Ligue des Champions 2016/2017 – 4ème journée

Rémy Garrel
Rémy Garrel - Publié le 3 novembre 2016

Cette campagne européenne crève-cœur continue pour les clubs Footballski qui peinent à engranger des points alors que le couperet approche à grands pas. Contre toutes attentes, c’est le Legia Warszawa qui a éclairé cette quatrième journée de Ligue des Champions face au grand Real Madrid. Retour sur les rencontres de mardi et mercredi.

Groupe A : Logique (malheureusement) respectée

  • FC Bâle 1-2 Paris Saint-Germain
  • Ludogorets Razgrad 2-3 Arsenal

Georgi Dermendzhiev est passé par tous les états ce mardi soir. L’entraîneur du Ludogorets a d’abord dû être extrêmement satisfait de l’entame de match de ses troupes, qui menaient 2-0 après un quart d’heure de jeu. Jonathan Cafu (12e) puis Claudi Keserü (15e) ont tour à tour trompé la vigilance d’Ospina. Les virevoltants Brésiliens de Razgrad combinent parfaitement et profitent des largesses défensives des Gunners. Ces derniers ne tardent cependant pas à redresser la tête. Idéalement servi par Özil, Granit Xhaka réduit rapidement l’écart (2-1, 20e). Disputée sur un rythme très soutenu, avec deux formations cherchant à se projeter vite vers l’avant, la rencontre est agréable à suivre. Juste avant la mi-temps, Olivier Giroud profite d’une sortie hasardeuse de Borjan pour égaliser (2-2, 42e).

On se dit alors que le second acte sera à sens unique, que les Londoniens pourront aisément faire la différence et repartir avec la victoire. Sauf qu’au contraire, ce sont les Bulgares qui parviennent à se créer les meilleures situations, par Cafu (64e) et Wanderson (65e). Arsenal souffre. Sa défense, à l’image d’un Mustafi pas franchement serein, donne des signes de faiblesse. Mais Arsenal finit par s’imposer grâce au talent de Mesut Özil qui, parti à la limite du hors-jeu, élimine d’abord Borjan d’un coup du sombrero, avant de se jouer de Moti et de Minev et de marquer dans le but vide (2-3, 88e). C’est dur pour le Ludogorets, qui méritait sans doute mieux. Dans l’autre rencontre, le PSG l’a emporté in extremis sur la pelouse du FC Bâle, notamment grâce à une superbe réalisation de Thomas Meunier (1-2). Parisiens et Gunners, qui totalisent 10 points chacun, sont d’ores et déjà qualifiés et s’affronteront pour la première place du groupe dans trois semaines. Nous nous intéresserons davantage à l’autre match, entre Razgrad et Bâle, qui sera quant à lui décisif pour déterminer l’équipe qui sera reversée en Europa League.

Groupe B : Les semaines se suivent et se ressemblent pour Kiev

  • Benfica Lisbonne 1-0 Dynamo Kiev
  • Besiktas Istanbul 1-1 SSC Napoli

En difficulté dans ce groupe B, le Dynamo se présentait à Lisbonne avec un onze sans surprise, Tsygankov remplaçant simplement Andriy Yarmolenko blessé. Benfica va logiquement prendre les devants dans cette rencontre à l’Estádio da Luz. Les deux équipes se montrent assez stériles en début de rencontre et il faut attendre la 22e minute pour voir les Portugais menaçants. À la conclusion d’une belle combinaison côté gauche, c’est Grimaldo qui vient placer sa tête, bien repoussée par Artur Rudko. Le croate Domagoj Vida a l’occasion de répondre dix minutes plus tard, malheureusement sa tête passe de très peu au-dessus de la transversale. Même frisson pour le public portugais à la 40e lorsque Sydorchuk déclenche une bonne frappe à l’entrée de la surface qui vient flirter avec la lucarne.

