Ligue Europa 2016/2017 – Seizièmes de finale aller

Damien F - Publié le 17 février 2017

La trêve hivernale est enfin finie ! La vraie compétition européenne reprend ses droits pour notre plus grand plaisir. Et les résultats ont été plutôt bons, avec un incroyable Rostov, de solides Shakhtar et Krasnodar ainsi que de belles surprises comme l’Astra. De grosses déconvenues sont tout de même venues ternir le tableau, notamment celle du Zenit qui a été ridicule contre Anderlecht. Résumé de la soirée.

Krasnodar (RUS) 1-0 Fenerbahce (TUR)

Pas le temps de niaiser en Russie! Pour le grand retour des matchs officiels dans la mère patrie, le FK Krasnodar avait la lourde tâche de recevoir Fenerbahce. Dans son nouveau stade bien rempli, les bykis se sont appuyés sur les recrues, Ramirez et Claesson, pour remporter un précieux succès. Et le moins que l’on puisse dire c’est qu’il ne fallait pas arriver en retard! Dès la quatrième minute, Wanderson adresse un centre dans la surface turque et Claesson d’une belle tête plongeante, inscrit le seul but de la rencontre. Dominateurs malgré le retour de trêve, Krasnodar ne parviendra pas à inscrire un second but. Ni Smolov, ni Podberezkin ne parviendront à doubler la mise. Fenerbahce a été quand à lui transparent, malgré la présence du russe Neustadter en défense centrale. Tout est encore jouable pour les deux équipes, Krasnodar s’appuiera sur l’excellent Martynovich derrière pour tenter de passer les 16èmes de finale.

Astra Ploiesti (ROU) 2-2 Genk (BEL)

C’est en Roumanie que s’est tenu le match aller opposant l’Astra Giurgiu à Genk. En difficulté dans son championnat, l’Astra aura à cœur de soigner ses bons résultats européens des dernières années lors de ce match contre un adverse qui semble à leur portée. Pourtant, tout commence mal pour les roumains : Castagne profite d’un cafouillage dans la défense pour glisser le ballon au fond des cages de Lung Jr. Par la suite l’Astra se montre plus offensif et Budescu égalise d’une superbe frappe toute en puissance qui vient se loger sous la barre. Mais la défense fait encore défaut les joueurs de l’Astra et après une action collective très bien menée Trossard crucifie le gardien en fin de match. Il aura fallu attendre la 90eme minute pour que Seto offre le match nul aux siens de la tête sur corner. L’Astra ne perd pas mais se retrouve en ballottage défavorable en vue du match retour qui se jouera à l’extérieur.

Ludogorets (BUL) 1–2 Copenhague (DAN)

2 clubs reversés en Europa League s’affrontaient. Ludogorets avait fait bonne impression dans le groupe du PSG, montrant de l’adversité mais aussi ses limites à ce niveau. Le club bulgare est tout de même sorti du groupe grâce à son nul au Parc des Princes (2-2). Le FK Copenhague a quant à lui réalisé un bon parcours dans le groupe G composé de Leicester City, Porto et du FC Bruges. Les danois s’en sortent avec une seule défaite face aux anglais et 2 grosses victoires face aux belges. Insuffisant cependant pour rester en Ligue des Champions.

Ca c’est pour les présentations. En ce qui concerne le match, le FK Copenhague a effectué une superbe opération en s’imposant 2-1 en Bulgarie. Les danois se sont facilités la tache en ouvrant le score rapidement dès la 1ère minute de jeu sur corner. Le pauvre Anicet Abel n’a pu que prolonger le ballon de la tête dans ses propres cages… J’imagine que les plans de Dermendzhiev ne prévoyaient pas une telle entame de match. Le jeu resta par la suite très brouillon et les bulgares se sont montrés incapables d’apporter le danger, hormis sur une frappe facilement captée par le gardien danois… en début de 2eme mi temps! C’est d’ailleurs 5 minutes plus tard que les bulgares se retrouvèrent avec 2 buts de retard sur une action magnifiquement construite côté droit et conclu par Youssef Toutouh d’une belle frappe.

