Ligue Europa 2017/2018 : Troisième tour de qualification retour

Pierre Vuillemot
Pierre Vuillemot - Publié le 4 août 2017

Qui va accéder aux fameux barrages ? Qui va s’arrêter aux portes de ces barrages et oublier la saveur européenne pendant au moins une année ? Ces matchs retours nous ont livré leur verdict. Petit tour d’horizon avec les choix de la rédaction et les autres résultats. Rendez-vous dans une semaine pour les matchs retour !

Videoton (HON) – Girondins de Bordeaux (FRA) : 1-0 [Agg. 2-2]

Encore en vie à l’issue du match aller, même si celui-ci s’était soldé par une défaite (2-1), Videoton pouvait espérer renverser Bordeaux et se hisser en barrages de Ligue Europa. Un scénario difficilement envisageable néanmoins, tant les Girondins paraissaient au-dessus. Et pourtant… Sous une chaleur accablante (38 degrés au coup d’envoi), les locaux démarrent tambour battant et se créent deux occasions nettes en à peine quatre minutes de jeu, bien aidés par une défense adverse très hésitante. Les débats s’équilibrent ensuite quelque peu, avant que les Vidi ne remettent un coup d’accélérateur en toute fin de première période. Des efforts logiquement récompensés par l’ouverture du score de Stopira sur corner (45e+5). Au moment de regagner les vestiaires, ce sont donc les protégés de Marko Nikolic qui sont qualifiés.

Et l’entame du second acte semble confirmer le cauchemar vécu par les Aquitains puisque Youssouf Sabaly est rapidement expulsé (46e). Intenable tout au long de la rencontre, Ezekiel Henty enrhume Jérémy Toulalan, mais bute ensuite sur Benoît Costil, le seul Bordelais à surnager ce jeudi soir (68e). Les deux équipes terminent à dix contre dix suite au carton rouge reçu par Jozsef Varga (69e). Cela n’aidera pas le FCGB à relever la tête. Incapables de se procurer des situations dangereuses et très friables défensivement, les hommes de Jocelyn Gourvennec sont passés complètement à côté de leur match. Au contraire de Videoton, qui a sorti une copie de fort belle facture. Deux mois après l’humiliante défaite de la Hongrie en Andorre (1-0), le football hongrois retrouve ainsi quelques couleurs. Car ne nous y trompons pas : il s’agit d’un authentique exploit !

FK Oleksandria (UKR) – Astra Ploiesti (ROU) : 1-0 [Agg. 1-0]

C’en est fini pour l’Astra Ploiesti et les rêves d’Europe des coéquipiers d’Anthony Le Tallec. C’est en revanche un Nouveau Monde qui s’ouvre pour Oleksandria. Malmené au match aller où les Roumains avaient largement dominé les débats sans réussir à briser le verrou ukrainien ce sont les joueurs d’Oleksandria qui rentrent tambour battant dans ce match retour. De la vitesse de l’engagement, et une multitude de frappes font passer quelques frissons au gardien au Plamen Iliev. Une domination récompensée en toute fin de première mi-temps sur un pénalty, transformé par le vétéran et légende locale Andriy Zaporozhan. La deuxième mi-temps sera du même acabit et hormis une volée de la surface de Dandea repoussée magistralement par Pankiv, ce sont les Ukrainiens qui pousseront jusqu’au bout pour un deuxième but. La 1-0 suffira finalement et le FK Oleksandria se qualifie pour son premier barrage d’Europa League de son histoire.

Zenit Saint-Péterbourg (RUS) – Bnei Yehuda (ISR) : 0-1 [Agg 2-1]

Tranquille vainqueur au match aller en Israël (2-0), le Zenit Saint-Pétersbourg n’avait a priori plus qu’à gérer pour se qualifier pour les barrages face à Bnei Yehuda pour le premier match européen de son histoire dans son tout nouveau stade Krestovsky. Roberto Mancini avait choisi d’aligner une équipe remaniée à quelques jours du choc face au Spartak Moscou en championnat, laissant notamment Lunyov, Paredes, Criscito, Driussi et Ivanović. Le début de rencontre est assez plaisant avec deux équipes qui se rendent coup pour coup même si la meilleure occasion est à mettre à l’actif des Israéliens via Mavis Tchibota qui butait sur Lodygin (14’). À la pause, le score est de 0-0 et le Zenit est en excellente voie pour se qualifier.

