Ligue des Champions 2017/2018 – 6ème journée

Thomas Ghislain
Thomas Ghislain - Publié le 7 décembre 2017

Voici enfin l’épilogue de la phase de poules de la Ligue des Champions 2017/2018. Retour sur les rencontres de nos équipes, entre grosses claques et immenses joies, et sur les bilans provisoires que l’on peut en tirer.

Groupe A : Le CSKA jouera l’Europa League

  • Benfica Lisbonne 0-2 Bâle
  • Manchester United 2-1 CSKA Moscou

Il fallait un petit exploit pour le CSKA Moscou si le club moscovite voulait disputer les huitièmes de finale de la Champion’s League. Le club de l’armée rouge se devait de faire un meilleur résultat que Bâle pour pouvoir se qualifier. Sur la pelouse d’un Manchester United déjà assuré de finir premier, le CSKA a eu beaucoup de mal à développer son jeu et à comme toujours reposé sur un seul homme, Igor Akinfeev. Le portier a longtemps repoussé les offensives de Lukaku, le CSKA tient et va même créer la surprise en ouvrant le score sur une frappe de Vitinho contrée par Dzagoev. Les supporters se croient à rêver, mais United est bien décidé à remporter le match et va détruire les espoirs moscovites en deux minutes; Lukaku et Rashford vont marquer deux buts en deux minutes et envoient le CSKA en Europa League. Malgré la défaite le CSKA n’a pas été ridicule et pour la première fois depuis bien longtemps, le CSKA connaîtra le printemps européen avec l’Europa League. Car dans le même temps Bâle assure sa seconde place avec une victoire à Lisbonne. Le Benfica accompagne l’OM dans son beau record de zéro point en phase de groupes.

Groupe C : Qarabag a vu Rome sans la vaincre

  • Chelsea 1-1 Atletico Madrid
  • AS Roma 1-0 Qarabag

2 bouts pour, 14 contre, 2 points et une 4e place finale. Le bilan reste lourd dans les chiffres, mais hormis les deux raclées prises contre Chelsea (6-0 et 0-4), Qarabag n’a pas à rougir de ses performances face aux deux autres équipes. Ce mardi, étant donné que la Roma jouait encore sa qualification pour les 1/8e au coup d’envoi, les joueurs azerbaïdjanais ont bien profité de l’air pur de la ville Éternelle et des plaisirs qu’elle offre avant de plonger sous apnée pour l’assaut romain de 90 minutes qui se profilait. La défense de Qarabag est bel et bien assaillie, mais les Romains se montrent trop maladroits, et Sehic très attentif, pour que le score reste vierge à la mi-temps. Ndlovu et Almeida ont l’occasion de tirer au but sur des contres, cependant leurs envois sont sans danger.

La pression revient d’autant plus forte en seconde mi-temps avec un premier tir de Nainggolan, capté facilement par Sehic, puis cette percée de Perotti qui trouve Dzeko, dont l’envoi à bout portant est dévié par le portier bosnien, avant que le même Perotti ne place sa tête sur le rebond. La Roma ouvre méritoirement le score, le dispositif très défensif mis en place par Gurbanov est brisé pour la première fois. Les envois de loin de Nainggolan, Dzeko puis Kolarov sur coup franc obligent Sehic à s’employer. À la 82e, Guerrier, placé arrière gauche, se retrouve une fois n’est pas coutume près du poteau de corner pour envoyer un centre sur la tête d’un Michel Michel étrangement seul, malheureusement son essai est en plein sur le gardien romain! Kolarov oblige Sehic à se coucher une dernière fois après un numéro solo sur son côté gauche, mais le score en reste là. La Roma a outrageusement dominé la rencontre pour ne gagner qu’1-0, suffisant toutefois pour se qualifier pour les 1/8e, en tant que premier du groupe qui plus est, après le match nul 1-1 entre Chelsea et l’Atletico.

Qarabag dit au revoir au Colisée et rejoint les étoiles de la Ligue des Champions une dernière fois avant d’atterrir à Bakou. Le club ne pouvait rêver mieux comme tirage et a fait bien plus que se défendre, avec deux nuls contre l’Atletico et des défaites étriquées contre la Roma. Qarabag semble avoir énormément appris et progressé comparé à ses dernières campagnes de Ligue Europa. Nul doute qu’un printemps européen est très proche pour les Azerbaïdjanais.

