Ligue des champions 2016-2017 : Troisième tour de qualification aller

Pierre Vuillemot
Pierre Vuillemot - Publié le 29 juillet 2016

On continue la route vers Cardiff après le troisième tour préliminaire de la Ligue des Champions, avec notamment l’entrée de Rostov et du Shakhtar du côté de la route des deuxièmes et troisièmes de championnat, et celle de l’Astra Giurgiu et du Viktoria Plzen du côté de la route des champions. À noter qu’il n’y avait qu’un seul match sans représentant Footballski, celui entre Fenerbahçe et Monaco.

Sparta Prague (RTC) 1 – 1 Steaua Bucarest (ROU)

Le Steaua, vice-champion de Roumanie, se déplaçait sur le terrain du Sparta Prague. Si l’équipe roumaine semblait déstabilisée par de nombreux transferts et un manque de préparation évident, le match débutait avec deux équipes au coude-à-coude. Petit à petit, le Sparta se montrait supérieur en enchaînant les phases de jeu dangereuses. Juste avant la mi-temps, cette domination se concrétisait par une tête de Sural sur corner. Par la suite, le Steaua semblait sortir de son match et ne parvenait pas à se porter vers l’avant. Pourtant, la libération viendra du joueur providentiel du Steaua en l’absence d’Hamroun (ayant refusé de jouer pour forcer son transfert) – Stanciu – qui dépose un ballon en pleine lucarne sur coup-franc. Un partout score final. Le Steaua prend une petite option sur la qualification, malgré un match en demie teinte.

Ludogorets Razgrad (BUL) 2 – 2 Crvena Zvezda (SER)

Grof, le surnom de Bozovic, commençait par nous faire une Laurent Blanc : innover et surprendre tout le monde alors que la tension est à son paroxysme. Il décidait de se passer d’Hugo Vieira (sur le banc), Cvetković continuait d’être titulaire sur le flanc droit de la défense et Luković continuait son séjour sur le banc après sa deuxième erreur en deux matchs ce week-end. On se retrouvait donc avec Katai sur le côté et Mouche attaquant, même si les deux joueurs ont beaucoup interverti pendant le match.

La défense vieillissante de Zvezda grinçait à chaque attaque. Qu’Ibañez ne défende que très peu peut passer en championnat, mais en coupe d’Europe c’est beaucoup cela est plus pénalisant. De la même façon, le remplacement de Pektović par Cvetković n’apporte aucune garantie, tant défensive qu’offensive. Bien au contraire, on se retrouve alors avec Phibel et Rendulić qui doivent tout couvrir. Ce qui devait arriver arriva : la défense cédait juste avant la mi-temps avec l’ouverture du score de Cafu pour les Bulgares. Au retour des vestiaires, comme d’habitude, nous avons vu une autre équipe serbe, affamée de ballons, plus sérieuse. Katai, en tant que capitaine, remettait son équipe sur le droit chemin en venant pétrifier le gardien adverse et égaliser. Zvezda continuait à pousser en seconde mi-temps, mais il fallait attendre la 66ème et Kanga pour débloquer la situation et donner l’avantage à Zvezda d’une superbe frappe lointaine. Cette métamorphose en seconde mi-temps devient une habitude, puisque c’est la quatrième fois depuis le début de la saison en autant de matchs que l’équipe nous livre une prestation plus aboutie.  À la 77ème, les locaux jouaient vite un coup-franc et, alors que les joueurs de Zvezda se regardaient, Keseru venait planter le but du 2-2. Score final.

Par contre, la défense belgradoise fait toujours aussi peur. Katai est clairement un ton au-dessus et l’a encore prouvé. Quelle progression au cours des deux dernières années. Que dire aussi du duo de Ludogorets, Marcelinho et Cafu. De la même façon, Srnić était attendu au tournant et n’a pas déçu. Zvezda peut être déçu du résultat au vu de la philosophie du match, cependant un nul et deux buts à l’extérieur placent le club champion d’ Europe 1991 en bonne posture avant le match retour à domicile.

BATE Borisov (BLR) 1 – 0 Dundalk (IRL)

Le travail a été fait pour le BATE Borisov, même si ça a été plus dur que prévu pour marquer un but à des Irlandais tenaces, mais aussi parfois chanceux. Le match a ressemblé à une véritable attaque – défense entre le champion de Biélorussie, vainqueur du SJK au deuxième tour, et le champion d’Irlande, qui a éliminé les Islandais du FH au tour précédant. Le BATE, désormais une valeur sûre à ce niveau de la compétition, a eu plusieurs situations chaudes tout au long, par Rodionov notamment, sans toutefois réussir à battre le vétéran irlandais qui officiait dans les buts de Dundalk, Gary Rogers. Mais la pression étant continuelle et intense, cet importantissime but allait arriver à un moment ou à un autre.