En début de deuxième période, Dzyuba manque d’un rien d’offrir l’avantage à son équipe, mais il voit sa tête, à la suite d’un corner, être repoussée sur sa ligne par Habashi (48’). Le Zenit semble en mesure de maîtriser le reste de la rencontre, mais il voit Bnei Yehuda prendre sa chance et se montrer dangereux, notamment par l’intermédiaire de Tchibota. C’est ce dernier, très remuant, qui va s’offrir un festival sur le côté gauche (en infligeant au passage un tour de rein à Javi García) avant de servir Almog Buzaglo qui battait Lodygin à bout portant et ouvrait le score à la surprise générale (67’). Sous pression, le Zenit n’était qu’à un but des prolongations. Il n’en sera heureusement rien pour lui et cette défaite (0-1), bien que quelque peu surprenante, sera sans conséquence. Le Zenit Saint-Pétersbourg se qualifie pour les barrages de la Ligue Europa avec le statut de tête de série, en ayant au passage l’indice UEFA le plus élevé parmi les équipes en lice à ce stade de la compétition.

Dinamo Minsk (BLR) – AEK Larnaca (CHY) : 1-1 [Agg : 1-3]

Pour la deuxième saison consécutive après deux participations, il n’y aura pas de phase de groupe d’Europa League pour le Dinamo Minsk, éliminé par une solide équipe chypriote au fort accent espagnol. Les Biélorusses devaient remonter un déficit de deux buts après un match aller très mauvais et rien ne semblait promettre une telle remontadov. Pourtant, les joueurs du légendaire Sergey Gurenko ont tout tenté et n’ont pas été loin de renverser la vapeur. Incapables de mettre en danger leurs adversaires lors du match à Chypre, les joueurs du Dinamo l’ont fait à plusieurs reprises en première mi-temps, à l’image de Saroka et Khvashchinskiy, les fers de lance de l’attaque biélorusse.

Dominateur, le Dinamo Minsk est récompensé grâce à un penalty transformé par Anton Saroka dès le début de la seconde période. Il reste donc un peu plus de 40 minutes pour le Dinamo pour essayer d’égaliser sur l’ensemble des deux matchs. Les Bleu et Blanc vont bien essayer, mais rien n’y fera, l’expulsion d’Artyom Bykov à cinq minutes de la fin mettant fin aux espoirs des supporters et joueurs locaux. L’égalisation d’Acoran dans le temps additionnel n’est qu’anecdotique. Le Dinamo Minsk est éliminé et les Chypriotes tenteront de faire mieux que la saison passée où ils avaient été éliminés en barrage face au Slovan Liberec.

Milan AC (ITA) – CS U. Craiova (ROU) : 2-0 [Agg : 3-0]

Malheureusement pour les Roumains du Craiova il n’y aura pas d’exploit en ce troisième tour d’Europa League. Confronté au grand Milan AC, le petit poucet avait joué son coup à fond au match aller, mais s’était finalement incliné 1-0 à domicile. Ce match retour à San Siro semblait joué d’avance, surtout quand on connaît les nouvelles attentes des propriétaires chinois envers le club milanais. Dans un stade bien rempli, le Craiova va avoir du mal à exister et dès la 9e minute de jeu, Bonaventura ouvre le score pour les locaux. Incapable de marquer le moindre but, le club roumain va même en encaisser un autre par l’intermédiaire de Cutrone en début de seconde période. Loin d’être ridicule en faisant jeu égal avec les Milanais, le Craiova sort par la petite porte de cette Europa League. La satisfaction d’avoir joué un grand d’Europe pourrait jouer en leur faveur cette saison!

Osijek (CRO) – PSV Eindhoven (NL) : 1-0 [Agg : 2-0]

On comprend aisément pourquoi le PSV n’a pas réussi à trouver la clef lors des 2 rencontres. Osijek a été tellement valeureux, défendant parfois à 4 sur un joueur, bouchant chaque espace, qu’il était impossible pour le PSV de trouver une faille dans ce mur infranchissable.

Le second match s’est donc fini comme le premier : sur une victoire 1-0 d’Osijek. Le seul but de la rencontre a été marqué par Petar Bockaj, sur un coup franc surpuissant à la 25èmeminute. Zoet eut beau se détendre de tout son long, il lui était tout bonnement impossible de sortir ce tir alliant puissance et précision. Sans crainte ni complexe, Osijek a reproduit le schéma du match aller : une organisation défensive sans faille, une solidarité de tous les instants et un jeu rapide vers l’avant instauré par des milieux vifs et techniques (Mudrazlja, Mloc) et fructifié par le talent des percutants ailiers Grezda et Bockaj.

