Ligue des champions 2017/2018 : Barrage retour

Pierre Vuillemot
Pierre Vuillemot - Publié le 24 août 2017

Le jackpot pour certains, une marche trop haute pour d’autres. Nos clubs ont répondu aux attentes ou basculé en Ligue Europa cette semaine, retour sur les barrage retour de la Ligue des Champions 2017/2018 !

NK Rijeka (CRO) – Olympiakos (GRE) : 0-1 [agg. : 1-3]

Effacer la désillusion de l’an dernier. Telle était la mission que s’était fixé l’Olympiakos, plus habitué des phases de poules de la Ligue des Champions que celles de sa petite soeur de la Ligue Europa. Le difficile succès de l’aller (2-1) mettait les Grecs en légère position de force. Et le but de Marin, dès la 25′, renforce un peu plus cette situation. Sur un contre, Ofoe accélère au milieu de terrain, avant de servir idéalement l’Allemand qui, du plat du pied, ne laisse aucune chance à Sluga. Efficacité parfaite. Loin du match aller et de ces innombrables ratés devant le but. Alors, oui, l’Olympiakos a parfois un peu tremblé, comme sur ce sauvetage de Retsos sur la ligne (15′), ce superbe arrêt de Kapino face à Gavranović (55′), ou ce manqué incroyable de Matei qui, en ratant son piqué, manque l’opportunité d’enflammer la fin de match (79′). Mais plus expérimenté, à l’image de la paire Romao-Gillet à la récupération, l’Olympiakos écarte logiquement Rijeka de son chemin menant aux étoiles de la plus prestigieuse compétition européenne. Pour retrouver une place plus conforme à son standing.

Copenhague (DAN) – Qarabag (AZE) : 2-1 [agg. : 2-2]

Après sa victoire 1-0 à l’aller, Gurbanov reconduit le même onze pour ce barrage retour à Copenhague. Les premières minutes sont tendues, Copenhague presse et Qarabag n’a pas beaucoup la balle. Mais les Azerbaïdjanais vont tenir le premier quart d’heure, assez pauvre en occasions franches de but, sauf un : Guerrier doit quitter l’arène sur blessure, remplacé par Ismaiylov. Qarabag paraît serein et le scénario du match aller se répète : contrôle du ballon pour les Noir, occasions sur coups de pied arrêtés pour les Blanc. Devant, Ndlovu est bien esseulé dans le 4-5-1 très bas proposé par Gurbanov. Les hôtes vont toutefois pousser un peu sur le champignon en fin de match, espérant l’une ou l’autre erreur individuelle. Celle d’Ismaiylov, d’abord, permet à Kusk d’armer une frappe à l’entrée de la surface, mais ça passe à côté. L’erreur de Sehic, ensuite, est catastrophique : sur un énième coup franc danois, le portier bosnien se troue et permet à Santander d’ouvrir le score juste avant la mi-temps ! Voilà Qarabag obligé de revoir ses plans.

Au retour des vestiaires, Copenhague continue sur sa lancée, avec un coup franc lointain qui passe de peu à côté. Mais vu qu’il doit marquer, Qarabag commence alors à construire ses attaques, patiemment. En l’absence de Guerrier, et en présence d’un pâle remplaçant en la personne d’Ismaiylov, le jeu penche fort à gauche, du côté d l’Albanais aux trois poumons Agolli, qui s’entend à merveille avec Richard Almeida pour enclencher des offensives. Il arme une frappe, bien captée par Olsen. Il balance un centre, Michel le reprend d’une tête puissante, et Olsen est à la parade. La troisième est la bonne : centre d’Agolli, reprise du gauche de Dino Ndlovu, et égalisation de Qarabag ! On se dit à ce moment-là que le plus dur est fait. Mais quelques minutes plus tard, Medvedev oublie de marquer Pavlovic sur un centre, qui ne se prie pas pour redonner l’avantage à Copenhague. 2-1. Les Danois poussent, Gurbanov remplace Ismaiylov par du défensif et de l’expérience : l’immense Rashad Sadygov, 108 sélections avec l’équipe nationale, vient prêter main forte au club qu’il a vu grandir et atteindre désormais les sommets, puisqu’il a rejoint Qarabag en 2011, une époque où l’Europe entière ne savait pas encore qu’on jouait au football en Azerbaïdjan.

L’attaque-défense et l’abordage de la défense azerbaïdjanaise reste toutefois trop timide et trop imprécis que pour vraiment inquiéter Sehic. Qarabag tient bon, Qarabag tient son exploit, Qarabag a atteint son but : les voilà pour la première fois en Ligue des Champions ! Une première pour l’Azerbaïdjan également.

Astana (KZH) – Celtic Glasgow (SCO) : 4-3 [agg. : 4-8]

Astana recevait le Celtic Glasgow avec des poches pleines à la suite de la défaite chargée la semaine dernière en Ecosse 5-0. Les Kazakhs se présentaient avec Eric au goal, comme si Stoilov avait compris sa leçon de la semaine dernière. Le match débute à l’image du match qui s’est joué huit jours auparavant, le Celtic domine les débats. Les locaux cependant sont les premiers à marquer par l’intermédiaire d’Ajer, qui trompe son propre gardien en déviant la trajectoire de la balle. (1-0, 26′). Mais le Celtic ne l’entend pas de cette oreille et contre-attaque en égalisant quelques minutes plus tard par l’intermédiaire de Sinclair (1-1, 33′).

