Ligue des Champions 2017/2018 – 1ère journée

Pierre Vuillemot
Pierre Vuillemot - Publié le 14 septembre 2017

Fortunes diverses pour nos clubs lors de cette première journée de la phase de groupes de la Ligue des Champions 2017/2018. Petit retour sur ce début d’épopée.

Groupe A : le CSKA débute idéalement

  • Benfica 1-2 CSKA Moscou
  • Manchester United 3-0 Bâle

Cela faisait des lustres que le CSKA Moscou n’avait pas réussi son entrée dans la compétition reine. Habitué à la dernière place du groupe depuis un bon paquet d’années, le club moscovite a déjoué les pronostics en s’imposant sur la pelouse d’un Benfica qui vise une place en 8èmes de finale. Comme souvent en Ligue des Champions, le CSKA a longtemps été dominé mais su tenir toute la première période ! On pouvait alors penser que le plus dur était fait mais les joueurs portugais ont ouvert le score dès le début de la seconde période par l’intermédiaire de Seferovic. Dos au mur après avoir résisté une bonne partie du match, le CSKA a réagi très rapidement et a égalisé par l’intermédiaire de Vitinho sur pénalty. Toujours à la recherche de poids offensivement, le club russe s’est offert le luxe de prendre les commandes grâce à Zhamaletdinov, le petit jeune entré quelques minutes auparavant en profite pour marquer son premier but en C1, quelques jours après avoir ouvert son compteur en RPL. La suite était prévisible, le CSKA a mis le bus et obtenu un résultat extrêmement précieux dans la course à la troisième place, voire la seconde si ils chahutent Manchester United dans deux semaines.

Groupe B : apprentissage à la dure pour Qarabag

  • Chelsea 6-0 Qarabag
  • AS Rome 0-0 Atletico Madrid

Pour sa première grande sortie en Ligue des Champions, les joueurs du Qarabag en ont pris plein les yeux, et plein leur but aussi. Face à un Chelsea appliqué et désireux de bien rentrer dans sa compétition, les champions azerbaïdjanais ont subi un premier quart d’heure cartésien horrible en encaissant cette frappe assez puissante de Pedro sur un corner mal défendu. Zappacosta s’est ensuite présenté à son nouveau public d’un centre-tir très astucieux pour faire le 2-0 dès la demi-heure. En deuxième période, sur un nouveau corner, Fabregas envoie un délice de centre de l’extérieur et Azpilicueta marque le troisième d’une tête facile. Le 4-1-4-1 de Gurbanov avec Guerrier à gauche et le nouveau venu Henrique à droite, prend complètement l’eau. En deuxième période, Bakayoko, sur une déviation, Batshuayi d’un tir puissant à l’entrée de la surface, puis un but contre son camp de Medvedev dans les arrêts de jeu apportent une note très salée pour Qarabag : 6-0 score final. La différence était tout simplement trop grande entre les deux équipes, entre un ogre du football mondial et un petit poucet déjà tout heureux de figurer parmi les 32 meilleures équipes d’Europe. Le dénominateur commun de chacun des buts est le fait que le gardien Sehic se trouvait plus ou moins sur la trajectoire à chaque fois, autant dire qu’il est fautif et que sa prestation peut être qualifiée de catastrophique. Voire d’indigne, puisque la première décision prise par le coach après ce match est son renvoi pour quelques semaines dans le noyau B.

Heureusement, dans la course pour la deuxième place, Qarabag ne se retrouve qu’à un point de la Roma et de l’Atletico Madrid, qui se sont neutralisés 0-0 en Italie. Les Romains se déplaceront à Bakou pour le premier match à domicile du Qarabag en Ligue des Championsn, dans un stade olympique sans doute bondé et très bruyant.

Groupe D : frustrante défaite pour l’Olympiakos

  • Olympiakos 2-3 Sporting Portugal
  • FC Barcelone 3-0 Juventus

Dans cette poule de la mort, où figurent le Barça et la Juventus Turin, l’Olympiakos recevait ce qui ressemble à son concurrent le plus abordable dès l’entame de la Ligue des Champions. Mais l’entame du match, elle, fut catastrophique ou scandaleuse, c’est au choix. Doumbia de la tête (2e) puis Martins en contre (13e) venaient tuer l’affaire en moins d’un quart d’heure, tandis que juste avant la pause, Bruno Fernandes alourdissait encore un peu plus le score  (43e). Et cela aurait même pu être pire, sans le poteau et la barre transversale. Dépassés en défense, où Romao n’est pas à l’aise dans un poste qui n’est pas le sien, les hommes de Besnik Hasi ont subi de plein fouet la vivacité et la technique portugaise, sans jamais exister offensivement, à l’image d’un Fortounis transparent (et remplacé à la pause) et d’un Djurdjevic encore trop tendre. Le visage affiché en deuxième mi-temps, notamment grâce au Colombien Felipe Pardo, fut plus en adéquation avec les prérequis de cette compétition. Son doublé trop tardif (89e et 93e) ne sert qu’à ajouter de la frustration à la soirée : passé à côté du sujet, l’Olympiakos démarre mal. Très mal. Et le calendrier n’incite guère à l’optimisme.