Ludogorets trouva tout de même la bonne idée de réduire le score à la 80e grâce à Claudiu Keseru mais on pouvait s’attendre à beaucoup mieux. On ne voit pas comment Copenhague ne pourrait pas se qualifier dans son bouillant Parken Stadium. Dommage…

Celta Vigo (ESP) 0–1 Shakhtar (UKR)

C’est un Shakhtar invaincu en championnat et surtout invaincu en Europa League qui se présentait ce jeudi soir face au Celta Vigo, actuel 10ème de Liga. Les hommes de Paulo Fonseca vont entamer timidement la rencontre comme l’on pouvait s’en douter. La reprise européenne après la trêve hivernale est toujours délicate physiquement pour les clubs ukrainiens qui n’ont pas encore repris leur championnat à cette époque de l’année. Le Celta Vigo va en profiter pour pousser et mettre à contribution la défense du Shakhtar avec un John Guidetti dans tous les bons coups. Un peut trop optimiste, le Celta va s’exposer aux contres et en payer le prix avant la demi heure de jeu. Bien lancer en profondeur dans le dos d’une défense espagnole en retard, Marlos s’en ira effacer d’un crochet le portier espagnol avant que sa frappe ne soit sauvé in extremis devant le but par Théo Bongonda. Heureusement c’est la nouvelle recrue Gustavo Blanco-Leschuk qui va passer derrière et pousser le ballon au fond des filets. Le fameux but à l’extérieur est dans la poche. Le brésilien Fred aura même l’occasion d’ajouter le deuxième après un duel manqué face au gardien dix minutes plus tard. A la pause, le club galicien est impuissant en attaque malgré sa domination dans le jeu. Les centres imprécis et le manque de combinaisons, n’ont pas permis aux espagnols d’en tirer profit.

Même physionomie en seconde période avec un Celta qui tentera de bousculer le Shakhtar sans réellement y parvenir, toujours maladroit dans les derniers gestes. Rien à faire, les occasions franches ne viendront pas. Le chronomètre va continuer de s’égrainer sans qu’Andriy Pyatov ne soit vraiment inquiété. Le Shakhtar repart donc de la péninsule ibérique avec une précieuse victoire sans avoir vraiment forcé son talent. De bon augure pour la suite.

Rostov (RUS) 4–0 Sparta Prague (RTC)

Sale temps pour les Tchèques en Russie. On le sait, il n’est jamais forcément évident de venir jouer en terre russe durant cette partie de l’année. Entre le manque de rythme et le froid, un déplacement aller d’Europa League peut alors être du quitte ou double. Nouvelle preuve lors de cette rencontre opposant Rostov à un Sparta Prague apathique. C’est le moins que l’on puisse dire.

C’est ainsi que, dès la 14′ minute de jeu, après une belle entame de match russe, Rostov ouvre le score sur un corner parfaitement repris par le défenseur slovène Miha Mevlja vient doublement lober le gardien Tomas Koubek et son défenseur Costa Nhamoinesu, crucifié sur sa ligne de but. Le match est parfaitement lancé, le stade exulte. Le début d’une belle soirée arrosée.

Peu entreprenant et sans grande réussite, le Sparta Prague essaye tant bien que mal de déstabiliser le bloc compact proposé par l’équipe russe. Et puis, dès la 30′ minute de jeu, voilà que le Sparta doit déjà faire face à un fait de jeu et jouer à dix après une deuxième jaune reçu par Konaté après une violente semelle. Voilà qui permet à Rostov de dérouler son jeu, d’attaquer à tout va et de crucifier par trois fois une défense à la rue.

La première, grâce à une tête de Poloz, seul à quelques mètres du but. Le second, quelques minutes plus tard grâce à une frappe à l’entrée de la surface tchèque de Noboa. Et enfin une troisième fois, durant la second mi-temps, sur une action collective parfaitement conclue par le génie Sardar Azmoun. De quoi prendre un sacré avantage avant le match retour.

Athletic Bilbao (ESP) 3–2 APOEL (CHY)

Dans une rencontre classée à haut risques, c’est d’abord les fans des deux camps qui ont fait parler d’eux en se frictionnant dans les rues de Bilbao. Comme d’habitude, les supporters de l’APOEL sont arrivés en nombre, assurant le spectacle sonore dans les rues de la ville et dans le stade, malgré quelques débordements. Le but de l’entraîneur Thomas Christiansen, qui connaît bien l’Espagne pour y avoir passé une grande partie de sa vie, était de poursuivre sur la lancée de la première place de la phase de groupe avec notamment l’Olympiakos et Astana. Avec Cedric Yambere titulaire, les chypriote marquaient un premier but sur leur première occasion à la 35ème minute par Georgios Efrem. Un but célébré comme un titre alors qu’une minute plus tard, un but contre son camp de Giorgos Merkis rétablit la logique.

Dès le retour des vestiaires, une grosse erreur de Yambere, qui donnait le ballon à Munian, permit à Aduriz de marquer son septième but en six matchs d’Europa League cette année. Le même Munian donnait une nouvelle passe décisive à Williams à 15 minutes de la fin, compliquant fortement la tâche de ses adversaires. Qui, pourtant, inscrivirent le but de l’espoir (89’ 3-2) sous une pluie de crachats et de chants « Puta Bilbao ». Malgré une possession totalement en faveur des basques (77-23), l’APOEL aura su être réaliste et tirer profit des erreurs du gardien basque. Le retour au GSP s’annonce bouillant…

Legia Varsovie (POL) 0–0 Ajax (HOL)

Non, le ballon n’est pas rentré. L’arbitre de surface a raison.