Le PSV a beau comporter des noms prestigieux dans son équipe, tous se fracassent sur la défense élastique d’Osijek, lequel arrive à se monter plus précis, plus rapide et plus dangereux en allant vers l’avant. La première occasion du PSV arrive seulement à la 40e minute avec un tir dangereux de Van Ginkel. Deux minutes plus tard, le PSV se procure la plus grosse occasion du match avec la tête à 5 mètres de Propper arrêté sur sa ligne par Malenica alors que tout son corps est derrière la ligne et nous fait penser au pire. L’arbitre voit bien et la mi-temps est sifflée sur un score accumulé de 2-0 pour Osijek.

A la différence de Rijeka qui a passé sa deuxième mi-temps a défendre frénétiquement ses buts sans penser à augmenter son avance, Osijek continue à attaquer. Bockaj, Ejupi et Grezda se procurent d’excellentes occasions dans les 15 premières minutes qui ne parviennent pas à achever le PSV. Après cela, Mudrazjla, Ejupi et Bockaj mènent des contres de feu lors desquels un dribble de trop ou un mauvais choix empêche le score de s’alourdir. Et le plus beau dans ces occasions, c’est que l’on retrouve à chaque fois 3 ou 4 Bleus dans la surface qui sont venus se projeter et apporter le surnombre. Le  4 contre 2 mal négocié à quelques minutes de la fin en est un exemple flagrant. En revanche, malgré la possession, le PSV est absolument incapable de se procurer une occasion digne de ce nom, excepté la tête de De Jong quatre minutes avant la fin du match.

Hajduk Split (CRO) – Brondby (DAN) : 2-0 [Agg : 2-0]

Après un 0-0 arraché au match aller, l’Hajduk se devait de se montrer plus entreprenant devant un stade plein entièrement acquis à sa cause. Le match n’est pourtant pas beaucoup plus attrayant. Brondby a un peu plus le ballon et comme au match aller, se heurte à la défense de fer de l’Hajduk. Offensivement, Hamza est l’atout numéro un chez les Croates. Toute l’animation dépend de ses accélérations et sa percussion. C’est lui qui sert Vlasic dans la surface à la 15e, lequel crochète pour se mettre en position et frappe sur le gardien qui repousse dans les pieds de Kozulj. La frappe puissante de ce dernier est détournée de manière spectaculaire par le gardien danois.

A la 59e minute, l’Hajduk brise enfin la résistance danoise. Le centre tendu de Vlasic trouve Ante Erceg qui se jette devant le gardien et marque. Le stade s’embrase et quatre minutes plus tard, sur un coup franc d’Hamza, Vlasic joue de sa technique pour dribbler et tirer sur le poteau. Hamza reprend en centrant en force et c’est Erceg qui est encore là pour pousser le ballon au fond. Erceg est même tout proche du triplé lors de sa frappe à l’entrée de la surface détournée par le gardien. Hamza aurait même pu couronner sa performance d’un but à la 85ème mais son tir passe à l’extérieur du but. Pour la quatrième année consécutive, l’Hajduk Split va disputer les barrages de l’Europa League. Les trois dernières fois, le Dnipro, le Slovan Liberec  et le Maccabi Tel-Aviv leur ont barré la route.

Odd (NOR) – Dinamo Zagreb (CRO) : 0-0 [Agg : 1-2]

« Souviens-toi que nous sommes passés et oublie tout le reste ». C’est une déclaration qui pourrait ressortir du côté du Dinamo tant ce match a été pauvre. Les Norvégiens ont joué dans un bloc en 4-5-1 avec l’attaquant à 40 mètres de leur but. Le Dinamo n’a jamais su comment perforer une telle défense et le match est tombé dans l’ennui le plus total.

Les contres sont les rares fois où le Dinamo se montre dangereux, mais les joueurs de cette équipe ont le même problème qui leur ont fait défaut l’année dernière, l’année d’avant et ainsi de suite ; on peut remonter jusqu’à loin. L’individualisme et l’incapacité totale de jouer en équipe se muent en auto-destruction pour cette équipe composée de joueurs ayant un talent certain. On ne compte pas hier soir le nombre fois où on a vu un joueur tirer alors qu’un coéquipier était mieux placé. Les dribbles de trop, les percées non suivies montrent des joueurs qui ne se comprennent pas. En fait tout ce que les joueurs du Dinamo auraient à apprendre, c’est ce que fait l’Hajduk, Rijeka ou Osijek. Trois équipes moins fortes, sans talent immense, mais avec une solidarité, une envie de jouer ensemble et de se battre pour l’autre. En attendant que ces valeurs s’insufflent au Dinamo, le gâchis continue.

