Ligue des champions 2016-2017 : Troisième tour préliminaire retour

Adrien Laëthier
Adrien Laëthier - Publié le 4 août 2016

On continue la route vers Cardiff après le troisième tour préliminaire de la Ligue des Champions, qui ne nous a pas offert toutes les satisfactions que l’on attendait. Néanmoins, on a vu du football, des buts et du spectacle et huit de nos équipes continuent l’aventure. Il ne reste désormais que la dernière étape pour rejoindre la compétition en elle-même. Voici nos résumés des quatorze matchs de la semaine puisqu’un seul match nous était étranger (Monaco vs Fenerbahçe)

Steaua Bucarest (ROU) 2 – 0 Sparta Prague (RTC) [Aller 1 – 1]

Le Steaua Bucarest recevait a l’Arena Națională le Sparta Prague après un match nul en République Tchèque. Si le match aller avait été très largement à l’avantage des locaux, c’est un Steaua transcendé qui s’est présenté ce soir. Le retour d’Hamroun dans l’équipe a fait du bien offensivement, et c’est en fin de première période que le Steaua frappe fort avec un but absolument somptueux de l’homme providentiel Nicolae Stanciu. Une frappe de 30 mètres extrêmement puissante qui laisse le gardien sur place. Par la suite les Roumains se font peur en sauvant un but sur leur ligne, mais une nouvelle fois c’est Stanciu qui vient crucifier les Tchèques avec un second but. Loin d’être parti gagnant, le Steaua s’offre une qualification presque inespérée en barrages, où le challenge sera très relevé pour les hommes de Becali.

 Crvena Zvezda Belgrade (SER) 2 – 4 [AP] Ludogorets Razgrad (BUL) [Aller 2 – 1]

C’était le match de l’année, voir même de la décénie pour certains. C’était la première fois en huit ans que le Marakana allait recevoir un match de Ligue des Champions, enfin de qualifications pour la Ligue des Champions… Le Marakana avait revêtu ses plus beaux habits. Plus de 55 000 spectateurs s’étaient massés dans l’arène pour voir ce match retour. Les deux équipes ont été accueillies par un tifo se moquant de la décision de la FIFA d’accepter le Kosovo et Zvezda restait avec la même composition que pour le match aller. Tout commençait pour le mieux pour les locaux avec l’ouverture du score par Donald d’une frappe stratosphérique. Il reprenait un ballon dégagé n’importe comment plein axe par la défense de Ludogorets : contrôle de la poitrine, reprise du droit des 30 mètres. Bim. 1-0. Ca sent bon pour les rougs et blanc. A la 23e, Cafu s’offre un petit plaisir solitaire et passe cinq joueurs de Zvezda. Personne pour l’arrêter, 1-1. A la 40e, Wanderson s’échappait dans le dos de la défense, repiquait sur son pieds droit et Damir Kahriman qui avait décidé de rendre un hommage à Bajković avec sa coupe de cheveux, améliorait le mimétisme en s’inspirant de ses boulettes. 1-2. Douche froide au Marakana. En trois minutes Plastun se prend deux jaunes et est renvoyé aux vestiaires avant tout le monde, les Bulgares sont à dix.

Mais sur le chemin des vestiaires à la pause, Kanga perdait son sang froid et après avoir embrouillé le capitaine de Ludogorets, il était exclu. Les deux équipes se retrouvaient donc à 10 contre 10. Alors que les locaux disposaient d’un avantage, ils préférèrent se compliquer la vie. Mené à la mi-temps, Grof décide alors de faire rentrer Hugo Vieira à la 53e. L’entrée en jeu d’un vrai numéro neuf s’est faite ressentir, à se demander si le choix de le laisser sur le banc n’avait pas été une erreur… Zvezda poussa en seconde mi-temps mais il a fallu un penalty transformé par Ibanez pour revenir à 2-2. Cependant la défense de Zvezda qui a fait peur pendant tout le match avec des latéraux qui ne défendent que peu et une charnière qui manque d’automatismes et de vitesse se fait surprendre par deux fois lors des prolongations par Wanderson. 2-4. A la 105e, Le Tallec sort à bout de force remplacé par Ristić qui retrouve une place dans l’entre-jeu alors qu’il était censé être fixé en position d’arrière gauche. Grosse désillusion pour Crvena Zvezda. Ils avaient tout pour se qualifier bien que Ludogorets ait fait une meilleure performance, il faut dorénavant trouver des coupables… Ludogorets est en tout cas habitué à se prendre un rouge en venant à Belgrade car c’était déjà le cas en 2014 et en 2013 lors de leurs confrontations face au Partizan.

