Ligue des Champions 2016/2017 – 6ème journée

Rostov-Team
Rémy Garrel
Rémy Garrel - Publié le 10 décembre 2016

Fin de la phase de poules ce mercredi soir avec un bilan mitigé pour les clubs de l’Est qui ne sont pas parvenus à se hisser en huitièmes de finale. L’aventure européenne se poursuivra tout de même pour le Ludogorets Razgrad, le Legia Varsovie ainsi que le FK Rostov. Retour sur cette dernière soirée de C1 avec notamment la victoire historique du Legia et le festival du Dynamo Kiev.

Groupe A : Razgrad accroche le PSG

  • FC Bâle 1-4 Arsenal
  • Paris Saint-Germain 2-2 Ludogorets Razgrad

L’objectif du côté des Bulgares était clair : tout tenter pour prendre au moins un point et passer devant Bâle et ainsi décrocher la troisième place qualificative pour l’ Europa League. Les hommes de Dermendzhiev se présentaient avec un 4-2-3-1 classique avec Stoyanov dans les buts, Moti et Plastun en défense centrale, Dyakov et Anicet en double pivot, Cafu à la pointe de l’attaque. Keseru est lui sur le banc. D’ailleurs l’équipe de Footballski était présente dans les travers du Parc pour ce match avec une équipe bien de chez nous.

Le match a démarré avec une minute de silence en hommage au club de Chapocoense. La première occasion est pour le PSG avec une frappe du droit de Lucas relâchée par Stoyanov puis reprise par Cavani du gauche mais repoussée par le gardien bulgare du pied. Nous sommes à la huitième minute. Mais ce sont les visiteurs qui marquent en premier à la 15eme minute avec Misidjan. Natanael avait le ballon côté gauche, après avoir fixé Meunier et centré, Misidjan libre de tout marquage envoye le ballon d’une tête décroisée dans les buts d’ Areola. 0-1. Le Parc est pris à froid. Ben Arfa régale en passant Plastun avec un petit pont avant d’enchaîner du droit mais sa frappe est contrée par Moti revenu défendre. Paris domine mais a une possession stérile. Lucas centre pour Di Maria à la 29eme mais c’est à côté. A la 35eme, Thiago Silva trouve le poteau. Avec 15 tirs à la mi-temps, le PSG n’en a cadré que 2. Comment veux-tu, comment veux-tu marquer si quand tu tires tu cadres pas… Le PSG a perdu 24 duels et a eu 63% de possession… pas glorieux.

Au retour des vestiaires, les deux équipes jouent gentiment, sans pour autant arriver à surprendre l’autre. Il faut attendre la 61eme pour voir Cavani remettre son équipe dans le droit chemin. Il faut reconnaître que son ciseau acrobatique est de toute beauté et est à montrer dans toutes les écoles. Deux minutes plus tard, les Bulgares ont encore chaud avec une main non sifflée de Moti dans la surface de réparation. Motivés, les visiteurs reprennent l’avantage grâce à Farias qui frappe du droit et voit son ballon toucher Areola et rentrer avec l’aide du poteau. 1-2. Volontaires, les Parisiens poussent, on voit Ben Arfa aller de l’avant, Thiago Silva placer une tête juste à côté des buts. Il faudra attendre la 92eme pour voir le PSG égaliser et revenir à 2-2 après un tir de Di Maria. L’Argentin exulte et fait un cœur avec sa main… Le match se termine sur ce score de parité. Les Bulgares récupèrent un point après avoir mené pendant la majeure partie du temps. Ils ont fait le travail alors que dans l’autre match, Bâle a plongé face à Arsenal 1-4 et termine donc quatrième. Les Bulgares iront donc en Europa League !

Les meilleurs joueurs côté Ludogorets ont été Misidjan et Wanderson, les deux ailiers buteurs. On peut noter la bonne prestation de Pimienta, Cafu et Dyakov.