Pas à la 18e minute, où le centre fort de la droite de Zhevnerchik était détourné par un joueur irlandais sur sa propre barre transversale. Pas non plus durant le reste de la première période, malgré les nombreuses opportunités créées par un Igor Stasevich excellent sur le terrain d’une Borisov Arena garnie de plus de 11.000 têtes. Et puis, l’éclair. Le coaching payant d’Aleksandr Ermakovich qui, comme son équipe et ses joueurs, progresse au fil des années. Entré à la place d’un Zhavnerchik averti en première période – où il aurait très bien pu prendre rouge – Aleksandr Hleb, qui jouait là son premier match depuis son nouveau retour, subtilisait un ballon aux 35 mètres adverses et lançait Mikhail Gordeychuk, qui avait remplacé un Mirko Ivanic décevant, pour l’ouverture du score d’une superbe frappe croisée du gauche. Le BATE touchera de nouveau du bois sur tête de Dubra en fin de match. Le principal est fait, il faudra finir le boulot en Irlande pour le match retour qui se jouera à Dublin et non à Dundalk, l’Oriel Park n’étant pas homologué pour des matchs de ce niveau.

Viktoria Plzen (RTC) 0 – 0 Qarabag (AZE)

Retour de la Coupe d’Europe à Plzen avec la venue de Qarabag que l’on avait eu l’occasion de voir au tour précédent lors de son match nul au Luxembourg. À l’image de ce dernier match, les Azéris n’ont pas vraiment montré grand-chose dans ce troisième tour aller de Ligue des Champions, la faute à un Viktoria Plzen bien supérieur mais, surtout, encore trop imprécis. Dominateur dès le début du match, Plzen s’est montré intéressant dans le pressing, s’assurant une récupération haute. Malheureusement, les talents offensifs ont cruellement fait défaut sur ce match aller.

Dès la treizième minute, Daniel Kolar se mettait en évidence avec une première occasion tchèque. Une action loupée et un premier déchet qui en appellera d’autres. Quelques minutes plus tard, toujours sous l’intermédiaire d’un Kolar très actif, le Viktoria Plzen se procurait une grosse occasion qui, elle aussi, ne venait pas changer le tableau d’affichage. Les minutes s’écoulaient, les actions dangereuses s’enchaînaient, mais les hommes de Roman Pivarnik n’y arrivaient décidément pas. Et si Qarabag arrivait à se procurer une action dangereuse lors de la première mi-temps par l’intermédiaire d’un Quintana qui, contrairement à son homonyme, semblait vouloir lancer quelques attaques, on se dit tout de même que le club de Plzen mérite bien mieux que ce match nul 0-0 au vu du jeu proposé. Alors quand Michael Krmenčík frappa le poteau azerbaïdjanais, le constat était acté, le Viktoria Plzen n’y arriverait pas aujourd’hui. Encore plus quand Jan Baranek, le défenseur central du club tchèque, voyait rouge après une succession de deux cartons jaunes. Alors que le club aurait pu se mettre à l’abri dès ce match aller, le Viktoria Plzen devra finalement aller chercher sa qualification au match retour, en Azerbaïdjan. Pas franchement le déplacement le plus évident.

Partizani Tirana (ALB) 0 – 1 Red Bull Salzburg (AUT)

Jamais qualifiés en phase de poules de la C1 sous l’ère Red Bull, les Autrichiens ont rempli la première partie du contrat en s’imposant en Albanie, face à une équipe accrocheuse. Le match a d’ailleurs été pauvre en occasion (seulement 11 tirs) sur une pelouse assez difficile, il faut bien le dire. Salzbourg a su faire le dos rond en s’imposant sur la plus petite des marches grâce à un penalty de Jonathan Soriano (seule frappe cadrée côté Salzbourg).

Le champion en titre de la Bundesliga avait opté pour une tactique assez prudente après la défaite 3-1 assez inquiétante face à Graz en ouverture du championnat. Avec son 4-4-2 bien solide, le RB Salzbourg s’est facilité la tâche face à un adversaire en manque cruel de talent offensif. Le retour ce mercredi devrait être une formalité pour les Autrichiens. Attention tout de même à l’excès de confiance, qui leur a coûté cher par le passé dans cette compétition.

