Ligue Europa 2017/20178 – Seizièmes de finale retour

Il n’y a plus de totem d’immunité, c’est l’heure des premiers éliminés directes de la Ligue Europa. Voici tous les résumés des seizièmes de finale retour disputés par des équipes d’Europe de l’Est.

CSKA Moscou (RUS) 1 – 0 Etoile Rouge Belgrade (SER) (1-0)

Alors que le ministre russe des affaires étrangères était à Belgrade pour célébrer les 180 ans de relations diplomatiques entre la Russie et la Serbie, ce match entre deux clubs des deux pays, membres de deux alliances rivales revêtait une saveur particulière. Zvezda se déplaçait avec le même onze alors que Golovin était suspendu côté moscovite. Wernbloom qui évoluait en défense la semaine dernière était cette fois-ci un joueur offensif. Dans un climat glacial (-12°), les moscovites ont été les premiers à lancer les offensives avec des frappes de loin (8ème, 15ème, 17ème, 25ème). La première vraie occasion niveau Zvezda est l’oeuvre de Radonjić à la 25ème. D’une façon générale, le jeu est compliqué. Zvezda est coupé en deux, les ballons ne remontent pas sauf ceux portés et seuls quelques joueurs ont compris qu’il fallait mieux remontrer le ballon que tenter de le passer dans ces conditions météorologiques où le froid agit sur les organismes et le psychique. Au cours de cette première mi-temps, le CSKA domine mais Zvezda a les moyens de créer la surprise. Il faut attendre cependant la dernière action avant la mi-temps pour enfin voir un but, et c’est l’oeuvre d’ Alan Dzagoev. Les locaux rentrent au vestiaire avec un avantage non négligeable d’un but d’avance. Zvezda manque de vitesse, n’élargit pas la défense russe alors que les russes se montrent plus sereins quand ils ont le ballon, ils savent quoi en faire et sont redoutables lorsqu’ils accélèrent. A la reprise, Borjan est impérial dans les cages des rouges et blancs. Les bons ballons se multiplient pour les visiteurs qui ne peuvent la mettre au fond. Tour à tour, Pesic, Ben (60ème), Radonjić (78ème) tentent mais n’y arrivent pas. L’entrée de Srnić fait un bien fou à l’équipe, ils ont enfin de la vitesse leur permettant de mettre au supplice la défense agée du CSKA. Cependant, ce changement à la 78ème est trop tardif pour inverser le score malgré les dernières occasions de Pesić (81ème) et Ben (90ème). Contrat rempli pour le club de l’armée, cependant les serbes auront surement des regrets au vue de la philosophie de la double confrontation, il y avait la place mais ils n’ont pas réussi à marquer, et pour gagner, il faut marquer…

Lokomotiv Moscou (RUS) 1 – 0 OGC Nice (FRA) (4-2)

Après sa victoire 3-2 au match aller, le Lokomotiv abordait sa deuxième confrontation contre Nice avec quelques certitudes et une bonne option sur la qualification. Comme à chaque fois que des Français font le déplacement jusqu’à Moscou, c’est le climat qui s’est chargé de donner la première estocade aux visiteurs : -15 degrés, température idéale pour accrocher son poisson congelé au balcon, pas pour jouer au football. Ils étaient pourtant 18 000 courageux à avoir pris place en tribune, un soir de semaine à 19 heures : chapeau !

Comme souvent dans de telles conditions, les deux équipes ont eu beaucoup de mal à développer un jeu construit. Nice s’est montré le plus entreprenant en première période, avec deux barres transversales de Balotelli. Le gardien des cheminots, trop serein ou complètement pris au dépourvu, avait laissé filé les deux tirs. Il a pourtant suffi d’un seul contre au Lokomotiv pour doucher les espoirs européens des Niçois. Alors que l’on jouait la 30e minute, Igor Denisov a profité d’un cafouillage à l’entrée de la surface adverse pour se saisir du ballon et tromper Benítez d’une frappe lourde (1-0).

Au fil du match, le jeu s’est progressivement délité, l’OGC Nice ne semblant jamais en mesure de marquer les trois buts nécessaires à sa qualification. Les cheminots, pour leur part, ont abandonné toute velléité de contre à l’heure de jeu, sans doute pressés de rentrer aux vestiaires. Le plus dur était fait : les Moscovites validaient leur qualification en 8e de finale, où ils affronteront l’Atlético de Madrid.