 Dundalk (IRL) 3 – 0 BATE Borisov (BLR) [Aller 0 – 1]

Même les pires scénarii possibles et imaginables ne se seraient pas terminés d’une telle façon. Après un match aller où le BATE Borisov a très largement dominé son adversaire et aurait même dû faire que ce match soit sans enjeu, il était très improbable que Dundalk, une équipe solidaire et avec beaucoup de coeur mais très limitée techniquement, parvienne à refaire son déficit d’un but pour se qualifier. Oui mais voilà, tout ce qui aurait pu mal tourner a mal tourné.

Ce n’est pas tant que le BATE Borisov a mal joué. Les Biélorusses auraient pu et dû faire mieux, mais si ce n’est pas une fatalité, la réussite n’était clairement pas de leur côté. Avecles deux barres du match aller, ça fait beaucoup. La frappe de Rios, en début de match, passait notamment juste à côté. Le BATE maîtrisait le ballon et son adversaire sans toutefois se procurer de grosses occasions, la faute à une équipe, comme précisé plus haut, solidaire en face. Et puis le drame. Juste avant la mi-temps, David MacMillan reprend un centre venu de la gauche pour remettre les équipes à égalité sur l’ensemble des deux matchs. Et puis un quart d’heure après la reprise, ce même David MacMillan profite d’un centre repris au second poteau pour battre Veremko une deuxième fois, au milieu d’une défense passive. Plutôt que de motiver les Biélorusses d’aller marquer un but, cette deuxième réalisation va leur faire très mal au moral. L’envie n’y est plus, Yuriy Kendysh offrait sur un plateau le troisième but à Benson, sous un pluie battante. Trois occasions, trois buts pour Dundalk, catastrophe pour le BATE Borisov qui va désormais tenter de se qualifier pour les poules d’Europa League en rêvant des millions qui seraient tombés dans les caisses après une qualification annoncée facile.

 Qarabag (AZE) 1 – 1 Viktoria Plzen (RTC) [Aller 0 – 0]

Après un match aller dominé par les Tchèques du Viktoria Plzen malgré un match nul 0-0, ce retour était pourtant l’occasion idéale pour Qarabag d’arracher sa qualification. Bien que les Azérbaïdjanais aient du mal dans le jeu depuis quelques matchs, l’équipe reste difficile à manœuvrer et assez solide défensivement. Alors quand ces derniers ouvrèrent le score sur leur première action grâce à un tir de Muarem Muarem parfaitement lancé dans la profondeur, la situation devenait encore un peu plus délicate pour le club de Plzen pourtant dominateur en début de match.

Pas mauvais, Qarabag continue de pousser grâce notamment à son numéro 99, Dani. Très présent, le milieu offensif de Qarabag est dans tous les bons coups et crée une multitude d’occasions pour le club azerbaïdjanais. Des occasions qui restent malheureusement sans suite. Complètement à la ramasse, le Viktoria Plzen enchaîne les erreurs défensives et se fait pilonner de tous les côtés tandis que Qarabag, lui, continue de louper ses multiples occasions. Des occasions parfois immanquables. Plus expérimenté, le club tchèque arrive finalement se sortir de cette situation catastrophique sur sa seule grosse occasion grâce à une tête bien placée de Michal Krmenčík. L’ironie du sort veut que Qarabag sorte après un match splendide (son plus beau de la compétition) teinté d’un manque d’adresse cruelle devant le but.

