Ligue Europa 2015/2016 – Seizièmes de finale retour

Thomas Ghislain
Thomas Ghislain - Publié le 26 février 2016

Pour finir le mois de février en trombe, voilà donc les matchs retour de notre bonne vieille Ligue Europa, bien plus alléchante que sa grande soeur aux énormes oreilles. On connaît donc les 16 qualifiés qui vont s’affronter en mars pour des places en quarts de finale. Et parmi eux, deux clubs Footballski.

Lokomotiv Moscou 1-1 Fenerbahçe (agg.: 1-3)

Après avoir été défaits 2-0 à l’aller, les Moscovites se devaient de réagir pour espérer passer en 8e, ou au moins grappiller quelques points à l’indice UEFA. Pour ce faire, Cherevchenko a apporté quelques modifications importantes à son onze de départ. En défense, Pejčinović remplace Yanbaev sur le côté droit, histoire de bloquer les offensives de Volkan Şen, tandis que Ćorluka effectue son grand retour après avoir purgé ses quatre matchs de suspension. En attaque, place à l’innovation : il n’y a pas d’avant-centre dans le onze de départ et Miranchuk est replacé en faux neuf. Une combinaison inédite mais finalement peu étonnante, quand on se souvient des difficultés de Škuletić au match aller.

L’effectif turc, lui, n’a pas connu beaucoup de changements depuis mardi dernier, si ce n’est le retour de Kaldirin sur le côté gauche de la défense à la place de Caner Erkin. Logiquement, les Canaris entament le match avec des lignes assez basses, espérant ainsi capitaliser sur leur avantage de deux buts et empêcher les contres du Loko. Une tactique qui fonctionne assez bien au départ : le début du match est très pauvre en occasions de but, jusqu’à ce que le gardien brésilien Fernando manque complètement sa relance, qui atterrit plein axe dans les pieds de Manuel Fernandes. Le Portugais transmet immédiatement à Kasaev, qui décale Kolomeytsev à l’angle de la surface. La frappe de l’ancien meneur de l’Amkar est détournée par Fernando dans les pieds de Samedov, qui n’a plus qu’à pousser le ballon au fond des filets (1-0).

La seconde période est à l’image de la première : Fenerbahçe joue mollement et le Lokomotiv tente de placer quelques attaques maladroites. Les ailiers stambouliotes paraissent cependant plus en jambes : Nani et Volkan Şen profitent de la fatigue de Pejčinović pour adresser des centres à Van Persie, qui manque d’égaliser à la 59e d’une tête rageuse. Cherevchenko joue son va-tout en faisant entrer Škuletić et l’espoir russe Rifat Zhemaletdinov. Une audace qui ne paie pas, puisque les Turcs reviennent au score à la 80e minute sur corner, avec une superbe tête croisée et lobée de Topal, laissé seul au premier poteau (1-1).

Ce but tardif signe la fin des espoirs du Lokomotiv en Ligue Europa, qui aurait pu espérer accrocher les prolongations à la 70e si Samedov avait converti son deuxième face-à-face avec Fernando. Sur l’ensemble des deux matchs, Fenerbahçe, supérieur dans tous les domaines du jeu, a bien mérité son ticket pour les 8e. Les Russes, eux, vont devoir se concentrer sur le championnat pour retrouver l’Europe la saison prochaine.

Olympiakos 1-2 Anderlecht (agg.: 1-3)

Un arbitre amateur nord-irlandais passait ses vacances tranquille à Athènes lorsqu’il fut appelé d’urgence par l’UEFA, ce jeudi à 20h30, pour diriger un match de Ligue Europa au vu du forfait de dernière minute du quatuor arbitral initial. Son gyrös était encore chaud lorsqu’il a quitté sa chambre d’hôtel rapidos pour se diriger vers le stade de l’Olympiakos. Manifestement, aucun check-up n’a été réalisé avant le match puisque durant une bonne partie de celui-ci, notre arbitre a été victime d’hallucinations assez spectaculaires en mondovision. En témoignent ses deux grosses fautes de Botia en position de dernier défenseur non-sanctionnée d’un carton rouge qui aurait été logique.

Au final, l’Olympiakos n’a pu concrétiser son avance d’un but à la pause (un pénalty du génial Fortounis, on ne reviendra pas sur l’action qui l’a amené) ni profiter du fait de jouer une prolongation à domicile. Trop imprécis (Ideye, Pulido), les Grecs auront payé ce manque de réalisme sur l’ensemble des deux rencontres. Plusieurs occasions franches de part et d’autre auraient pu faire basculer la qualification dans le camp grec ou belge, mais c’est au final le Messi de Thaïlande, aka Franck Acheampong, qui crucifie Roberto dans un angle impossible, après un jaillissement plein de rage de Steven Defour sur le côté droit. Son deuxième but en contre-attaque sera anecdotique. Anderlecht l’emporte en Grèce et laisse les champions de Grèce pleins de regrets au vu de leur campagne européenne.

Rapid Vienne 0-4 Valencia (agg: 0-10)

10-0 c’est le score sanglant cumulé à l’issue de cette double confrontation avec les Espagnols. Si le 6-0 de l’aller devait normalement réveiller l’orgueil des Verts et blancs, une seconde tragédie s’est jouée au match retour, au Ernst Happel Stadion.

