Ligue des Champions 2017/2018 – 2ème journée

Thomas Ghislain
Thomas Ghislain - Publié le 28 septembre 2017

C’est l’automne, chers amies, chers amis, et voilà donc la deuxième journée de la Ligue des Champions 2017/2018 qui s’achève, eh oui, déjà ! Retour sur les principaux matchs de cette semaine, à savoir ceux qui concernent nos clubs.

Groupe A : le bateau moscovite coule

  • CSKA Moscou 1-4 Manchester United
  • Bâle 5-0 Benfica

La victoire au Portugal avait laissé énormément d’espoir aux supporters moscovites avant ce choc contre Manchester United. Pour une fois bien lancé dans la compétition, le CSKA devait glaner au moins un point face à l’équipe de José Mourinho. Du grand classique au niveau des formations avec un 3-5-2 du côté des Russes et la présence de Mario Fernandes malgré son gros coup reçu lors du dernier match contre le Dinamo Moscou. Pour les Anglais, on notera un trio d’attaque composé de Mkhitaryan, Lukaku et Martial, une puissance offensive qui peut faire mal, très mal.

Dans une magnifique ambiance, avec un public qui a répondu présent en nombre, le CSKA tient quatre minutes avant de s’effondrer face à la domination anglaise… Lukaku, puis Martial un quart d’heure plus tard, puis Lukaku encore lui à la demi-heure de jeu, c’est déjà 0-3. Dominé sur le terrain, le CSKA se procure pourtant quelques occasions mais ne parvient pas à tromper De Gea. La seconde mi-temps est plus serrée, malgré un but de l’Arménien Mkhitaryan à l’heure de jeu, le CSKA trouve enfin le chemin des filets grâce à Kuchaev, qui en profite pour marquer son premier but en tant que joueur professionnel. Insuffisant et décevant, le CSKA devra rebondir avec la réception de Bâle qui n’a fait qu’une bouchée de Benfica, 5-0. Autant dire qu’une autre prestation est attendue, pour croire aux huitièmes de finale ou au moins à la Ligue Europa.

Groupe B : but de Qarabag !

  • Qarabag 1-2 AS Rome
  • Atletico Madrid 1-2 Chelsea

Historique. Pedro Henrique, fraîchement arrivé du PAOK en prêt, vient d’inscrire son nom à l’encre indélébile dans l’histoire du Qarabag FK et de l’Azerbaïdjan, en marquant le premier but de l’histoire du club et du pays en Ligue des Champions ! Dans un stade olympique qui bouillonnait à l’idée de recevoir, pour la première fois aussi de l’histoire, un match de Ligue des Champions, cela n’a malheureusement pas suffi à arracher un résultat face à une équipe italienne qui était, on s’en doutait, encore trop forte pour Qarabag.

Dans un 4-5-1 assez classique, Sehic retrouve sa place dans les cages malgré sa fébrilité lors de la fessée londonienne, tandis que la défense expérimentée Huseynov-Sadygov est reconduite. Agolli est aligné au back gauche, ce qui pousse Rzezniczak sur le banc. Pedro Henrique garde le flanc droit mais Guerrier est remplacé par la jeune pépite Madatov à gauche. Dès la sixième minute, Sehic prouve une nouvelle fois qu’il n’est pas encore rentré dans la compétition, en partant à la pêche au canard sur un corner de Kolarov. Pellegrini la remet directement dans le petit rectangle où malgré quatre joueurs azerbaïdjanais et un gardien un peu perturbé, Manolas place sa tête, 0-1. Au quart d’heure, par contre, Sehic ne peut rien faire sur cette frappe surpuissante de Dzeko, bien isolé par El Sharaawy et mal suivi par Sadygov, qui fait 0-2. Mais l’événement du match, donc, survient à la 28e lorsque Gonalons se fait subtiliser la balle par Ndlovu, Pedro Henrique comprend plus vite que Kolarov ce qu’il se passe et file vers le but, reçoit le ballon afin de libérer tout un stade. Qarabag a marqué ! Toutefois, le reste de la mi-temps est une succession d’occasions romaines sur lesquelles Sehic sauve à plusieurs reprises les siens.