Groupe B : Le Dynamo corrige Besiktas

  • Dynamo Kiev 6-0 Besiktas Istanbul
  • Benfica Lisbonne 1-2 SSC Napoli

Déjà éliminé et assuré de finir dernier de la poule, le Dynamo a régalé son public mardi soir, et c’est peu dire. Les Ukrainiens vont prendre le match par le bon bout en acculant le Besiktas dans sa moitié de terrain. Il faudra moins de 10 minutes de jeu pour voir Andriy Yarmolenko prendre le dessus sur son vis-à-vis Adriano. L’ailier ukrainien va se jouer du latéral gauche stambouliote avant de servir Artem Besedin au second poteau qui n’aura plus qu’à pousser le ballon au fond, offrant à son jeune compatriote son premier but européen en carrière. Piqués au vif, les Turcs vont monter d’un cran et presser très haut le Dynamo. La prise de risque va se retourner immédiatement contre le Besiktas. Derlis Gonzalez lancé en profondeur va se faire heurter dans la surface par Andreas Beck en position de dernier défenseur. La double sanction va tomber, penalty et carton rouge. Yarmolenko se chargera de la transformation. A peine remis de leur émotions que le troisième couperet va tomber sur la formation turque. Le défenseur Dusko Tosic va se faire subtiliser le ballon des pieds à l’entrée de sa surface par Artem Besedin, obligeant le portier Fabricio à sortir rapidement sur lui. Le ballon va finalement atterrir sur Vitaly Buyalskiy qui va rajouter le troisième but d’un lobe astucieux. La facture va encore s’alourdir avant la pause avec un quatrième but de Derlis Gonzalez à la conclusion d’une contre attaque.

Le retour des vestiaires sera encore douloureux pour le Besiktas qui va perde Vincent Aboubakar sur carton rouge après un geste d’humeur. Sergiy Sydorchuk va se charger de la punition (encore). Le milieu ukrainien sera à l’affût d’un ballon détourné par Fabricio, d’une frappe sèche dans le petit filet il viendra ajouter un cinquième pion. La soirée cauchemar va se prolonger pour des Turcs en totale perdition avec un sixième but encaissé, cadeau de Junior Moraes entré en jeu.

Le score en restera à 6-0 et le Dynamo enregistre au passage sa plus prolifique victoire en Ligue des Champions, effaçant le précédent record, le fameux 4-0 de 1997 au Camp Nou. Kiev termine donc sur une bonne note malgré une campagne européenne ratée, marquée par le manque de jeu et de réalisme. Sergiy Rebrov sauve temporairement son poste à la tête de l’équipe.

Dans l’autre rencontre, les Napolitains se sont imposé au Portugal 2-1 grâce a des buts de Callejon et Mertens, s’assurant la qualification et la tête du groupe devant le Benfica.

Groupe D : La Ligue Europa pour Rostov

  • Bayern Munich 1-0 Atlético Madrid
  • PSV Eindhoven 0-0 Rostov

Après sa victoire historique contre le Bayern Munich, Rostov devait finir le travail en se déplaçant à Eindhoven pour affronter le PSV. Les places en Ligue des Champions étant déjà prises, il fallait confirmer la 3e place du groupe synonyme de Ligue Europa. Les hommes de Kirichenko n’avaient qu’un point au moins à ramener pour satisfaire leur bonheur. Accompagné par Kurban Berdyev durant leur parcours européen qui n’hésite pas à installer un paper board sur le terrain durant l’échauffement des joueurs, le tacticien a su éviter les pièges et même mettre à terre un grand d’Europe.

Dans un match globalement bien contrôlé, Rostov a fait en sorte d’éviter de se mettre en danger. Le PSV n’a tenté que de loin et les frappes n’étaient pas insurmontables pour Dzhanaev. De son côté, Rostov a su comme souvent utiliser la vitesse de ses attaquants. Noboa, Poloz ou Azmun trouvaient les espaces nécessaires mais la finition était restée aux vestiaires. Il faudra attendre la 79e pour voir une belle envolée de Dzhanaev sur une reprise dans la surface et la 85e pour que Granat sauve les Russes sur sa ligne.

On en restera là et c’est bien Rostov qui continuera l’aventure européenne en 2017. Avec le Zenit et Krasnodar, les Russes seront bien représentés. Autant dire qu’ils ont fait honneur à la RPL durant cette phase de groupe, contrairement au CSKA qui finit comme trop souvent bon dernier. Il faudra tenir compte de Rostov la saison prochaine et pourquoi pas refaire le coup du FK Dnipro Dniepropetrovsk ! Tous les rêves sont permis…

Dans l’autre rencontre, Robert Lewandovski a donné la victoire au Bayern d’un superbe coup franc.

