Ligue Europa 2016/2017 – 5ème journée

Thomas Ghislain
Thomas Ghislain - Publié le 26 novembre 2016

Tam, tatam ! Les premiers qualifiés ! Et il y a du Footballski dedans ! Pour autant, tout ne fut pas rose pour nos clubs, mais en général on s’est une nouvelle fois régalé ce jeudi soir, contrairement aux deux précédentes soirées de la semaine. Retour sur la 5e journée de notre belle Ligue Europa !

Groupe A : Clap de fin pour le Zorya

  • Fenerbahçe 2-0 Zorya Lugansk
  • Manchester United 4-0 Feyenoord

Il fallait un exploit de taille, voir même un miracle, pour que le Zorya passe cette phase de groupe. Celui-ci n’aura pas lieu pour le petit poucet de la compétition. En déplacement à Istanbul pour y affronter Fenerbahçe, le Zorya devait impérativement l’emporter pour garder une infime chance de qualification. Les Ukrainiens ont réussi à faire jeu égal avec les Turcs pendant 59 minutes, instant où Stoch ouvre le score pour les locaux. Dans la foulée, Kjaer inscrira un second but et scellera le sort du Zorya. Rageant quand on regarde les statistiques, 12 tirs et 0 cadré pour le club de Lugansk. Des regrets mais des prestations encourageantes pour le Zorya qui recevra le Manchester United de Zlatan Ibrahimovic pour l’honneur.

Les Mancuniens de leur côté ont fait le job en disposant du Feyenoord 4-0. Ils auront besoin d’un petit point en Ukraine pour se qualifier.

Groupe B : L’Olympiakos assure, Astana déprime

  • Olympiakos 1-1 BSC Young Boys
  • Astana 2-1 Apoel Nicosie

Cruelle soirée pour le futur FK Astana, bientôt FK Nazarbayev (le président veut renommer la ville de son nom) qui avait fait le job en gagnant 2-1 contre APOEL. Mais l’Olympiakos a ramené un point contre Young Boys, sonnant le glas des espoirs d’Astana d’aller plus loin. Récit d’une triste soirée.

Astana pensait faire parler du Kazakhstan autrement que par ses températures avoisinant -35°. C’est raté. Contre le cours du jeu, APOEL, large premier de la poule, ouvrait le score sur une superbe demi-volée en coin finissant en lucarne. Les Kazakhs se ruaient encore plus à l’attaque et après une grossière perte de balle, Akiz découpe Kabananga qui filait seul au but. Rouge on ne peut plus mérité. Une deuxième grossière perte de balle à un endroit où il est déconseillé de la perdre laissait une grosse opportunité à Shomko, qui préférait l’envoyer au dessus. C’est finalement sur la troisième grossière perte de balle (les chypriotes ne se sont vraiment pas habitués au froid), du gardien cette fois, qu’Astana ouvrait le score. Ce qui aidait les locaux à prendre confiance en eux comme en témoignent les multiples occasions qu’ils se procurent. Sur une énième occasion terminée sur le poteau, le bel homme aux traits si fin, si kazakhs, Tanat Nuserbaev suivait pour marquer le but de la victoire.

Mais quelques heures plus tard, à 2:05 heure kazakhe, l’Olympiakos et les Young Boys s’affrontaient dans un stade pas plein mais tout de même bien garni. La première banderille est signée Guillaume Hoarau. Et elle est quasiment la seule d’une terne première mi-temps. La seconde débutait fort, avec un face à face manqué par les Grecs (45’) puis un coup-franc pleine lucarne (47’). Deux minutes encore plus tard, Olympiakos manquait l’occasion de faire le break sur une frappe à ras de terre. Quelques minutes après, Hoarau, au départ de l’action, était à la finition grâce à un beau geste de buteur. Un but insuffisant puisque l’Olympiakos avait gagné 1-0 à l’aller. C’est tout de même logiquement que les joueurs du Pirée valident leur qualification. Suisses et Kazakhs, eux, s’affronteront pour un match qui ne comptera pas le 8 décembre prochain.