Au cours du second acte, Qarabag tente de sonner la révolte et parvient à mettre une certaine emprise sur le match durant les premières minutes, sans succès cependant. Ensuite, tel un Bezotosniy des grands jours, Sehic devient infranchissable et repousse toutes les tentatives romaines. L’AS Rome tient sa victoire et Qarabag n’arrive pas à renverser la tendance. Encore l’apprentissage, avec ce premier but et une défaite moins large que face à Chelsea. A suivre, la double confrontation avec l’Atletico Madrid, qui a perdu dans les dernières minutes face à Chelsea dans l’autre match du groupe.

Groupe D : la marche était trop haute pour les Grecs

  • Sporting Portugal 0-1 FC Barcelone
  • Juventus 2-0 Olympiakos

Après la terrible déconvenue – ou plutôt l’humiliation – face au Sporting Portugal lors de la première journée, l’Olympiakos avait à cœur de montrer à l’Europe du foot qu’il n’allait pas être la victime expiatoire de ce groupe très délicat. Besnik Hasi viré dans la semaine après la défaite face à l’AEK, c’est Takis Lemonis qu’on retrouvait aux manettes, lui qui a pris l’habitude de remplacer les (nombreux) techniciens étrangers qui se succèdent sur le banc du club du Pirée ces dernières années. Et, même si le score final ne le traduit pas vraiment, les Grecs ont affiché un visage bien différent. La preuve ? Ils tiennent le choc pendant plus d’une heure de jeu face à Dybala et consorts, avec une vraie solidarité collective et une hargne qu’on n’avait pas vues depuis quelques temps.

Mais faute d’avoir bien exploité les rares bons ballons à sa disposition, notamment avec Emenike et Pardo en contre, l’Olympiakos finit par céder. Devant Higuain d’abord, qui, à peine rentré en jeu, s’y reprend à deux fois pour battre un Proto qui avait déjà retardé l’échéance à plusieurs reprises (69′). Devant Mandzukic ensuite, tout heureux de voir le dégagement d’Engels sur la ligne lui rebondir dessus (80′). Alors, cela fait deux défaites en deux rencontres pour l’Olympiakos. Et si celle-là n’a rien de surprenante vu la qualité de l’adversaire, elle peut au moins poser les bases d’un avenir un petit peu meilleur. Ce qui, en soi, n’est déjà pas mal.

Groupe E : l’Otkrytie sourit, Maribor sombre

  • Spartak Moscou 1-1 Liverpool
  • FC Séville 3-0 Maribor

Probablement en confiance après le match nul mérité arraché contre le Spartak lors de la première journée, Maribor entame la rencontre en laissant la balle à l’adversaire tout en prenant des risques en contre et en phase offensive. Les quinze premières minutes montrent même un Maribor très bon dans l’utilisation du ballon. Ce qui débouche sur les tirs dangereux d’Ahmedi et de Tavares à plusieurs reprises. En face, une tête rageuse sévillane est magistralement stoppée par Handanovic. Le match est rythmé et surtout équilibré, à la grande surprise du public sévillan qui commence (déjà) à s’impatienter.

C’est au moment où Maribor commençait à être sûr de son jeu et de ses qualités que la sentence tombe. Correa dribble toute la défense et s’en va servir Ben Yedder comme un valet sert son roi. Derrière, tout s’écroule. Maribor n’ose plus pointer le bout de son nez dehors et ne fait que subir les assauts adverses. Un deuxième but de Ben Yedder achève tout espoir. A ce moment-là, votre rédacteur préféré a fait un rage quit sur son streaming, en allumant rageusement sa partie de Football Manager pour qualifier Maribor en huitièmes de finale.

