le déluge. Enfin, Khimki et Sokol n’ont pu se départager et se quittent sur le score de 0-0 tout en restant eux-aussi dans la zone rouge de cette FNL.

 

 L’équipe-type de la rédaction

Le Spartak domine cette équipe-type marquée par le retour des joueurs du Zenit.

La rédaction Russie de Footballski sous la direction d’Adrien Laëthier.


Photo à la une : © Epsilon/Getty Images

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A propos de l'auteur

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Amoureux de la Russie et de l'Ukraine et spécialiste de ces footballs, ainsi que du football de l'Est en général ! A vécu en Russie, à Chelyabinsk là où les météorites tombent. J'essaye de faire vivre sur Footballski les différents championnats d'ex-URSS (Ukraine, Caucase, Baltique,...) ainsi que la RPL par les résumés hebdomadaires.

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