Groupe C : Qäbälä peut avoir des regrets

  • Saint-Etienne 0-0 Mainz
  • Qäbälä 1-3 Anderlecht

En analysant sa campagne européenne, les dirigeants de Qabala pourront se dire qu’ils auront jamais vraiment été très loin de glaner un point. Contre Anderlecht, encore une fois, ils se sont montrés vaillants et entreprenants. A l’ouverture du score de Tielemans d’une belle frappe du gauche enroulée, c’est Ricardinho qui répondait sur penalty pour entretenir l’espoir. Et alors qu’ils avaient pensé inscrit un deuxième but, de nouveau sur penalty, l’arbitre invalidait le but. Ricardinho retentait sa chance… et tirait à côté. En toute fin de rencontre, Anderlecht faisait la différence par l’intermédiaire de Bruno, puis grâce à l’incontournable Teodorczyk pour s’assurer les trois points (1-3).

Dans l’autre match de ce groupe, il fallait absolument gagner pour Mayence afin d’espérer se qualifier. Après une première mi-temps globalement contrôlée par les Stéphanois de Christophe Galtier, les Allemands appuyaient sur l’accélérateur. A de nombreuses reprises, Stéphane Ruffier sauvait les siens et préservait un match nul 0-0 qui fait leurs affaires. Les Verts sont donc qualifiés pour la deuxième année consécutive pour les 1/16èmes de finale avant l’ultime rencontre qu’ils disputeront dans deux semaines à Bruxelles face à Anderlecht pour tenter de finir premiers.

Groupe D : Le Zenit, tranquille

  • Zenit Saint-Petersbourg 2-0 Maccabi Tel-Aviv
  • Dundalk 0-1 AZ Alkmaar

Match sans enjeu puisque le Zenit est déjà qualifié et forcément premier de son groupe. Pour le Maccabi, l’enjeu est de taille puisque les 3 autres équipes du groupe sont toujours en course pour la deuxième place.

C’est d’ailleurs l’impression que l’on retrouve durant le match. Le Zenit ne semble pas pressé. C’est donc le Maccabi qui essaye de mettre du rythme à ce match. Le club de Tel Aviv tente de développer un jeu fait de passes en profondeur. En face, les Saint-Pétersbourgeois jouent en contre attaques rapides grâce à cette faculté technique de pouvoir sortir proprement le ballon.
Mais au final, il n’y a pas d’occasions franches, les deux équipes ne parvenant pas à faire le dernier geste qu’il faut.  Alors qu’on se dirige vers la mi-temps (43e), Mak est lancé côté gauche et adresse un centre parfait à ras terre pour Kokorin qui jaillit au deuxième poteau. Le Zenit prend l’avantage à la mi-temps sur leur première occasion.

La 2ème mi-temps voit le Maccabi tenter de revenir. Mais malgré un jeu intéressant, le club israélien ne parvient à concrétiser ni sur coup de pied arrêté ni dans le jeu. Le Zenit contrôle tranquillement les débats et à la 90e minute, Kerzhakov finit le travail en envoyant dans les filets un coup franc en force. Deux buts en fin de période, comme si le Zenit assommait sa victime. Le club russe a de toute façon assommé son groupe d’Europa League à domicile comme à l’extérieur. Le dernier match à Alkmaar face à l’AZ sera anodin et on attend une opposition plus compliquée pour juger ce Zenit en 2017. Impatient.

Groupe E : Douche froide à Rome, l’Astra se place

  • Roma 4-1 Viktoria Plzen
  • Austria Vienne 1-2 Astra Giurgiu

C’était le choc de ce groupe, le match pour la deuxième place, et, de surcroît, une rencontre 100% Footballski, l’Austria Wien recevait l’Astra Giurgiu dans son antre. Si ce sont les locaux qui ouvrent durant l’entame de la seconde période, le match tourne finalement rapidement au vinaigre pour les Viennois. Quelques minutes après ce premier but signé Rotpuller, l’Austria se retrouve à dix sur le terrain suite à l’expulsion de Grüwald, puis c’est Florea qui se décide à scorer pour l’Astra et ainsi remettre les deux équipes à égalité.Et puis, quand Alibec ne marque pas, l’Astra peut toujours compter sur Budescu, qui, après une faute dans le surface, marque le but victorieux sur penalty. L’Astra se place à la seconde place et distance ainsi son adversaire du soir. De son côté, le Viktoria Plzen n’a rien pu faire face à l’AS Roma, bien trop forte. Une lourde défaite 4-1 qui vient clore une campagne européenne bien compliquée pour le club tchèque.