Dynamo Kiev (UKR) 0 – 0 AEK Athènes (GRE) (1-1)

Être éliminé tout en étant toujours invaincu. C’est la performance réalisée par l’AEK de Manolo Jimenez, qui quitte donc l’Europa League sans aucune défaite, mais avec un immense goût de gâchis dans la bouche, tant il y avait la place pour un tout autre dénouement. Les Ukrainiens, malins, avaient fait un premier pas à l’aller, en marquant à l’OAKA. Ce qui contraignait les Grecs, privés notamment de Livaja et Vranjes (auteur d’un triplé lors de la dernière journée de championnat) pour cause de suspension, à en faire de même en terre ukrainienne. Et ils ont tout tenté. En vain. Comment ne pas repenser, par exemple, à cet incroyable raté de Masoud à la 51e ? L’Iranien, pourtant si doué techniquement, a sans doute manqué la balle de qualification, envoyant sa frappe (alors qu’il était presque sur la ligne de but) trouver les nuages. En face, le Dynamo a bien résisté, s’est offert quelques frayeurs – Boyko ayant repoussé plusieurs tentatives grecques – et aurait même pu tuer tout suspense, avec ce raid solitaire de Tsygankov que le valeureux Bakakis sauvait sur sa ligne (80e). Mais, finalement, ce fameux but à l’extérieur a pesé lourd, et l’expérience européenne de Kiev a sans doute fait la différence, face à une équipe de l’AEK qui, elle, pourra nourrir beaucoup de regrets.

Lazio Rome (ITA) 5-1 FCSB (ROU) (5-2)

Que dire, sinon qu’ils se sont fait marcher dessus? Après un match aller héroïque, remporté 1-0, le FCSB abordait ce match retour plein d’espoirs. De l’espoir certes, mais pas la confiance. Car depuis ce match, le derby de Bucarest disputé face au Dinamo a laissé des traces après que Gigi Becali ait de nouveau frappé du poing sur la table. Fragilisé sportivement, mais surtout psychologiquement du haut de ses 18 ans à peine, le gardien Andrei Vlad a vécu une nouvelle soirée cauchemardesque. Auteur de bons arrêts dès le début du match, Vlad n’a rien pu faire. Dépassée par un Felipe Anderson déjà auteur d’une belle entrée en jeu à l’aller, la défense bucarestoise a pris l’eau. Et Ciro Immobile, qui promettait l’enfer à ses adversaires après le coup de sifflet final en Roumanie, s’est lui-même chargé de marquer un triplé. La cause est entendue à la mi-temps, et Gnohéré ne marque en fin de match que pour sauver l’honneur. Logiquement, le FCSB quitte la compétition face à la Lazio. Une défaite certes lourde, mais qui ne doit pas effacer le bon parcours réalisé par cette équipe jusque là. Passé par les tours préliminaires, souverain de son groupe, le FCSB est revenu goûter au printemps européen. Voila qui n’était plus arrivé au football roumain depuis un trop long moment. Et qui fait du bien au coefficient UEFA de la Liga 1, en chute libre ces dernières années.

Viktoria Plzen (CZE) 2 – 0 Partizan Belgrade (SER) (3-1)

Après un premier match poussif clôt par un match nul arraché dans les dernières minutes de jeu, le Viktoria Plzen recevait le Partizan Belgrade avec la ferme intention de confirmer ses belles prestations et sa réputation d’équipe la plus en forme d’Europe. Si les hommes de Pavel Vrba concèdent quelques actions offensives, ce sont bien les Tchèques qui prennent le jeu en main et se procurer de belles occasions. Malgré tout, la première mi-temps se clôt par un score nul et vierge, face à deux équipes ne voulant pas se découvrir. Et puis, occasion après occasion, le Viktoria Plzen continue sa domination stérile jusqu’à cette soixante-sixième minute et une longue ouverture pour l’infatigablement Michal Krmencik. Crâne rasé, torse bombé, le buteur maison s’impose physiquement dans la défense tchèque et crucifie Stojkovic d’une frappe croisée. La messe est dite, Plzen est lancé et ne concède que très peu d’occasions par la suite, avant de parachever le spectacle à la dernière minute, suite à une erreur de Stojkovic au milieu de terrain, laissant le champ libre pour une contre-attaque conclue par le jeune milieu de terrain Ales Cermak.

