Ligue Europa 2016/2017 – Huitièmes de finale retour

Pierre Vuillemot
Pierre Vuillemot - Publié le 18 mars 2017

Besiktas 4 – 1 Olympiakos (5 – 2)

À force d’être à la limite, l’Olympiakos a fini par sombrer. Et assez lourdement, qui plus est. Accrochés en Grèce (1-1), ils se devaient d’aller chercher un résultat dans la Vodafone Arena de Besiktas et son public ultra chaud, qui n’a pas manqué de donner de la voix. Le début de match venait confirmer toutes les craintes possibles : Aboubakar (10’) de la tête puis Babel (22’), sur une faute de main de Leali, venaient sanctionner une première demi-heure à la limite de la faute professionnelle côté Olympiakos. Et puis, sur un centre de Cissokho, Elyounoussi tentait le ciseau. Sa frappe, légèrement contrée par un défenseur adverse, trompait Fabricio (31’). 8 minutes plus tard, Aboubakar était expulsé pour un coup de tête sur Retsos. On pouvait alors se dire que le fameux tournant du match venait d’avoir lieu. Il n’en fut rien. Babel (75’) puis Tosun (84’) se chargeaient de corser l’addition, profitant d’un Leali en dessous de tout dans les buts grecs (comme le reste de l’équipe, finalement). 4-1, et l’aventure européenne s’arrête en toute logique à Istanbul. Comme un clin d’oeil de l’histoire.

Anderlecht 1 – 0 APOEL (2 – 0)

Après une victoire en terre chypriote plutôt logique, les Belges d’Anderlecht vont rapidement se montrer en action et entamer leur match comme ils l’avaient fait à Nicosie, en mettant du rythme et de l’intensité. Mené par son trio d’attaque très « footballski » Teodorczyk, Chipciu, Stanciu, Anderlecht met les Chypriotes au supplice dans ce début de match en déclenchant pas moins de 9 frappes dont 5 cadrées…en 20 minutes à peine. Mais ni Teodorczyk sur un face à face remporté par le gardien, ni Stanciu sur une frappe vicieuse, ne parvenaient à ouvrir le score. La fin de première mi-temps s’équilibrait un petit peu, sans pour autant que l’Apoel se crée une véritable occasion. La deuxième mi-temps repartait sur les mêmes bases, mais il faut attendre la 65e pour que le Ghanéen Franck Acheompong, rentré à peine une minute plus tôt n’ouvre le score, suite à un contre rondement mené. Ainsi confortés les Bruxellois pouvaient jouer plus libérés, au contraire des Chypriotes qui augmentaient leur pressing, mais multipliaient également les fautes. Finalement les partenaires de Cedric Yambéré finissent le match sans pouvoir marquer ce petit but qui aurait pu relancer un peu le suspens de cette fin de match, pire ils ne cadreront que deux frappes. Les Belges peuvent exulter avec cette qualification logique en quart de finale, la première pour eux dans une compétition européenne depuis 20 ans.

Manchester United 1 – 0 Rostov (2 – 1)

Le FK Rostov commence à s’habituer aux grandes soirées européennes et l’avantage avec Rostov, c’est qu’ils y mettent tout leur cœur ! Jamais cette année on a pu être déçu d’un match de Rostov que ce soit en Ligue des champions ou en Europa League !

La marche était haute en tombant sur Manchester United en 1/8e de finale, mais cette équipe ne s’est jamais démontée et a cru en ses chances dès le début. Pour preuve le match aller où les hommes de Daniliants ont prouvé leur vaillance et leur force de réaction.

