Ligue des Champions 2016/2017 – 5ème journée

Rémy Garrel
Rémy Garrel - Publié le 25 novembre 2016

Les phases de groupe touchent bientôt à la fin dans cette édition 2016/2017, mais avant de tirer le rideau, il reste quelques sucreries à dévorer. A vivre, ou à revivre, Rostov qui se paye le grand Bayern et le match fou entre le Borussia Dortmund et le Legia Varsovie. Retour sur la cinquième et avant dernière journée de la phase de groupe.

Groupe A : Stoyanov maintient Razgrad en vie

  • Arsenal 2-2 Paris Saint-Germain
  • Ludogorets Razgrad 0-0 FC Bâle

La grande finale du groupe A avait lieu ce mercredi soir. Nous ne parlons évidemment pas d’Arsenal – PSG, rencontre qui avait pour enjeu (anecdotique, il faut bien le reconnaître) de déterminer le leader de la poule, mais de l’autre match, Ludogorets – Bâle, décisif pour la troisième place. Chacune des deux équipes savait qu’en cas de victoire, elle composterait directement son ticket pour les 16e de finales de la Ligue Europa.

Si les Bulgares ont davantage le pied sur le ballon, ce sont les Suisses qui se montrent les plus dangereux. Mais ces derniers se heurtent à un mur nommé Svetoslav Stoyanov. Le portier des Aigles est irréprochable durant l’ensemble des 90 minutes, repoussant notamment une frappe de Zuffi qui prenait le chemin de la lucarne (16e) et, surtout, écartant le tir à bout portant d’Elyounoussi d’un formidable réflexe (76e). Sur le plan du jeu, Claudiu Keșerü et ses coéquipiers ont été décevants, eux qui avaient pourtant donné du fil à retordre à Arsenal trois semaines plus tôt (défaite 2-3). Mais ce 0-0, obtenu grâce à leur gardien, n’est pas forcément une mauvaise opération pour les hommes de Georgi Dermendzhiev. Ils devancent désormais Bâle à la différence de buts particulière (1-1 à l’aller) et sont en ballotage légèrement favorable pour être reversés en Ligue Europa.

Dans l’autre match, Londoniens et Parisiens se sont également neutralisés (2-2), ce qui permet à Cavani et consorts de prendre la tête du groupe, ici aussi à la différence de buts particulière. La dernière journée sera donc déterminante : en déplacement à Paris, Razgrad pourra se contenter d’une défaite si jamais le FC Bâle, qui recevra Arsenal au même moment, s’incline également. Cependant, les Bulgares ne seront pas, pour autant, à l’abri d’une mauvaise surprise. Le dénouement de la phase de poules est proche. Le suspense reste entier.

Groupe B : Fin de campagne pour le Dynamo

  • Besiktas Istanbul 3-3 Benfica Lisbonne
  • SSC Napoli 0-0 Dynamo Kiev

Pour maintenir un semblant d’espoir de qualification, il fallait ramener les trois points de Naples pour le Dynamo. Mission ratée et fin de parcours.

Comme attendu, le Napoli va faire le siège de la surface du Dynamo avec un Lorenzo Insigne intenable face à une défense ukrainienne plus que douteuse dans ses alignements. Les assauts napolitains encore trop brouillons seront repoussés un à un sans trop de difficultés. Les hommes de Sergiy Rebrov devront se cantonner à la défense, ne s’offrant que quelques stériles incursions aux abords de la surface Italienne. Résultat des courses, un triste 0-0 à la pause.

Il faudra attendre l’heure de jeu passé pour voir une frappe napolitaine mettre enfin en danger le Dynamo. C’est Marek Hamsik qui va s’essayer de loin mais ne trouvera que les gants d’Artur Rudko. Comme trop souvent dans cette campagne Européenne, le Dynamo va se réveiller en fin de rencontre pour donner quelques sueurs froides aux tifosi napolitains, mais rien de bien méchant pour une équipe qui devait s’emparer des trois points. Malheureusement le miracle n’aura pas lieu à San Paolo où les deux formations vont se quitter sur un score nul et vierge au terme d’un match bien peu emballant, pour ne pas dire ennuyeux. Cette campagne européenne 2016 touche donc à sa fin pour le Dynamo qui est assuré de finir à la quatrième place de ce groupe.

En revanche, la rencontre précédente a offert l’exacte contraire en terme de spectacle avec un match fou terminé sur le score de trois partout. Mené trois à zéro chez eux à la pause, les Turcs arrachent finalement le nul grâce à des buts de Tosun, Quaresma et Vincent Aboubakar.