Sion (SUI) – Suduva (LIT) : 1-1  [Agg : 1-4]

Après l’humiliation du match aller, le terme « remontada » était dans toutes les bouches du côté de Sion et semblait même être une obligation  face à une équipe au nom mystérieux de Suduva et n’inspirant guère le respect. La pression était grande sur les épaules de l’entraîneur Paolo Tramezzani tant le fantasque président Constantin avait fort peu goûté la déconvenue de Marijampolė. Le message était clair, il fallait laver l’affront et renverser une situation bien compromise.

Et pour tout amateur de football lituanien (abonné aux frustrations de tout type dés qu’un club de A Lyga se présente sur la scène européenne), même une avance de trois buts n’est aucunement gage de sécurité. Autant dire que tous les scénarios étaient imaginables, surtout les pires.

Le match se jouant à  18h à Genève (à plus de 100 km de Sion et pour cause de réfection de la pelouse du stade du Tourbillon) devant une assistance clairsemée, ce n’est pas l’ambiance qui allait déstabiliser Suduva. Et alors qu’on pouvait s’attendre à un siège en règle devant la cage de Kardum, celui-ci n’était absolument pas inquiété durant la première demi-heure. Les Suisses se montraient un peu plus pressants en fin de première période, mais le poteau et Kardum étaient chaque fois présents pour écarter le danger.

Sans doute guère satisfait de cette mièvre prestation, Paolo Tramezzani faisait monter le Brésilien Adryan pour essayer d’emballer le match. Sion reprend beaucoup mieux la partie et étouffe Suduva. Les efforts des locaux sont vite récompensés via un but de Konate (55em). Et le spectre d’un scénario catastrophe de poindre à l’horizon. Cependant, Suduva ne panique pas et se montre solide affichant des gabarits plus athlétiques faisant le ménage en défense. En confiance, Kardum se montre intraitable sur les quelques occasions des locaux. Les minutes passent et Sion se montre maladroit à la construction et commence à laisser des espaces en défense. Il suffira d’un bel effort personnel de Vezevicius à la 80eme pour tuer définitivement le suspens. Les hommes de Vladimir Cheburin se seront montrés bien organisés et réalistes et n’auront au final eu peur que 25 minutes. Sion n’était tout simplement pas assez bon.

Suduva réalise le plus beau parcours européen de son histoire et rentre dans l’histoire en tant que deuxième club lituanien à accéder aux barrages de l’Europa League (précédé par le Zalgiris Vilnius en 2013). Le rêve continue.

Shkendija (MCD) –Trakai (LIT) : 3-0 [Agg : 4-2]

En ne profitant pas à Vilnius (2-1) de l’avantage de jouer pendant 28 minutes à onze contre neuf, il semblait que Trakai avait laissé passer sa chance dans l’optique d’un déplacement en Macédoine s’annonçant chaud. Néanmoins, Trakai étant une équipe de contre et vu la forme de Maksim Maksimov (7 buts déjà en Europa League), tout semblait possible.

Malheureusement, sous une canicule accablante, Trakai était directement enfoncé par Shkendija. Plukas retardait l’échéance en déviant notamment une lourde frappe sur la transversale, mais Ibraimi (29e) et Hasani (42e, superbe coup franc) venaient donner méritoirement l’avantage aux locaux.

Shkendija baissait le tempo en seconde période, mais Trakai restait inoffensif. L’exclusion de Klimavicius (72e) et  le 3-0 par Hasani (88e) sonnaient le glas de l’aventure européenne de Trakai. Quelques regrets à avoir donc sur le match aller, cependant Shkendija était plus fort et plus technique, la qualification est méritée. Beau parcours et révélation de Maksim Maksimov qui ne laisserait pas indifférents quelques clubs russes.

Gabala (AZE) – Panathinaikos (GRE) : 1-2 [Agg : 1-3]

Pendant longtemps, ce match a ressemblé à l’histoire qui tourne mal pour le Pana. Avec ce petit avantage d’un but acquis en Grèce, les hommes d’Ouzounidis se déplaçaient en Azerbaïdjan avec l’intention de plier l’affaire. Et ils ont bien tenté de le faire, mais à l’image du match aller, ils ont énormément gâché devant le but. Que ce soit Altman, Molins ou même Chatzigiovannis, tous auront manqué d’énormes occasions en première période, laissant la possibilité à Gabala de les punir. Ce qui, logiquement, finissait par arriver, lors que l’ancien Brestois Joseph-Monrose débordait sur la gauche, avant de centrer sur le tibia de Moledo qui trompait involontairement son propre gardien (52’). Là, on se disait alors que ça commençait à sentir le traquenard pour le Pana, dans un stade forcément surchauffé par l’égalisation. Le tournant, pourtant, survenait quelques minutes plus tard, en deux épisodes : l’entrée conjuguée de Luciano et de Cabezas, entre la 56’ et la 62’. Premier effet indirect : sur un centre de Coulibaly, Molins déviait de la tête pour Lod, idéalement placé, qui fusillait Bezotosny d’une jolie demi-volée (63’). Deuxième effet plus direct cette fois : servi par Lod dans la surface, Luciano décalait Cabezas, qui s’amusait avec son vis-à-vis avant d’envoyer une frappe croisée du droit dans le petit filet opposé. 1-2, et l’affaire était pliée. Ou comment montrer du caractère pour se sortir d’une situation qui avait tout du piège.

