Ligue des Champions 2017/2018 – 4ème journée

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Lazar Van Parijs
Lazar Van Parijs - Publié le 3 novembre 2017

Chères amies, chers amis, la saison suit son cours, et après le changement d’heure et le passage à l’heure d’hiver, nous voici déjà au premier match des matchs retours de la Ligue des Champions 2017/2018. Retour sur les principaux matchs de cette semaine, à savoir ceux qui concernent nos clubs.

Groupe A : Le CSKA l’a fait!

  • Manchester United 2-0 Benfica Lisbonne
  • Bâle 1-2 CSKA Moscou

C’est peut être un tournant dans la saison du CSKA Moscou, pas au top en championnat et en ballottage défavorable dans son groupe de Champion’s League, le club russe vient de lancer sa saison. Pourtant c’était loin d’être gagné! En déplacement sur la pelouse du FC Bâle, deux semaines après sa défaite 2-1 à domicile contre les suisses, le CSKA se devait de rapporter quelque chose de ce déplacement, que ce soit pour la seconde ou la troisième place du groupe.

Le début du match est à l’avantage des suisses, Dzagoev est sur le banc et le milieu de terrain moscovite souffre énormément. Les suisses font tranquillement tourner la baballe tandis que la défense russe balance loin devant sur le pauvre Vitinho. Malgré les rares offensives suisses, Bâle va prendre l’avantage à la demi heure de jeu. Akinfeev remporte son face à face mais le ballon retombe sur Zuffi qui lobe tout le monde d’un plat du pied subtil à l’entrée de la surface. C’est la douche froide à la pause pour les hommes de Goncharenko.

Poussé par de nombreux supporters venus de la Russie et des quatre coins de l’Europe, le CSKA va être métamorphosé en seconde période. Dzagoev rentre en jeu dès l’entame et va montrer qui est le patron. Le milieu de terrain russe reprend de la couleur, Golovin peu en vue jusque la pointe le bout de son nez et le CSKA campe dans la moitié de terrain suisse. Pourtant les russes vont avoir énormément de mal à trouver la faille, il faudra attendre l’heure de jeu pour que Dzagoev délivre les siens. Bien lancé en profondeur par Natcho, le bel Alan trompe Vaclik d’une petite pichenette et fait taire la Mutenkurve baloise. Et c’est pas fini! Quelques minutes plus tard Wernbloom donne l’avantage aux siens d’une demi volée écrasée aux seize mètres! C’est la folie dans le stade! Les russes sont debout tandis que les suisses voient la qualification directe pour les huitièmes retardée. Le CSKA que l’on croyait mort et mal en point avec une défaite sur la pelouse du modeste Arsenal Tula le week end précédant est donc toujours en lice pour la qualification. Et ça c’est bel et bien incroyable.

Groupe C : l’exploit pour Qarabag, ou en est-ce un?

  • Atletico Madrid 1-1 Qarabag
  • AS Roma 3-0 Chelsea

Dans un duel Azerbaidjan friendly, Qarabag a véritablement réalisé la grosse performance de la soirée. Après le premier but et le premier point en Ligue des Champions, voici le premier but et le premier point glanés à l’extérieur dans la compétition ! L’apprentissage continue mais à une vitesse VV prime du côté azerbaïdjanais. On ne sait pas ce qui passe par la tête de Michel, un Espagnol ancien pensionnaire de Gijon et Getafe, lorsqu’il la propulse avec force dans le toit du but d’Oblak sur un corner à la 40e, mais on devine une joie intense au vu de sa communion avec ses coéquipiers et avec les quelques dizaines de supporters présents au Vicente Calderon. Il faut un missile de Thomas, peu avant l’heure de jeu, pour rétablir l’égalité et battre un Sehic jusque là impérial.

Le match est ensuite agrémenté d’un carton rouge pour Pedro Henrique, qui réalise sans doute là le rêve de beaucoup de joueurs, suite à un pied un peu trop haut sur Diego Godin, avant que toute la vicissitude de l’équipe de Simeone ne s’illustre une nouvelle fois par la faute inutile et remplie de frustration de Savic, à 70 mètres de son but, qui lui vaut un second carton jaune. Une dernière énorme occasion pour Gaitan voit un Sehic des grands soirs repousser son tir dans la dernière minute du temps additionnel. Coup de sifflet final et énorme joie du côté azerbaïdjanais. Le constat est clair : s’il s’agissait d’un match aller-retour, Qarabag éliminerait l’Atletico Madrid – et ce, alors que le vol au match aller était plus que net. De quoi faire frémir la bande du Blond pour la course à la Ligue Europa, puisque l’Atletico laisse s’envoler ses rivaux et ses meilleurs jokers dans la course aux deux premières places, et voit surtout Qarabag lui coller aux basques avec un petit point de retard. Et si Qarabag réalisait l’exploit de s’en sortir, dans ce groupe de la mort où on leur prédisait un 0/18 bien salé ?