 Red Bull Salzbourg (AUT) 2 – 0 Partizani Tirana (ALB) [Aller 1 – 0]

C’est peut-être la pire équipe du RB Salzburg qui va se qualifier pour la première fois pour les poules de la Ligue des Champions, là où les Kampl, Mané et autres Keïta ont échoué. Après un match aller délicat emporté sur le fil, les Autrichiens ont encore une fois eu du mal à battre le vice-champion d’Albanie, uniquement qualifié pour cette compétition grâce la disqualification de Skenderbeu. Les joueurs d’Oscar Garcia ont eu un mal fou à se créer des occasions et auraient même pu encaissé un but avant la pause. Après la mi-temps, ça a été beaucoup mieux pour les joueurs du Red Bull qui ont été plus adroits avec le ballon, et c’est sur un centre de Konrad Laimer que le buteur maison, Jonathan Soriano, a mis les siens à l’abri d’un retour albanais. Wanderson s’est ensuite chargé de mettre un peu plus de relief à la victoire des Taureaux, mais il faudra sans aucun doute élevé son niveau de jeu si Salzburg veut enfin atteindre le Graal qui lui tend les bras depuis plusieurs années.

 Anderlecht (BEL) 0 – 2 FK Rostov (RUS) [Aller 2 – 2]

Après un match nul encourageant à l’aller mais les obligeant à marquer en Belgique, Rostov se présentait sur le terrain d’Anderlecht pour ce match retour. Ce sont les locaux qui se créent la première occasion du match mais Rostov va peu à peu prendre le contrôle de cette première mi-temps. Kalachev va d’abord voir sa frappe s’envoler suite à un bon service de Cristian Noboa, avant de lui même servir Azmoun qui voit sa tête s’écraser sur le poteau de Davy Roef. Le portier belge va ensuite intervenir victorieusement devant le buteur iranien mais il ne pourra rien sur une frappe très lointaine du génie Noboa. L’Équadorien ouvre le score et le gardien local n’est pas exempt de tous reproches malgré la beauté de la frappe. Les Bruxellois vont tenter une réaction timide et Dzhanaev ne sauvera les siens que dans le temps additionnel de la première période.

Dès la reprise, Noboa trouve Bukharov qui d’une splendide remise décale Azmoun qui cette fois trompe le gardien adverse. Rostov mène déjà 2-0 et va pouvoir développer son football de contre-attaque. Toute la Russie sait que l’on ne remonte pas deux buts à Berdyev, et c’est ce que le Constant Vanden Stock a découvert. Trop peu dangereux et se heurtant quelques fois à Dzhanaev, Anderlecht ne parvient pas à revenir dans le match et s’exposent aux contres de Noboa, Poloz et Azmoun. Ce n’était pas attendu mais Rostov se qualifie pour les barrages de la C1 et est assuré de disputer une Coupe d’Europe cette année. Anderlecht essayera de se consoler avec la Ligue Europa.

 Young Boys Berne (SUI) 2 – 0 (4 – 2 TàB) Shakhtar Donetsk (UKR) [Aller 0 – 2]

Les Ukrainiens disposaient d’une bonne option après le match aller mais vont se faire peur dès le début mais heureusement Hoareau est signalé hors-jeu suite à son but. Peu à peu, le Shakhtar va se montrer dangereux notamment par Stepanenko sur coups de pieds arrêtés mais MVogo est vigilant. Dès la reprise néanmoins, Pyatov va être mis en difficulté et en moins de dix minutes il cède deux fois face à l’attaquand japonais Kubo.  Les Ukrainiens sont dos au mur et Bertone va même trouver la transversale dans la foulée. Cependant en fin de match, les hommes de Donetsk vont se montrer de nouveau plus actifs mais leurs tentatives vont échouer sur MVogo en pleine forme. Dans les arrêts de jeu, la dernière occasion ukrainienne frôle le poteau, on va donc en prolongations. Des prolongations sans trop d’occasions, seul Sutter met Pyatov a contribution et Rudy Buquet emmène tout le monde aux tirs au but. La suite vous la connaissez, le Shakhtar est éliminé sans gloire face à un adversaire largement prenable…