Dans les derniers instants de la première période, c’est le capitaine du soir, Vida, qui vient retenir bêtement Luisao dans la surface sur un coup de pied arrêté, provoquant le coup de sifflet de Clément Turpin. Eduardo Salvio se charge de la transformation plein centre à la 47e minute.

La seconde période est de la même trempe avec une équipe portugaise bien présente dans les duels et bien organisée au milieu de terrain face à un Dynamo brouillon. De plus en plus confiants, les Portugais multiplient les assauts sur le but ukrainien. Goncalo Guedes est tout près de tuer la rencontre peu après la 50e avec une lourde frappe qui vient s’écraser sur la transversale d’Artur Rudko. Le Dynamo a pourtant l’occasion de revenir dans cette rencontre en se voyant accorder un penalty généreux peu avant la 70e. Gonzalez, bien lancé dans la surface par Sydorchuk, vient s’écrouler après un contact avec le gardien portugais pour un nouveau penalty appelé par l’arbitre français. Occasion manquée pour Kiev, puisque Junior Moraes rate son duel face à son homonyme Ederson Moraes. Le score ne bougera plus à Lisbonne qui s’empare logiquement des trois points face à une formation ukrainienne bien trop stérile et brouillonne dans cette coupe d’Europe.

L’autre rencontre du groupe avait lieu à 19h. Après avoir ouvert la marque sur un penalty de Quaresma, Besiktas craque en fin de rencontre et encaisse l’égalisation par l’intermédiaire de Marek Hamsik. Le Napoli garde la tête du groupe avec une unité d’avance sur le Benfica. L’aventure européenne du Dynamo Kiev semble toucher à sa fin avec cette dernière place et ces cinq points de retard sur les Turcs.

Groupe D : Un but et deux passes décisives pour Rostov

  • Atlético Madrid 2-1 Rostov
  • PSV Eindhoven 1-2 Bayern Munich

Il fallait y croire pour parier sur une victoire du FK Rostov à Madrid ! Les hommes de Daniliants n’ont qu’un point en 3 matchs et face à l’équipe de Simone, on voit mal une victoire au bout de 90 minutes. Le match aller à Rostov, il y a 2 semaines, avait montré une équipe madrilène largement au-dessus de l’équipe russe malgré une victoire sur le plus petit score (1-0). L’Atletico avait largement survolé les débats et Rostov avait été asphyxié dans le jeu avec très peu d’occasions à la clé.

Le rythme du match est assez faible, permettant ainsi au FK Rostov d’exister dans les débats. Peu inquiétés, les Russes vont même tirer au but les premiers par l’intermédiaire de Noboa (14e).  Les Madrilènes répondaient quelques minutes plus tard sur une frappe contrée de Carrasco suite à un exploit individuel de Griezmann (16e). Face à une équipe bien en place, l’Atletico a du mal à se créer des occasions dangereuses. Mais ça va finir par rentrer sur un centre prolongé de la tête par Azmoun et que reprend de manière acrobatique Antoine Griezmann (27e). Mais cette fois, Rostov va répondre en égalisant par Azmoun à la suite d’une belle occasion collective (29e). Les Madrilènes attaquent de nouveau, mais ni Godin (36e) ni Torres (41e) ne parviennent à redonner l’avantage à l’Atletico.

En 2e période, l’Atletico pousse mollement et malgré quelques occasions franches, la défense de Rostov et son gardien Dzhanaev parviennent à garder ce point. Le club russe pense réussir l’exploit, mais dans les arrêts de jeu, un nouveau centre madrilène à nouveau prolongé par Gatskan dans les pieds de Griezmann qui ne manque pas son lob sur Dzhanaev. Malgré les protestations des joueurs de Rostov, le but est bien validé par l’arbitre britannique.