FK Rostov (RUS) 2 – 2 Anderlecht (BEL)

Pour son grand début en Ligue des Champions, Rostov pouvait aligner une équipe sympathique face à Anderlecht. Le banc, lui, est quasiment vide, si on excepte la présence du prodige Azmoun pas complètement prêt. Mais l’apprentissage commençait difficilement pour les hommes de Berdyev qui se faisaient prendre dès la deuxième minute, très bêtement, sur un corner belge. Erreur d’inattention et le but à domicile était déjà encaissé.

C’est sur coup de pied arrêté également que les Russes allaient égaliser. Alors que la bagarre faisait rage dans le mur, le génie Noboa déposait une superbe balle que Roef allait chercher en se détendant : Ezatolahi, l’autre Iranien, avait bien suivi et égalisait. Si le jeune Tielemans redonnait l’avantage aux Bruxellois d’une jolie frappe, Defour allait se faire avoir par l’expérience de l’impeccable capitaine moldave Alexandru Gatcan : Pénalty. C’est Dmitriy Poloz qui le transformait d’un plat du pied au ras du poteau plein de sang-froid pour le plus grand bonheur d’un stade plein à craquer, ce qui faisait plaisir à voir en Russie.

Rostov a prouvé qu’il pouvait gêner Anderlecht en essayant de mettre un peu plus de pression sur une équipe qui semble loin d’être infaillible, mais ils n’ont que trop peu tenté (comme toujours me direz-vous) et cela aurait pu leur coûter plus cher. Espérons que le retour d’Azmoun et le début du championnat leur donnent un peu plus de rythme pour se qualifier la semaine prochaine en terre mauve.

Shakhtar Donetsk (UKR) 2 – 0 Young Boys Berne (SUI)

Pour son premier match européen à la tête du Shakhtar Donetsk, Paulo Fonseca avait une mission à sa portée : battre les Young Boys Berne (« Ybé » pour la télévision suisse) pour prendre une option sur les barrages. Dans l’ensemble, l’entraîneur portugais conserve les contours de l’équipe de Mircea Lucescu avec une variante : un passage en 4-4-2, un système dans lequel Taison se retrouve en pointe aux côtés d’Eduardo, libérant le côté gauche pour Bernard. En défense, comme depuis le début de saison, les titulaires habituels Kucher (sur le banc) et Rakitskiy (en tribunes) ne sont pas là, remplacés par Kryvstov et Ordets. Du côté suisse, on retrouve l’international serbe Miralem Sulejmani ainsi qu’une ancienne connaissance de la Ligue 1 : Guillaume Hoarau. Celui qui était le joueur phare du PSG pré-qatari portait même le brassard de capitaine.

L’entame était plutôt à l’avantage des Suisses et c’est d’ailleurs Gerndt qui mettait le premier Pyatov à contribution (6′). Alerte spoiler : il s’agira du seul tir cadré de la partie pour YB. Le Shakhtar prenait progressivement l’ascendant et allait se procurer des occasions, notamment par Marlos qui voyait son tir repoussé par un défenseur devant sa ligne (21′). Logiquement, l’ouverture du score arrivait peu après : Fred servait Bernard dans la profondeur et ce dernier s’emmenait le ballon juste comme il faut pour éviter la sortie de Mvogo et ouvrir le score (26′). De manière assez logique, le Shakhtar menait à la pause.

Le Shakhtar Donetsk ne se relâchait pas en deuxième période et continuait d’attaquer, provoquant nombre de fautes de la part de la défense suisse. L’agressivité bernoise sera d’ailleurs sanctionnée à la 55ème minute par l’expulsion du défenseur Vilotić pour cumul de cartons. Les Young Boys allaient dès lors s’atteler à bien défendre et à conserver le résultat pour tenter un coup au match retour, mais les occasions ukrainiennes se multipliaient. En l’espace d’une minute, Eduardo perdait son duel avec Mvogo (68′) tandis que Marlos voyait sa tentative de lob toucher le poteau (69′). La récompense arrivait à un quart d’heure du terme avec à nouveau une démonstration de jeu en profondeur de la part du vice champion d’Ukraine : l’ouverture lumineuse de Bernard trouvait Stepanenko en duel avec Mvogo. Le milieu défensif servait en retrait Seleznyov qui n’avait plus qu’à pousser le ballon dans le but vide. L’international ukrainien inscrivait son premier but depuis son retour au Shakhtar quatre minutes seulement après son entrée en jeu. Le Shakhtar se contentait de maîtriser en fin de rencontre pour assurer sa victoire.

