On a discuté avec Nemanja Maksimovic, champion du monde avec la Serbie U20

Nicolas Kohlhuber - Publié le 21 juillet 2015

Un mois après son but victorieux en finale du Mondial U20 (Voir aussi: La Serbie championne du monde U20), Nemanja Maksimovic s’est confié à Footballski pour faire un bilan de cette expérience. Entretien.

Champion du monde, qu’est-ce que cela représente pour toi ? Est-ce que ça te change ?

C’est un grand honneur et un plaisir d’être champion du monde, mais c’est aussi de grandes responsabilités pour le reste de nos carrières. Peu de joueurs le sont, et maintenant, on va attendre beaucoup de nous. C’est de notre devoir de continuer à réaliser des résultats, avec nos clubs, et en sélection nationale. Ma vie personnelle ne change pas beaucoup et reste la même, je ne suis même pas encore sûr à 100% de réaliser. Mais la manière dont les gens me perçoivent est désormais différente.

Comment s’est passé l’adaptation à Veljko Paunovic, le nouveau sélectionneur ?

Veljko est jeune, et ambitieux. Il nous a tout de suite affirmé que notre but était de gagner ce mondial. Il nous a encouragé et rendu enthousiaste à l’idée d’apprendre avec lui. Comme avec les autres entraineurs que j’ai eus, son rôle a été la clé de notre réussite.

Quelles évolutions par rapport à l’Euro 2014?

Il y avait un grand changement qui a été décisif : le fait que nous ayons chacun une saison de plus en pro dans un championnat européen. Cela nous a apportés de l’expérience que nous n’avions pas l’an passé à l’Euro. Lors de ce tournoi nous avions d’ailleurs bien joué, seuls les tirs au but nous avaient empêché de réaliser une performance. Nous méritions peut-être cela…

Étiez-vous inquiets après la première défaite contre l’Uruguay ?

Je n’étais pas inquiet, je croyais en cette équipe et en nos capacités, et je sais que les autres gars pensaient la même chose. Après la défaite, notre motivation pour remporter les matchs suivants était décuplée. Nous voulions montrer de quoi nous étions capables, et nous l’avons fait. Le match clé de ce tournoi est d’après moi celui contre la Hongrie. Nous avons prouvé lors de cette rencontre que nous pouvions l’emporter même quand tout allait contre nous.

Quatre prolongations sur les quatre derniers matchs, comment l’expliques-tu ?

A la fin du match, quand tout le monde a du mal à rester concentré, nous arrivions à rehausser notre niveau pour faire basculer en notre faveur. Notre entraineur nous a beaucoup aidés, il nous a assurés que nous avions les capacités pour l’emporter. La seule chose que nous avions à faire était d’y croire.

Une finale de coupe du monde contre le Brésil, comment l’avez-vous appréhendé ?

Tous les enfants qui jouent au football, qu’importe d’où ils viennent rêvent de jouer et de marquer contre le Brésil dans une finale de Coupe du Monde. J’ai eu la chance que ce rêve devienne réalité, et j’en suis très heureux

Ce but en finale, racontez-le nous ?

Je sentais tout ce qui se passait autour de moi jusqu’à ce que la balle touche le fond des filets. Je n’ai pas grand-chose à dire… Quand la balle arrive dans mes pieds, je me dis de rester calme et de marquer. J’ai jeté un coup d’œil pour m’assurer de ne pas être hors-jeu, et j’ai marqué. Après, j’ai eu une joie, et des sentiments indescriptibles qui se sont emparés de moi et je ne me souviens plus de tout tellement c’était fort.

Vous sentez comme un héros ?

Je ne me sens pas comme un héros. Tout le monde dans cette équipe mérite autant que les autres. Tous les joueurs, tout le staff, et nos supporters ont joué un rôle dans cette conquête.

Que retenez-vous de ce mondial ?

Chaque moment de ce tournoi a été spécial. Le plus grand, et celui qui me marquera à jamais, restera le coup de sifflet final. Rien ne battra ce moment tellement spécial.

rajkovic u20 serbie championne

Rajkovik et la Serbie célèbrent cette coupe du monde !

Quelles sont tes ambitions dorénavant ?

Je suis très concentré sur mes performances en club. Nous n’avons pas réalisé un bon résultat contre Maribor au match aller en tour préliminaire de la Ligue des Champions. C’est à nous de mettre la barre plus haut au retour pour essayer d’accrocher une place en phase de poules de Ligue des Champions ou d’Europa League.

Comment vis-tu ta carrière en club, à Astana ?

La vie se passe très bien ici. Le club est très bien organisé. Je joue ce qui est le plus important à mon âge. Je suis sûr d’avoir fait le bon choix en signant ici, mais si beaucoup n’ont pas vu d’un bon œil ce transfert.

Quelle relation entretiens-tu avec l’Étoile Rouge ?

C’est un club que je suis et que je supporte, et cela durera pour le reste de ma vie. J’ai de très bons souvenirs là-bas, j’ai grandi dans ce club. On ne sait jamais ce que l’avenir nous réserve, donc c’est possible qu’un jour je porte le maillot de l’équipe pro du Crvena Zvezda.

Nicolas Kohlhuber

On a discuté avec Nemanja Maksimovic, champion du monde avec la Serbie U20
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Nicolas Kohlhuber

1 commentaire

  • […] Nemanja Maksimović… ou l’année parfaite. Il a gagné tout ce qui était possible cette saison ou presque. La super coupe Kazakh, le championnat Kazakh, et il a donné la victoire à la Serbie en prolongations lors de la finale de la Coupe du Monde U20. Nemanja a d’abord été formé à Crvena Zvezda, mais sans contrat à la suite de sa formation, il est parti en Slovènie à Domzale. En février 2015, il a signé à Astana pour 2,5 ans. Il s’est bien intégré comme l’attestent ses titres et ses sept buts en 38 matchs. Cette année 2015 a également été l’occasion pour lui de découvrir la ligue des Champions  avec son club. Dans le jeu, il est un « box to box » assez offensif, dôté d’un bon gabarit, en faisant un joueur physique. La prochaine étape, c’est la sélection nationale, pour 2016 ? […]

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