PAOK (GRE) 0–3 Schalke 04 (ALL)

On savait que la tâche allait être compliquée. On ne pensait pas, tout de même, que l’affaire serait pliée dès le match aller. Et, malheureusement, pas dans le bon sens. Dans une Toumba pleine, le PAOK, avec son 3-5-2, n’a pas fait le poids. La différence de niveau, de classe, d’expérience, étaient trop importante, tout simplement. Ils se faisaient d’abord punir par Burgstaller, qui, de la tête sur coup-franc, ouvrait le score (27′). Et, logiquement mais cruellement, les Grecs allaient encaisser deux buts dans les dix dernières minutes : d’abord par Meyer, oublié au point de penalty et qui plaçait une tête piquée (82′), puis par le renard Huntelaar, qui suivait une sortie moyenne de Glykos (90′). 3-0, et les espoirs de qualification s’envolent déjà. Le dernier match, en Allemagne, sera pour le plaisir. Et pour éventuellement prendre rendez-vous pour l’année prochaine.

Superbe banderole 1

Superbe banderole 2

Olympiakos (GRE) 0-0 Osmanlispor (TUR)

Quiconque a déjà vu jouer l’Olympiakos cette saison a déjà vu ce genre de rencontre de la part des hommes de Paulo Bento. De la possession (56%), des tirs (9), mais cette terrible impression de dominer sans avoir d’occasion, ni de se montrer réellement dangereux face à une formation turque venue pour essayer de casser le rythme dès qu’elle en a eu la possibilité. En bref : un match ennuyeux. Ni Botia (41′), ni Cardozo (42′), ou encore Seba à l’approche de l’heure de jeu n’ont pu trouver la faille. Pire, Viana, sur un geste d’humeur stupide et évitable, se faisait expulser par un Ruddy Buquet peu inspiré hier soir (73′). Alors, sans prendre de but, l’Olympiakos a plutôt fait une bonne opération, et préserve de bonnes chances de qualifications. Mais avec ce niveau de jeu, on peut s’attendre à un match très compliqué en Turquie.

Anderlecht (BEL) 2–0 Zenit (RUS) [Résumé grand format de Karim Hameg]

