Ligue des champions 2016-2017 : barrage aller

Quentin Guéguen
Quentin Guéguen - Publié le 18 août 2016

On continue la route vers Cardiff après le barrage aller de la Ligue des Champions qui nous a offert une belle rouste, mais, surtout, des matchs relativement serrés qui laissent prévoir des matchs retours indécis.

Steaua Bucarest (ROU) 0-5 Manchester City (ANG)

Le Steaua était clairement en position d’outsider pour la réception de Manchester City du côté de l’Arena Nationala à Bucarest. Et la hiérarchie fut respectée. Dominé du début à la fin, le Steaua n’a pas su concrétiser ses rares occasions et a souffert d’une mauvaise gestion tactique et d’une supériorité indiscutable des Citizen. Le meilleur joueur sur le terrain fut néanmoins Nita, gardien steliste qui sauva deux penaltys et empêcha le score d’être encore plus sévère pour les locaux. Avec ce triplé de Aguero qui porte le score à 0-5, les chances de qualification roumaines semblent quasiment nulles. Un match pour lequel on aura l’occasion de revenir plus longuement étant donné que nous avions la chance d’être au stade.

Ajax Amsterdam (NED) 1-1 Rostov (RUS)

Tout s’est joué en première mi-temps à l’Arena d’Amsterdam. C’est tout d’abord le génial Noboa qui ouvre le score sur un coup franc direct plein de malice qui laisse sans réaction un portier néerlandais pas innocent sur l’affaire. Mais c’est sur penalty que les locaux égalisent. La faute de main est d’ailleurs peu évidente. Le score est scellé et le héros du match s’appelle Soslan Dzhanaev qui permet aux siens de repartir avec un léger avantage avant le match retour. Un avantage d’ailleurs inespéré par rapport à la situation actuelle du club et l’imbroglio Berdyev.

Dinamo Zagreb (CRO) 1-1 Red Bull Salzburg (AUT)

Le Red Bull Salzburg n’est plus qu’à 90 minutes d’atteindre les poules de la Ligue des Champions pour la première fois de sa courte histoire. Les Autrichiens ont fait le nécessaire en Croatie en marquant ce but si important à l’extérieur face à une équipe qui, bien qu’étant dangereuse à plusieurs reprises, n’a marqué que sur penalty.

C’est le grand espoir du football autrichien, Valentino Lazaro, qui a ouvert le score pour le RB à l’heure de jeu. Lazaro reprend un centre venu de la droite de Wanderson pour offrir l’avantage à son club. Enfin, peut-on dire, pour le numéro 10 des Taureaux, puisque Valentino Lazaro est tout de même un joueur frustrant, peu décisif par rapport à son talent et son potentiel. Ceci étant, il se pourrait bien qu’il vienne de marquer le but le plus important de l’Histoire de son club. Problème pour Salzburg, Marko Rog égalise sur penalty quinze minutes plus tard après une faute totalement idiote de Bernardo dans sa surface. Une égalisation toutefois méritée pour des Croates qui devront marquer à la Red Bull Arena la semaine prochaine. Une tâche délicate sur le papier, les Autrichiens ayant leur concédé leur premier but de la compétition sur ce penalty. Mais Salzburg a également montré que sa défense n’était pas terrible face à des oppositions supérieures, notamment en championnat face au Sturm Graz. Le retour sera ouvert et probablement haletant !

København (DAN) 1-0 APOEL (CHY)

Match aller compliqué pour les Chypriotes de l’APOEL sans sa star Tomas De Vincenti, le milieu de terrain argentin, leader de cette équipe, ayant été transféré pour notre plus grande tristesse à Al Shabab. De quoi se mettre une balle dans le pied pour une hypothétique qualification en Ligue des Champions.  Preuve en est avec cette rencontre difficile face à l’ogre danois, Copenhague. Dominateurs, les locaux n’ont pas eu à forcer leur talent pour se mettre dans les meilleures conditions possibles, ces derniers se procurant une multitude d’occasions plus ou moins franches durant la totalité du match tandis que l’APOEL, lui, essayait de tenir du mieux possible. Finalement, malgré cette courte défaite 1-0 suite à un but du Serbe Pavlovic, l’APOEL recevra les Danois dans son antre bouillant. De quoi insuffler un élan de fraicheur aux Chypriotes et faire chavirer le scénario pour chercher cette qualification dans les groupes de la Ligue des Champions.