PAOK – Olimpik Donetsk : 2-0 [Agg : 3-1]

C’est ce qu’on appelle un retour gagnant. Parti en Russie et au Zenit l’été dernier, Robert Mak est revenu dans sa maison, au PAOK, histoire de retrouver des sensations et un contexte favorable. Et il va sans dire que la Toumba est un peu son jardin. La preuve ? Ce rush solitaire dès la 24’, ponctuée d’une frappe du droit venue transpercer les filets de Makharadze. Avec une célébration qui voulait dire : « Je suis chez moi ici ». Ou commencer lancer parfaitement un match qui n’avait rien d’aisé, après le pénible nul de l’aller en Ukraine (1-1), où le PAOK avait été en grosse difficulté. Mais que dire du deuxième but ? Aux 35 mètres, Cimirot effaçait un premier adversaire, avant de décocher une mine qui venait lober le gardien et mourir dans la lunette opposée. 2-0 dans le temps additionnel de la première mi-temps : l’affaire était déjà bien engagée. Le deuxième acte allait se faire tout en gestion, avec quelques opportunités d’alourdir le score, notamment avec Prijovic, et des Ukrainiens qui sortaient un peu plus, mais qui se heurtaient à un Rey bien inspiré. Et voilà donc le PAOK qui valide son ticket pour le tour suivant, sans forcément briller, mais qui aura su mettre ce petit coup d’accélérateur à la maison pour sortir une valeureuse équipe de l’Olimpik Donetsk de sa route. Place à la suite !

Panionios (GRE) – Maccabi Tel-Aviv (ISR) : 0-1 [Agg : 0-2]

L’ambiance était belle. Les Panthers étaient de sortie. Mais ça n’a pas suffi. Comme à l’aller, le Panionios a manqué d’un petit truc pour aller titiller les Israéliens, déjà vainqueurs sur le plus petit des scores lors de la première manche. Mais les Grecs n’ont jamais vraiment su inquiéter Predrag Rajkovic, le gardien adverse, mis à part sur cette lourde frappe de Savvidis (72’) qui a sans aucun doute offert quelques frissons dans le camp visiteur en venant frôler le montant. Et à force de se montrer pressants, les Israéliens parvenaient à trouver l’ouverture, d’une manière peu commune : Atzili décidait de jouer son corner fort au premier poteau, ce qui surprenait la défense et venait tromper Kotnik, pas forcément très inspiré sur ce coup-là (79’). Ou comment mettre fin aux derniers espoirs du Panionios de poursuivre une belle aventure européenne. Mais qu’importe : loin d’être ridicule, ce petit club de la banlieue athénienne a poursuivi son apprentissage de la scène européenne. Une chose utile, car il est clairement apparu que l’équipe manquait d’expérience dans ce genre de rendez-vous. Mais, deux fois 5e lors des deux dernières saisons, le Panionios va repartir au combat pour regoûter à cette expérience l’année prochaine. Et cette fois-là, il saura sans doute comment concrétiser ses opportunités.

Maritimo (POR) – Botev (BUL) : 2-0 [Agg 2-0]

Après un match nul 0-0 sans avoir pu trouver la faille à domicile, le Botev se déplaçait à Funchal pour affronter le Maritimo. Jamais facile de se déplacer en plein Atlantique. On entend trop souvent les autres dire que c’est compliqué d’aller en Bulgarie ou ailleurs dans nos pays footballski, on peut aussi le dire dans l’autre sens !
La tâche était compliquée. Le Botev a réussi à tenir une équipe du Maritimo peu inspirée en première période, essayant de faire la différence sur des actions simples (dribble à l’entrée de la surface et frappe), rapides vers l’avant, mais sans grand danger malheureusement. Et le Botev s’est tiré une balle dans le pied en concédant un penalty sur une poussette stupide dans la surface lors d’un coup franc sans aucun danger. Le Maritimo ne s’en privait pas en transformant le penalty par Pinho.