Groupe F : Le bras de fer gagné par Genk et Bilbao

  • KRC Genk 1-0 Rapid Vienne
  • Athletic Club 3-2 Sassuolo

Jusqu’à cette avant dernière journée, les positions au sein de ce groupe restaient totalement incertaines. Au coup d’envoi des rencontres, Genk et Bilbao dominaient le groupe avec 6 points chacun mais leurs deux concurrents étaient tout proches avec 5 points pour Vienne et Sassuolo et des différences de buts similaires. Les deux matchs démarraient tambour battant. C’est d’abord Sassuolo qui ouvre le score au Pays Basque grâce à Balenziaga, le défenseur malheureux sur une frappe flottante de Ragusa inscrivant un but contre son camp. Quelques minutes après, Raul Garcia sur corner remet les Rouge et Blanc dans le sens de la marche. Dans la foulée, sur le terrain de Genk, c’est Leon Bailey le suprenant attaquant jamaïcain qui ouvre le score pour les Limbourgeois.  La suite de la soirée est beaucoup plus tranquille malgré les deux autres buts inscrits par l’Athlétic Bilbao, par l’intermédiaire de Aduriz de nouveau sur corner et Lekue en fin de partie. Les Italiens réduiront bien la marque par Ragusa sur une nouvelle erreur de la défense basque mais l’essentiel est assuré pour l’Athlétic au terme d’une rencontre loin d’être inoubliable.

Pour leur première campagne européenne, les Italiens auront manqué de ce petit brin d’expérience qui fait basculer les matchs décisifs mais pourront rentrer en Emilie-Romagne déjà prêts pour de nouvelles épopées.

Et à Genk pendant ce temps-là ? Pas grand chose non plus, un duel un peu plus équilibré entre Autrichiens et Limbourgeois mais aucun nouveau but malgré de grosses occasions dans la zone de vérité. A noter parmi les joueurs Footballski la rentrée pour Vienne de Giorgi Kvilitaia qui gagne progressivement du temps de jeu et s’illustre deux minutes après son entrée par une énorme semelle sur le gardien belge sorti de ses cages.

Avec ces deux victoires, Genk et Bilbao s’échappent en tête du groupe et se qualifient d’ores et déjà pour les 16èmes. Les matchs de la dernière journée auront quand même une importance puisqu’en cas d’égalité de points c’est Genk qui obtiendrait la première place du groupe, fort de ses 3 buts marqués il y a 3 semaines à San Mames et malgré le quintuplé de Aduriz.

Groupe G : Le Pana dans la panade

  • Ajax 2-0 Panathinaikos
  • Celta Vigo 1-1 Standard Liège

La soupe à la grimace pour le Pana, qui concède sa quatrième défaite en cinq matchs et confirme donc son élimination de la compétition. Ils sont passés complètement à côté de leur campagne, peut-être dans le but de ne pas se disperser et jouer le titre à fond. Mais avec sept points de retard déjà sur son rival du Pirée, ça semble compliqué. L’Europe n’a pas été synonyme d’exutoire pour les hommes de Stramaccioni, tombés il est vrai dans un groupe des plus compliqués. A Amsterdam, l’Ajax n’a eu qu’à gérer sa supériorité et attendre de la concrétiser. Par Lasse Schöne tout d’abord, sur un coup franc tiré en cloche qui a surpris Luke Steele juste avant la mi-temps, alors que Tete inscrivait lui son premier but européen au retour des vestiaires. 2-0, la messe est dite, et l’Ajax de se qualifier officiellement pour le tour suivant.

Dans l’autre rencontre, le Standard a arraché un point à Vigo face au Celta (1-1) et les deux équipes sont au coude à coude pour décrocher le second ticket, à égalité de points. Le Standard recevra l’Ajax tandis que le Panathinaikos aura un rôle d’arbitre, lors d’un match pour l’honneur, avec la réception du Celta Vigo dans deux semaines.