© Charles McQuillan/Getty Images

© Charles McQuillan/Getty Images

Dundalk (IRL) 0-2 Legia Varsovie (POL)

C’était le premier round d’une confrontation qui pouvait, en cas de victoire, déjà quasiment envoyé le Legia Warszawa en phase de groupe de la Ligue des Champions. Près de vingt ans après le dernier match d’un club polonais en phase de poule, un certain Atlético Madrid – Widzew Lodz (1-0). Cette rencontre délocalisée à Dublin pour des raisons de belle affluence (30 000 spectateurs) allait commencer tout doucement comme quasiment tous les matchs du Legia depuis le début de saison. Il s’agissait d’ailleurs du 15ème XI différent en 15 matchs pour les Polonais. D’où le manque d’automatismes et des connexions lentes et inefficaces. Et pourtant, Besnik Hasi (et ses tactiques tant décriées) devait être le sauveur du football polonais et de sa nonchalance pendant vingt longues années sur la « grande » scène européenne. La première mi-temps fut insipide, imbuvable et indigne d’un barrage. Seul Kucharczyk avec sa demi-volée des vingt mètres sur une belle remise de la poitrine de Nikolic aurait pu réveiller l’assistance, mais celle-ci est finalement passée à côté du but irlandais. C’était brouillon partout, c’était du jeu nulle part aurait écrit le poète. Les ultras du Legia sortaient le feu en tribune via des pyros bien craqués, mais ce feu se contenta en première période au parcage Legionisci.

C’était flou et triste, mais on attendait la deuxième mi-temps pour voir. Le festival de maladresse, de passes manquées, de jeu à trois sans « trois » continuait jusqu’à ce que le meilleur homme sur le terrain, un certain Steven Langil, centre pour Nikolic et que son centre rencontre la main d’un défenseur irlandais dans sa surface. Le Legia cette saison en Ligue des Champions est verni, tout tourne du bon côté comme un signe venu du céruléen. Nemanja Nikolic, fantôme de son ombre pendant ce match va tout de même transformer ce penalty à la 56ème minute. Un but qui va décoincer le Legia, ouvrir ce match. Langil, Moulin, Kucharczyk vont apporter dans la construction offensive, mais sans pouvoir finaliser proprement leurs actions (tirs contrés, tirs à côté). Dundalk va alors procéder par contre, mais sans trouver la faille dans une charnière Pazdan – Lewczuk assez solide. Et puis la grâce, comme un morceau de Chopin, une fin majeure, enjouée presque folle. Prijovic rentre pour Nikolic et dans la dernière minute, la 93ème pour être précis, Jodlowiec est là, il lance « Prijo » dans la surface qui vient crucifier le gardien de Dundalk dans un mouvement onctueux. Dundalk 0-2 Legia Warszawa, la messe est dite. C’est un Legia poussif, souvent triste que l’on a vu ce soir. Mais c’est un Legia fier, quasiment qualifié qui va redorer son image et chasser la honte de ces vingt ans de disette du football polonais. Un Legia à la mode Hasi, un Legia mineur, mais un Legia vainqueur. Attention à ne pas faire jouer un joueur qui ne figure pas sur la feuille de match au retour et on pourra savourer.

De son côté, Nikolic a confirmé à Canal + qu’il devrait quitter le Legia pour Hull malgré la victoire. Affaire à suivre.

Ludogorets (BUL) 2-0 Viktoria Plzeň (CZE)

Qualifiés sans briller, les joueurs du Viktoria Plzen ont une nouvelle fois montré leurs limites lors de ce match aller face à Ludogorets. Défait deux buts à zéro, le club cherche aujourd’hui les raisons de cet échec avant d’entamer le match retour. Première constatation, le club possède une faiblesse offensive criante. Si ce n’est pas forcément une nouveauté, les attaquants du club restent depuis ce début de saison muets sans vraiment briller. Pour être franc, le front de l’attaque du Viktoria Plzen est pour l’instant une véritable misère, loin de ce qu’il pouvait nous montrer il y a quelques années. On en vient ainsi à la deuxième constatation, la perte de vitesse de ce groupe qui se connait pourtant si bien. Car, au final, si les attaquants ne marquent pas, on ne peut pas mettre en cause les automatismes entre les joueurs. Le Viktoria Plzen est connu pour avoir un noyau dur présent au club depuis de nombreuses années, et ce dans toutes les lignes de l’équipe. Un groupe qui semble être arrivé vers la fin d’un cycle historique et exemplaire jusque là. Alors oui, la qualification n’est pas encore à ranger aux oubliettes, mais la victoire de Ludogorets est loin d’être volée. Tandis que la défense tchèque s’est montrée à la peine durant tout le match, avec en tête de gondole le très décevant international tchèque Roman Hubnik qui a causé le penalty et premier but bulgare, cette équipe bulgare et sa colonie de Brésiliens l’ont déjà prouvé dans les matchs précédents : il faudra compter sur eux et leur football chatoyant.

La rédaction de Footballski


Image à la une : © Charles McQuillan/Getty Images

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J'aime les draniki sans champignon, et accessoirement le football biélorusse et autrichien.

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