Pour son premier match officiel de l’année 2017, après plus de deux mois de trêve, le Zenit Saint-Pétersbourg se déplaçait sur le terrain d’Anderlecht. L’actuel deuxième du championnat de Russie retrouvait un club qu’il connaissait bien : il s’agit de son cinquième match face au club belge depuis 2010. Le Zenit avait affronté les Mauves à deux reprises au premier tour de la Ligue Europa 2010/2011 (pour deux victoires 3-1) ainsi que lors des phases de groupe de la Ligue des Champions 2012/2013 (victoire 1-0 en Russie et défaite 0-1 dans la banlieue bruxelloise).
Le Zenit Saint-Pétersbourg avait réalisé un recrutement plutôt ambitieux cet hiver mais, règlement UEFA oblige, il ne pouvait ajouter que trois nouveaux éléments à la liste des joueurs retenus pour participer à la Ligue Europa : seuls Ibragim Tsallagov, Hernani et le très attendu Branislav Ivanović ont été retenus à l’inverse de Yohan Mollo et du gardien Andrei Lunyov. Parmi les trois recrues citées, seul le premier ne figurait pas dans le groupe alors qu’Hernani et Ivanović étaient titularisés. Le Brésilien évoluait au milieu de terrain en compagnie de Javi García et de l’indispensable Giuliano tandis que l’ancien joueur de Chelsea était aligné au poste d’arrière droit, complétant une défense où figuraient Luís Neto, Domenico Criscito et Yuri Zhirkov. Le trio d’attaque était quant à lui 100 % russe : Aleksandr Kokorin et Oleg Shatov évoluaient sur les ailes en soutien du nouveau capitaine, Artyom Dzyuba.
Du côté d’Anderlecht, on retrouvait quelques vieilles connaissances de la team Footballski. Les Serbes Spajić et Obradović étaient titulaires en défense tandis que l’international roumain Niculae Stanciu était chargé de l’animation du jeu. Sur le banc figuraient un autre roumain, Alexandru Chipciu, ainsi que le Polonais Łukasz Teodorczyk. En pleine forme depuis le début de la saison, l’attaquant prêté par le Dynamo Kiev a été laissé sur le banc par son entraîneur qui a décidé de faire tourner un peu son effectif.
Sur le papier, le Zenit Saint-Pétersbourg partait favori. Sur le terrain, il en sera autrement. À court de condition physique malgré un enchaînement intense de matchs amicaux durant la trêve, le club russe se fera surprendre dès la cinquième minute. Depuis le côté droit, Stanciu réalise une superbe ouverture du pied gauche, ouverture qui trouve à l’opposé Frank Acheampong. L’ailier gauche ghanéen, transformé en arrière gauche durant la dernière CAN, plonge dans le dos de la défense russe et bat Lodygin à bout portant pour l’ouverture du score. Acheampong avait pu se retrouver seul grâce à un mauvais alignement de Luís Neto, seul joueur de la ligne défensive à ne pas être monté pour jouer le hors-jeu. Sonné par cette ouverture du score adverse précoce, le Zenit manque d’un rien de se retrouver mené 0-2 mais Yuri Lodygin, vigilant, se montrera impérial devant Massimo Bruno (15’). Les Russes répliqueront de manière timide : Shatov (de la tête) puis Javi García (sur une frappe lointaine), presque coup sur coup, mettront à contribution Rubén Martínez sans réellement l’inquiéter (19’). De manière générale, le Zenit a la maitrise du ballon mais il n’en fait pas grand-chose puisqu’il n’apporte quasiment pas de danger dans les trente derniers mètres adverses à l’exception, et encore, d’une tête de Dzyuba sur un service d’Ivanović qui sera tranquillement captée par le gardien (31’). À l’inverse, les Belges se montrent terriblement dangereux en contre, notamment grâce aux jambes de feu de Franck Acheampong. Le Ghanéen, qui avait déjà contraint Criscito à écoper d’un carton jaune après une accélération surréaliste (21’) va s’offrir le doublé à la 31ème minute. À l’origine de l’action, Kokorin perdait un ballon de manière stupide dans sa propre moitié de terrain. Stanciu, à nouveau, faisait office de passeur décisif pour Acheampong. Servi sur le côté gauche de la surface de réparation, ce dernier enverra un boulet de canon dans la lucarne de Lodygin, complètement impuissant. Le break était fait, le Zenit était KO, manquant même d’un rien d’encaisser un troisième but sans un arrêt miraculeux de Lodygin devant Isaac Kiese Thelin (42’). À la pause, un Anderlecht opportuniste menait logiquement au score devant un Zenit dominateur mais peu dangereux.
La donne ne changera pas vraiment en deuxième période. Le Zenit Saint-Pétersbourg aura le ballon mais ne se procurera que peu d’occasions, sinon sur un coup franc d’Hernani bien placé mais peu dangereux et tranquillement capté par Martínez (70’). À l’inverse, Anderlecht manquera de peu de porter le score à 3-0 à deux reprises : Stanciu verra le ballon fuir le cadre de très peu (72’) tandis que Chipciu (entré en jeu à la 60ème minute) butera sur Lodygin (79’). Les Russes devront attendre la 83ème minute pour se procurer enfin une occasion dangereuse par l’intermédiaire de Dzyuba qui se retrouvait en position favorable pour finalement buter sur Martínez. Presque dans la foulée, Bruno puis Teodorczyk (entré en jeu à la 80ème minute) manqueront l’occasion de tuer définitivement tout suspense.
On en restera là : le Zenit Saint-Pétersbourg s’incline 0-2 sur le terrain d’Anderlecht. Avec cette très mauvaise opération, la qualification pour les huitièmes de finale apparaît déjà comme étant fortement compromise. Au match retour, la semaine prochaine, le Zenit devra se montrer plus efficace dans l’utilisation du ballon et il devra être plus concentré défensivement, dans un secteur qui a failli dans cette soirée bruxelloise à l’image d’un Ivanović très attendu mais peu convaincant pour sa première sortie sous le maillot du club de l’ancienne capitale impériale. Une élimination aussi prématurée ferait tâche pour un club qui atteint au minimum les huitièmes de finale de la compétition européenne dans laquelle il est engagé depuis 2011. Seule lueur d’espoir dans cette triste soirée bruxelloise : le retour du capitaine Danny, entré en jeu à la 71ème minute. L’international portugais disputait là son premier match de la saison dix mois après une rupture des ligaments croisés du genou qui l’a notamment privé de l’Euro 2016, une compétition que sa sélection a remporté. Renforcé par son joueur d’expérience, le Zenit trouvera peut-être les ressources nécessaires pour renverser la situation
Ligue Europa 2016/2017 – Seizièmes de finale aller
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Damien F

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