Groupe D : L’exploit historique

  • Rostov 3-2 Bayern Munich
  • Atlético Madrid 2-0 PSV Eindhoven

« La ferveur à domicile pourra aussi être un facteur de dynamisme et pourquoi pas d’exploit ». C’est ainsi qu’avait fini notre compte rendu du même match à l’Allianz Arena de Munich. Rostov y avait pris la tasse 5-0. Dur d’imaginer au départ autre chose qu’une défaite. Même un nul aurait été une performance. Mais le Bayern cette fois se présentait en étant 2ème de Bundesliga derrière l’étonnant Leipzig. Un signe ? Quoiqu’il en soit, malgré le froid, le match a permis de faire le plein de supporters. Dans un stade bien rempli, Rostov alignait une équipe type face à un Bayern relooké sans Neuer, Kimmich, Alaba, Xabi Alonso et Muller.

Dès le début du match, les hommes de Berdyev annonçaient leurs intentions, à savoir un jeu de contre-attaque, des passes aériennes en profondeur pour le trio Azmoun, Poloz, Erokhin. Et ça marche plutôt bien face à la charnière Boateng-Badshtuber. Dès la 8ème, Cesar Navas lance Erokhin qui prend de vitesse la charnière et devance Ulreich de la tête. Mais le but est évité par le retour de Bernat. Le Bayern réagit à la 21ème sur une tête de Badstuber et à la 24ème sur une frappe de Sanches. Les Munichois mettent à partir de là le pied sur le ballon et effectuent un pressing haut et intense. La domination se concrétise à la 35ème sur une frappe de Costa à la suite d’un mauvais dégagement de Navas. On se dit à ce moment que ça risque d’être dur. Rostov montre de bonnes intentions mais n’arrive pas à concrétiser ses quelques temps forts malgré la fébrilité défensive bavaroise. Mais Rostov revient au score avant la pause sur une perte de balle de Rafinha qui profite à Azmoun. Ce dernier se permet de crocheter Boateng et d’ajuster le gardien.

Au retour des vestiaires, le Bayern reprend l’offensive et se procure une grosse occasion sur une tête non cadrée de Lahm. Sur l’action suivante, Erokhin lance Poloz côté droit qui centre pour Azmoun mais trouve Boateng qui, bizarrement remet sur Noboa. L’Allemand finit par commettre une faute dans la surface. Le penalty est transformé par Poloz ! Le Bayern ne tarde pas à réagir. Deux minutes plus tard, suite à un superbe travail du duo Ribéry/Bernat, ce dernier finit le travail en envoyant une frappe dans la lunette des buts de Dzhanaev. 2-2.

Ce début de seconde période est vivant voire même agressif tellement l’émotion et la volonté de vouloir bien faire est grande de la part du club russe. Gatcan est sanctionné pour un geste dangereux sur Ribery notamment. Rostov sent qu’il y a quelque chose à faire. Côté Bayern, Ancelotti fait rentrer Hummels à la place de Boateng, mauvais durant ce match. Mais c’est à ce moment que Noboa décide d’envoyer un coup franc direct au fond ! Ulrich est battu et c’est tout un stade qui se permet de croire en l’exploit ! La fin du match se résume en un attaque/défense qui montre des Munichois peu dangereux malgré l’entrée de Muller. Dzhanaev effectue les bonnes sorties et les bons arrêts pour rassurer son équipe. Erokhin aura la possibilité d’enfoncer le clou en toute fin de match mais il ne cadrera pas sa frappe.

Exploit HISTORIQUE de Rostov ! Jamais un club russe n’avait fait tomber le Bayern. Cette équipe de Rostov a puisé dans ses réserves, montré des qualités de combativité et d’abnégation. Berdyev, conseiller Ligue des champions du club, a parfaitement préparé cette équipe. Il est vrai que Rostov a la chance d’être tombé sur un Bayern en plein doute qui connaît sa deuxième défaite de suite. La crise rode en Bavière mais ça n’enlève rien de l’exploit. Comparé aux prestations du CSKA, Rostov a largement fait honneur durant cette phase de groupe et peut espérer finir 3ème du groupe et être reversé en Europa League. Une saison européenne XXL !