Groupe H : Le Shakhtar intestable

  • La Gantoise 2-2 Braga
  • Shakthar Donetsk 4-0 Konyaspor

Malgré l’absence d’enjeu, la série victorieuse continue. Le Shakhtar Donetsk va vivre une fin d’année 2016 très tranquille. Solide leader du championnat d’Ukraine, le Shakhtar est également assuré de participer aux seizièmes de finale de la Ligue Europa en étant en plus sûr de terminer en tête de son groupe. Le match comptant pour la cinquième journée des phases de groupes de la compétition face à Konyaspor était donc sans enjeu. C’était l’occasion pour Paulo Fonseca de faire tourner en offrant du temps de jeu aux habituels remplaçants : ainsi, Mykyta Shevchenko débutait dans les buts, le jeune Mykola Matvienko était titulaire au poste d’arrière gauche, Maksym Malyshev était aligné au milieu de terrain tandis qu’en attaque Dentinho était au soutien d’Andriy Boryachuk. Malgré ces remaniements, le Shakhtar Donetsk assumait son rang de favori et se montrait dominateur. Il ne lui fallut qu’une dizaine de minutes pour concrétiser sa supériorité, le temps pour Srna de décaler Bernard donc le centre rebondissait sur le malheureux Abdülkerim Bardakcı, buteur contre son camp. Cette erreur symbolisait la fébrilité de la défense turque, souvent dépassée par les offensives ukrainiennes. Celles-ci n’étaient toutefois pas concrétisées, notamment par l’intermédiaire d’un Boryachuk plutôt maladroit. Heureusement, le Shakhtar Donetsk n’aura pas à le regretter puisqu’il doublera la mise à la 35ème minute. Les Ukrainiens profitaient d’une mauvaise relance de la défense de Konyaspor pour récupérer le ballon dans leur moitié de terrain, via Bernard. Ce dernier initiait une action 100 % brésilienne puisqu’il lançait Taison qui délivrait la passe parfaite pour Dentinho qui, sans contrôle, parvenait à doubler la mise d’une jolie frappe qui ne laissait aucune chance à Serkan Kırıntılı, le gardien du club turc. 2-0, c’était le score à la pause, un score qui ne reflétait que peu l’emprise de l’actuel leader du championnat d’Ukraine sur la rencontre.

Plus en gestion en seconde période, le Shakhtar Donetsk attendait la dernière demi-heure pour placer un ultime coup d’accélérateur. À la 66ème minute, c’était aux Croates du club de se distinguer : Darijo Srna, sur coup franc, déposait le ballon sur la tête d’Eduardo pour le 3-0. Le buteur n’avait fait son entrée que deux minutes auparavant en lieu et place de Taison. Le quatrième et dernier but arrivera moins de dix minutes plus tard : lancé dans la profondeur par Boryachuk, Bernard se présentait face au gardien qu’il battait d’un superbe piqué (74′). Il s’agissait d’une belle récompense pour l’ailier international brésilien, à l’origine des deux premiers buts. Ce dernier semble enfin montrer la pleine mesure de son talent après trois saisons difficiles sous les ordres de Mircea Lucescu. 4-0, ce sera le score final à l’Arena Lviv. Konyaspor n’aura pas existé face à un Shakhtar Donetsk au top de sa forme. Les Ukrainiens comptent cinq victoires en autant de matchs et ils disposent, avec 17 buts inscrits, de la meilleure attaque de la compétition. Le club du Donbass va maintenant tenter de réaliser le sans-faute à l’occasion de son déplacement à Braga dans deux semaines. Il sera ensuite temps pour lui de voir plus loin avec les seizièmes de finale. Le Shakhtar Donetsk tentera de briller dans cette Ligue Europa 2016/2017 non seulement pour lui-même mais également pour toute l’Ukraine dont il sera l’unique représentant en début d’année prochaine après les éliminations successives du Dynamo Kiev et du Zorya Luhansk.

Dans l’autre rencontre du groupe, La Gantoise et le SC Braga ont fait match nul (2-2). Les Portugais restent ainsi deuxièmes avec un point d’avance sur leur adversaire du jour et ils assureront leur qualification pour les seizièmes de finale en cas de victoire sur le Shakhtar Donetsk. À noter que Konyaspor est éliminé.