Les Ukrainiens sont, avec ce succès 2-0, quasiment qualifiés pour les barrages, une affirmation moins étayée par le score que par la différence de niveau entre les deux équipes constatée durant ce match. Avec un peu de sérieux du côté de la capitale suisse, le Shakhtar Donetsk devrait s’en sortir. À noter l’excellent match de Bernard, impliqué sur les deux buts. L’international brésilien, arrivé en grande pompe à l’été 2013, va peut-être enfin confirmer les espoirs placés en lui après trois saisons passées sur le banc.

Dinamo Zagreb (CRO) 2 – 0 Dinamo Tbilisi (GEO)

Devant 13000 spectateurs, le Dinamico n’a pas accouché d’une souris. Il faudra assurer à Tbilissi, mais les deux buts d’avance obtenus grâce à Soudani et Coric semblent avoir mis les Croates sur orbite. Pourtant, les Géorgiens ne se laissaient pas faire, jouant même mieux qu’au dernier tour. Les trente premières minutes furent d’ailleurs en leur faveur alors que le Dinamo n’arrivait pas à trouver de liaison. La meilleure occasion était pour Čanturašvili, qui butait sur le champion d’Europe Eduardo.

Alors en place, Tbilissi coulait deux fois en trois minutes. Anthony Scribe fut d’abord battu par Soudani, magnifiquement lancé par l’espoir Ante Coric, avant qu’il aille lui-même obliger le gardien français à chercher le ballon au fond des filets. À la base, Soudani, intenable sur son aile qui trouvait Fernandes pour un centre parfait sur Coric, qui pouvait nous gratifier de sa célébration FIFA. En deuxième mi-temps, Tbilissi jouait en laissant plus d’espace, mais personne n’en profitait. 2-0, l’affaire semble déjà bouclée. Il y a donc bien une vie sans Marko Pjaca.

Ajax Amsterdam (P-B) 1 – 1 PAOK Salonique (GRE)

Inespéré. Ainsi pourrait-on résumer ce nul obtenu par le PAOK sur la pelouse de l’Ajax, tant l’équipe hollandaise a semblé au-dessus des Grecs. Mais, contre toute attente, ce sont les coéquipiers de Tzavellas, l’ancien de Monaco, qui ouvraient le score par Djalma, d’un but improbable en angle très fermé après avoir évité la sortie du gardien, à l’image d’un Pauleta face à Barthez. Dès la 27′, le PAOK réussissait l’objectif attendu de marquer ce but à l’extérieur que l’on sait si important. Malgré quelques opportunités, à l’instar d’une tête de Garry Rodrigues, le PAOK n’aura plus vraiment d’occasions. Et la domination de l’Ajax finissait par payer, avec l’égalisation de Dolberg à la 58′, d’une frappe à l’entrée de la surface. Il fallait même un grand Glykos dans les cages pour préserver le score, et offrir au PAOK de réels espoirs pour le retour, à domicile, dans une Toumba qui promet de résonner bien fort.

FC Astana (KAZ) 1 – 1 Celtic Glasgow (ECO)

Malgré une entame de match délicate sur le pré, la partie démarrait bien pour l’équipe kazakh au tableau d’affichage. À la 19e minute de jeu, le défenseur Yuri Logvinenko coupait un corner et donnait l’avantage aux locaux. Les locaux continuaient de pousser et multipliaient les occasions, échouant à chaque fois de doubler la mise de peu. Prenant confiance, Twusami a même tenté un coup du sombrero sur Tierney, mais s’est retrouvé le nez dans le gazon, stoppé net. À la 78e minute, Leigh Griffiths, réduisait le score et apportait un but à l’extérieur qui pourrait bien valoir cher lors du match retour. Dans les dernières minutes, Junior Kabananga obtenait plusieurs opportunités, mais restait toujours aussi maladroit devant le but. Le match se terminait sur ce score final de 1-1 et Astana, qui a dominé, pouvait être déçu. Le Celtic, lui, peut se satisfaire de ce nul à l’extérieur face à une équipe en milieu de saison qui joue sur un gazon plus que moyen alors qu’ils ont été dominés et qu’ils possèdent de nombreuses absences en défense. À noter, côté Celtic, l’excellente performance de Patrick Roberts.

