Ligue Europa 2016/2017 – Seizièmes de finale retour

Pierre Vuillemot
Pierre Vuillemot - Publié le 24 février 2017

Voilà, l’Europa League se termine pour une bonne partie de nos clubs. De Ludogorets à l’Astra en passant par le Shakhtar, les déceptions furent nombreuses lors de ces seizièmes de finale retour. Fort heureusement, quelques espoirs sont encore permis grâce à un APOEL tombeur des Basques de Bilbao, ou encore grâce à la valeur sûre, le FK Krasnodar. Retour sur une soirée européenne mitigée.

Krasnodar (RUS) 1 – 1 Fenerbahce (TUR)

Arrivé en Turquie avec un petit but d’avance, Krasnodar a dû faire face aux assauts répétés des coéquipiers de Robin van Persie durant les premières minutes du match. Et puis, voilà que Martin Skrtel, fidèle du site à n’en pas douter, se décidait à relancer de façon plus que hasardeuse dans les pieds du buteur russe Fedor Smolov. Ni une ni deux, Krasnodar plantait le but grâce à son buteur fétiche. On se disait que la qualification était en bonne voie, et que les Russes n’avaient plus qu’à gérer cet avantage de deux buts. Jusqu’à ce que Martin Skrtel, toujours lui, ne se décide à égaliser pour le club turc juste avant la mi-temps. Les minutes défilaient, le stress montait, mais c’était finalement Krasnodar qui tenait bon et s’adjugeait une belle qualification pour la suite de la compétition.

Genk (BEL) 1 – 0 Astra (ROU)

Bon, disons-le, on en a marre de se faire sortir par des clubs belges. Nouvelle preuve ce jeudi avec le Racing Genk. Bien organisé et solide défensivement, les hommes d’Albert Stuivenberg ont parfaitement su gérer ce match retour en dominant la première mi-temps grâce à quelques occasions dangereuses d’Alejandro Pozuelo. Ce dernier, très en vue lors de cette rencontre, s’illustrait d’ailleurs peu après l’heure de jeu, à la 67e, grâce à un coup grand direct placé pleine lucarne. Une belle victoire qui permet aux clubs belges de réaliser un bel exploit dans cette Europa League, mais également de faire parler Marius Sumudica à propos du choix des arbitres pour ce match. « Je trouve cela vraiment bizarre que l’UEFA ait désigné un arbitre hollandais pour diriger un match d’une équipe belge avec un entraîneur hollandais », a-t-il déclaré en conférence de presse.

Copenhague (DAN) 0 – 0 Ludogorets (BUL)

Tâche compliquée pour Ludogorets qui a eu la mauvaise idée de perdre 2-1 à domicile. Les hommes de Dermendzhiev devaient réagir au plus vite et dans ces cas-là, la meilleure solution est de marquer tôt en première période. Mais les Danois ont parfaitement géré leur début de match, se montrant dangereux par l’intermédiaire de Keita qui voyait sa frappe écartée par Stoyanov.

Il fallait attendre une réaction bulgare à la demi-heure de jeu sur une frappe non cadrée pour espérer voir un sursaut. Les Bulgares poussaient en début de deuxième période sur des frappes lointaines, mais elles manquaient à chaque fois le cadre. Un peu juste pour espérer remonter un tel handicap. 0-0 au terme du match, les Danois ont donc tranquillement géré leur avance et accèdent aux 8es de finale. Les Bulgares, eux, regretteront leur mauvaise première période du match aller… Dommage.

Shakhtar (UKR) 0 – 2 Celta Vigo (ESP)

