On a discuté avec Aleksandra Loboda, présentatrice de l’émission ukrainienne ProFootball

Rémy Garrel
Rémy Garrel - Publié le 9 juillet 2015

Footballski a eu la chance de s’entretenir avec Aleksandra Loboda, présentatrice de l’émission ProFootball, l’équivalent ukrainien de notre Canal Football Club (pas de blague sur Pierre Ménès merci).

Peut-tu te présenter Aleksandra ?

Salut ! Je suis la présentatrice d’une émission de télévision ukrainienne sur le football. Je travaille dans une atmosphère où tout le monde vit football, mais j’apporte une touche de féminité et de grâce. Si tu ouvres mon coffre de voiture, tu y trouveras des ballons de foot et juste à côté, des talons hauts. Ma vie est très diversifiée.

Qu’est ce que tu peux nous dire à propos de ton émission ProFootball sur la chaîne 2+2 ?

Notre émission fête ses 5 ans en août. Cependant, je ne suis pas là depuis le premier jour. Six mois après la première, les producteurs ont décidé de changer le format de l’émission. Par la suite, ils ont changé les studios et invité de nouveaux experts et de nouveaux présentateurs, moi et mon collègue Igor Tsyganyk. Nos experts sont des personnes bien connues et respectées du monde du foot ukrainien. Par exemple, Sergiy Kandaurov a joué à Benfica ; Andriy Nesmachnyi et Maksym Kalinichenko étaient quarts de finalistes de la Coupe du Monde 2006 ; Oleksandr Ischenko a entraîné les U21 de l’Ukraine finalistes de l’Euro 2006.
Notre émission parle du championnat ukrainien, de l’équipe nationale, de la Ligue des Champions et de l’Europa League.

Aleksandra Loboda & Igor Tsyganyk, l'équipe de ProFootball

Aleksandra Loboda & Igor Tsyganyk, l’équipe de ProFootball

En quelques mots, peux-tu nous expliquer ton parcours ? Comment devient-on la présentatrice d’une émission comme ProFootball ?

Je pense que c’est le destin. J’ai commencé à travailler à la télé quand j’étais étudiante. A cette époque, je travaillais pour une chaîne pas vraiment connue, mais c’était un bon entrainement. Ensuite j’ai été invité à un casting pour l’émission ProFootball. Il y avait tellement de jolies filles, jamais je n’aurais pensé être la meilleure d’entre elles, mais je l’ai été.

Comment te décrirais-tu ? Plus comme une présentatrice ou comme une experte ?

Je ne suis pas une experte car je ne peux pas dessiner un schéma tactique ou bien analyser un match. J’ai une vision féminine du football. Je suis bien plus intéressé par les personnalités et les événements autour du match.

La France commence juste à donner des postes clés à des femmes dans les médias sportifs. Qu’en est-il en Ukraine ?

Il y a beaucoup de femmes dans les médias sportifs en Ukraine. Je pense que cela apporte comme une sorte de beauté dans cette sphère.

Comment est ton quotidien, de travailler dans un environnement typiquement masculin ?

C’est génial d’être une femme dans une société d’hommes. Je reçois beaucoup d’attention et de chocolat. Mais il faut bien comprendre que les hommes ont besoin de louanges et d’admiration. Donc, je dois les louer et les admirer pour qu’ils fassent du bon boulot.

Pense-tu que l’Ukraine ait une chance de se qualifier pour l’Euro2016 chez nous en France ?

Il y a une chance. L’Ukraine est pour l’instant à la 3ème place du groupe et il reste encore pas mal de matchs à jouer. Notre équipe a montré de belles choses notamment dans le dernier match face à l’Espagne. Nous aurions dû faire match nul mais nous avons manqué de chance. Le prochain match contre l’Espagne sera à domicile et je suis sûre que notre équipe va rattraper ses erreurs précédentes, et marquer assez de points face à eux et aux autres adversaires.

1920310_681012515313236_1186679054792239151_nComment vois-tu l’avenir du championnat ukrainien avec le conflit russe et les problèmes financiers de nombreux clubs ?

Les clubs de l’Est iront jouer dans d’autres régions. Ils ont quitté leurs centres d’entrainement et leurs stades pour s’établir dans des villes différentes. C’est très difficile pour eux de vivre, de s’entraîner, de jouer dans des stades qu’ils empruntent et de gagner le cœur des fans. Mais nous avons élu il y a peu de nouveaux représentants à la FFU (Fédération Ukrainienne de Football). Je crois donc qu’ils peuvent résoudre les problèmes de notre championnat.

Je sais que ton club préféré est Goverla Uzhgorod. Tu es originaire de là-bas ou c’est simplement un coup de cœur ?

Non je ne suis pas de là-bas. Je supporte juste Goverla quand ils en ont besoin.

Quel est ton joueur préféré ?

Nous avons parlé des problèmes financiers concernant notre championnat. En conséquence, de nombreux joueurs étrangers quittent l’Ukraine et des jeunes joueurs ukrainiens prennent leurs places. Résultat nous avons pu découvrir de nombreux talents et de bons joueurs cette année. Mais les deux meilleurs ukrainiens restent Yevhen Konoplyanka et Andriy Yarmolenko.

Penses-tu que le Shakhtar Donetsk devrait officialiser sa délocalisation dans l’ouest du pays en fondant un nouveau club, même si ce n’est que temporaire ? Après tout l’Arena Lviv est libre, le Shakhtar Lviv ce n’est pas si mal, non ?

Nous avons déjà un club de foot à Lviv, le Karpaty. Je pense que le Shakhtar sera soit à la recherche d’une nouvelle ville, soit délocalisé à Kiev.

Dans le milieu du football, quelles sont les personnes qui t’impressionnent le plus ?

Je ne vais surprendre personne si je dis Cristiano Ronaldo mais il m’impressionne par son jeu. Josep Guardiola aussi, par ses performances passées sur le terrain et tout ce qu’il a accompli ensuite. Je voudrais aussi distinguer des personnalités du foot ukrainien. En premier Andriy Shevchenko, c’est l’idole de mon enfance. Ensuite, Valeriy Lobanovskiy qui est une légende ici. Et pour finir, Sergiy Rebrov qui est un ancien joueur qui a brillamment réussi sa reconversion en tant que coach.

A part le football et les médias, quels sont tes hobbies et passions ?

J’aime la danse, la cuisine et lire des livres de psychologie.

Pour conclure, un petit mot sur la France ?

Je ne suis jamais allé en France mais j’aimerais visiter ce pays. Je me rappelle très bien du match Ukraine-France qui a eu lieu à Kiev le 15 octobre lors des qualifications pour la Coupe du Monde. J’étais au stade, c’était incroyable lorsque nous avons gagné ce premier match. Notre équipe s’est ensuite inclinée en France. Tout reste encore à faire ! J’espère que nous nous rencontrerons en France à l’Euro 2016 !

 

Rémy Garrel

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Consommateur de vodka, amoureux du Dynamo Kiev, défends l'intégrité territoriale de l'Ukraine sur Footballski.

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