La tâche était dure, autant dire qu’elle devenait impossible… D’autant plus que le Maritimo prit les Bulgares à froid en début de 2e période grâce à un but de Valente servi en profondeur par Bessa. Au départ de l’action, les Bulgares pourront stipuler une faute de Bessa sur Panov, mais le résultat est bien là, le Botev sort de la compétition et peut désormais se focaliser sur le Championnat dans lequel ils ont pris un certain retard. Mais au regard de leurs prestations européennes, le Botev peut espérer une bonne place cette saison.

Skenderbeu (ALB) – Mlada Boleslav (CZE) : 2-1 [Agg 3-3]

Vainqueur du match aller, Mlada Boleslav se rendait en Albanie sans aucune certitude quant à son avenir, la faute à un but concédé à l’extérieur lors du match aller. Pourtant, très rapidement, les Tchèques font taire l’Arena Elbasan après une dizaine de minutes de jeu, grâce à une reprise d’Adam Janos dans la surface. Un joueur en forme et déjà buteur lors du match aller. La réussite est du côté des Tchèques qui se voient alors propulsés vers les barrages de cette Europa League … jusqu’à une histoire de penaltys. Fauché dans la surface de manière assez naïve, Gledi Mici, défenseur latéral albanais, obtient un penalty parfaitement transformé par la star locale, Sabien Lilaj. Puis, de longues minutes plus tard, à la 83e, ces mêmes Albanais reviennent dans la course à la qualification avec un second but gag – une frappe contrée à bout portant mettant le gardien tchèque à contre-pied – permettant au club d’arracher la prolongation. Si cette dernière n’aboutit à rien, elle nous laisse sur une séance de tirs au but afin de sceller le sort de ces deux équipes. Après deux échecs dans cet exercice, Mlada Boleslav dit définitivement adieu à son parcours européen.

Ruzomberok (SVK) – Everton (ANG) : 0-1 [Agg 0-2]

Qu’on se le dise, ce match entre Ruzomberok et Everton ne fut pas somptueux. Loin de là. Difficile de vous conter cette rencontre tant les occasions furent légères. Copie conforme du match aller, ce retour, dans une très belle ambiance, n’a pas permis à Ruzomberok de revenir au score malgré une prestation assez solide défensivement, mais malheureusement manquant de tranchant offensivement. Un constat que l’on peut également faire du côté des Anglais, loin d’être impériaux malgré l’écart de moyen. L’exploit n’était pas si loin, mais Ruzomberok doit dorénavant revenir à la réalité après ces belles performances européennes.

Domzale (SVN) – Freiburg (ALL) : 2-0 [Agg : 2-1]

À l’instar du Suduva et de Videoton, le NK Domzale a réalisé un super exploit en éliminant les Allemands de Freiburg, encore plus alors qu’il leur fallait inscrire deux buts après leur défaite dans le sud de l’Allemagne au match aller. Cette qualification n’est pas volée. Les joueurs du jeune Simon Rozman, 34 ans, ont réalisé un match retour parfait en concédant très peu d’occasions et en étant très réaliste et opportuniste. Le début de match est équilibré avant que les Slovènes ne prennent le dessus sur leur adversaire du soir, pourtant soutenus par un bon millier de spectateurs. Les occasions ne sont néanmoins pas très nombreuses, mais on sent Domzale bien dans son match et capable de faire mal.

C’est après une double erreur de Söyüncü, dès le début de la seconde période, que le match se décante. Le jeune défenseur turc perd le ballon dans une zone dangereuse avant de faire faute dans la surface. L’arbitre siffle penalty et Sinejad Ibricic se charge de prendre Schwolow à contre-pied. Le vétéran bosnien est récompensé de son superbe match par un but bien mérité. A ce moment, les deux équipes sont à égalité parfaite et les Allemands vont commencer à sortir pour pousser. Mauvaise idée, les Slovènes vont les prendre en contre : Lovro Bezjic est à la réception d’un centre au deuxième poteau et se jette pour battre le gardien adverse. Plus rien ne sera marqué, Domzale manquant d’inscrire un troisième but sur un corner et une tête qui heurte la barre. Le banc peut exploser au coup de sifflet final, Domzale a réussi l’impensable !