Groupe D : L’Olympiakos, le premier point

  • Sporting Lisbonne 1-1 Juventus Turin
  • Olympiakos 0-0 FC Barcelone

Au moment du tirage, une peur animait le camp grec : celle de terminer cette phase de poule avec 0 point, face à des adversaires, sur le papier, au-dessus. D’autant plus qu’en ratant son entrée face au Sporting Portugal, l’équipe sans doute la plus abordable, l’Olympiakos s’était déjà bien compliqué la tâche. Mais cette équipe est aussi irrégulière que surprenante. Capable de réaliser un début de saison médiocre en Superleague, les hommes de Takis Lemonis ont tout simplement tenu en échec pendant 95 minutes l’une des meilleures équipes du monde, dans un stade surchauffé par le retour d’Ernesto Valverde là où il n’a laissé que des bons souvenirs. Pour cela, l’entraîneur grec avait choisi un onze résolument défensif, avec Fortounis, milieu de formation, dans un rôle de faux neuf, et Carcela comme seul vrai joueur offensif au milieu de terrain.

Et, si l’on s’attendait peut-être à un peu plus de folie offensive, force est de constater que ce choix fut payant. De Proto à Botia, en passant par Engels ou Koutris, l’arrière-garde grecque a livré un match XXL, dégoûtant Messi et ses petits camarades. Suarez trouvait même la barre après un lob sur Proto, signe que mardi soir, il était écrit que Barcelone ne trouverait pas la faille. Il y a bien eu deux ou trois situations intéressantes pour l’Olympiakos, mais pas de quoi inquiéter Ter Stegen. Alors, avec ce poids pris au forceps, la suite de la compétition change un peu : et si l’Olympiakos allait chercher la troisième place ? Compliqué, sur le papier. Mais impossible n’est pas Grec.

Groupe E : Une Carrera pleine de Promes

  • FC Séville 2-1 Spartak Moscou
  • Liverpool 3-0 Maribor

Deuxième du groupe à égalité de points avec son adversaire après trois matchs, le Spartak se devait de ne pas passer à côté de ce match pour espérer la qualification. Tout le monde a en tête la belle performance à Moscou face aux Sévillans et cette superbe victoire 5-1. Mais on s’attendait bien sûr à une réaction des joueurs andalous après leur déconvenue.

Pour ce match, Carrera pouvait compter sur un groupe quasiment au complet avec Eschenko et Ze Luis de retour mais toujours sans Zobnin malgré sa présence dans le groupe. Le coach italien avait déclaré en conférence de presse d’avant match que le Spartak venait pour gagner. Il aligna donc une équipe en 4-2-3-1 avec Eschenko à droite d’une charnière Tasci-Dzhikiya. Au milieu, Pasalic était aligné au côté de Fernando et Glushakov positionné devant avec Promes et Melgarejo. Adriano restait seul en pointe. Côté Séville, le retour de Banega et d’Nzonzi présageait une meilleure stabilité au milieu de terrain. Derrière, le français Lenglet était aligné avec Kjaer en charnière.

Le match se déroula sans la présence (ou presque) de supporters du Spartak, interdits de déplacement. Cela ne les empêcha pas d’être présents à Séville, tentant par tous les moyens de rentrer. Ils purent tout de même assister au match de Youth League entre les deux clubs (3-3). On recensa quelques confrontations avec la police mais rien de vraiment important.

