Ligue des champions 2016-2017 : barrage retour

Pierre Vuillemot
Pierre Vuillemot - Publié le 25 août 2016

Fortunes diverses pour nos représentants Footballski dans ces barrages retour. Si les deux duels Footballsko-footballski se devaient d’avoir une issue mitigée, le Steaua a quand même prévu pris la porte, tout comme l’APOEL. En revanche, ça passe dans la difficulté pour le Legia et dans la facilité pour la belle histoire, Rostov.

Viktoria Plzen (RTC) 2 – 2 Ludogorets Razgrad (BUL) [Aller 0-2]

Après un match aller complètement foiré, le Viktoria Plzen accueillait dans son enceinte les Bulgares du Ludogorets Razgrad. Autant dire que ce match retour fut loin du désastre aller, malgré un aveu d’échec clair pour les Tchèques. Dès l’entame du match, le Viktoria Plzen se relance parfaitement dans la course à la qualification avec un corner parfaitement repris par le buteur slovaque Michal Duris. Loin de son niveau affiché depuis quelques semaines, le Viktoria Plzen semble, enfin, se remettre dans la bonne direction et affiche un début de match solide très vite douché par l’égalisation de Ludogorets, un peu moins de dix minutes plus tard, après une mauvaise relance de la défense tchèque. Malgré tout, le club de Plzen continue sa marche en avant, se procure des occasions et se voit même toucher la transversale des cages de Stoyanov.

Si la défense bulgare se montre plus ou moins solide, les relances, elles, ne se montrent pas franchement très rassurantes. De quoi créer des occasions pour le Viktoria Plzen. C’est de cette façon que le second but tchèque interviendra. Après une mauvaise relance bulgare, le jeune latéral tchèque Ales Mateju coupe parfaitement un centre de la tête et crucifie Stoyanov pour le 2-1. Et puis, la légende Claudiu Keseru intervient. Quelques minutes avant la fin du match, l’ancien pensionnaire de Ligue 1 décroche une frappe enroulée pleine lucarne et vient égaliser pour les Bulgares. De quoi parachever une belle qualification.

Legia Warszawa (POL) 1 – 1 Dundalk FC (IRL) [Aller 2-0]

© Adam Nurkiewicz/Getty Images

© Adam Nurkiewicz/Getty Images

Le Legia Warszawa l’a fait! Enfin! Depuis plus de 20 ans, aucun club polonais n’avait réussi à atteindre la phase de groupes de la Ligue des Champions! C’est historique et même pour le Legia, 21 ans après sa dernière campagne dans la grande coupe européenne, c’est un véritable soulagement, une joie mesurée, mais intacte (après l’épisode fantasque du match retour contre le Celtic en 2014 après une victoire 4-1 à l’aller). La honte et l’affront sont donc lavés sans brio, mais lavés.

Ce match retour à Varsovie, dans une ambiance folle et chaude, devait être une confirmation, voire une ballade de santé pour le Legia après la victoire des Polonais 2-0 à l’aller. Mais malgré cet avantage confortable et un public comme d’habitude au rendez-vous avec tifo superbe et pyros, le Legia s’est crispé, le Legia s’est fait peur. Dès la 19ème, Benson refroidit le Ł3 d’une superbe volée supersonique qui laisse Malarz de marbre. Crispé, avec de mauvais choix de construction comme à son habitude depuis l’arrivée d’Hasi, le Legia à domicile vacille. Dans tous les esprits, pendant les 70 minutes restantes, vient en tête cette malédiction du football polonais. Et puis après des occasions de part et d’autre, un Nikolic absent, un Langil brouillon, un Malarz décisif les Polonais exultent. Kucharczyk, meilleur joueur sur le terrain côté Legia, fut la lumière au bout du tunnel.

À la 92ème, il percute dans l’axe, élimine deux défenseurs et son tir du droit crucifie le gardien irlandais. C’est alors l’extase, le stade exulte, le banc file sur le terrain pour, dans une orgie footballistique, remercier le Messie du soir, Saint Kucharczyk, l’homme qui a toujours tout donné pour le Legia. Ce fut compliqué, long, dégueulasse, indigeste, crispant, mais kur*a qu’est-ce c’est bon. Le Legia y est enfin! Le foot polonais est de retour! Maintenant après les feux de joie, la fête et la communion, il va falloir représenter la Pologne et Hasi va devoir enfin faire jouer au football pour espérer exister.

Manchester City (ANG) 1 – 0 Steaua București (ROU) [Aller 5-0]

C’était moins pire que l’aller. C’est bien.