Dans l’autre match de ce groupe, le Spartak Moscou recevait Liverpool. Les locaux privés notamment de leur meilleur joueur, le Néerlandais Promès, accueillaient les Reds avec une composition très défensive en 5-4-1. Les joueurs sont accueillis à leur entrée par un super tifo du Spartak “Win Or Die” et une ambiance électrique, qui ne va pas baisser en intensité durant la rencontre. Le Spartak prend rapidement l’avantage sur un coup-franc direct de Fernando après une faute de Coutinho juste à l’extérieur de la surface de réparation. (23′, 1-0). Cette ouverture du score intervient à l’encontre du jeu. Cependant, les joueurs de Klopp reviennent rapidement au score, à la 31ème grâce à Coutinho lancé dans la profondeur par Mané (31′, 1-1). Malgré la très forte domination de Liverpool, le score n’évolue plus. Il convient toutefois de noter les trois sorties sur blessures des joueurs du Spartak, le gardien Rebrov remplacé par Alexander Selikhov à la 62ème et Popov remplacé par Melgarejo à la 85ème, ainsi que Samedov remplacé par Pedro Rocha à la 90+3ème. Ce sont trois coups durs pour les Moscovites qui vivent une véritable hécatombe. Avec 36 % de possession et quatre tirs, les locaux s’en sortent bien et prennent un point pour la qualification à l’ Europa League.

Groupe F : City était trop fort

  • Napoli 3-1 Feyenoord
  • Manchester City 2-0 Shakthar Donetsk

En apparence déséquilibré, ce Manchester City – Shakhtar Donetsk constituait un choc des leaders dans le groupe F. Les Anglais avaient démarré leur campagne de Ligue des Champions en écrasant, chez lui, Feyenoord (4-0) tandis que le champion d’Ukraine avait réalisé un petit exploit en battant Naples (2-1). La tâche s’annonçait rude pour le Shakhtar qui alignait son équipe-type, à l’exception de Darijo Srna remplacé dans le onze par Bohdan Butko et dont le brassard de capitaine a été confié à Andriy Pyatov. Privé de Benjamin Mendy, blessé, Manchester City alignait au milieu de terrain le Brésilien Fernandinho, qui s’est révélé aux yeux de l’Europe sous les couleurs du Shakhtar entre 2005 et 2013.

Sans surprise s’agissant d’une équipe entraînée par Guardiola, Manchester City prend l’initiative du jeu dès les premières minutes sans pour autant réellement inquiéter la défense ukrainienne, qui réalise un modèle de match défensif. C’est même le Shakhtar Donetsk qui se procure la première véritable opportunité du match par l’intermédiaire de Marlos, dont le tir enroulé du pied gauche est repoussé par Ederson (32’). La réplique mancunienne est l’œuvre de Leroy Sané, dont le tir croisé passe à un rien du poteau de Pyatov. À la pause, les hommes de Paulo Fonseca, bien en place tactiquement, tiennent le 0-0, un résultat très positif.

Manchester City reprend le cours de sa domination en deuxième période face à un Shakhtar toujours appliqué à défendre très bas. La muraille finit cette fois par craquer assez rapidement : la défense est trop focalisée sur David Silva au moment où ce dernier est placé à gauche de la surface de réparation. Le capitaine des Sky Blues parvient à trouver légèrement en retrait un Kevin De Bruyne, libre de tout marquage. Grossière erreur car le Belge est un spécialiste des frappes de loin : son tir enveloppé, d’une pureté rare, finit au fond des filets, laissant Pyatov sans réaction (48’). Dès lors, il n’y a véritablement qu’une seule équipe sur le terrain. Andriy Pyatov doit s’employer devant Sergio Agüero pour éviter que Manchester City ne double la mise (58’), remportant la première étape du duel qui l’oppose à l’attaquant argentin. La deuxième arrive à la 71ème minute : Leroy Sané est bousculé par Ordets dans la surface de réparation, provoquant un penalty pour le club anglais. Sergio Agüero a au bout du pied le but du 2-0, accessoirement celui qui lui permettrait de devenir le meilleur buteur de l’histoire de son club, mais il voit Pyatov repousser son tir. Le 2-0 finit par tomber en fin de rencontre par l’intermédiaire de Raheem Sterling, bien servi par l’entrant Bernardo Silva (90’).