Comme prévu, les Sévillans démarrèrent fort la première période. Acculés derrière, les rouges et blancs étaient incapables de sortir le ballon proprement, dégageant au loin pour repousser le danger. Les deux joueurs qui illustrèrent ce constat furent Fernando et Pasalic, totalement à la ramasse et accumulant une série d’erreur technique de base, manquant la majorité de leurs passes…
Et pourtant, le FC Séville n’a pas été flamboyant. Banega manqua une grosse occasion en début de match puis Selikhov repoussa des deux poings une frappe mais à part ça, rien de bien dangereux. Le pressing fut fort pendant 10 minutes puis par la suite s’est quelque peu calmé. Le Spartak aurait donc pu agir au lieu d’attendre le but sur corner de Lenglet. Mais on sentait une équipe hors du coup à Séville. Même Promes, Glushakov ou Adriano pourtant flamboyants à Moscou n’eurent pas la même hargne, la même précision. Après le but, les rouge et blanc sortirent un peu plus et Fernando aurait pu égaliser sur un superbe coup franc, mais Rico effectua la parade qu’il fallait. 1-0 après une période pauvre techniquement.

Au retour des vestiaires, le Spartak se plaçait bien plus haut sur le terrain. Séville en profita pour trouver des espaces et tenter des frappes. Nolito manqua de peu la sienne, pas Banega qui grâce à Kombarov, eut tout le temps pour ajuster une superbe frappe pied gauche. 2-0 à la 58e, Séville a été efficace. Le Spartak commença à jouer mais de manière brouillonne. Rico passa une deuxième période globalement tranquille. Et Séville joua par à-coup. Et encore Ben Yedder fut bloqué par Kombarov qui sauva de nouveau sur sa ligne (75e). la balle ne passa pas la ligne de quelques centimètres. Mais Ze Luis rentré à la 71e remit un peu de suspens à ce match ! A noter la belle incursion de Popov au début de l’action et l’utilisation limite du bras sur le contrôle de Glushakov. Les remplaçants ont donc donné ce qui manquait aux titulaires, de la technique, de l’envie, du punch. A noter qu’ainsi Ze Luis devient le premier Cap verdien à marquer en Ligue des Champions.

Le Spartak ne réussira pas à égaliser et repart donc de Séville sans point. Frustrant au regard du niveau de Séville. Désormais troisième du groupe, le Spartak doit espérer un concours de circonstances favorable pour espérer sortir du groupe. Le match face à Maribor sera l’occasion de consolider définitivement sa place pour l’Europa League.

Maribor, de son côté, absolument ridicule sur son terrain face à Liverpool, a su quelque peu relever la tête à Anfield, ne perdant « que » 3-0. Malgré tout, les Viole ont bu la tasse tout le monde, ne pouvant presque jamais sortir la tête de l’eau. Ça fait toujours aussi mal…

Groupe F : plus qu’un point pour le Shakhtar

  • Shakhtar Donetsk 3-1 Feyenoord Rotterdam
  • Manchester City 2-4 Napoli

Il y avait une excellente opération à faire pour le Shakhtar Donetsk dans le groupe F. Le champion d’Ukraine recevait à Kharkiv le Feyenoord Rotterdam, champion des Pays-Bas, pendant que Naples affrontait Manchester City. Avant le coup d’envoi des deux matchs, Manchester City était leader avec neuf points, le Shakhtar deuxième avec six points, Naples troisième avec trois points tandis que le Feyenoord, dernier, avait perdu ses trois premiers matchs. En cas de victoire, le Shakhtar Donetsk était assuré quoi qu’il arrive d’échapper à la dernière place et donc à l’élimination de toutes compétitions européennes avant l’hiver. Si en plus, dans le même temps, Naples ne parvenait pas à battre Manchester City, les huitièmes de finale ne seraient plus très loin.

Feyenoord avait ouvert le score au match aller avant de s’incliner (1-2). À nouveau, les Néerlandais vont marquer les premiers. 12ème minute : Steven Berghuis, buteur à l’aller, déborde le débutant Davit Khocholava et centre pour le Danois Nicolai Jørgensen qui profite de la passivité d’une défense ukrainienne désorganisée pour tromper Pyatov et ouvrir le score de la tête. Cette ouverture du score inattendue ne fera pas vraiment l’effet d’un coup de massue pour le Shakhtar qui va immédiatement réagir de la meilleure des manières. Quasiment dans la foulée de l’ouverture du score, l’actuel leader du championnat d’Ukraine parviendra à égaliser : Fred lance dans la profondeur son capitaine Taison qui bute sur Brad Jones, le gardien australien du Feyenoord. L’international brésilien parvient ensuite à récupérer le ballon pour le glisser à Bernard qui sert ensuite Facundo Ferreyra dont le tir sera sauvé sur la ligne par Renato Tapia. La partie de flipper s’achèvera quand l’attaquant argentin, neuf fois buteur dans le championnat d’Ukraine, reprendra le ballon et égalisera (14’). Ce n’était pas fini : trois minutes après l’égalisation, une mauvaise relance de la défense du club de Rotterdam, suite à une action initiée sur le côté droit de l’attaque du Shakhtar par Taison et Butko, arrivera dans les pieds de Marlos. Posté à l’entrée de la surface, l’international ukrainien enverra le ballon au fond des filets de Jones d’un amour de tir enroulé du pied gauche. Ce but permettra au Shakhtar Donetsk de prendre l’avantage et de mettre fin à un premier quart d’heure de folie. Ayant pris la main au score, le Shakhtar se contentera de maîtriser la fin de la première période tout en manquant de peu d’aggraver la marque par Facundo Ferreyra dont la tête trouvera la transversale (35’). À la pause, le Shakhtar Donetsk mène logiquement 2-1.