Malgré une première période intéressante (score de 0-0 à la pause) où Prosenik et Murg se sont procuré de belles opportunités, les Viennois ont totalement lâché après. Les hommes de Barisic n’ont rien pu faire face au réalisme du Valence de Gary Neville, avec quatre buts inscrits dans une facilité déconcertante. Moreno, Feghouli, Piatti et Vezo ont achevé la belle aventure européenne des Autrichiens sans aucune pitié. Avec 14 tirs à 6, les joueurs de Valence ont respecté leur adversaire et joué la rencontre à fond, ce qui est tout à leur honneur, en s’affirmant comme un prétendant à la victoire finale dans cette Ligue Europa.

Pour le Rapid, il s’agit désormais de panser ses plaies et de se reconcentrer immédiatement sur le championnat. L’équipe est au coude à coude avec le Red Bull Salzbourg, pour peut-être, remporter leur premier titre depuis 2008. Pas évident avec ce 10-0 dans la tête pour une jeune équipe qui n’a pas fini de grandir…

Krasnodar 0-3 Sparta Prague (agg.: 0-4)

Le Sparta Prague se déplace à Krasnodar pour défendre une précieuse victoire obtenue à l’aller, sur le score de 1-0. Les Russes se devaient de réagir. Mais alors que le Sparta vient de reprendre le championnat, il ne s’agissait que du second match officiel du Krasnodar, auteur d’une première partie de saison prometteuse. En manque de rythme, les Verts se sont écroulé à domicile.

Pourtant, ils avaient bien failli se mettre sur la bonne voie suite à un beau mouvement en triangle entre Ari et Akhmedov, mais l’attaquant brésilien manque de peu le cadre de Bicik. Pereyra sonnera une seconde alerte pour les Tchèques et Mamaev une troisième, mais les joueurs russes manquent le cadre alors que la défense praguoise plie mais ne rompt pas. La preuve à la 27e avec ce retour in extremis de Brabec pour contrer la frappe d’Ari, lancé en profondeur par le génial Akhmetov. Le même Ari qui gagne son duel face à Zahustel une minute plus tard mais s’ensuit une frappe trop décroisée file en sortie de but. La dynamite russe ne prend pas, et les joueurs praguois de repartir aux vestiaires avec le sentiment d’avoir fait la moitié du chemin, tout en ayant pu tuer tout suspense sur une course de Fatai, contrée par la défense russe, et la reprise instantanée de Costa qui passe au-dessus.

La reprise sera fatale aux Russes, puisque le Sparta pliera encore plus mais marquera coup sur coup, d’abord par l’excellent Lukas Marecek puis par Martin Frydek de la tête, pour mener 0-2 à l’heure de jeu. Les Russes pousseront encore, mais ce sont les Rudi qui auront le dernier mot avec ce contre conclu par Kehinde Fatai, à la 70e, aidés il est vrai par la solidité de Bicik dans les cages et le carton rouge stupide de Kaboré.

Cette superbe performance du Sparta Pargue confirme la vivacité du football tchèque puisque le Plzen était arrivé à ce stade de la compétition deux ans d’affilés, en 2013 et 2014.

Schalke 04 0-3 Shakhtar (agg.: 0-3)

Grosse performance du Shakthar à Gelsenkirchen. Après un match nul et vierge à l’aller, on se demandait si les Ukrainiens seraient capables d’aller chercher la qualif’ en Allemagne, eux qui avaient remporté la compétition il y a sept ans. Mais de doutes, il y en aura peu dans cette manche retour: entreprenants et virevoltants, Taison, Stepanenko et Kovalenko vont d’abord inquiéter Fährmann avant que Marlos humilie les Allemands d’une talonnade trop facile à la 26e minute, après un contre rondement mené. Pas de cadeau pour Neustädter et les siens de la part des joueurs de Donetsk.

Schalke va ensuite tenter d’enflammer la rencontre mais ne connaîtra pas la réussite nécessaire pour marquer ces deux buts qualificatifs. 0-1 à la mi-temps. Ensuite, Joel Matip entre en scène. Après une première tentative lors du premier acte, son deuxième tir passe juste à côté du poteau droit de Pyatov, à la 53e. Dix minutes plus tard, sur un ballon anodin, le Camerounais fait une tête à son pied droit permettant au ballon d’atterrir dans la course de Taison. Centre, Facundo Ferreyra pousse au fond, 0-2, la messe est dite.

Enfin, pas tout à fait puisqu’à dix minutes du terme, Taison n’est pas rassasié et sert parfaitement le jeune Kovalenko pour faire le 0-3. Les Allemands étaient de toute façon déjà K.O.

Le Shakhtar poursuit donc l’aventure et empêche aux habitants de la Ruhr un possible derby dans la suite de la compétition. Une bonne nouvelle pour le club ukrainien, qui malgré la perte d’Alex Teixeira vendra cher sa peau lors des prochains tours.

Le tirage au sort des huitièmes de finale:
Lazio – Sparta Prague


Voir aussi : On a vécu Sparta Prague vs. CSKA Moscou


Shakhtar – Anderlecht


Voir aussi : Shakthar Donetsk : une histoire à réécrire


La rédaction de Footballski


Photo à la une : © uefa.com

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La Syldavie gagnera la Coupe du Monde 2018. Folie sur la PMAN.

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