FK Rostov (RUS) 4 – 1 Ajax Amsterdam (P-B) [Aller 1-1]

Ils l’ont fait ! Le FK Rostov l’a fait et de quelle manière ! Grâce à une victoire acquise à domicile avec une facilité impressionnante contre l’Ajax Amsterdam en abusant de longues passes et en faisant preuve d’une grosse maîtrise tactique et technique (ce qui n’est pas sans rappeler une équipe d’Islande, mais en plus redoutable), les vice-champions de Russie se qualifient encore pour la Ligue des champions cette année et le FK Rostov va découvrir pour la première fois de son histoire la plus prestigieuse des compétitions européennes en clubs ! Pourtant, ce n’est pas sans scepticisme que les observateurs russes abordaient cette rencontre. En effet, au match aller, malgré l’ouverture du score rapide de Noboa, Rostov avait été dominé dans les grandes largeurs en parvenant à plier sans rompre.  Pour tout le monde, ceux que l’on surnomme les Jolto-Sinie, les Kombaynostroyteli ou encore les Semalchi se devaient impérativement de hausser sensiblement leur niveau de jeu. Malgré la démission de Kurban Berdyev le créateur de miracles, il était annoncé que celui-ci continuerait d’œuvrer dans l’ombre pour le FK Rostov et une victoire très convaincante obtenue contre le Tom Tomsk (3-0) permettait aux vice-champions de Russie d’aborder sereinement ce match retour.

                Dans un stade Olimp-2 rempli de fond en comble, le FK Rostov levait très rapidement les doutes. Bien que l’Ajax avait la possession au début de match, les Semalchi faisaient trembler les supporters néerlandais dès leur première occasion lorsqu’Erokhin filait droit et seul vers Cillessen qui arrêtait le ballon pour sauver une première fois son équipe. Première grosse occasion des Russes et c’était le début d’une véritable tempête. Peu après, Azmoun était superbement servi de la tête par Erokhin et fonçait avec Poloz vers les buts adverses. L’Iranien ratait malheureusement la passe décisive. L’Ajax se procurait sa seule occasion sur toute l’heure de jeu sur un coup franc du Serbe Nemanja Gudelj où la défense de Rostov ne s’était pas compris ce qui permettait à Traoré de tirer pour l’Ajax… au-dessus. C’était ensuite Kalachev le Biélorusse, omniprésent et impressionnant tout au long de ce match du haut de ses 35 ans, qui présentait son petit numéro tout seul sur son aile droite  pour tirer et raser le poteau gauche. Kalachev s’illustrait encore lorsqu’il était trouvé à la suite de passes rapides et que son ballon rasait la base du montant gauche. L’ouverture du score du FK Rostov apparaissait alors inévitable et elle survenait logiquement peu après la première demi-heure. Kalachev dépossédait magistralement Younes, faisait le une-deux avec Poloz, puis trouvait Noboa qui servait en profondeur Erokhin qui centrait pour un Azmoun impérial dans les airs qui n’avait plus qu’à placer une tête imparable (1-0, 34′). Rostov prenait les devants avant la mi-temps sur un très joli but, libérant les 16 000 spectateurs de l’Olimp-2 ! Erokhin et Kalachev menaçaient de doubler le score en combinant à l’entrée de la surface avant que le deuxième ne centre et que le ballon ne soit contré juste devant Azmoun. L’arbitre sifflait la mi-temps et la qualification se précisait pour Rostov qui avait dévoré offensivement et défensivement son adversaire.

                Le match tournait au festival offensif pour le FK Rostov en deuxième mi-temps. Ce festival était tout d’abord annoncé par une percée sur le couloir gauche de Terentyev qui obtenait un corner. Kalachev se chargeait d’un coup franc qu’il exécutait à la perfection et sur lequel Erokhin plaçait victorieusement sa tête (2-0, 52′). Invaincu depuis seize mois dans son stade Olimp-2, Rostov se dirigeait droit vers la Ligue des champions avec ses deux buts d’avance. Quelques minutes plus tard, Kalachev tirait un corner qui trouvait Azmoun puis Erokhin lesquels butaient sur les défenseurs de l’Ajax. Novoseltsev surgissait alors et envoyait le ballon d’un beau ciseau vers Noboa qui marquait du genou (3-0, 60′). Encore quelques instants plus tard, Erokhin battait Traoré au duel en défense puis remontait le terrain, se défaisait de tout le milieu néerlandais et trouvait Poloz dans la profondeur d’une passe superbe et minutieuse. Poloz se trouvait tout seul dans les trente derniers mètres et n’avait plus qu’à battre Cillessen pour amplifier le massacre (4-0, 66′). Deux percées de Kalachev menaçaient d’augmenter encore le score. Dmitri Kiritchenko décidait de mettre au repos trois des artisans de ce succès. Azmoun, Erokhin et Poloz cédaient leur place à Bukharov, Ezatolahi et Doumbia. L’Ajax en profitait pour tenter de sauver un peu l’honneur en fin de match et se procurait deux occasions sur un tir lointain de Schöne qui passait juste au-dessus puis un tir croisé de Traoré qui passait à côté du montant. La belle soirée de Rostov était un peu ternie par le penalty sifflé contre Kudryashov pour excès d’engagement sur Dolberg, le Russe étant expulsé sur le coup. Klaassen réduisait donc l’écart sur le penalty (4-1, 84′). Un dernier long ballon de Gatçan et le coup de sifflet final retentissait pour la plus grande joie des supporters de Rostov.