Rosenborg (NOR) 2 – 1 APOEL (CHY)

On l’avait dit à l’issue de sa victoire contre The New Saints : l’APOEL devait hausser son niveau de jeu pour prétendre aller plus loin. C’est exactement ce qu’elle n’a pas fait en première période dans un Lerkendal dans lequel régnait une sympathique ambiance germanique. La tactique trop frileuse de Thomas Christiansen en était certainement pour quelque chose. En effet, en l’absence de De Vincenti, le tacticien espagnol a aligné, dans l’axe du milieu de terrain, Nuno Morais, Artymatas et Vinicius. Autant dire que les 3 joueurs se marchaient sur les pieds pendant que le seul Sotiriou restait sur son île devant. Ajouter à ça les approximations de-ci, de-là, un flanc gauche Vander – Milanov formant un véritable gruyère, et vous revenez aux vestiaires avec un 2-0 bien tassé, en remerciant Waterman d’avoir sauvé la baraque à une ou deux reprises.

En seconde période, on pouvait penser être parti sur les mêmes bases qu’en première, mais vers la 60e minute, un changement brutal se produisait après l’entrée en jeu d’Orlandi et surtout celle d’Efrem à la place de Vander. L’ailier chypriote prenait place à gauche, permettant à Gianniotas de se décaler à droite, sa meilleure position. L’APOEL se mettait à jouer plus rapidement, et Nuno Morais se métamorphosait, prouvant bien qu’il préfère avoir les mains libres seul devant la défense. Surtout, Rosenborg commençait à faire un nombre incalculable d’erreurs techniques. Cela permettait à l’APOEL de réduire la marque via Efrem qui marquait-là le but de l’espoir pour le match retour dans un GSP qui sera chauffé à blanc par les bouillants PAN.SY.FI. À noter que De Camargo, l’ancien Diable Rouge, a réalisé ses grands débuts pour le club chypriote. Il s’en voudra d’avoir manqué d’une pointure l’égalisation en toute fin de match. Malgré la défaite, on ne peut s’empêcher d’être optimiste pour le match retour. Les Chypriotes ont largement les moyens de venir à bout du champion de Norvège.

Astra Giurgiu (ROU) 1 – 1 FC Copenhague (DAN)

Pour sa première présence en Ligue des Champions, l’Astra Giurgiu, non-tête de série, est tombé sur un gros morceau avec le FC Copenhague, un club bien habitué aux joutes européennes. Pas vraiment favori, le champion de Roumanie doit pourtant absolument passer. Plus que la présence sportive, aussi illusoire soit-elle, les fortes entrées d’argent qu’une présence en phase de groupes pourrait engendrer sont plus que nécessaires pour l’avenir de ce club en grosses difficultés depuis plus d’un an.

Sans Denis Alibec, toujours blessé, ni Marius Șumudică, son fantasque entraîneur suspendu pour ses paris la saison dernière, l’Astra entamait ce match aller avec une confiance toute relative. Tout allait rapidement mieux avec l’ouverture du score dès la 7e minute. Un but un peu français, puisque sur un rebond capricieux, Damien Boudjemaa était plus prompt que les défenseurs danois pour envoyer le ballon vers Felipe Teixeira, qui trompait le gardien Robin Olsen de volée. Un démarrage tonitruant malheureusement isolé. Car par la suite, ce sont les visiteurs qui dominaient le match. Ce n’est que par manque de réussite qu’il leur fallait attendre jusqu’à l’heure de jeu pour égaliser, au bout d’une action bien menée dans la surface, conclue en force par le capitaine Delaney, seul face à Lung Jr à quelques mètres du but.

Face à des Danois rapides, qui jouaient en passes courtes avec une ou deux touches de balle, les Roumains étaient débordés. Privés de ballon, ils ne pouvaient que défendre, mais le faisaient bien. Et quand les Danois faisaient la différence, le dernier geste manquait de précision. Au final, l’Astra tenait un match nul plutôt bon, si l’on considère que les Roumains n’ont tiré que trois fois durant la rencontre, pour un seul tir cadré, le but de Teixeira ! Malgré cela, l’inquiétude ne se fait pas sentir dans les déclarations d’après-match. « C’est un bon résultat, nous avons de bonnes chances de gagner là-bas. Si nous jouons de manière agressive, si nous sommes concentrés, nous pouvons faire un bon match », déclare ainsi William De Amorim. Il faudra en effet être fort pour marquer à Copenhague et se qualifier. On compte pour cela sur le retour d’Alibec. Seul attaquant de pointe valide, Daniel Niculae, blessé cet été, est encore à court de forme.