Groupe D : L’Olympiakos par la petite porte

  • Olympiakos 0-2 Juventus
  • Barcelone 2-0 Sporting

Il était temps que l’aventure européenne se termine pour l’Olympiakos. Avec un point au compteur, l’équipe grecque était, de toute manière, déjà éliminée au coup d’envoi. Mais on espérait quand même voir un léger sursaut d’orgueil de joueurs jusque-là bien décevants. Il n’en fut rien. La faute à un but rapide de Cuadrado au quart d’heure de jeu, qui venait sanctionner un errement défensif de plus. La faute, surtout, à un Olympiakos apathique, qui n’a jamais été capable de mettre en danger une Juventus (sauf sur une tête de Djurdjevic et un quasi-CSC de Rugani) qui n’a guère eu à forcer pour venir s’imposer au Karaiskakis. Le deuxième but de Bernardeschi dans les dernières minutes était un peu anecdotique, finalement : l’Olympiakos n’était pas au niveau, tout simplement. Comme une confirmation que le foot grec ne se porte pas bien. Et que son étendard va devoir faire de gros changements s’il veut un jour revenir dans cette phase de poule.

Groupe E : Hum hum

  • Liverpool 7-0 Spartak Moscou
  • Maribor 1-1 Séville

Aux abords de cette dernière journée de Champions League, ce groupe E restait indécis. Le Spartak, troisième à deux points du FC Séville devait réaliser un exploit en s’imposant à Anfield face à Liverpool et espérer un coup de Maribor contre Séville. Confiants après leur belle victoire contre le Zenit (3-1) et Arsenal Tula (1-0), les rouges et blancs se voyaient capables de soulever des montagnes.

Mais il n’en fut rien. Pas besoin de résumer ce match action par action tant il n’y a pas eu de match ! Le Spartak n’a même pas eu le temps d’espérer créer la sensation, se retrouvant à 3-0 au bout de la 20e minute. Un doublé de Coutinho (4e sur penalty et 15e) suivi d’un but de Firmino à la 19e ont fait exploser une défense totalement en désordre ! La paire Eschenko/Dzhikiya (posté à gauche pour remplacer Kombarov blessé) a prouvé hier, s’il était encore nécessaire de le faire, ses difficultés récurrentes sur les côtés. Et comme la charnière semblait elle aussi perdue, les Reds se sont littéralement baladés. Le manque d’envie n’était pas le problème, ni même le penalty qui a plombé rapidement le suspense. C’est juste une différence de niveau énorme entre les deux équipes qui explique cette déconvenue. Le 0-0 du match aller ne fut le résultat que d‘une défense acharnée des Moscovites et d’une chance incroyable face aux nombreuses attaques des Anglais. Or hier soir, le Spartak s’est découvert, voulant faire le jeu, sachant qu’une victoire était la seule solution pour espérer continuer dans la compétition reine. Mais ils ont oublié le point fondamental du football, à savoir l’équilibre de l’équipe. Avec une défense en mode bérézina, une attaque incapable de se procurer des occasions et un milieu prenant l’eau, le Spartak n’a fait qu’errer sur le terrain, totalement désordonné.

Et ça ne s’est pas arrangé en deuxième période puisque les Reds ont ajouté quatre autres buts par Mane (47e, 76e), Coutinho (50e) et Salah (86e). L’envie n’y était plus côté Spartak qui attendait que la correction cesse. Les rouges et blancs signent là la plus grosse défaite de l’histoire des clubs russes en Champions League, battant ainsi le record du CSKA contre l’OM en 1992 (6-0). Une page de l’histoire que les supporters du Spartak auraient bien voulu éviter, eux qui se sont montrés fantastiques dans les tribunes durant tout le match ! Eux avaient le niveau Ligue des Champions.

Le Spartak se retrouve au final troisième du groupe et est donc reversé en Europa League. Objectif atteint malgré le regret d’être passé à côté de la qualification, non pas hier soir, mais lors des deux confrontations contre Maribor (1-1 deux fois). Le calendrier empêche les rouges et blancs de gamberger en retrouvant dès dimanche pour le dernier match de l’année, le CSKA pour un derby ultra-bouillant !

Il fallait bien être à Ljudski Vrt ce 6 décembre 2017 malgré un mercure de 2 degrés en dessous de 0. Maribor a effectué sa meilleure prestation de la saison et a bien dérangé un Séville qui avait besoin de points pour s’assurer de sa qualification. Le jeu slovène, en contre, a été efficace grâce aux ailiers percutants troublant des défenseurs sévillans peu sereins.