 Dinamo Tbilisi (GEO) 0 – 1 Dinamo Zagreb (CRO) [Aller 0 – 2]

Bonne nouvelle pour Footballski il y aura un Dinamo de représenté lors des barrages d’accession aux phases de poules. Loin de l’ambiance estivale du match précédent contre Alashkert, ce match se déroulait sous des trombes d’eau au Boris Paichadze Dinamo Arena de Tbilisi. Dominés et battus 2-0 à l’aller, les Géorgiens n’ont pas abdiqué durant ce match, mettant l’engagement qu’il fallait pour renverser la vapeur, parfois trop d’ailleurs (le match se termine avec dix cartons jaunes, cinq des deux côtés). Mais comme l’a si bien dit Tacite, jamais la puissance n’est assez sûre quand elle est excessive. Et ni les cinq joueurs à vocation offensives alignés d’entrée de jeu et qui accompagnèrent toutes les actions, ni les 14 tirs, ni les 66% de possession de balle n’amèneront le Dinamo à marquer le moindre petit but. A l’inverse les Croates n’auront eu besoin que d’un coup franc de Rog mal appréhendé par le gardien français Anthony Scribe dès la huitième pour doucher les espoirs géorgiens. Dura lex sed lex.

 PAOK Salonique (GRE) 1 – 2 Ajax Amsterdam (P-B) [Aller 1 – 1]

Comment le PAOK a-t-il fait pour ne pas se qualifier après une telle première période ? Tout avait si bien commencé, pourtant, avec l’ouverture du score d’Athanasiadis sur corner, dès la 8e, à l’affût au deuxième poteau. Mais que dire de la suite… Par deux fois, l’attaquant grec s’est retrouvé seul face au gardien (23e, 26e), sans parvenir à corser l’addition. Impardonnable à ce niveau là de compétition. Surtout que le PAOK se faisait punir bêtement juste avant la pause, sur une faute stupide de Leovac dans la surface que Klaasen se chargeait de convertir en but. Cruel, mais finalement logique après tant de ratés. Toujours conquérants en seconde période, les joueurs du PAOK ne parvenaient pas à marquer ce deuxième but. Mystakidis touchait même la barre de la tête à la 76e, signe que l’ancien club de Berbatov était maudit dans son stade de la Toumba. Et le coup de poignard était porté par Klaasen, encore lui, à la 88e, d’une belle frappe croisée à l’entrée de la surface. 1-2 score final, et des regrets éternels.

© Steve Welsh/Getty Images

© Steve Welsh/Getty Images

 Celtic Glasgow (ECO) 2 – 1 FC Astana (KAZ) [Aller 1 – 1]

Astana pouvait nourrir quelques regrets à l’issue du match aller, globalement dominé mais à l’issue duquel Glasgow était parvenu à égaliser (1-1). La donne est simple pour la formation emmenée par Stanimir Stoilov : il faudra marquer en Ecosse pour espérer se qualifier. Dans un Celtic Park qui n’est pas loin d’afficher complet, les supporters entonnent avant le coup d’envoi un vibrant « You’ll never walk alone ». Pas de quoi, cependant, inspirer les 22 acteurs, qui livrent une première période bien pâle. Juste avant de rentrer aux vestiaires, le Celtic obtient un penalty suite à une faute maladroite (pour ne pas dire stupide) de Canas sur Tierney. Déjà buteur à l’aller, Leigh Griffiths ouvre le score (45e+3, 1-0).