Groupe I : Krasnodar qualifié, Salzburg mal payé

  • Krasnodar 1-1 RB Salzburg
  • Schalke 04 2-0 OGC Nice

Duel de taureaux dans la nouvelle enceinte de Krasnodar entre d’un côté, des Russes verts vainqueurs de leur deux premiers matchs avant de gâcher beaucoup et de perdre avec regrets deux fois contre Schalke, et de l’autre côté, des Autrichiens rouges perdants de leurs trois premières rencontres avant de s’imposer à Nice par un doublé du jeune Sud-Coréen Hwang Hee-chan. Remporter plus de points que Nice garantissait la qualification aux Byki alors que Die Roten Bullen étaient dans l’obligation de s’imposer en Russie.

Favori du match, le FK Krasnodar, qui avait retrouvé Smolov le week-end dernier, commençait avec cinq premières minutes de domination intense avant de reculer très dangereusement pour, au final, réaliser sa pire première mi-temps de la saison. Pour ceux qui se rappellent de l’analyse en vidéo de Mourad sur le match Ukraine – Irlande du Nord de l’Euro 2016 (insistance inutile des Ukrainiens sur les couloirs alors que les faiblesses nord-irlandaises étaient dans l’axe), Krasnodar a commis la même crétinerie tactique dans l’autre sens, à savoir insister dans l’axe pour trouver Smolov et ne pas exploiter les couloirs où il apparaissait vite évident qu’ils constituaient les points faibles de cette équipe de Salzbourg ! Résultat, pendant toute la première mi-temps, le FKK enchaînait les passes en profondeur ratées et ne trouvait quasiment jamais Smolov sans que celui-ci soit obligé de redescendre, permettant à son adversaire de lancer des contres d’une dangerosité sans nom ! Les rares occasions des Russes de cette première mi-temps venaient même des couloirs. Ironique tout ça. Salzbourg, privé de Soriano et de plusieurs autres éléments, profitait de cette défaillance tactique complète des Russes pour prendre possession du ballon et amener un danger constant dans les buts de Kritsyuk, celui-ci commettant même une énorme bourde tout comme le capitaine Granqvist que les Autrichiens n’exploitaient pas ! Jouant sa survie, Salzbourg ouvrait le score par l’intermédiaire du jeune Israélien Dabbur à la trente-septième minute, un but marqué de la tête qui survenait le plus logiquement du monde. On en est même surpris que les Taureaux visiteurs n’en aient pas inscrit plus tellement ils avaient sur-dominé un Krasnodar qui fonçait droit dans le mur ! Le jeune prometteur Eboué au milieu de terrain était débordé, Kaboré n’existait pas, Akhmedov n’était pas à sa place (le choix de l’aligner en latéral, un poste qui n’est pas le sien, nous dépasse…), Joaozinho avait peu d’impact dans le jeu, la charnière centrale n’arrivait plus à s’aligner et ne savait plus dégager des ballons, Kaleshin était en difficulté, Pereyra insistait inutilement dans l’axe (on aurait presque dit que Krasnodar avait pris quatre cartons rouges et jouait son match à sept !). Torbinski, remis de blessure, était le seul à jouer convenablement, empêchant Salzbourg de se procurer davantage d’actions dangereuses par ses interventions intelligentes !

Parce qu’en face, tout le secteur offensif répondait présent, remportait des duels. Dabbur et Gulbrandsen faisaient trembler les Byki, Berisha et Lazaro construisaient et apportaient le danger, Radosevic et Samassekou restaient en soutien. En défense également, Paulo Miranda et Upamecano ne laissaient rien passer au centre ! On sentait en revanche Ulmer et Wisdom moins sereins sur leurs quelques interventions (mais comme Krasnodar n’avait pas repéré que les faiblesses étaient là…). Néanmoins, Salzbourg rentrait au vestiaire avec cet avantage généreux acquis après une prestation très solide et particulièrement enthousiasmante qui s’aligne dans la continuité de la superbe rencontre à Nice. Krasnodar était méconnaissable, stratégiquement à côté de la plaque et rentrait sous les sifflets intenses du public (on avait parlé statistiques lors de la journée précédente avec 14 tirs pour les Byki contre 4 pour Schalke, alors parlons de celles de ce match : 14 tirs pour le Red Bull contre seulement 4, eh oui !).