De manière logique, Manchester City s’impose 2-0 face au Shakhtar Donetsk. Le champion d’Ukraine aura tenu un peu plus d’une mi-temps avant de craquer. Il reste néanmoins en course pour la qualification. Dans l’autre rencontre, Naples a largement battu Feyenoord (3-1). Sans Arkadiusz Milik, gravement blessé et qui a eu droit à l’hommage de ses coéquipiers avant et pendant le match, mais avec Marek Hamšik capitaine, Maksimović titulaire, Rog et Zieliński sur le banc, le club italien a ouvert le score dès la 7ème minute par Insigne. Mertens (49’) puis Callejón (70’) ont alourdi la marque en seconde période avant qu’Amrabat ne réduise le score dans les arrêts de jeu de la seconde période. Manchester City est seul leader du groupe avec six points devant le Shakhtar Donetsk (trois points), qui devance Naples à la différence particulière. Feyenoord, avec zéro point, est dernier.

Groupe G : Leipzig encore trop tendre

  • AS Monaco 0-3 FC Porto
  • Besiktas 2-0 RB Leipzig

Le match entre le Besiktas et le RB Leipzig a fait la une des sites internet internationaux le lendemain matin du match. Pas pour le match en lui-même, mais pour l’ambiance turc qui a rendu malade Timo Werner. Werner est sorti à la demi-heure jeu, remplacé par Klostermann – un défenseur -, un changement étrange alors que le club de Bundesliga était mené. L’attaquant allemand souffrait en fait de problèmes de circulation et avait du mal à respirer malgré les boules Quies qu’il avait demandés peu avant sa sortie. « Une atmosphère assourdissante, confirmait Ralph Hasenhüttl après la rencontre. C’était un peu trop pour certains. »

Une sale soirée pour le RasenBallsport puisque si ça n’allait pas très bien dans les têtes, ça n’a pas été mieux avec les pieds. Dominés d’entrée de jeu, les Allemands encaissent très vite un premier but de l’ancien joueur de Bundesliga, Ryan Babel, bien servi en retrait par Tosun (11′). Le Besiktas rajoute un deuxième but juste avant la mi-temps alors que Leipzig ne s’est pas montré très dangereux. Talisca reprend de la tête un centre de Quaresma alors que Ilsanker est trop court (43′). La deuxième mi-temps est à sens unique pour Leipzig, mais il manque aux Allemands le réalisme qu’un Timo Werner aurait pu apporter. Battu dans les deux zones de vérité, Leipzig est encore trop tendre à ce niveau. Pour le moment.

Groupe H : Rien Harry dire

  • APOEL 0-3 Tottenham
  • Dortmund 1-3 Real Madrid

Déjà battu 3-0 à Madrid il y a deux semaines, l’APOEL a reçu la même facture de la part de Tottenham au stade GSP. La faute à un Harry Kane toujours aussi clinique, qui évite soigneusement le piège du hors-jeu à la 39e pour marquer suite à une longue passe d’Alderweireld qui transperce, d’un geste, l’entièreté du 4-5-1 déployé par Donis. C’est dur pour l’APOEL qui avait touché coup sur coup la barre transversale, sur un tir puissant de De Camargo, puis le petit filet avec la tentative de Lago, peu après le quart d’heure de jeu. Quelques minutes avant l’ouverture du score, c’est Lloris qui a fait frissonner tout un stade avec une sortie aux pâquerettes qui a failli profiter à Sallai.

Au retour des vestiaires, Sallai a une nouvelle opportunité suite à une déviation astucieuse de De Camargo, mais son tir est bien capté par Lloris. A l’heure de jeu, Kane s’offre son second doublé d’affilée en Ligue des Champions, en reprenant calmement du plat du pied un centre en retrait de Sissoko. Mais pourquoi en marquer deux quand on peut en mettre trois ? Quelques minutes plus tard, encore oublié par une défense chypriote assez statique, Kane place une tête imparable pour le 0-3. La note est salée pour l’APOEL au vu des grosses occasions qu’ils se sont procurés, cependant ils ont pu apprécier à sa juste valeur le talent d’Harry Kane et de l’équipe de Pochettino, qui se glisse en tête du groupe H en compagnie du Real Madrid. La double confrontation entre l’APOEL et Dortmund, tous deux scotchés à la dernière place avec 0 points, sera décisive pour la troisième place synonyme de Ligue Europa.

La rédaction de Footballski


Image à la une : © TOFIK BABAYEV / AFP

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La Syldavie gagnera l’Euro 2020. Folie sur la PMAN.

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