L’entame du second acte est entièrement à l’avantage des locaux, qui paraissent décidés à enfoncer le clou. Très remuant sur son côté gauche, Griffiths ne passe pas loin du doublé (47e). C’est pourtant en plein temps fort écossais que les Kazakhs vont parvenir à marquer. Sur une longue ouverture, Gordon est obligé de sortir de sa surface pour éloigner le danger de la tête. Le ballon revient dans les pieds d’Ibraimi qui, très lucide, ajuste parfaitement son lob et égalise (62e, 1-1). Astana prend confiance et devient de plus en plus menaçant, notamment par l’intermédiaire de Kabananga. L’attaquant congolais a pourtant face à lui un gros client en la personne de Kolo Touré, dernière recrue des « Bhoys » et entré à l’heure de jeu. On semble s’acheminer vers une prolongation lorsque Moussa Dembélé est fauché dans la surface de réparation par Shitov. Penalty pour le Celtic et deuxième carton rouge pour le défenseur biélorusse, qui laisse ses coéquipiers terminer à dix. Dembélé se fait justice lui-même et envoie son club en barrages de C1 (90e+2, 2-1). Astana pourra regretter d’avoir concédé deux penaltys, à chaque fois en toute fin de période (le premier était d’ailleurs franchement évitable). Les Jaune et Bleu ne rééditeront pas la performance de la saison passée, durant laquelle ils avaient participé à la phase de poules de la Ligue des Champions. Mais il reste un ticket pour la C3 à aller chercher !

APOEL (CHY) 3 – 0 Rosenborg (NOR) [Aller 1 – 2]

Enorme soirée à Nicosie. Le 2-1 du match pouvait laisser une lueur d’espoir à l’APOEL d’atteindre les barrages de Champion’s League. Malheureusement pour les supporters du Neo GSP Stadium, le début de match est très fermé et surtout très haché avec pas moins de huit cartons jaunes lors de la rencontre. L’élément déclencheur du match ? L’entrée de Vander pour les locaux en fin de match. En fait si vous vouliez voir un grand moment de football il ne fallait surtout pas éteindre sa télévision avant la fin du match. A la 91e minute, Vander déborde sur son côté et adresse un centre à ras de terre parfait en direction de Gianniotas qui bien seul au second poteau n’a plus qu’à pousser le ballon au fond du but. Le stade est en feu, et c’est loin d’être terminé. Cinq minutes plus tard on inverse les joueurs et on recommence. Sur une balle chipée lors d’une offensive de Rosenborg, Gianniotas adresse un centre contré pour Vander qui vient déchirer la lucarne norvégienne. Et pour clouer le spectacle, à la 99e minute De Vicenti profite d’un dégagement totalement loupé de la défense de Rosenborg pour placer tranquillement son ballon dans le but de Kwarasey. 3-0 score final avec surtout trois buts dans le temps additionnel, un match qu’on est pas prêt d’oublier à Chypre !

FC Copenhague (DAN) 3 – 0 Astra Giurgiu (ROU) [Aller 1 – 1]

Il n’y a pas eu de miracle. Largement dominés à l’aller, les champions de Roumanie avaient sauvé le nul sur l’une de leurs rares occasions. Il fallait donc espérer un gros match, voire un miracle, pour atteindre le tour suivant dans la chaude ambiance du Telia Parken. Malheureusement pour les Roumains, il n’en a rien été. Les Danois ont même plié rapidement la chose, en menant 3-0 dès la mi-temps. Au quart d’heure de jeu, c’est sur du jeu simple que la défense de l’Astra est battue. Sur un centre, Alexandru Stan est largement battu de la tête par Andreas Cornelius, qui ouvre le score. C’est le début d’une longue et douloureuse soirée pour la défense roumaine. Moins de dix minutes plus tard, le FC Copenhague manque de peu de doubler la mise lorsque Delaney, laissé seul dans la surface, rate de peu le cadre d’un Lung Jr absolument battu. Ce n’est néanmoins qu’une question de minutes: sur une belle percée plein champ de Falk, le tir d’Augustinsson est repoussé du talon par Fabricio, mais arrive dans les pieds d’un Federico Santander encore une fois seul dans la surface. C’est tranquillement que l’ancien Toulousain marque. Le troisième but intervient lui dans les arrêts de jeu de la première période, avec encore une fois Cornelius de la tête. Sur un corner côté droit, le buteur est LE SEUL joueur à sauter pour prendre le ballon, devançant Geraldo Alves et Săpunaru qui se contentent de faire de la figuration.