Mais là où l’Ukraine de l’Euro 2016 avait persévéré dans l’erreur contre l’Irlande du Nord (avec le résultat-choc que l’on sait), Krasnodar tentait des changements au retour alors que Salzbourg restait en formation offensive. Tout d’abord, Shalimov invoquait successivement Gazinski à la place d’un Eboué très en difficulté et inexistant (voire même pénalisant) et Laborde sur le couloir droit à la place d’un Pereyra entêté avec la zone centrale. Les Byki avaient identifié la faille et se mettaient alors à déborder sur les couloirs pour centrer, ces configurations ayant été les meilleures actions de Krasnodar dans ce match. Mais cette réaction restait discrète et c’était bien Salzbourg qui continuait de dominer sur tous les plans sauf la possession. Pourtant, par un incroyable coup du sort (qui avait défavorisé les Russes lors des deux journées précédentes), c’est sur une action invraisemblablement chanceuse que les Byki égalisaient par leur star Smolov. Kaleshin débordait sur son couloir (que disions-nous ?) et son centre lobait le gardien Walke pour frapper le coin du cadre et rebondir sur Smolov qui marquait involontairement. Les Autrichiens lançaient toutes leurs dernières forces  dans les dernières minutes mais manquaient de réalisme. Krasnodar passait très près de réaliser un hold-up encore plus gros par un lob et une autre attaque en provenance du couloir. La fin du match était sifflée sur ce score de parité injuste pour Salzbourg, miraculeux pour Krasnodar qui validait mathématiquement mais sans panache (à tel point que Galitsky déposera un message d’excuse aux supporters pour la qualité affreuse du jeu développé par les Russes), sa qualification pour la deuxième année consécutive.

Car dans l’autre rencontre, Nice a été vaincue à Schalke, non sans avoir déployé beaucoup d’efforts malgré de nombreux absents. Le tournant du match a eu lieu peu avant la quinzaine de minutes quand Anastasios Donis voyait sa frappe enroulée heurter la transversale pour voir quelques minutes plus tard Yoan Cardinale commettre la bourde de relâcher le ballon devant notre idole Footballski, Yevhen Konoplyanka qui ouvrait le score pour le club allemand. Schalke doublait son avance à dix minutes de la fin sur penalty de Dennis Aogo et envoyait définitivement le leader de la Ligue 1 hors de la scène européenne pour cette année. Les matchs de ce groupe pour la dernière journée seront sans enjeux.

Groupe J : Rien n’est joué, mais Qarabag s’est loupé

  • Fiorentina 2-3 PAOK
  • Slovan Liberec 3-0 Qarabag

Après sa superbe perf’ en Grèce, le Qarabag pouvait presque poinçonner son ticket pour le tour suivant avec un bon résultat en République Tchèque. Mais il n’en a rien été. Dès la 11e minute, une tête au premier poteau de Vuchs refroidissait les Azerbaïdjanais, sur un mouvement qui a complètement mis à mal le côté droit de leur défense. C’est ensuite un éternel espoir russe qui vient éteindre les espoirs de Qarabag: Nikolaï Komlichenko, d’un pénalty tout d’abord, puis d’un plat du pied à un mètre du gardien cinq minutes plus tard, qui permet au Slovan de mener 3-0 à l’heure de jeu.

Une performance malencontreuse puisqu’à Florence, le PAOK a réalisé l’exploit. Celui de mener 1-2 à la mi-temps tout d’abord, grâce aux réalisations de Shakhov, sur un tir mal repoussé par le portier de la Viola, et Campos à la conclusion d’un superbe mouvement, auxquelles a répondu Bernardeschi. Puis, malgré l’égalisation de l’inarrêtable Boubacar, son quatrième but déjà dans la compétition. Mais alors qu’il reste quelques dizaines de secondes à jouer, nous sommes à la 92e minute, Gary Mendes Rodrigues décide de faire le show et d’inscrire l’un des buts de cette soirée de Ligue Europa. Percée sur le flanc gauche, rentrée dans la surface, effacement de deux joueurs et frappe pure du droit : le gardien bouge à peine, car le but est magnifique. Une victoire au forceps mais ô combien méritée pour le PAOK.