Cette défaite a un gout amer, mais à ce niveau, les erreurs ne pardonnent pas. Les joueurs de Rostov le savent bien, l’important n’est pas ce match ni le suivant contre le Bayern Munich à domicile, mais la confrontation finale contre le PSV. Ce match, Rostov doit le gagner pour espérer continuer l’aventure européenne en Ligue Europa. Une compétition à la hauteur des joueurs de Rostov qui, quoi qu’il en soit, n’ont rien à se reprocher tant ils ont donné leur maximum dans chaque match.

Groupe E : Le CSKA écrasé par le rocher

  • AS Monaco 3 – 0 CSKA Moscou
  • Tottenham 0 – 1 Bayer Leverkusen

Les semaines se suivent et se ressemblent pour le CSKA Moscou. Mal en point en championnat, le champion de Russie confirme toutes ses difficultés à produire du jeu et à marquer lors de temps forts. En déplacement à Monaco, la journée avait pourtant bien commencé pour les Moscovites, chez les jeunes, qui se sont imposés 5-0 en Youth League. Les séniors quant à eux ont coulé en première période. Dès la 13e minute de jeu, Valère Germain récupère une longue balle en cloche et bat Akinfeev en deux temps. Plombé d’entrée le CSKA va ensuite encaisser deux buts signés Radamel Falcao et retourne aux vestiaires avec déjà trois buts de retard. Les 600 supporters moscovites ayant fait le déplacement sont dépités et cela se comprend. Malgré les changements offensifs effectués rapidement par Slutsky en seconde période, ni Traoré ni Milanov ne parviennent à changer le cours du match. Seule petite satisfaction, la défense n’était pas trop mal en seconde période et le CSKA a quasiment fait jeu égal avec Monaco lors du second acte. Score final 3-0, le CSKA est bon dernier et déjà quasiment éliminé.

Dans l’autre rencontre du groupe, le Bayer Leverkusen a réalisé un beau coup en s’imposant 1-0 à Wembley contre Tottenham grâce à un but de Kampl et prend deux points d’avance sur la troisième place désormais occupée par les Anglais.

Groupe F : Un Legia héroïque et historique, le BvB déjà en huitième

  • Legia Warszawa 3 – 3 Real Madrid
  • Borussia Dortmund 1 – 0 Sporting Portugal

Le stade de Varsovie ne resonnait pas comme à son habitude. Il sonnait creux. Et pour cause, le match entre le Legia et le Real se jouait à huis clos suite aux événements intervenus dans les tribunes lors de Legia-Dortmund  pour le compte de la première journée. C’était donc dans cette ambiance plutôt étrange pour un match de Ligue des Champions que le Legia Warszawa, sur la pente ascendante sous les ordres de Magiera, mais pour l’instant avec un bilan peu reluisant en LDC, recevait le Real Madrid de Zidane.

Les Polonais sont cueillis à froid dès la première minute sur une volée superbe de Gareth Bale. Ça sent alors le parfum du calvaire, mais le Legia joue plutôt bien, profitant des espaces laissés par une défense du Real indigne d’un champion d’Europe et un milieu beaucoup trop déséquilibré. Malgré tout, et malgré un penalty oublié sur Radovic dans le premier quart d’heure, le Real Madrid domine les débats et Malarz est pleinement mis à contribution sur des frappes de Benzema ou Ronaldo.

C’est donc assez logiquement que les Madrilènes doublent la mise par Benzema, bien servi par Bale, à la 35e minute. Et puis, le Legia a décidé de se réveille, emmené par un milieu tout feu tout flamme et porté par les milliers de coeurs des supporters polonais restés chez eux. Radovic, Odjidja, Guilherme et Moulin sonnent la révolte. Derrière, Pazdan reprend cette ampleur que l’on a connu lors de l’Euro en France. Et, à la 40e minute, Odjidja dribble deux joueurs du Real avant de décocher une frappe limpide du gauche à l’entrée de la surface , un belgolazo. Un but qui vient redonner de l’espoir, tout en profitant de la suffisance des joueurs du Real Madrid. C’est donc sur le score de 2-1 a l’avantage du Real Madrid que l’arbitre siffle la mi-temps sous les non-applaudissements ou encouragements d’un stade vide comme une coquille d’huître, après l’avoir gobé il y a quelques semaines. Cette ambiance étrange va aussi participer à un final de folie.