Groupe E : Bons baisers de Wembley

  • Bayer Leverkusen 3-0 AS Monaco
  • Tottenham 3-1 CSKA Moscou

Pour être reversé en Ligue Europa, le CSKA Moscou devait impérativement l’emporter contre Tottenham à Wembley. Une mission bien ardue quand on voit toutes les difficultés offensives du CSKA cette saison contre les grosses équipes. Pour son dernier match à la tête du club moscovite, Slutsky avait fait confiance à son 11 classique. Largement dominé en début de match, le CSKA va créer la surprise en ouvrant le score sur sa première occasion grâce au revenant Alan Dzagoev à la 33ème minute. Il fallait bétonner maintenant pour le champion russe mais celui-ci va une nouvelle fois faire les frais de la vieillissante défense des Berezutsky. A la pause, le score était déjà de 2-1 … Alli et Kane ayant en effet trouvé le chemin des filets. La seconde mi-temps sera bien longue pour des Moscovites inefficaces. Akinfeev marquera même contre son camp. Triste dernière pour Slutsky et pour un CSKA qui finit une énième fois dernier de son groupe. Sa prochaine participation en C1 n’est pas pour demain quand on voit son parcours actuel en championnat.

Dans l’autre match du groupe, Leverkusen a marché sur une équipe totalement remaniée de Monaco. Score final 3-0 avec des buts de Yurchenko, Brandt et De Sanctis (csc).

Groupe F :  Le Legia, des enfers au paradis

  • Real Madrid 2-2 Borussia Dortmund
  • Legia Warszawa 1-0 Sporting Portugal

Il fait une victoire contre le Sporting Portugal à domicile pour que le Legia Warszawa obtienne sa place en Europa League. Une place presque inespérée tant les débuts du club polonais dans la compétition furent catastrophique. C’est dans un L3 chauffé à blanc par les chants de Zyleta (sans pyro ni tifo pour écarter les sanctions) que le miracle devait avoir lieu.

Dès les premières minutes les Lisboètes de Jorge Jesus, venu pour assurer leur troisième place, monopolisent le ballon. En face, le Legia est un peu comme tétanisé et étouffé par le pressing haut des Portugais. Mais « Magic » Magiera avait bien briefé ses hommes, le plan de jeu était clair, laisser les Portugais développer leur jeu pour les surprendre en contre en utilisant la technique des Vadis, Radovic et Guilherme, la vista de Moulin et laisser Prijovic en découdre pour ouvrir des brèches. La défense polonaise contenait alors presque tous les assaults du Sporting et si ce n’était pas le cas, Malarz venait déjà lors de cette première mi-temps les suppléer avec brio. Ces trente premières minutes ressemblèrent plus à un jeu d’échec qu’à du football, qui allait y laisser sa Reine en premier? Et ce sont les Polonais qui vont penser ouvrir la marque en premier mais le but de Prijovic va être refusé pour hors-jeu, à juste titre. D’ailleurs, les hors-jeu vont se multiplier lors des phases de contre-attaque polonaise, repoussant toujours l’échéance. La Reine se rapproche, à la 26e minute, Prijovic bien lancé dans la profondeur va manquer l’ouverture du score sur une frappe décochée coup de pied mais décochée à côté.

Puis, sur une action d’école, les hommes de Magiera vont finalement dégainer les premiers et prendre la Reine de leur adversaire à la 30e minute. Vadis à la baguette, sur le côté gauche, va trouver grâce à une superbe passe entre les lignes Prijovic qui, en se débattant dans la surface, peut centrer pour un Guilherme gérant le raffut d’un Lisboète et pouvant placer son pied pour battre Rui Patricio dans les trois mètres, d’un geste peu académique mais efficace. Le L3 sombre alors dans la folie, ce Legia moribond de début de campagne européenne sous les ordres d’Hasi est oublié, c’est un Legia conquérant qui n’a plus peur et qui n’est alors plus qu’à 60 minutes d’une qualification que l’on voit serein et déterminé lors de cette soirée. Les Portugais ont quelques occasions principalement sur coup de pied arrêté mais Pazdan puis Malarz sont impeccables et à la pause c’est le Legia qui mène 1-0 et est virtuellement qualifié pour la Ligue Europa.