Groupe E : match nul logique à Maribor

  • Maribor 1-1 Spartak Moscou
  • Liverpool 2-2 FC Séville

Maribor fait un peu figure d’ovni dans cette Ligue des Champions. Comme un naufragé qui aurait échoué dans une cour de la haute bourgeoisie, remplie de mondains de Paris, Londres, Munich, Moscou. Et pourtant, n’en déplaise aux mafieux à la tête de l’UEFA, il va falloir faire avec ce petit poucet qui ne va pas leur rapporter grand-chose. Maribor est bien l’équipe avec le stade le plus petit et le budget le plus faible (53 fois moins que le Real) de tous les participants à la compétition. Sa côte pour remporter le trophée est de 1/2000 mais peu importe, le papier est le papier et le terrain est une autre histoire.

800 Russes s’étaient déplacés avec un objectif, la victoire, afin de ne pas compromettre leurs chances pour la qualification. Du côté de Maribor, l’objectif était le même, considérant que le Spartak était prenable. L’optimisme n’était bien entendu pas non plus de mise car les fans de Maribor n’ont jamais eu la chance de vibrer sur un succès de leurs protégés lors des douze derniers matchs européens. Mais le capitaine Tavares était bien décidé à marquer encore plus l’histoire de Maribor en écrivant le premier succès du club en Ligue des Champions de son histoire. Le problème, c’est qu’offensivement, l’équipe de Darko Milanic est assez stérile bien que solide défensivement.

La composition de départ ne surprend personne. La défense est toujours la même avec Viler à gauche, l’excellent Milec à droite (revenu au club cet été après un passage au Standard) et Rajcevic-Suler en charnière. Du 100% slovène, vous le remarquez. Vrhovec et Kabha sont en sentinelle tandis que Bohar et Bajde occupent les ailes. En attaque c’est Tavares qui assume le rôle de pointe, Zahovic étant blessé. Le stade rempli de pourpre est fin prêt. Prêt à supporter les siens et à devenir le treizième homme.

Porté par ce public exceptionnel, Maribor commence pied au plancher à l’image de ce tir de Martin Milec dès la 30ème seconde. Les 15 premières minutes sont à sens unique et les Viole se procurent trois nouvelles occasions, sans concrétiser. La minute suivante marque une tentative osée des supporters du Spartak qui balancent un fumigène à destination de l’arbitre que celui-ci évite d’une esquisse. Particularité, les fumigènes a volé sur 50 mètres, arrêtant son parcours sur la ligne médiane ! Le lancer au javelot est démodé, place au lancer de fumigène.

Le jeu arrêté quelques minutes semble être arrêté plus longtemps Les joueurs n’arrivent pas à revenir dans le match jusqu’à la 26ème minute et une occasion du Spartak. Escenko oublié à droite tire, hors cadre. Une minute après, c’est Promes qui tente sa chance et manque de surprendre Handanovic. Le rythme se fait de plus en plus haut et Damjan Bohar frappe la barre pour Maribor. Mtija Viler en pleine confiance essaye un ovni impossible à mettre.

La reprise voit deux occasions incroyables, une de chaque côté. Samedov pour le Spartak, Bohar pour Maribor. Les deux joueurs manquent de précision. Ce n’est que partie remise puisque les deux marqueront quelques minutes plus tard. Samedov en premier lieu reprend en renard une frappe de Fernando mal repoussée par Handanovic. Bohar ensuite, oublié sur la gauche qui convertit d’une lourde frappe croisée un bon ballon de Kramaric, dont l’entrée à la place du fantôme Ahmedi a été fondamentale. Le Spartak, au lieu d’être plus serein après son but, recule et tremble jusqu’à l’égalisation. Le public et le banc de Maribor sautent dans tous les sens. On sent alors une fin de match au couteau mais rien de plus ne se passe malgré un nouveau beau tir croisé de Bohar, pas loin du doublé.

Maribor empoche 500 000€ et un point dans la course à la troisième place. La belle performance est confirmée par des statistiques qui sont plutôt en faveur des Viole. Les tirs de 13 à 11, cadrés 6 à 4 et corners 7 à 1. Non, Maribor est loin d’être un intrus dans cette Champions League. Bien au contraire.