AS Trencin (SVQ) 0 – 1 Legia Varsovie (POL)

La victoire est parfois plus importante que la manière, et c’est sans doute ce qu’il faudra retenir de ce match aller entre l’AS Trencin et le Legia Warszawa. Un match qui se jouait à Zilina, dans le stade du MSK ; celui de l’AS Trencin, un des plus beaux de Slovaquie avec sa vue imprenable sur le château juché sur la colline surplombant la ville, ne pouvant recevoir des matchs de ce niveau européen. Le parcage polonais était plein, les supporters du Legia chantaient et ceux de Trencin ayant fait le court déplacement donnaient eux aussi de la voix avant l’arrivée des deux équipes sur la pelouse. C’est un Legia en construction, aux postes changeants et aux tactiques parfois un peu floues, que l’on voit depuis le début de saison et ce match n’a pas dérogé à la règle. Alors que les Slovaques monopolisaient le ballon (63% de possession) et proposaient un jeu attirant bien qu’inefficace, le Legia végétait et n’arrivait pas à construire la moindre action digne de ce nom. La première mi-temps était banale, triste pour un match de ce niveau de compétition.

La seconde mi-temps était beaucoup plus animée, les Slovaques pilonnaient : Jaga (53′) puis Kalu (56′) auraient pu ouvrir le score si Malarz, le mur de la Legion, n’était pas dans un soir de grâce. Dans le stade, ou devant son streaming de faible qualité, les supporters polonais pensaient qu’un 0-0 était un miracle au vu de la piteuse prestation de leur équipe, mais parfois le destin peut être cruel pour certains. Et, encore une fois, le Legia allait se sortir d’une situation mal embarquée. À la 69e minute, Kucharczyk déroulait ses compas côté droit et fendait le flanc gauche de la défense de Trencin. Il centrait alors pour Nikolic à la lutte dans la surface qui, d’un plat du pied simple, mais efficace, faisait trembler les filets slovaques à bout portant. C’est un miracle. Nemanja Nikolic marquait son quatrième but en Ligue des Champions, quatre comme le nombre de buts marqués par le Legia dans cette compétition cette saison. Ce sont donc deux hommes qui ont maintenu les Legionisci à flot : un très grand Malarz et un précieux Nikolic. Les Slovaques peuvent avoir des regrets, de gros regrets. Le retour se fera à la maison et avec l’avantage d’une victoire à l’extérieur. Le Legia peut voir venir sereinement les barrages de Ligue des Champions et enfin vaincre le signe indien. Bien jouer ne rime pas tout le temps avec gagner et Hasi semble avoir fait de cette maxime son slogan pour le Legia Warszawa en ce début de saison.

Olympiakos (GRE) 0 – 0 Hapoel Be’er Sheva (ISR)

Le néant. Le vide. Cet Olympiakos-là semble très inquiétant, tant il n’aura rien proposé face à un adversaire largement à sa portée. Cette équipe millésime 2016-2017 semble même, sur le papier, inférieure à l’an passé, et le recrutement (encore inachevé) n’est pas à la hauteur de ce que vise l’équipe championne de Grèce en titre. Difficile de ressortir une occasion, tellement la possession de balle à la faveur de l’équipe grecque était stérile, à l’image d’un Fortounis sollicité, mais logiquement incapable de faire la différence à lui tout seul. En parallèle, ce sont les Israéliens qui se montraient presque les plus dangereux, multipliant les corners et autres contres qui auraient pu crucifier leur adversaire du soir. Ni Ideye, ni Seba et ni Durmaz n’ont su apporter le danger, et le milieu de terrain se montrait maladroit dans la construction. Malgré l’entrée en jeu de Chori Dominguez, l’Olympiakos n’a pas su marquer de but, ni se mettre à l’abri avant un retour de tous les dangers dans un stade israélien qui promet une ambiance hostile. Menacés par le président Marinakis d’être vendus, les joueurs de l’Olympiakos doivent se ressaisir. Sous peine de déjà rater la saison au tout début du mois d’août.

La rédaction de Footballski


Image à la une : © ultras-magazine

Ligue des champions 2016-2017 : Troisième tour de qualification aller
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Pierre Vuillemot

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