Sparta Prague (CZE) – Crvena Zvezda (SER) : 0-1 [Agg : 1-3]

Mission accomplie pour les rouges et blancs. Après le succès en Serbie et un match géré de A à Z, les Belgradois étaient confiants pour leur déplacement à Prague. Ces derniers se présentaient avec un nouveau maillot blanc extérieur temporaire… Macron n’étant pas encore tout à faire au point… Ce match était également l’occasion de voir le premier match européen de la doublette francophone Rio Mavuba- Georges Mandjeck sous ses nouvelles couleurs. Les hommes de Vladan Milojević ont réalisé une grosse entame de match, mettant la pression dès le début. Après deux franches occasions, Srnić était lancé dans le dos de la défense côté droit et envoyait un centre repris à le buteur Boakye, seul au deuxième poteau après avoir devancé son défenseur et vu le gardien se demander quoi faire avec la balle. Hésitation mortelle, 0-1 pour les visiteurs, la tâche devenait ardue pour les locaux. Nous sommes alors à la 19e et Zvezda bien qu’à l’extérieur domine le jeu avec 55% de possession. Les locaux ont attendu la 44e pour être enfin dangereux… Dans le même temps, chaque départ du buteur à la limite du hors-jeu mettait la défense locale au supplice. Le Sparta Prague poussait en toute fin de rencontre avec plusieurs occasions franches, mais Bojan, le gardien de Zvezda veillait et s’illustrait. Cette solidité défensive exemplaire est tout un symbole. Zéro but encaissé cette saison en cinq matchs, c’est aussi à ça qu’on voit des progrès par rapport à l’année dernière.

FC Midtjylland (DAN) – Arka Gdynia (POL) : 2-1 [Agg :4-4]

Notre rédacteur polonais toujours en PLS n’a pas la force de vous faire un résumé digne de ce nom au terme d’un match cruel. L’Arka a tenu contre vents et marées, l’Arka a marqué (à la 59e par Soldecki, trop tôt sans doute) puis l’Arka a craqué dans les dix dernières minutes, tout simplement. Alors que ses supporters venus en nombre au Danemark chantaient à pleins poumons pour soutenir leur équipe, la foudre s’est abattue sur eux. Deux éclairs, dans la nuit comme deux coups de poignards dans le dos: un but gag contre son camp à la 77e minute pour le FC Midtjylland et un second (synonyme de qualification pour les Danois) à l’ultime minute de jeu par Sorloth. C’est la qualification et les espoirs du petit club de la Baltique qui se sont effondrés comme un château de cartes instable les jours de grand vent sur les plages de sable blanc.

Lech Poznan (POL) – FC Utrecht (NEL) : 2-2 [Agg : 2-2]

Une belle ambiance a Poznan n’aura pas suffi, cueillit a froid par un but de Kerk après 40 secondes de jeu. Le Lech par l’intermédiaire de Gytkjaer va égaliser a la 29e sur un but qui aurait de l’être refusé pour un hors-jeu flagrant. Peu importe. C’est les Polonais qui maîtrisent la rencontre et se procurent les meilleures occasions en vain, jusqu’à la mi-temps. Après le retour des vestiaires, un rouge comme tombe du ciel du côté d’Utrecht redonne encore plus d’espoirs aux Polonais, qui n’ont besoin que d’un petit but pour passer. Mais entre mauvais choix et manque de chance, les Kolejorz n’y arrivent pas malgré la supériorité numérique. C’est même Utrecht qui a la 89e minute va égaliser par Dessers, la joie, l’espoir est remplace par la peine, la douleur, profonde et terrible de l’échec du football polonais. L’égalisation de Gytkjaer dans les arrêts de jeu n’y changera rien. Le Lech Ponan avait l’occasion de se qualifier, il y avait la place, mais il s’est ruiné tout seul comme un grand …

Lyngby BK (DAN) – FK Krasnodar (RUS) : 1-3 [Agg 2–5]