Si la seconde période est meilleure pour l’Astra, c’est uniquement parce que le score n’évolue pas. Ce qui relève du petit miracle au vu notamment des dix premières minutes de jeu, où les Danois ont deux grosses occasions de gonfler encore le score. Si ces derniers se contentent ensuite du score et sont bien moins dangereux, l’Astra reste amorphe et incapable de mettre une seule fois le danger sur le but adverse. C’est au final une défaite aussi lourde sur le terrain qu’au tableau d’affichage. Pour sa première en Ligue des Champions, l’Astra, privée de son entraîneur Șumudică toujours suspendu, n’était clairement pas au niveau. Reversée en Europa League, il va falloir rapidement retrouver le niveau de l’an dernier pour se défaire d’adversaires potentiels tels que le Sparta Prague, Fenerbahçe, Saint-Etienne, ou la vieille connaissance West Ham…

 Legia Varsovie (POL) 0 – 0 AS Trencin (SVQ) [Aller 1 – 0]

Dans un stade finalement bien garni et avec les ultras du Legia qui ont cette capacité extraordinaire de mettre une ambiance même lors d’une bouillie de football, les Polonais ont passé un obstacle de plus vers leur destin européen. Ce fut un match rageant pour les Slovaques, qui ont beaucoup tenté mais sans succès avec plus de vingts tirs lors de ce match retour à Varsovie. Comme à l’aller, il leur a manqué cette chance du vainqueur, cette chance qu’il faut provoquer mais Kalu par plusieurs fois en première et seconde mi-temps a buté contre Malarz. Il s’est montré assez maladroit dans le dernier geste. Un match ouvert où les buts auraient dû pleuvoir mais qui a finalement accouché d’un triste match nul vierge de toute réalisation. Toutes ces occasions non-converties pour Trencin ou pour le Legia ont finalement ponctué le match d’une étrange mélodie. Ce Legia Warszawa d’un Besnik Hasi qui cherche la bonne formule fait de la peine. Depuis la blessure de Guilherme, il est encore plus compliqué pour le coach Albanais de trouver la bonne animation au milieu de terrain pour alimenter sa ligne d’attaque en ballons exploitables.

En plus de cette non-animation, la piètre performance d’un Nikolic peu inspiré, avec son lob des 35 mètres complètement manqué en seconde période ou son tir des cinq mètres topé en première mi-temps est le symbole de cette dure soirée footballistique. Hasi a reconnu en conférence de presse que son équipe ne joue pas comme il le souhaiterait, que cette équipe ne crée pas grand chose et que des ajustements sont nécessaires. Mais après tout, cette victoire sur les deux matchs et donc cette place pour les barrages de Ligue des Champions en temps que tête de série vient adoucir de la plus belle des manières, l’amer goût d’un jeu vide comme une feuille blanche Vendredi, le Legia connaîtra l’adversaire contre lequel il devra batailler pour atteindre enfin la phase de groupe de la coupe aux grandes oreilles. Les Polonais auront deux semaines pour remettre leur jeu, leur créativité, leurs automatismes au centre du village et enfin être le digne successeur du Widzew Lodz. Hasi et le Legia ont gagné une bataille, à eux maintenant de gagner la guerre, ensemble comme une équipe digne de ce nom et avec la manière.

