On a discuté avec Jérémy Manzorro, milieu de terrain du Slavia Sofia

Tristan Trasca - Publié le 16 septembre 2014

Jérémy Manzorro (22 ans) évolue pour la deuxième saison consécutive dans le championnat de Bulgarie. Après une saison au Chernomorets Burgas, il vient de débuter pour un des clubs de la capitale, le Slavia Sofia. Découverte avec un joueur qui a dû s’expatrier pour vivre une carrière pro.

Son parcours français

«  J’ai été formé à l’Olympique Lyonnais où j’ai évolué pendant 6 années. Ensuite je suis parti 2 ans à Villefranche sur Saone avant de rejoindre le centre de formation du FC Gueugnon. Je suis resté là-bas deux ans. Ensuite il y a eu le Stade de Reims pendant 3 saisons et j’ai fini par une demie saison en National à Bourg Péronnas. »

Le Stade de Reims

Malgré quelques apparitions en équipe première, Manzorro n’a jamais réussi à percer au Stade de Reims: « Avec le recul, je dirais qu’il m’a manqué un peu de sérieux et de la chance aussi. » Il est tout de même heureux pour ceux qui ont réussi à s’installer en équipe première à Reims: « Lucas Deaux et Aïssa Mandi ont mérité de jouer à ce niveau. Je suis heureux pour eux. Lucas est un bon joueur et a toujours eu beaucoup d’envie sur le terrain. Quant à Aïssa, il a toujours bossé sérieusement sans se plaindre et cela a payé pour lui. »

Manzorro, époque rémoise, avec Kodjia

Manzorro, époque rémoise, avec Kodjia

Jérémy ne garde aucune rancoeur envers le Stade de Reims et suit toujours l’évolution du club: « Les choses ont évolué pour eux maintenant. Le club a changé de dimension et a d’autres ambitions. Ils ont aussi un nouveau centre d’entraînement, c’est très important pour pouvoir travailler dans de meilleures conditions. C’était essentiel pour que le club puisse aller de l’avant. »

Son départ pour la Bulgarie

« Je venais de finir ma saison à Bourg. On ne s’est pas mis d’accord sur un contrat alors j’ai décidé de ne pas continuer là-bas. Quelques semaines plus tard, un agent m’a contacté pour m’expliquer qu’il avait une proposition pour moi. Pour être honnête, j’ai beaucoup hésité au début, je ne savais pas du tout dans quoi je m’embarquais. J’en ai discuté avec mes parents et j’ai finalement décidé d’aller voir comment c’était pendant une semaine. Tout s’est bien passé et cet agent est toujours mon agent actuel. »

Malgré tout, les premiers jours en Bulgarie ne sont pas des plus simples avec un vrai saut dans l’inconnu: « Je me suis demandé où j’avais débarqué. Je suis arrivé la nuit, c’était sombre et différent. Ensuite j’ai pu découvrir la ville et je vivais au bord de la mer, les conditions étaient vraiment bonnes. »

La langue fut aussi source de difficulté dans un premier temps: « Je suis arrivé là-bas en ne parlant que français. Heureusement, il y avait déjà des Français dans l’effectif de Burgas. Ils m’ont aidé pour m’intégrer et ensuite j’ai appris l’anglais petit à petit pour m’en sortir tout seul. Le premier mois a été difficile mais ensuite tout s’est bien passé. »

Chernomorets Burgas et Slavia Sofia

De son premier club bulgare, Chernomorets Burgas, Jérémy garde un souvenir mitigé: « Il y avait un joli stade et de belles installations, tout pour réussir. Mais les résultats n’ont pas été très bons et la gestion du club a laissé à désirer avec notamment des retards de paiement au niveau des salaires… Malgré tout, j’en garde aussi un bon souvenir, c’est là où j’ai signé mon premier contrat pro ! »

Sous le maillot de Burgas

Sous le maillot de Burgas

Après une saison à Burgas, le jeune Français a donc rejoint la capitale bulgare: « J’ai choisi le Slavia parce que je voulais faire une deuxième année dans un championnat que je connais. Le coach a été très persuasif et mon arrivée était vraiment désirée au club. J’ai donc pensé que c’était le bon choix. »

Malheureusement, le début de saison est compliqué: « On avait pourtant bien commencé avec 3 bons résultats mais on vient d’enchaîner cinq défaites consécutives. Du coup, tout a changé que ce soit au niveau des dirigeants ou de l’entraîneur. Tout est nouveau à présent, j’espère qu’on pourra repartir sur de bons résultats. »

Le football bulgare

Partir à l’étranger, c’est aussi apprendre un autre football, ce que Jérémy reconnait: « Le football bulgare est basé sur la course. Ici le football est différent sur le plan tactique, je ne comprends d’ailleurs pas toujours leur façon de voir les choses. Mais c’est un football ouvert avec beaucoup d’espaces et de contacts physiques. »

Jérémy a aussi été marqué par l’ambiance dans les stades bulgares: « Les meilleurs sont ceux du Botev Plovdiv. Les mecs sont complètement fous mais toujours derrière leurs joueurs. »

Son futur

Très clairement, Jérémy ne regrette pas d’avoir choisi la Bulgarie même s’il ne pensait jamais y mettre les pieds: « Il y a encore un an et demi, je n’aurais jamais pensé devoir partir à l’étranger pour jouer mais des fois, le football t’oblige à faire des sacrifices pour y arriver. Je ne regrette pas mon choix. J’espère que je pourrais continuer à grimper les échelons. »

Jérémy n’est pas encore fixé concernant son avenir: « Pour le moment, je suis au Slavia Sofia, où j’ai encore trois ans de contrat. Mais mon souhait serait de rejoindre un plus gros championnat pour espérer gagner des titres et jouer plus haut. Que ce soit en France ou à l’étranger. »

 

Tristan Trasca

Merci à Jérémy pour ses réponses et on suivra bien entendu ses performances en Bulgarie sur Footballski !

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