                Les Jolto-Sinie, que plusieurs observateurs critiquaient pour leur système régulièrement accusé d’être uniquement basé sur la défense, auront fait taire leurs détracteurs et se qualifient brillamment pour la première Ligue des champions de leur histoire après un match où l’équipe dans son intégralité aura brillé aussi bien en attaque qu’en défense et dévoré tout cru l’Ajax Amsterdam, envoyé en Ligue Europa, dans tous les compartiments de jeu. Le FK Rostov sera cependant le qualifié de la Ligue des champions au coefficient UEFA le plus faible, donc dans le quatrième chapeau dont il sera néanmoins l’un des ogres à éviter (avec Monaco et Besiktas) bien que méconnu. Si cette équipe séduisante contre l’Ajax parvenait à maintenir ce niveau de jeu, elle pourrait très certainement faire de belles choses en Ligue des champions. Avons-nous sous les yeux un digne successeur à l’AS Monaco de la saison 2014-2015 ? On ne peut pas dire que ce soit impossible, loin de là, même si le tirage au sort reste encore à être déterminé.

APOEL (CYP) 1 – 1 FC Kobenhavn (DAN) [Aller 0-1]

Cet APOEL là était sans doute trop limité pour jouer la Ligue des Champions. Certes, le GSP Stadium était plein à craquer, et les ultras chypriotes avaient décidé de sortir le grand jeu en mettant une ambiance surchauffée, à base de tifos et de fumigènes. Certes, en ouvrant le score à la 79′, Pieros Sotiriou pensait sans doute poser la première pierre du retournement de situation. Mais il n’en fut rien. Inférieur à son adversaire du soir, et de la confrontation, l’APOEL a finalement cédé sur la fin (86′), sur un but de l’ancien Toulousain Santander qui profitait d’une mauvaise appréciation de Waterman dans la cage chypriote pour marquer sur un centre venu de la droite. Cruel, mais pas immérité tant le milieu de terrain et la défense de l’APOEL a semblé fébrile et dépassée pour cette course à la LDC. Seule satisfaction, ou presque : Gianniotas, qui devrait être l’atout n°1 en Ligue Europa. Car l’histoire européenne ne s’est pas envolée pour autant, et il y aura peut-être un coup à jouer si le club se décide à recruter d’ici au 31 août.

Red Bull Salzburg (AUT) 1 – 2 [a.p.] Dinamo Zagreb (CRO) [Aller 1-1]

© STRINGER/AFP/Getty Images

© STRINGER/AFP/Getty Images

Eeeeeet… non.  Ce ne sera pas non plus pour cette année pour le Red Bull Salzburg qui voit sa malédiction se poursuivre. Cela fait maintenant neuf fois que les Autrichiens échouent lors des tours préliminaires de la Ligue des Champions en ne réussissant jamais à atteindre les poules. Pourtant, cette année, avec une des plus faibles équipes de ces neuf tentatives, semblait être la bonne et sur le terrain, les joueurs d’Oscar Garcia ont mis tous les ingrédients de leur côté. Après une première période remarquable collectivement, Valentino Lazaro, déjà buteur à l’aller, ouvrait le score à la suite d’une superbe contre-attaque. Un but qui montrait là tout son potentiel et son talent.

Et puis, sous les yeux de Dietrich Mateschitz, le grand patron de Red Bull, tout va partir en vrille. Les Autrichiens auraient dû recevoir un penalty pour une main d’un défenseur du Dinamo dans sa surface, mais l’histoire entre Salzburg et la Ligue des Champions est telle qu’elle s’écrira toujours avec des regrets. Encore plus lorsque, à la 87e minute, Junior Fernandes égalise sur une frappe… déviée qui échappe à Walke. Lazaro est en pleurs sur le banc, il sait probablement déjà ce qu’il va se passer en prolongation. Soudani se présente face au gardien autrichien, manque son face à face, mais le ballon lui revient et il le pousse au fond des filets. Comme un symbole.

La rédaction de Footballski

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Papa de Footballski. À l'Est de nulle part avec mon crâne rasé, un stylo et du football slovaque. Kolik jazyků umíš, tolikrát jsi člověkem.

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