La deuxième mi-temps va être quasiment un copier-coller de la première. Les hommes de Jesus cherchant des solutions offensives et la défense polonaise repoussant toute tentative, Bas Dost symbolisant cette apathie de la ligne offensive portugaise. Les espaces vont se faire plus nombreux dans le dos des Blanc et Vert, le pressing moins prégnant et les Polonais vont arriver à developper plus de jeu avec un Moulin en première rampe de lancement et un Vadis technicien-baguette du « Magic » Magiera. Les chants redoublent, le Legia tient bon. André coup sur coup va manquer deux grosses occasions (70e et 74e), et les espoirs des Portugais vont presque définitivement s’envoler.

La fin du match est tendue, les cartons pleuvent et le Legia pousse sur les contres. Kucharczyk va s’écrouler une première fois dans la surface, sans que l’arbitre ne montre le point de penalty puis il va manquer le but de la délivrance en tirant sur Rui Patricio à bout portant à la 84e. Les esprits vont s’échauffer un peu et c’est William Carvalho qui va se faire exclure après deux cartons jaunes en moins de dix minutes. Les Portugais peinaient à onze contre onze, maintenant leur mission semble impossible. Et dans ce final tendu et haletant, c’est Radovic qui du bout du pied aurait pu amener la sûreté de la qualification avec ce deuxième but tant espéré mais Rui Patricio va encore remporter son duel contre le Serbe. Mais finalement c’est dans une ivresse totale que les Polonais vont vivre les dernières minutes, un Sporting à terre blessé ne bougeant guère et un Legia vaillant et bientôt triomphant dans son antre superbe. L’arbitre va siffler la fin de la rencontre dans un stade chavirant de bonheur. Ils l’ont fait, la Ligue Europa comme cadeau après un chemin de croix avec un Albanais fardeau.

C’est un véritable exploit pour le Legia qui revient de l’enfer de son début de saison pour, tel un sprinter sur la ligne, chiper la troisième place aux Portugais grâce à cette victoire. Cette victoire et cette qualification est celle d’un groupe retrouvé sûrement mais c’est aussi celle d’un coach qui a transfiguré cette équipe pour la ramener sur le devant de la scène, là où elle aurait du rester. La nuit fut froide mais belle, réchauffée par les chants et les performances des joueurs du Legia, un exploit XXL, une victoire que la Pologne du foot attendait depuis si longtemps (Blaszczykowski est vengé).

Dans le match des cadors du groupe, le Real Madrid bien parti pour reprendre la première place du groupe au BvB après le doublé de Benzema a finalement concédé le nul a Santiago Bernabeu. Les Allemands sont revenus au score par Aubameyang puis Reus en toute fin de match permettant ainsi à leur club de garder leur trône en tête de ce groupe.

Groupe H : Record personnel battu pour le Dinamo !

  • Juventus Turin 2-0 Dinamo Zagreb
  • Olympique Lyonnais 0-0 FC Séville

0 points, 0 buts marqués, 15 buts encaissés. Le Dinamo Zagreb a donc battu son propre record de ces quatre dernières années (ils avaient marqué 3 buts pour 18 encaissés il y a trois ans). Pourtant, face à une Juventus qui se devait de gagner pour s’assurer la première place du groupe, le Dinamo a rendu une copie « honorable » avec un total de seulement deux buts encaissés, par Higuain et Rugani en deuxième période. Les Croates ont même réussi à cadrer deux tirs !

Toutefois, il n’y a rien à retirer de ce match, à l’image de cette campagne, puisqu’on en savait déjà l’issue avant le coup d’envoi. L’année cataclysmique continue pour le Dinamo, et si ces dernières saisons l’on était habitué à se dire « rendez-vous l’année prochaine pour un nouveau spectacle ridicule », cela ne sera peut-être pas le cas à l’automne 2017, tant le Dinamo est en situation compliquée en championnat. En tout cas, le rideau tombe, et tout le monde a déjà oublié quelle était la quatrième équipe de ce groupe H.

La rédaction de Footballski


© Image à la une : Page Facebook Футбольный клуб « Ростов » / FC Rostov

Ligue des Champions 2016/2017 – 6ème journée
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Rémy Garrel

Rémy Garrel

Consommateur de vodka, amoureux du Dynamo Kiev, défends l'intégrité territoriale de l'Ukraine sur Footballski.

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