Pour finir en beauté une campagne jusque là correcte, Maribor voulait faire bonne figure devant son public. Et a effectivement tout donné pour remporter la victoire, loin de la prestation du match aller. À la 10e minute, Martin Milec réalise un numéro exceptionnel sur son côté avant de faire un centre pas moins beau pour le buteur Marcos Tavares qui signe son premier but en Champions League à 33 ans. Lui, le héros du club, meilleur buteur de l’histoire de la prva liga, inscrit enfin son premier but dans la compétition reine ! Et les Espagnols pouvaient se satisfaire de terminer la mi-temps à seulement 1-0 vu les occasions manquées de Tavares, Bohar et Pihler. La mi-temps est sifflée et on voit la joie sur le visage des joueurs de Maribor et du public scandant « Mi Smo Maribor » à plein poumon jusqu’au retour des joueurs au vestiaire. La seconde période est favorable aux Sévillans. Les violets tiendront l’avantage jusqu’à la 75e minute. À ce moment-là, le héros du match, le gardien Jasmin Handanovic, commet une vilaine erreur évitant aux Espagnols un départ honteux de Slovénie.

Du côté de Maribor, on est satisfait. Du match nul contre une bonne équipe de Séville et des trois points au total, mais surtout du prix de l’UEFA : 17 millions d’euros pour cette campagne de Ligue des Champions, bénéfice record pour le club !

Groupe F : Le Shakhtar passe !

  • Shakhtar Donetsk  2-1 Manchester City
  • Feyenoord Rotterdam 2-1 Napoli

Battu à Naples lors de l’avant-dernière journée des poules (0-3), le Shakhtar Donetsk avait grillé un joker, mais il avait toujours son destin en main pour atteindre les huitièmes de finale de la Ligue des Champions. Pour cela, il devait prendre un point au minimum, le tout à domicile (enfin, à Kharkiv). Le nom de l’adversaire ? Manchester City, leader du groupe, déjà qualifié tout en étant assuré de terminer en tête et accessoirement leader invaincu de la Premier League. Un club du reste coaché par Pep Guardiola, un entraîneur qui, que ce soit avec le Barça, le Bayern ou même Manchester City à l’aller (victoire 2-0) a souvent été très en réussite face au champion d’Ukraine. En bref, la mission s’annonçait très difficile.
Face à un Shakhtar Donetsk qui alignait son équipe type, Manchester City avait un peu fait tourner, mais au vu de la densité de son effectif, le onze aligné restait compétitif : Mangala, Danilo, Gündoğan, Yaya Touré, Bernardo Silva ou encore Gabriel Jesus étaient alignés aux côtés de certains titulaires habituels. L’ancien du Shakhtar, Fernandinho portait quant à lui le brassard de capitaine tandis qu’Oleksandr Zinchenko, le local de l’étape, ne figurait même pas sur la feuille de match.

Poussé par un stade de Kharkiv plutôt bien rempli (33 000 spectateurs), le Shakhtar Donetsk se montrait conquérant d’entrée de jeu et se procurait les premières occasions. Fernandinho contrait, peut-être de la main, un tir de Stepanenko (7’) avant qu’Ederson ne s’interpose devant Marlos, bien servi par Taison (21’). Les bonnes intentions ukrainiennes allaient être récompensées à la 26e minute. Décalé à gauche de la surface de réparation, Bernard envoyait un amour de frappe enroulée se loger dans la lucarne d’Ederson pour l’ouverture du score. L’exploit était en marche et les huitièmes de finale en vue. Cette ouverture du score n’incitait pas le Shakhtar à reculer pour autant : Bernard manquait d’un rien de s’offrir le doublé, mais le Brésilien butait sur son compatriote Ederson (28’) avant qu’un autre Brésilien, Ismaily, ne double la mise à la 32e minute. Lancé dans la profondeur par Marlos, l’arrière gauche du Shakhtar profitait d’une sortie hasardeuse du gardien citizen pour s’emparer du ballon et le glisser au fond du but vide. Le Shakhtar Donetsk entrevoyait à ce moment-là plus que jamais les huitièmes de finale. 2-0, tel était le score, logique, à la pause.