L’entame de seconde période est plus difficile pour le Shakhtar Donetsk. Pliant sans rompre, ce dernier ne concédera pas l’égalisation et, mieux encore, il enfoncera le clou à une vingtaine de minutes du terme de la rencontre au terme d’une superbe action collective. Encore une fois, une ouverture de Fred servira à initier l’action. Trouvé par son compatriote, Taison décalera Marlos qui trouvera Facundo Ferreyra. En une touche, l’avant-centre remisera pour Marlos qui effacera Renato Tapia avant de tromper Jones d’un subtil lob du pied droit (68’). La rencontre était alors pliée et le Shakhtar finira par l’emporter non sans se faire quelques frayeurs.

Avec cette victoire (3-1), le Shakhtar Donetsk s’assure quoi qu’il arrive un printemps européen. Avec neuf points d’avance sur le Feyenoord Rotterdam, dernier, il ne peut plus terminer à la dernière place. Dans le même temps, au terme d’un match à rebondissements, Manchester City s’est imposé (4-2) sur le terrain de Naples. Lorenzo Insigne ouvrira pourtant le score pour les Napolitains dès la 21ème minute mais des buts des défenseurs Otamendi (34’) et Stones (48’) permettront aux Anglais de prendre l’avantage. Naples égalisera sur penalty grâce à Jorginho (62’) avant qu’Agüero (69’) ne redonne l’avantage aux hommes de Guardiola tout en devenant au passage le meilleur buteur de l’histoire de Manchester City. En fin de rencontre, Raheem Sterling inscrira au terme d’un contre fulgurant le dernier but (90’+2’). Ce succès qualifie Manchester City pour les huitièmes de finale et il fait grandement les affaires du Shakhtar Donetsk.

À deux journées du terme, la situation est donc la suivante : Manchester City est leader avec douze points sur douze possibles et est qualifié pour les huitièmes de finale. Le Shakhtar Donetsk est deuxième avec neuf points, soit six de plus que Naples. Feyenoord, avec zéro point, est éliminé. Pour accéder aux huitièmes de finale, un point sur les deux derniers matchs suffira au Shakhtar. Malheureusement, les Ukrainiens ont un calendrier défavorable d’ici la fin de la phase de poules avec un déplacement à Naples puis la réception de Manchester City. Tout reste donc encore à faire pour le Shakhtar.

Groupe G : Leipzig confirme

  • FC Porto 3-1 RB Leipzig
  • Besiktas 1-1 AS Monaco

Groupe H : Nicosie mets le Borussia à poil

  • Borussia Dortmund 1-1 APOEL Nicosie
  • Tottenham 3-1 Real Madrid

La bonne affaire est pour l’APOEL. Le début de match difficile a vu Dortmund mettre une grosse pression sur ses adversaires et mener logiquement au score avec le but de Guerreiro bien servi par Kagawa. C’est bien l’ancien niçois Pote qui a ensuite égalisé d’un superbe enchaînement. Dortmund fut incapable d’élever son niveau par la suite et Nicosie, solidaire, conservait son avantage. Dans ce groupe très relevé, l’APOEL peut encore rêver de la C3.

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A propos de l'auteur

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Je me suis réveillé un beau matin à Belgrade à cheval entre Europe de l' Ouest et le bloc soviétique après une nuit sur un Splav à boire de la Rakija. J'ai décidé de prendre le train de nuit suivant, direction Moscou, finir l'aventure devant l' Hotel Ukraina !

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