Groupe E : Bis repetita pour le CSKA

  • CSKA Moscou 1-1 Bayer Leverkusen
  • AS Monaco 2-1 Tottenham

Une fois n’est pas coutume, le CSKA aura encore déçu en compétition européenne. Les 20.000 spectateurs présents à la CSKA Arena espéraient bien évidemment un exploit supérieur à celui du match aller (ndlr: le CSKA étant revenu de 2-0 à 2-2) car la victoire était impérative pour avoir une chance de qualification. Les Allemands, n’étant pas encore qualifiés, jouent gros également. Le Bayer est le premier à se mettre en évidence et dès la 16ème minute, Volland va ouvrir le score. Sur un coup franc, Kampl transmet la balle à un Volland étrangement seul dans la surface de réparation et celui-ci fusille Akinfeev. Le CSKA va courir après le score toute la rencontre, Ionov pensera égaliser à l’heure de jeu mais Leno sauve le ballon sur sa ligne. C’est finalement à la 79ème minute que les efforts vont être récompensés pour le CSKA. Fernandes obtient un pénalty que Nacho transforme. Ce sera tout pour ce match, 1-1 score final. Le CSKA est éliminé de la Champions League mais jouera sa place en Europa League à Wembley contre Tottenham.

Dans l’autre match du groupe, l’AS Monaco a battu Tottenham 2-1 avec des buts de Sidibé et Lemar pour les locaux, Kane ayant réduit le score sur pénalty. Les Monégasques sont assurés de finir premier du groupe!

Groupe F : Un match record et beaucoup encore à jouer

  • Sporting Portugal 1-2 Real Madrid
  • Borussia Dortmund 8-4 Legia Warszawa

Le Legia Warszawa sait rompre la monotonie de certaines soirées de Champions League cette saison. Après une défaite 0-6 à l’aller et un match nul 3-3 contre le Real Madrid, les Polonais ont encore affolé les compteurs, OptaTeam et autre génies de la statistique footballistique. Dans un match record aux 12 buts, et dans un Signal Iduna Park pas totalement plein pour des raisons de sécurité, c’est un moment de football unique au jeu débridé et ultra offensif que nous avons vécu. On pourrait bien sûr trouver à redire sur la défense du Legia (catastrophique) ou celle du BvB (plutôt absente) ainsi que sur les deux gardiens plutôt habitués au banc qu’au terrain: Cierznak aka « dernière fois qu’on me voit de la saison » pour le Legia et le « j’ai quand même un peu vieilli » Weidenfeller pour Dortmund, mais que voulez-vous, quand le football peut délivrer de tels moments il faut savoir les savourer. Magiera avait aligné une équipe plutôt offensive avec un Prijovic devenu la nouvelle arme létale des Legionisci, un Odjidja-Ofoe virevoltant depuis le départ d’un Albanais célèbre et un Radovic ayant retrouvé de sa superbe d’antan, celle qui faisait vibrer tout Varsovie avant que le joyaux serbe s’envole pour la Chine. Du côté allemand, c’est Kagawa, Reus et Dembélé qui allaient assurer le spectacle avec un total de 5 buts à eux trois et une tripotée de passes décisives dont des bijoux dignes de la couronne des Habsbourg signés Dembélé.

Vous comprendrez qu’il me sera difficile de faire résumé complet de ce match historique (ou j’exploserai la limite de caractères autorisés par la rédaction), alors le meilleur et le plus précis sera celui-ci:

10′ Prijovic (0-1) – Oh

17′ Kagawa (1-1) – Oh Oh

18′ Kagawa (2-1) – Oh Oh Oh

20′ Sahin (3-1) – Oh Oh Oh OH

24′ Prijovic (3-2) – Oh Oh Oh OH OH

29′ Dembele (4-2) – Oh Oh Oh OH OH OH

32′ Reus (5-2) – Oh Oh Oh OH OH OH

45′ Mi-temps (5-2)-  1ère PLS!

A la fin de ces 45 premiers minutes, c’est avec le souffle court que l’on quitte son streaming en se dirigeant vers la salle de bain pour violemment s’asperger le visage et être sûr qu’il ne s’agit pas d’un rêve mais bien de la réalité. Un festival offensif, un feu d’artifice, des gardiens à la rue, des défenses sur le postérieur et des magiciens qui s’amusent, surtout les magiciens habillés de jaune et noir. On se demande alors comment sera la seconde période, comment égaler le niveau d’une première mi-temps si intense et puis… les 22 acteurs rentrent une nouvelle fois sur la pelouse, le mur jaune tremble, les ultras du Legia dévêtus chantent en coeur et l’arbitre siffle le début d »une seconde mi-temps pour l’Histoire de la C1.