Athletic Bilbao (ESP) 1 – 2 Spartak Moscou (RUS) (4-3)

Les supporters de l’Athletico Bilbao attendaient de pied ferme la Fratria avec des tags « Fuck Russian Nazis », et ils n’ont pas dû être déçus. La ville basque s’est transformée en terrain d’affrontement entre différents groupes de supporters, antifas et forces de l’ordre. Un policier est d’ailleurs décédé, dans des circonstances qui restent à éclaircir. Du côté du football, il faut attendre la 37ème minute pour voir la première occasion lorsque Hanni, en contre-attaque, décale Promes sur la gauche. Mais le Néerlandais croise trop sa frappe du gauche après avoir mis le défenseur dans le vent. Juste avant la pause, Kombarov centre parfaitement du gauche et Luiz Adriano s’élève plus haut que tout le monde, croisant sa tête pour marquer (0-1, 44e).  Dix minutes après la pause, Bilbao tente de répliquer après une incursion sur l’aile droite mais Iñaki Williams envoie un drop au dessus de la barre. Deux minutes plus tard, Iker Muniain, seul, reprend un centre de la tête dans la surface de réparation et vient égaliser (1-1, 56e). A la 84ème, le Spartak inscrit un nouveau but grâce à une frappe piquée de Melgarejo lobant le gardien (1-2, 84e). Le score n’évolue plus, Bilbao peut savourer sa qualification.

RB Salzburg (AUT) 2 – 1 Real Sociedad (ESP) (4-3)

Les Autrichiens étaient en ballottage favorable après un match nul acquis dans le temps additionnel à San Sebastian la semaine dernière. Après le résultat final de la double confrontation, on peut désormais affirmer que ce but de Minamino était effectivement aussi important qu’il n’y paraissait jeudi dernier.

Ce sont les Basques qui effectuent le meilleur début de rencontre. Onguéné perd le ballon dans une zone dangereuse et la Real est à deux doigts d’en profiter mais la tête d’Oyarzabal touche le haut de la transversale de Walke. Et pourtant, ce sont bien les Büllen qui ouvrent le score grâce à Munas Dabbur. L’Israélien reprend un centre venu de la droite de Stefan Laimer pour obliger les Espagnols à marquer deux fois pour passer (1-0, 10′). A partir de là, la Real Sociedad va prendre la direction des opérations et exercer une pression sur les buts autrichiens, récompensée par l’égalisation de Raul Navas, de la tête sur un corner de Canales (1-1, 28′).

Le défenseur espagnol est le principal acteur de cette rencontre. A vingt minutes de la fin d’une deuxième mi-temps équilibrée, il fait faute sur Minamino qui l’avait éliminé et prend un jaune. Inexplicablement, Navas s’énerve et met une petite gifle au Japonais. Deuxième jaune immédiat pour Raul Navas qui est donc expulsé et laisse ses coéquipiers à dix. Trois minutes plus tard, l’arbitre siffle penalty pour une faute du gardien sur le même Minamino. Valon Berisha, entré en jeu, le transforme et envoie son équipe en huitièmes de finale (2-1, 74′). Une vraie preuve de caractère pour le RBS qui a montré un très beau visage sur la double confrontation.

AC Milan (ITA) 1 – 0 Ludogorets (BUL)

Il n’y a pas eu de match, ou si peu. Une première alerte dès la 12e minute avec une bête perte de balle dont profite Alex Silva pour tenter sa chance des 18 mètres, sans succès, puis ce déboulé sur le côté gauche de ce diable de Cutrone qui transmet un centre traversant toute la défense jusqu’à trouver Fabio Borini. L’ex-attaquant de Liverpool ne se prive pas pour ouvrir le score à la 20e et doucher les espoirs bulgares.

Ludogorets tente de réagir, notamment sur cette hésitation dans la défense milanaise dont profite Wanderson mais son tir est trop faible pour inquiéter Donnarumma. Défensivement, les Bulgares sont plus solides qu’à l’aller mais ça pêche pas mal offensivement, surtout dans le dernier geste, en témoignent ce tir complètement loupé de Natanael à huit mètres des buts, ou encore ce coup franc de Marcelinho qui finit dans les tribunes à cinq minutes du terme.

Un tirage beaucoup trop compliqué pour Ludogorets, qui avait pourtant montré de belles choses durant la phase de poules. Retour à la réalité du championnat où le CSKA Sofia tient la dragée haute au sextuple champion en titre.

Le tirage des huitièmes de finale

 

Le tirage des huitièmes de finale, réalisé hier midi a encore réservé de belles affiches les 8 et 15 mars prochain. Le Lokomotiv Moscou aura fort à faire en déplacement à Madrid face à l’Atlético, actuel deuxième du championnat espagnol. Déplacement difficile également mais mission pas impossible pour le RB Salzbourg à Dortmund et pour le Viktoria Plzen à Lisbonne. Le Dynamo Kiev s’offrira une belle affiche face à Lazio tout comme le Zénith et le RB Leipzig dans un beau duel russo-est-allemand. Enfin nous serons bien entendu particulièrement attentif à la double confrontation entre le CSKA Moscou et l’Olympique Lyonnais !

La rédaction de Footballski

Ligue Europa 2017/20178 – Seizièmes de finale retour
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Thomas Ghislain

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La Syldavie gagnera l'Euro 2020. Folie sur la PMAN.

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