Groupe F : sensationnel Shakthar !

  • Shakhtar Donetsk 2-1 Napoli
  • Feyenoord 0-4 Manchester City

Face à un Napoli partant favori, le Shakhtar Donetsk a pourtant su déjouer les pronostics dans un match animé et maîtrisé par les hommes de Paulo Fonseca. Si les premières actions dangereuses sont italiennes, c’est finalement le Shakhtar qui débute la partie de la meilleure des façons, sur sa première action chaude, à la 15e, avec une magnifique transition et action collective sur un côté droit emmené par le légendaire capitaine Darijo Srna. Une action d’école conclue par une frappe à l’entrée de la surface du Brésilien Taison. Le Shakhtar réalise une entame parfaite et sait gérer la suite des événements, malgré une succession d’actions offensives napolitaines, notamment du côté d’Insigne et du métronome Hamsik. Mais rien n’y fait, les Ukrainiens tiennent bons et même mieux que ça.

La seconde période débute une nouvelle fois sur des bases solides pour les hommes de Fonseca qui, une dizaine de minutes après le début de celle-ci, scorent un second but, signé Ferreyra, après une belle bourde de Pepe Reina. Le stade s’embrasse, le Shakhtar réalise une entame parfaite. Si la rentrée de Mertens vient modifier complètement l’animation offensive napolitaine, avec un penalty obtenu – et transformé – par ce dernier à la 70e, Paulo Fonseca a parfaitement réussi son coup en s’appuyant sur une équipe solide et capable d’exploiter les failles défensives napolitaines pour s’imposer lors de ce premier match au sommet. De bonne augure pour le reste de la compétition.

Groupe G : débuts prometteurs pour Leipzig

  • RB Leipzig 1-1 AS Monaco
  • FC Porto 1-3 Besiktas

On en a beaucoup parlé, beaucoup l’attendaient, c’est fait. Le RB Leipzig est officiellement européen ! Et autant le dire, ce match fut terne. Une foule d’occasions loupées, un premier but après 30 minutes de jeu pour les Allemands de l’Est succédant à une égalisation monégasque quelques minutes plus tard. Rien de bien beau, mais le point du match nul est important pour les visiteurs qui, contrairement à certains dires, n’ont pas eu facile face à ce RB Leipzig. Prochain déplacement des joueurs est-allemands dans un Kartal Yusavi surchauffé pour y affronter le Besiktas !

Groupe H : logique respectée à Madrid

  • Real Madrid 3-0 APOEL Nicosie
  • Tottenham 3-1 Dortmund

Le déplacement à Madrid pour l’APOEL s’annonçait compliqué pour ce premier match en phase de groupe de Ligue des Champions. Après trois ans jour pour jour, les joueurs chypriotes redécouvraient cette compétition mardi face au champion en titre, le Real Madrid. Dès le coup d’envoi donné par l’arbitre français Benoit Bastien, c’est les madrilènes qui dominent logiquement. Et le premier but ne se fait pas attendre. A la onzième minute, sur une relance offensive ratée de l’APOEL, le Real Madrid recupère la balle et monte en attaque. Sur une longue passe dans la surface de réparation, Gareth Bale trouve au second poteau Christiano Ronaldo qui inscrit le premier but. Par la suite, les joueurs locaux vont de nouveau se montrer dangereux à plusieurs reprises mais la défense chypriote reste en place. L’APOEL ne se contente pas de dégager la balle mais essaye tant bien que mal de construire un jeu et cherche des occasions offensives à l’image de cette frappe de Roberto Lago de trente mètres détournée en corner par le gardien du Real Keylor Navas.La première période s’achève avec un but en faveur du club local.

De retour des vestiaires, le Real Madrid étouffe déjà le club de Nicosie. A la 52e minute, sur un centre madrilène, le défenseur espagnol de l’APOEL Roberto Lago semble toucher le ballon de l’épaule mais l’arbitre montre le point de pénalty. Un pénalty qui sera transformé par l’homme fort du Real Madrid Christiano Ronaldo. Après ce but, l’APOEL joue plus relâché et se risque davantage en se créant des occasions offensives mais aucunes n’aboutissent. Le défenseur madrilène Sergio Ramos finira par marquer le troisième but de la rencontre, grâce un superbe retourné qui trompe le gardien de l’APOEL Boy Waterman. Une défaite logique mais encourageante pour l’APOEL Nicosie qui a fait de grands efforts en défense. Pas assez malgré tout pour espérer contenir une des meilleures attaques du monde.

La rédaction de Footballski


Image à la une : © Danil Shamkin / NurPhoto via AFP Photos

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