 Hapoel Be’er Sheva (ISR) 1 – 0 Olympiakos (GRE) [Aller 0 – 0]

La honte. Ainsi pourrait-on résumer cette double confrontation de l’Olympiakos, tant les champions en titre ont été pathétiques et bien loin de leur niveau supposé. Sans se mettre à l’abri à l’aller, les Grecs s’exposaient à un match retour difficile sur la pelouse israélienne. Et c’est ce qui est arrivé. Incapable de créer le danger, malgré la présence de Chori et de Fortounis ensemble sur la pelouse, l’Olympiakos a joué à se faire peur. Sauf que, cette fois, Tzendek et l’Hapoel Be’er Sheva l’ont emporté, après le but du défenseur israélien à la 79e, qui profitait de l’attentisme de la défense grecque pour contrôler, puis enchaîner avec une reprise à l’entrée de la surface. Impensable, mais bien réel, et même plutôt mérité pour des Israéliens bien plus solidaires et volontaires que leurs adversaires grecs, qui voient la Ligue des Champions s’envoler. La causerie du président Marinakis a dû être salée.

Bilan et suite de la compétition

Qualifiés [8/20] : Legia Varsovie (POL), Steaua Bucarest (ROU), FK Rostov (RUS), Red Bull Salzbourg (AUT), Dinamo Zagreb (CRO), Ludogorets Razgrad (BUL), Viktoria Plzen (RTC), APOEL (CHY).
Éliminés et reversés en barrages de Ligue Europa [12/20] : AS Trencin (SLQ), Astra Giurgiu (ROU), BATE Borisov (BLR), Dinamo Tbilisi (GEO), Partizani Tirana (ALB), FC Astana (KAZ), PAOK Salonique et Olympiakos (GRE), Shakhtar Donetsk (UKR), Qarabag (AZE), Sparta Prague.

C’est un peu une de ses soirées de débacle que l’on redoute tant. En effet, sur les huit matchs qui opposaient nos équipes au reste de l’Europe, seuls deux se sont soldés par une victoire Footballski et ce n’était pas les plus attendu. Car oui, si Astra a été logiquement éliminé par les champions du Danemark et si le PAOK est tombé avec les honneurs contre l’Ajax. Astana a un peu déçu en se sabordant contre le Celtic mais pire, personne n’aurait imaginé les défaites du BATE, de l’Olympiakos et du Shakhtar Donetsk tombés respectivement en Irlande (Dundalk), en Israël (Be’er Sheva) et en Suisse (YB Berne). C’est donc un sentiment de honte qui prédomine ce soir avec mention spéciale à la Grèce qui a perdu ses deux représentants d’un coup, mais tout ce petit monde pourra retenter sa chance dans deux semaines, cette fois en Ligue Europa.

Heureusement, l’APOEL est venu (au bout du suspense) de Rosenborg grâce à trois buts dans les arrêts de jeu alors que Berdyev a de nouveau fait des miracles en qualifiant Rostov sur le terrain d’Anderlecht. Si le tirage n’est pas encore connu, on ne pourrait avoir (dans le pire des cas) que trois représentants en C1 cette année. Le Dynamo Kiev et le CSKA Moscou y sont déjà et nous aurons six équipes sur les dix présentes au tirage dans la partie de tableau des « champions » : ce qui nous assure un qualifié et pourrait nous en amener cinq dans le meilleur des cas. Dans l’autre partie de tableau, nos deux rescapés : Rostov et Steaua auront des challenges à la hauteur de la réputation de la C1 car le sort leur offrira au choix : Manchester City, Mönchengladbach, Villarreal, Porto ou l’Ajax.

 

La rédaction de Footballski


Image à la une : © Steve Welsh/Getty Images

Ligue des champions 2016-2017 : Troisième tour préliminaire retour
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A propos de l'auteur

Adrien Laëthier

Adrien Laëthier

Amoureux de la Russie et de l'Ukraine et spécialiste de ces footballs, ainsi que du football de l'Est en général ! A vécu en Russie, à Chelyabinsk là où les météorites tombent. J'essaye de faire vivre sur Footballski les différents championnats d'ex-URSS (Ukraine, Caucase, Baltique,...) ainsi que la RPL par les résumés hebdomadaires.

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1 commentaire

  • L’Ukraine est en déclin… Karpaty, Odessa, Metalist, Dnepro… tous c est club ont perrits après la révolution. Shaktar et Dynamo Kyiv sont descendu a un niveau plutot Europa league…
    C est triste.

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