La deuxième mi-temps se déroule sur un rythme un peu plus tranquille entre un Shakhtar désireux de ne pas forcer et un Manchester City qui n’avait rien à jouer. Les entrées côté anglais de Brahim Díaz puis d’Agüero redonneront de l’allant aux hommes de Guardiola. Le premier cité débordera pour trouver Gabriel Jesus dont le tir terminait sa course sur le poteau de Pyatov (79’) avant que le second ne transforme en force un penalty obtenu par Gabriel Jesus en toute fin de rencontre (90’+2). Ce but sera sans conséquence pour le Shakhtar Donetsk qui aura réalisé l’exploit de s’imposer (2-1) face à Manchester City, infligeant à ce dernier sa première défaite de la saison toutes compétitions confondues. Les hommes de Paulo Fonseca, qui a fêté la qualification en arborant un déguisement de Zorro en conférence de presse, sont qualifiés pour les huitièmes de finale, une première depuis la saison 2014/2015.

Dans l’autre rencontre du groupe, Naples a très rapidement ouvert le score sur le terrain de Feyenoord grâce à Zieliński (2’). Dès lors, une sixième défaite en autant de matchs pour les Néerlandais semblait inévitable face à des Napolitains contraints de s’imposer tout en espérant une victoire de Manchester City du côté de Kharkiv. Il n’en sera rien : Nicolai Jørgensen égalisera à la 33e minute pour Feyenoord. Bien que réduit à dix après l’expulsion de Vilhena (83’), le champion des Pays-Bas parviendra à arracher la victoire dans les arrêts de jeu de la seconde période grâce à un but de St. Juste (90’+1). Grâce à ce succès (2-1), Feyenoord termine dignement sa campagne de Ligue des Champions. Pour Naples, cette défaite n’a que peu de conséquences étant donné que le résultat du match Shakhtar Donetsk – Manchester City ne lui permettait pas d’envisager une qualification même en cas de victoire. Les Italiens devront se contenter de la Ligue Europa..

Groupe G : RB Leipzig jouera l’Europa

  • RB Leipzig 1-2 Besiktas
  • FC Porto 5-2 AS Monaco

Au cours d’un match équilibré, le RB Leipzig a subi la loi du leader incontesté de ce groupe G, le Besiktas qui termine premier en ayant remporté tous ses matchs à l’extérieur. Cette fois-ci, Negredo a tôt fait de donner l’avantage aux Turcs sur un penalty bêtement concédé par Orban, dès la 10e minute de jeu. Plusieurs tentatives du Leipzig sont ensuite bloquées par Zengin, le poteau ou des hors-jeu, jusqu’au rush extraordinaire de Naby Keita, à trois minutes du terme, pour l’égalisation. Mais pendant que Porto mettait une fessée à Monaco, la victoire ne permettait de toute façon pas d’accrocher le wagon des huitièmes de finale. Talisca vient doucher les espoirs allemands quelques minutes plus tard sur un centre anodin, permettant ainsi au Besiktas de finir sur une victoire dans un groupe qu’ils ont dominé. Pour le RB Leipzig, tout n’est pas à jeter pour cette première participation et l’aventure européenne continue, ce qui n’est pas négligeable pour la Bundesliga qui n’a déjà plus que trois clubs en lice en Coupes d’Europe.

Groupe H : le trou de souris pour l’APOEL

  • Real Madrid 3-2 Borussia Dortmund
  • Tottenham 3-0 APOEL

L’espoir était permis du côté de l’APOEL pour une troisième place, synonyme de qualification en Europa Ligue. Il leur suffisait de ramener au moins un point de Londres et espérer une défaite de Dortmund qui jouait au même moment face au Real Madrid. Mais les choses ne sont pas passées comme prévu pour les Chypriotes. Bien meilleur depuis le début de la rencontre, Tottenham ouvre logiquement le score à la 20e minute par l’intermédiaire de Llorente, avant de doubler la mise huit minutes avant la pause.

En seconde période, l’APOEL cherche à se montrer plus dangereux à travers un tir dangereux de Vouros ou d’Ebecilio qui étaient tout proche de réduire le score. Mais le club anglais finira par enterrer tout espoir chypriote à 80e minute lorsque G-K Nkoudou marquera le troisième but pour son équipe. À l’issue de ce match, l’APOEL a été éliminé de ce groupe H malgré deux matchs nuls mémorables face au Borussia Dortmund.

La rédaction Footballski


Image à la une : © twitter.com – @FCShakhtar_eng

Ligue des Champions 2017/2018 – 6ème journée
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La Syldavie gagnera l'Euro 2020. Folie sur la PMAN.

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