Fort d’un but d’avance après une victoire 1-0 en Espagne, les Mineurs avaient pourtant bien démarré cette rencontre, bien décider à ne pas attendre le Celta. Le portier Sergio Alvarez devait s’employer dès la 11e minute en détournant une frappe de Kovalenko au point de penalty. Un but quasiment tout fait pour le Shakhtar qui le regrettera par la suite. Le Celta allait réagir avec une belle frappe de Iago Aspas qui obligeait Andriy Pyatov à se détendre pour préserver le score. Taison était tout près d’ouvrir le score peu avant la mi-temps d’une superbe volée qui ne trouvait malheureusement pas la lucarne opposée. Les deux formations rentraient aux vestiaires sur un score nul plutôt logique.
Le Shakhtar allait accentuer son emprise en début de seconde période face à un Celta un peu brouillon et incapable de battre un Pyatov en grande forme sur sa ligne. Après avoir laissé passer l’orage, les Espagnols, dos au mur, allaient pousser et acculer le Shakhtar dans ses retranchements, qui avait visiblement décidé de reculer en cette fin de match pour préserver ce zéro à zéro. Malheureusement pour Paulo Fonseca, les incursions de John Guidetti dans la surface allaient payer, avec un penalty très généreux, pour ne pas dire inexistant, sifflé en faveur du Suédois à la 89e minute. Iago Aspas se chargeait de ramener le Celta à égalité sur les deux rencontres et d’envoyer les vingt-deux acteurs en prolongations.

Une prolongation qui ne sera guère plus prolifique pour le Shakhtar qui encaissait même un second but sur corner en début de seconde période. Gustavo Cabral venait placer sa tête au premier poteau pour crucifier Pyatov et enterrer les espoirs de Donetsk. Après une phase de poule parfaite pour les mineurs (18 points sur 18 possibles), l’aventure s’arrêtera donc là pour Paulo Fonseca et ses hommes. Quelle déception pour le Shakhtar, qui voit s’envoler ses espoirs de briller sur la scène européenne.

Sparta Prague (RTC) 1 – 1 Rostov (RUS)

Parfois, dans le football, certains matchs ne servent à pas grand-chose. La faute au destin, à un match aller mal négocié ou une équipe bien plus forte face à vous. Tout cela, le Sparta Prague le connait parfaitement depuis son match en Russie face à Rostov. Une lourde défaite 4-0 qui ne laissait peu, voire aucune, chance aux Tchèques de se qualifier. Alors quand Poloz, toujours lui, venait crucifier Koubek, gardien du Sparta, dès la dixième minute de jeu, on savait déjà que le destin était joué. On ne va donc pas faire durer le suspense de ce match sans intérêt : saluons tout de même la capacité du Sparta à marquer un petit but en deux rencontres face au bloc russe.

APOEL (CHY) 2 – 0 Athletic Bilbao (ESP)

Dans un GSP en feu, l’APOEL a frappé un grand coup dans cette Europa League en éliminant l’Athletic Bilbao. Pourtant, la première mi-temps ne laissait pas forcément espérer grand-chose des joueurs chypriotes. Malgré quelques occasions et des ultras en ébullition, l’APOEL ne trouvait pas la faille dans la défense basque, et démarrait la seconde période avec l’envie de mieux faire et d’aller chercher ce petit but pouvant les envoyer au tour suivant. Un but qui interviendra quelques secondes plus tard, grâce au talon acrobatique de Sotiriou sur un beau débordement chypriote. On se disait alors que le plus dur était fait et qu’une nouvelle fois, l’APOEL prouvait qu’il n’est jamais facile de venir jouer sur ses terres, dans un GSP toujours aussi bruyant. Autant dire que le second but chypriote allait parachever une bien belle soirée marquée par une surprise de taille. Une nouvelle démonstration que l’APOEL est une véritable forteresse à domicile.

Ajax (HOL) 1 – 0 Legia Varsovie (POL)

Certains se réjouiront d’une campagne européenne plutôt réussie, avec une troisième place en phase de groupe de LDC arrachée face au Sporting CP, puis cette élimination avec les honneurs lors du match retour contre l’Ajax Amsterdam. D’autres seront plus dubitatifs, et moins complaisants avec l’Ogre polonais qui aura tout de même amassé dix-huit millions d’euros pour cette campagne européenne. Le Legionisci qui avait battu le Sporting CP aurait pu se qualifier pour les huitièmes de finale de l’Europa League, mais ce Legia amputé d’un vrai attaquant au talent équivalent à Nikolic voire même Prijovic n’avait malheureusement que peu de chances. Et, malheureusement, le terrain a parlé. L’Amsterdam ArenA  était belle, pleine et vivante. Quelque 2000 Polonais avaient fait le déplacement et les jeux de lumière avant l’entrée des équipes faisaient oublier qu’il s’agissait « simplement » d’un match de la « petite » coupe d’Europe. Les Amsterdamois étaient maître pendant toute la première mi-temps sans jamais trouver la brèche par manque de lucidité. Le Legia était sous l’eau, jusqu’à ce qu’il coule après un but signé Nick Viergever.