J’imagine que pour l’ensemble des joueurs, jouer à Old Trafford est un rêve de gamin ! L’intérêt dans ce type de rencontre, c’est d’évacuer au plus vite cette pression environnante. On s’attendait à voir Rostov souffrir au début du match et bien on n’a pas été déçus ! Jouant en 3-4-3, les Reds ont fait très mal au club russe durant toute la première mi-temps ! Placé en 5-3-2, Rostov a fait le dos rond durant 45 minutes. Les occasions se sont enchainées côté mancunien afin de faire la différence dès le début du match. Intensité dans le jeu, récupération haute du ballon et attaque rapide pour prendre de vitesse une charnière Mevlja-Cesar Navas-Kudriashov plutôt lente, tout y était pour que Rostov prenne le bouillon rapidement. Les Mancuniens ont touché deux fois les montants, notamment à la 34e sur une frappe sur-puissante d’Ibrahimovic, mais se sont montrés plutôt maladroits dans certaines situations, notamment ce un contre un de Mkhitaryan à la 30e minute.

On ne peut pas passer à côté de la très belle prestation de Medvedev, remplaçant de Dzhanaev, qui a effectué des arrêts importants (4e, 45e) ou des sorties décisives. Sans lui, l’addition aurait pu être salée dès la mi-temps. Rostov a su tenir bon, héroïque jusqu’au bout. Il fallait laisser passer la fureur mancunienne de la première période pour espérer une réaction en deuxième.

Au retour des vestiaires, Rostov a enfin sorti le bout de son nez et s’est montré plus entreprenant, profitant aussi de la baisse physique des Mancuniens. Azmoun obligeait Romero à la 53e à effectuer une belle envolée. Les Mancuniens laissaient les Russes monter pour mieux contre-attaquer. Les pertes de balle de Rostov entraînaient des attaques dangereuses et sur l’une d’entre elles, Juan Mata déverrouilla le coffre fort russe à la 70e sur un centre tendu de Mkhitaryan et une superbe inspiration d’Ibrahimovic.

La situation se compliquait légèrement. Mais Rostov, comme durant toute la saison, montra d’énormes ressources mentales. Les Mancuniens plongeaient physiquement au point de voir Mourinho nourrir Rojo en cours de match avec une banane ! Les Russes en profitèrent. À la 77e, sur un centre de Noboa, Poloz, d’une tête croisée, obligea Romero à effectuer une fantastique parade réflexe ! Rostov poussa les Reds jusqu’au bout et à la dernière minute du temps additionnel, Noboa aurait pu faire chavirer toute la Russie sur un coup franc direct de génie ! Mais en face, Romero était hier infranchissable et effectua de nouveau une énorme parade !

Le grand Manchester s’en sort bien et rejoint les ¼ de finale de l’Europa League, plus que jamais dans la peau de favori pour le titre.

Mais comment ne pas louer le magnifique parcours de Rostov cette année ! Si la Russie accroche (et ce n’est pas sûr avec tous les changements liés à la Ligue des Champions) la 6e place au coefficient UEFA, c’est clairement grâce à Poloz, Azmoun, Noboa et toute l’équipe ! Plus que jamais, ils ont prouvé que la force d’une équipe ne réside pas seulement dans son budget ou le salaire des joueurs ! 2 facteurs sont à avancer pour expliquer ce parcours : la préparation tactique minutieuse de Berdyev à chaque match et l’esprit collectif que montre Rostov depuis 2 ans ! À 3 points de la 4e place synonyme d’Europa League, Rostov doit désormais se battre en RPL afin de pouvoir connaître à nouveau les joies de l’Europe. Rien n’est désormais impossible pour eux !

Krasnodar 0 – 2 Celta Vigo (1 – 4)

Malgré une défaite concédée à la dernière minute du match aller en Espagne, le FK Krasnodar accueillait le Celta en ayant marqué à l’extérieur. Il avait remporté une belle victoire à Moscou face au Lokomotiv (2-1) lundi avec un beau retour de Pavel Mamaev. En bref, l’optimisme régnait malgré un calendrier chargé ces dernières semaines et une série de blessures comme il ne cesse d’y en avoir cette saison, dont celle de Smolov, mais aussi celle de Ramires, survenue juste pendant l’échauffement à quelques dizaines de minutes du coup d’envoi.