Le FK Krasnodar était en ballottage favorable avant ce match retour face aux Danois de Lyngby BK, surprise locale de la saison dernière, grâce à un but marqué à la toute dernière minute du match aller par le jeune Suleymanov de 17 ans, sorti tout droit de l’Académie de Krasnodar. Les Byki, touchés par plusieurs blessures et en projection du choc de Russie face au Spartak Moscou, avaient alors aligné plusieurs remplaçants de remplaçants. Maintenant que le match à Moscou a été joué et que deux incertains importants (Mamaev et Gazinski) ont fait leur retour sur le terrain, les Byki alignaient une composition plus solide. Le début du match était totalement à leur avantage, les corners dangereux s’enchaînant à grande vitesse et les Byki se procurant deux grosses occasions par Claesson et Granqvist. L’ouverture du score ne tarda pas. Sur l’un des corners, Granqvist trouva Pereyra qui arma une frappe gagnante depuis le point de penalty (0-1, 9′). Krasnodar continua d’insister. D’abord, une frappe dangereuse d’un Wanderson encore une fois au sommet de son art força le gardien Andersen à une détente à terre délicate. Juste après, le bon contrôle de Ristic à l’entrée de la surface était obstrué de la main par un défenseur. Le coup-franc, idéalement placé, était mis au fond par Pereyra qui s’offrit alors le doublé (0-2, 21′). La messe était dite. Les Byki abandonnèrent la possession pour se contenter de gérer l’avantage sans forcer. Ce fut à ce moment que Lyngby se procura ses meilleures occasions. Il commença par réduire l’écart sur un centre en retrait venu de la gauche bien réceptionné par Mikkel Rygaard qui fusilla le gardien Sinitsyn (1-2, 28′). Il s’en suivit quelques tentatives infructueuses, les débordements latéraux ne donnant que des tirs dans un angle trop fermé et l’axe étant solidement bloqué par la charnière centrale du FKK, forçant les Danois à des tirs lointains finissant systématiquement au-dessus. En deuxième mi-temps, la possession se rééquilibra entre des Danois forcés d’attaquer et des Byki en gestion tout en montrant plus d’intérêts pour la possession. Krasnodar se procura des occasions tout au long de la seconde période sans pour autant écraser son adversaire. Celui-ci se créa deux bonnes actions : une frappe axiale repoussée par Sinitsyn et surtout un centre en retrait au niveau des six-mètres sur lequel l’attaquant Kristoffer Larsen envoya sa frappe juste à droite du poteau. Le reste fut maîtrisé par les Russes qui obtinrent un penalty lorsque Ristic était fauché en pleine surface de réparation à la toute fin du match. Pavel Mamaev ne fit aucune erreur bien qu’Anderson soit parti du bon côté (1-3, 89′). Qualification tranquillement acquise pour les Byki qui continuent leur route. Les Danois mettent un terme à leur première expérience européenne depuis 20 ans la tête haute.

Rheindorf Altach (AUT) – La Gantoise (BEL) : 3-1 [Agg 4–1]

L’année dernière, le football belge avait fait une saison d’une qualité historique en Ligue Europa. Anderlecht, La Gantoise, le KRC Genk et même le Standart de Liège avaient permis à la Belgique de presque devancer l’Ukraine au classement UEFA. S’il y a une chose dont on est sûr, c’est que les Belges auront beaucoup de mal à réitérer de telles performances cette année vue comme c’est parti. Après deux petits tours, La Gantoise et le KV Ostende ont pris la porte et il ne reste déjà plus que trois participants belges. S’il n’est pas surprenant qu’Ostende, peu expérimenté, se soit fait déjà sortir, les Belges ne s’attendaient certainement pas à ce que La Gantoise connaisse ce sort. Sauf que son adversaire, le Rheindorf Altach, a longtemps été en course pour le titre de champion d’Autriche, dégringolant en fin de saison. Souvent adepte d’un jeu chatoyant, les Autrichiens avaient créé la surprise en Belgique en obtenant un nul avec un but marqué. Pour ce match retour, Altach recevait à Innsbruck, son stade Schnabelholz n’étant pas conforme aux normes UEFA. Dans un stade presque vide, les Autrichiens ouvrèrent le score en très peu de temps en profitant d’une énorme erreur défensive de l’arrière latéral gauche de La Gantoise. Moumi Ngamaleu lui subtilisa le ballon et ouvrit le score d’un beau lob (1-0, 11′). Altach garda la possession mais les corners et tirs successifs ne donnèrent rien. La Gantoise développa un jeu particulièrement rugueux et sanctionné de plusieurs cartons jaunes, mais une faute de Philipp Netzer en pleine surface de réparation permit aux Belges d’égaliser par Milicevic (1-1, 44′). En seconde mi-temps, le carton rouge qui pendait au nez des Belges fut finalement sorti à l’encontre de Mitrovic, expulsé. Altach domina toute la seconde mi-temps et ce fut logiquement que Stefan Nutz redonna un avantage au Rheindorf sur une nouvelle frappe puissante tirée de loin. En toute fin de match, Kristijan Dobras prit toute la ligne défensive de La Gantoise à contre-pied et se présenta seul face au gardien. Il ne commit aucune erreur et valida la place de la surprise autrichienne de l’an dernier pour le tour suivant au détriment de l’habitué belge.

La rédaction de Footballski


Image à la une : ©fcshkendija

Ligue Europa 2017/2018 : Troisième tour de qualification retour
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Pierre Vuillemot

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