Schalke 04 (ALL) 1 – 1 PAOK (GRE)

À défaut de partir avec la qualification, le PAOK sera rentré en Grèce avec les honneurs. Parce que sur ce match, les Grecs auraient sans doute mérité mieux que ce résultat nul face à une équipe allemande qui jouait sans doute de manière un peu plus relâchée après le 3-0 de l’aller. Schopf, idéalement servi par Choupo-Moting, ouvrait la marque pour les locaux (23’), alors que quelques secondes plus tôt, Mystakidis aurait sans doute dû (ou pu, c’est selon) bénéficier d’un penalty. Cruel, mais révélateur de ce très haut niveau où le moindre errement défensif se paie cash. Mais sans se dégonfler, le PAOK égalisait deux minutes plus tard, quand Nastasic trompait son propre gardien. La deuxième mi-temps, elle, aurait pu tourner en faveur des joueurs d’Ivic, s’ils avaient su faire preuve d’un peu plus de réalisme dans le dernier geste. Mais qu’importe : avec cette campagne européenne 2016-2017, le PAOK a montré qu’il avait de belles armes à faire valoir. Le rendez-vous pour l’année prochaine est pris. Et cette fois, il ne faudra pas rater le match aller…

Osmanlispor (TUR) 0 – 3 Olympiakos (GRE)

On a longtemps cru revoir un scénario bien connu : celle d’une équipe attendue, en l’occurrence l’Olympiakos, qui a fait de cette compétition un objectif, mais qui échoue lamentablement une fois arrivé au moment crucial. Et pour l’Olympiakos, donc, ce fut ça pendant les 45 premières minutes, vierges de toute occasion. La métamorphose au retour des vestiaires fut, il faut bien l’avouer, inattendue. L’effet, lui, immédiat : sur un corner de Seba, Botía déviait de la tête au premier poteau, avant qu’Ansarifard, en renard, ne pousse le cuir au fond (47’). Puis, 20 minutes plus tard, Androutsos remplaçait Martins, blessé, et donnait un tout autre visage à l’équipe. La preuve ? Sa formidable percée sur le 2-0, faite d’une feinte de frappe et d’un centre déposé sur la tête d’Elyounoussi (70’). Le troisième but – marqué par Ansarifard qui avait bien suivi une frappe de Seba repoussée par le gardien (86’) – était finalement anecdotique. L’essentiel était ailleurs : pour la première fois depuis longtemps, l’Olympiakos a su élever son niveau de jeu en Europe. Et ça arrive au meilleur des moments.

Zenit (RUS) 3 – 1 Anderlecht (BEL)

La mission était impossible, ou presque, pour le Zenit Saint-Pétersbourg. Pour accéder aux huitièmes de finale de la Ligue Europa, le club russe devait l’emporter face à Anderlecht par au moins trois buts d’écart pour espérer décrocher un billet pour le tour suivant après sa défaite en Belgique (0-2) à l’aller.

Pour tenter de réaliser l’exploit, Mircea Lucescu alignait une équipe traditionnelle en comparaison de celle qui avait disputé le match aller, sans ses recrues Hernani et Ivanović laissées sur le banc. Le vétéran Aleksandr Anyukov faisait son retour au poste d’arrière droit, Maurício prenait place au milieu de terrain, tandis que le capitaine Danny retrouvait une place de titulaire au détriment d’Oleg Shatov. Du côté belge, l’équipe remaniée qui l’avait brillamment emporté à l’aller était reconduite quasi intégralement, avec comme seul changement la titularisation d’Alexandru Chipciu à la place de Massimo Bruno. Łukasz Teodorczyk, blessé, n’avait quant à lui pas fait le déplacement.