52′ Reus (6-2) – Ahhhhhhhh

55′ Kucharczyk (6-3) – AhhhhhhhHHhhhh

*Accalmie*

81′ Passlack (7-3) – AhhhhhhhHHHHHAHHHHHhhh

83′ Nikolic (7-4) – AhhhhhhhhHAaaaaahHHaHHHHHHHHH

90+2′ CSC Rzezniczak (8-4) – AhhhhahhaHHHAHHhHahHHHHHHHHHH

90+3′ Fin du Match (8-4) – 2ème PLS!

Au terme de ces 93 minutes affolantes, le Legia et le BvB venaient de rayer des tablettes le Deportivo et l’AS Monaco! Un match d’une folie peu ordinaire au niveau européen. Le club polonais devrait être invité chaque année en LDC pour nous divertir les soirs d’hiver un peu moroses. Passons la boutade pour tout de même noter que ce Legia que l’on voyait plat et sans goût sous Hasi commence à redevenir une belle machine sous Magiera, cette équipe avec une défense digne de ce nom avait de quoi titiller un peu plus les équipes de son groupe malgré un destin que l’on annonçait peu glorieux. De plus, rien n’est encore perdu pour l’Europa League car les Polonais vont recevoir les Portugais du Sporting à Varsovie dans un stade chauffé à blanc. Et si les Legionisci gagnent par plus de 2 buts d’écarts (ou autre combinaisons étranges), c’est la C3 qui leur tendra tout de même les bras. Une chose que l’on pensait impossible. Pour le BvB, cette éclatante victoire leur permet d’être un premier de groupe serein avant d’affronter un Real Madrid qui devra gagner pour les en déloger.

D’ailleurs, dans l’autre match de la soirée, le Real Madrid a dû s’employer pour battre le Sporting Portugal à domicile grâce à des Français en forme, Varane ayant ouvert le score du gauche à la 29eme minute avant qu’Adrien Silva n’égalise pour les Lisboètes sur penalty à la 80eme. Finalement, c’est un Karim Benzema sorti du banc qui délivre Zidane et ses hommes.

Groupe H : La corvée continue

  • Dinamo Zagreb 0-1 Olympique Lyonnais
  • FC Séville 1-3 Juventus Turin

Puisqu’il faut bien disputer ces matchs, le Dinamo Zagreb le fait. Et n’a toujours pas réussi à marquer le moindre but quand le seul Messi en est à 8 pions. Dans un stade vide et glacial, le Dinamo a perdu à nouveau et a gardé son statut de pire équipe de la Ligue des Champions. Cependant, le Dinamo, pour la première fois cette saison, a ressemblé à une équipe. Après avoir tenté deux tactiques blaukhaus de suite sans aucun sens, Petev a laissé un peu plus de libertés à ses ouailles. Bien lui en a pris car le Dinamo a pu montrer qu’il pouvait fournir une opposition décente à une équipe plus forte que lui. Ne nous y méprenons pas, Zagreb n’a pas été flamboyant, loin de là.

Pour commencer, les Croates ont plutôt bien défendu et n’ont pas laissé des espaces béants derrière, contrairement aux matchs précédents. Offensivement, on a vu du progrès par rapport aux derniers matchs, les sorties de balles se faisant correctement et le jeu via les ailes débouchant sur quelques situations intéressantes. Ainsi, Gojak (13e, 16e, 43e), Pavicic (22e) ou encore Situm d’une frappe puissante (15e) inquiétèrent les Gones. Mais le héros du match a bien été le jeune gardien Livakovic qui, à 21 ans, a confirmé son statut de gros espoir du club et du football croate. Une deuxième mi-temps maîtrisée de Lyon fut récompensée avec le premier but de Lacazette en Ligue des Champions cette année. Et sans pénalty, s’il vous plait. Au final, le chemin de croix se poursuit pour les Croates. Plus qu’un match. Ouf.

Dans l’autre match, la Juventus a gagné, laissant à Lyon l’opportunité de disputer sa « finale ».

La rédaction Footballski


Image à la une: © https://www.facebook.com/fcrostov

Ligue des Champions 2016/2017 – 5ème journée
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A propos de l'auteur

Rémy Garrel

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Consommateur de vodka, amoureux du Dynamo Kiev, défends l'intégrité territoriale de l'Ukraine sur Footballski.

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