Et puis la composition des Byki a été dévoilée. Le secteur offensif inspirait le scepticisme de par son inefficacité récente. En ce sens, laisser sur le banc des joueurs comme Mamaev (homme de la victoire contre le Loko) ou Laborde qui auraient pu donner le ton dès le coup d’envoi était sans doute une erreur. De plus, la défense comportait des bizarreries. Martynovich, défenseur central, était incompréhensiblement aligné en arrière droit à la place d’un Kaleshin solide et disponible. Sinitsyn, gardien remplaçant, était préféré à Kritsyuk, certes décevant par rapport aux attentes, mais clairement supérieur et plus sûr que sa doublure. Ces trois erreurs de coaching et les remplacements survenus bien trop tard auront été déterminants dans le résultat final.

Les 33 318 supporters dans le public ont dû souffrir. Il faut dire que Krasnodar avait déjà manqué d’inspiration la semaine dernière, mais cette fois, avec un score à leur désavantage au coup d’envoi, ils n’ont pas fait mieux. Le FKK a semblé impuissant dans toute la première demi-heure de jeu, subissant les assauts imprécis d’un Celta de Vigo pas flamboyant. Ce n’était que dans le dernier quart d’heure de la première mi-temps que Krasnodar commençait à s’approcher des buts adverses. Toutefois, les vraies occasions russes ne survenaient que sur coups de pied arrêtés et les actions construites étaient d’une imprécision à souffrir. C’est simple, tout le secteur offensif a déraillé, car incapable d’enchaîner les passes sans faire de faux geste. Au final, un coup-franc de Pereyra arrêté, un tir de Claesson dévié et une frappe de Petrov contrée par un coéquipier et c’était tout ce qu’il y avait à retenir de la première mi-temps…

L’entrée de Mamaev, qui avait été déterminante contre le Lokomotiv, donnait un peu plus d’allant aux attaques du FKK, mais ses coéquipiers ne suivaient pas. Wanderson n’exploitait pas une passe de lui qui lui était destinée et Gazinski tirait de loin alors que Mamaev s’était démarqué dans la surface. Ce qui devait arriver arriva quand une erreur de placement de Martynovitch permettait au Celta de centrer en retrait. Le premier tir était contré par Petrov et le deuxième fusillait un Sinitsyn qui n’avait pas eu le temps de bouger (0-1, 51′). De nouveau, les Byki se montraient plus offensifs après avoir encaissé, mais étaient minés par une imprécision indigne d’eux. Wanderson gâchait deux  opportunités à bout portant, puis Joaozinho, entré en cours de jeu, se ratait à la réception d’un bon centre de Mamaev avant de tirer sur le gardien après une passe de Granqvist (l’une des rares satisfactions). Comme un double-symbole, une nouvelle action ratée de Wanderson allait être suivie d’un but assassin pour les Espagnols. Alors que Mamaev s’était débattu pour lui donner le ballon, il ratait son entreprise. Sur le contre, Guidetti profitait d’une nouvelle erreur de placement de Martynovich pour trouver Aspas. Sinitsyn sortait trop tôt de ses cages et l’Espagnol n’avait plus qu’à battre le portier d’un lob humiliant (0-2, 80′). On résumera le dernières minutes avec un carton rouge de Kaboré (main dans la tête d’un adversaire), déjà expulsé l’an dernier face au Sparta Prague dans un contexte similaire, et deux occasions ratées de Krasnodar par Granqvist et Wanderson. Quasiment rien à sauver de ce qui peut prétendre au titre de pire performance du FKK depuis que celui-ci est considéré comme un poids lourd du football russe. Une campagne européenne historique où les Byki auront franchi un nouveau palier et contribué à hisser la Russie devant le Portugal au classement UEFA, mais qui se termine sur une déconvenue qu’il sera bien difficile d’oublier.

La rédaction de Footballski


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