Le Zenit était méconnaissable par rapport à celui du match aller. Offensifs, les joueurs de Saint-Pétersbourg imposaient leur domination aux Mauves, conscients qu’ils devaient rentrer à la pause avec l’avantage au score pour pouvoir y croire. Appliqué, le Zenit y parvenait face à des Belges inoffensifs. C’est grâce à son clutch player Giuliano, peu en vue au match aller, que l’équipe de la Venise du Nord parviendra à ouvrir le score (24′). Auteur à ce moment là de son septième but dans la compétition, l’international brésilien confirmait qu’il était plus que jamais l’homme décisif du Zenit dans cette Ligue Europa. Assez logiquement, le Zenit Saint-Pétersbourg menait au score à la pause (1-0). L’exploit était en marche et il semblait possible au vu de la prestation livrée par les hommes de Mircea Lucescu.

La domination du club russe se poursuivait en seconde période. La volonté d’égaliser était présente pour revenir dans un premier temps à hauteur d’Anderlecht. La menace se précisait devant les buts gardés par Rúben Martínez, mais les Russes manquaient de précision. Du moins, c’était le cas jusqu’à la 72e minute, moment choisi par Artyom Dzyuba pour inscrire le but du 2-0. Servi à la limite du hors-jeu par Giuliano, le géant russe trouvait la mire face à Martínez et inscrivait son premier but sur la scène continentale cette saison. Le plus dur était alors fait pour le Zenit, revenu à hauteur de son adversaire sur l’ensemble des deux matchs. Sans doute désireux d’éviter une prolongation qui serait difficile à gérer pour lui en raison de son retard physique, le troisième du dernier championnat russe continuait de pousser et de tout donner. L’abnégation du Zenit finissait par être récompensée : Dzyuba parvenait à récupérer un ballon le long de la ligne de sortie de but adverse. Son centre en retrait trouvait Giuliano qui réussissait le doublé et qui donnait trois buts d’avance à son équipe (78′). Incroyable : à douze minutes du terme du temps réglementaire, le Zenit était en huitièmes de finale !

Malheureusement, le club de Saint-Pétersbourg baissait le pied après ce but et subissait les assauts belges, conscient qu’un seul but d’Anderlecht suffirait à l’éliminer. Deux minutes après le troisième but, Dendoncker manquait d’un rien le troisième but, voyant sa frappe lointaine passer à droite du but de Lodygin. C’est à la dernière minute du temps réglementaire que, de manière inévitable, le coup de poignard finissait par être asséné. Sur un long centre venu de la droite, Nuytinck (entré en jeu à la place de Chipciu) remettait le ballon de la tête dans la surface pour Isaac Kiese Thelin. Le joueur prêté par les Girondins de Bordeaux ne se faisait pas prier pour battre un Lodygin resté sans réaction. Revenu de l’enfer, Anderlecht parvenait à inscrire le but de la qualification en toute fin de rencontre sur son unique tir cadré de la partie. C’en est terminé à ce moment là pour le Zenit qui ne saisira pas les minces chances d’égalisation qui lui étaient offertes dans les arrêts de jeu : Criscito envoyait dans le mur le coup franc de la dernière chance et Lodygin, monté sur l’ultime corner, manquait sa reprise de volée.

Malgré sa belle victoire (3-1), le Zenit Saint-Pétersbourg est donc éliminé de la Ligue Europa de la manière la plus cruelle possible : au but inscrit à l’extérieur, le tout après avoir touché du doigt une qualification qui avait tout d’un exploit au vu du résultat du match aller. C’est sans doute dans la banlieue bruxelloise que ce Zenit, en petite forme physique (la faute à la trêve hivernale) a perdu sa qualification, au terme d’une partie complètement ratée et qui aurait pu tourner à la correction.

Sorti dès les seizièmes de finale, le Zenit réalise sa plus mauvaise campagne européenne depuis la saison 2009/2010, quand il avait quitté la Ligue Europa dès les barrages après une défaite face au Nacional Madère (1-1, 3-4). Déjà hors du coup en Coupe de Russie dont il était le tenant, le Zenit n’aura plus que le championnat à disputer en cette première moitié d’année 2017. Deuxième de RPL, il compte cinq points de retard sur le Spartak Moscou à treize journées de la fin.

La rédaction de Footballski


Image à la une : Mikhail Kireev/Sputnik via AFP Photos

Ligue Europa 2016/2017 – Seizièmes de finale retour
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