A noter que les locaux profitent de la mi-temps pour effectuer leur second changement du match. Et quel début de seconde mi-temps ! Les Kazakhs marquent coup sur coup par Muzhikov puis Twumasi (48′ et 49′). Quel coup de massue sur la tête des joueurs du Celtic ! Brendan Rogers en profite pour faire deux changements à la 56 et 57ème, histoire de redynamiser son équipe. Twumasi toujours dans les bons coups marque son doublé. Il reste alors vingt minutes de jeu, et tout le monde se demande si Astana peut le faire ! (69′, 4-6). Cependant, Ntcham réduit le score à la 81ème, tuant définitivement les espoirs Kazakh avant que Griffiths ne vienne enfoncer le clou à la 90ème. Score final 4-3. Cette double confrontation laissera surement un goût amer à l’ équipe d’Astana, certes ils étaient très faibles, avec une défense fébrile mais exploser ainsi au match aller était tout sauf professionnel.

Rzeźniczak et le héros du soir, Ndlovu

 Slavia Praha (CZE) – APOEL (CHY) : 0-0 [agg. : 0-2]

Mois d’août pragois. Le soleil prend place dans le ciel de la capitale, les touristes, eux, déambulent au rythme des marionnettes locales voguant du Pont Charles à la Katedrála svatého Víta, Václava a Vojtěcha tout en s’adonnant aux plaisirs de quelques Trdelník d’été. Les locaux, de leur côté, se remémorent quelques passages douloureux de leur Histoire aux images d’un certain 21 août 1968. Mais Prague vit, et c’est bien là le plus important. Un coeur dont artères et aortes irriguent habitants fidèles et voyageurs d’un soir. Parmi eux, une bonne centaine de Chypriotes. Si Prague est une ville d’Histoire, elle aime également son football, et une défaite du Slavia Praha lors d’un match aller mal négocié sur l’île chypriote ne l’a pas démoralisé. Loin de là. Revancharde, la Tribuna Sever pousse une Eden Arena chauffée à blanc, prête à accueillir ses nouveaux guerriers grassement payés. L’échec ne sera pas accepté, autant le dire.

Deux minutes de jeu et deux corners plus tard, voilà que le club pragois se lance parfaitement avec deux actions, coup sur coup, de la tête, venant fortement inquiéter des Chypriotes résistants à la manière d’un duo Kubiš – Gabčík. Les occasions se multiplient, Stoch est intenable sur les ailes, Danny, de son côté, loupe un duel devant le but, et voilà que le Slavia termine cette première mi-temps en dominant largement la rencontre, mais ne parvenant pas à tromper cette équipe visiteuse. Une cage chypriote prise une nouvelle fois d’assaut durant la seconde mi-temps, mais, contrairement à l’église Saints-Cyrille-et-Méthode, cette dernière ne rompt pas. Les héros du soir ne sont pas Tchèques, mais bel et bien Chypriotes. De valeureux guerriers qui, s’ils n’ont pas su montrer du grand spectacle offensif, ont su maintenir les rangs serrés. Une tactique payante les envoyant directement en phase de groupes de Ligue des Champions.

CSKA Moscou (RUS) – Young Boys Berne (SUI) : 2-0 [agg. : 3-0]

L’avantage acquis miraculeusement au match aller malgré un très mauvais match avait placé le CSKA Moscou dans des conditions plus que favorables pour ce match retour. Et ça n’a pas manqué mais cette fois, devant son public, le CSKA a été beaucoup plus convaincant grâce notamment à un Vitinho en grande forme. C’est d’ailleurs lui qui allume la première mèche à la 20e… seconde après un superbe mouvement collectif mais le gardien suisse est sur la trajectoire. C’est lui aussi, un peu plus tard, qui trouve Golovin sur le côté gauche mais l’international russe prend trop de temps pour frapper. Et c’est lui, enfin, qui décale son compatriote Mario Fernandes sur le côté droit. Le centre est prolongé vers Schennikov qui, absolument seul au deuxième poteau, ouvre le score juste avant la mi-temps.

Une situation idéale d’autant que les Suisses sont moins dangereux qu’au match aller. Alors qu’il avait enchaîné des dizaines de matchs en encaissant un but en Ligue des Champions, Igor Akinfeev en est désormais à quatre clean sheets consécutives depuis l’arrivée de Viktor Goncharenko. Sur une passe de Vitinho, Alan Dzagoev réalise un enchaînement de grande classe pour mettre un terme aux espoirs suisses. Le CSKA Moscou verra une nouvelle fois les poules de la Ligue des Champions. Il n’y a plus qu’à espérer que ce ne soit pas pour s’y faire de nouveau écrabouiller.

Les autres résultats

Maribor 1-0 Hapoel Beer Sheva [agg. : 2-2]

Le champion de Slovénie aura donc réussi son pari et a fait basculer le résultat du match aller (2-1) dans son antre, profitant ainsi du but marqué en Israël. Prestation solide et retour en Ligue des Champions pour les Viole donc.

FCSB 1-5 Sporting [agg. : 1-5]

Ce ? N-am vazut nimic… Pardon ? On a rien vu…

Le tirage

 

La rédaction Footballski


Image à la une : © Musavat.com / qol.az

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