Tout reste mathématiquement possible dans ce groupe, mais la Fiorentina reste leader avec 10 points, et doit se déplacer en Azerbaïdjan chez son dauphin, le Qarabag qui compte 7 points. Le PAOK, 7 points également, reçoit quant à lui le Slovan qui avec cette première victoire compte 4 points. Une dernière journée à suivre sans aucun doute et on croise les doigts pour une performance haut de gamme du Qarabag, qui doit gagner pour passer. Il faut mériter la qualification de toute façon.

Groupe K : Le Sparta à la fête

  • Hapoel Beer Sheva 3-2 Inter
  • Sparta Prague 1-0 Southampton

Quatre matchs, quatre victoires, autant le dire tout de suite, ce Sparta Praha version David Holoubek est pour le moins séduisant, en plus d’être efficace. Pas trop mal pour un entraineur intérimaire. Le nouveau club à chuter face aux Tchèques se trouve être le club de Claude Puel, à savoir Southampton. Un match pour la première place qui s‘annonçait alors comme un choc. Ainsi, tout commence à la dixième minute, quand, sur un coup franc parfaitement tiré au cœur de la défense anglaise, Costa Nhamoinesu reprend parfaitement et trompe Forster à bout portant. Le ton est donné, le Sparta est lancé.

Bien loin du match aller, qui s’était soldé par une déroute trois buts à zéro, le Sparta tient parfaitement son match, se montre réaliste et ne laisse que très peu d’occasions à Southampton. Si ces derniers tiennent le ballon, c’est bien le club tchèque qui s’impose par la plus petite des marches. Une victoire importante qui les place en tête du classement de ce groupe, devant Southampton et l’Hapoel Beer Sheva, tout deux seconds avec sept points, tandis que l’Inter, lui, est bon dernier.

Groupe L : Miraculeux Steaua!

  • Steaua Bucarest 2-1  Osmanlispor
  • FC Zurich 1-1 Villarreal

Avec trois petits points et aucune victoire en quatre matchs, le Steaua était au pied du mur au coup d’envoi de cette cinquième journée. Face à son ancien buteur Raul Rusescu, le club bucarestois, peu fringant en championnat ces derniers temps, estloin d’être favori. Impression confirmée lors de la première période. Apathique, peu inspiré, le Steaua est dominé dans tous les compartiments du jeu par Osmanlispor. Les Turcs se procurent plusieurs bonnes occasions de but, mais ne marquent qu’à la demi-heure de jeu par Badou Ndiaye. Avec un seul but de retard à la mi-temps, le Steaua semble s’en sortir plutôt bien, mais abandonne tout espoir de qualification.

La situation se renverse totalement en seconde période. Avec des changements inspirés, Reghecampf voit son équipe prendre le dessus et jouer – enfin! – au football. Avec un atout majeur: les coup-francs de Rick Boldrin. A l’heure de jeu, ce dernier voit son ballon repoussé par le premier poteau, mais Momcilovic suit bien et le met au fond des filets. L’égalisation coupe les jambes des Turcs. Repliés dans leur camp, ces derniers subissent les assauts, parfois brouillons, des Roumains et ne doivent leur salut qu’à l’excellente prestation de leur gardien lituanien Zydrunas Karcemarskas. A se demander d’ailleurs comment celui-ci n’est plus sélectionné depuis des années. Il ne peut néanmoins rien sur le but de Gabi Tamaș. Sur un nouveau coup-franc de Boldrin, le défenseur s’élève et reprend victorieusement de la tête le ballon au premier poteau. Le gardien ne peut rien faire sur cette action et le Steaua réalise un bel exploit.

Rien n’est donc joué dans ce groupe. D’autant plus qu’avec l’égalisation du FC Zurich à la dernière minute de l’autre match de la soirée, trois des quatre équipes sont à égalité de points! Le plus reste cependant à faire. Pour se qualifier, le Steaua doit l’emporter à Villareal. Difficile, très difficile, mais pas impossible. En attendant, l’Astra et le Steaua se sont tous deux imposés après avoir été menés. Il y a bien longtemps que le football roumain n’avait pas connu si belle soirée!

La rédaction de Footballski


Image à la une: © qol.az

Ligue Europa 2016/2017 – 5ème journée
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La Syldavie gagnera la Coupe du Monde 2018. Folie sur la PMAN.

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