Dès le début de la deuxième période, le Legia profite des contres et du manque d’agressivité des joueurs du Real pour arracher l’égalisation. Guilherme est tout proche du 2-2 sur son coup franc un peu trop enlevé de la 53e minute. Et puis, arrive ce qui devait arriver ; Radovic s’infiltre aisément dans le milieu espagnol, sans être attaqué, et d’un pointu peu orthodoxe, trompe Navas à l’entrée de la surface. Rado, lui, l’ancien revenu chez lui, à la maison, proche de son coeur, dans cette ville de Varsovie qu’il aime, vient de propulser le Legia aà auteur du Real Madrid.

Menés 2-0 après trente-cinq minutes, les Polonais réussissent à renverser la vapeur en égalisant dès le début de cette seconde mi-temps. Le Legia tient là un exploit d’une dramaturgie superbe. Mais tout cela n’est pas fini, puisque les occasions se succedent tant sur le but polonais qu’espagnol. Cristiano Ronaldo n’y arrive pas et les Madrilènes laissent un espace fou dans leur dos que le Legia utilise sans pourtant trouver la précision chirurgicale dans le dernier geste. Le match s’emballe toujours plus et puis … la 83e minute.

Sur une action à quatre touches, Prijovic, dos au but, remise pour Moulin à l’entrée de la surface. Le Français, d’une frappe pure et limpide heurtant l’intérieur du poteau, crucifie Keylor Navas pour la troisième fois du match. Le premier but du Français passé par Caen et Clermont en Ligue des Champions! Le Real a joué avec suffisance, le Legia l’a puni. C’est dans le froid d’un stade vide que les joueurs du Legia célèbrent ce but comme un but en Or. Mais, malheurseument, Kovacevic, cinq minutes plus tard, vient mettre un terme à la joie collective polonaise en ajustant Malarz et permettant au Real d’éviter la défaite à Varsovie.

Une petite déception au final pour les hommes de Magiera, mais quel match! Et quelle performance d’accrocher le grand Real Madrid! C’est un match qui restera l’un des plus importants du Legia cette saison (et l’un des plus beaux trophées de chasse de son histoire européenne, histoire qu’il faut réécrire). Un match qui devrait finir de consolider ce groupe et le faire grandir. Le Legia n’a plus rien à perdre en Ligue des Champions et, avec un point, le contrat est presque rempli. Mais en recevant le Sporting CP, il pourrait s’offrir une belle finale pour l’Europa League. De quoi redonner le sourire et de la joie du côté de Varsovie, sentiments oubliés sous l’ère Besnik Hasi.

Dans l’autre match du groupe, le BvB, privé volontairement d’un Aubameyang alors en tribune en mode Inspecteur Gadget, pouvait déjà se qualifier pour les 1/8 de finale en gagnant dans son antre contre les Portugais du Sporting. Un but de Ramos de la tête et 80 minutes de souffrances plus tard, Tuchel avait rempli son contrat. Dortmund ira sûrement jouer la première place du groupe contre Madrid lors de la dernière journée, alors que le Sporting devra faire le maximum dès l’avant-dernière journée contre le Real pour assurer sa troisième place.

Groupe H : Séville coule Zagreb

  • FC Séville 4 – 0 Dinamo Zagreb
  • Juventus Turin 1 – 1 Olympique Lyonnais

On a décidé de faire un résumé à la hauteur de la prestation du Dinamo.

La rédaction Footballski


Image à la une : © AFP PHOTO / JANEK SKARZYNSKI

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Rémy Garrel

Consommateur de vodka, amoureux du Dynamo Kiev, défends l'intégrité territoriale de l'Ukraine sur Footballski.

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