Fin de l’aventure Kurteyan chez les Tricolorii

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Thomas Ghislain
Thomas Ghislain - Publié le 24 septembre 2015

21 septembre 2015. Le communiqué de presse tombe sur le site de la FMF, la fédération moldave: Alexandru Kurteyan (roumanisé en Curteian) a remis sa démission suite à une entrevue avec le président de la fédération, Pavel Cebanu. Les deux derniers matchs pour le compte des Éliminatoires de l’Euro 2016 seront pris en charge par Ștefan Stoica, l’actuel coach du Zimbru, en pleine réussite en ce début de saison.

Un bilan plutôt mauvais

« Nous proposons que le jour du 21 septembre soit une fête nationale! » a ironiquement réagi la page Facebook satirique « Banca de Rezerve » (« le banc des remplaçants »). Cela illustre toutefois le divorce qui commençait à se dessiner entre la sélection nationale moldave et son public. Désamour qui a culminé lors de la rencontre face au Monténégro où certains groupes de supporters fidèles aux Tricolorii avaient décidé de boycotter les matchs de l’équipe nationale jusqu’à la démission de Kurteyan.

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Le sélectionneur Kurteyan en marge du match face à la Suède (Mars 2015).

Il faut dire que le bilan de Kurteyan, arrivé en septembre dernier en lieu et place d’Ion Caras, n’est pas très glorieux. Seul son mois d’octobre 2014 fut encourageant, avec une courte défaite face à l’Autriche et surtout un match nul arraché à Moscou face au grand frère russe. Mais le mois suivant, le match de la honte casse la dynamique : une défaite indigne (0-1) face au Liechtenstein qui laisse à la Moldavie le soin de prendre la dernière place du groupe G. Et ce jusqu’à maintenant… Car de nouvelles désillusions ont suivi : celles plus ou moins attendues (défaite face à la Suède, 0-2 et en Autriche, 1-0) ou celles où l’on pouvait espérer un sursaut d’orgueil, lors de la réception du Monténégro (0-2) il y a deux semaines et surtout au Liechtenstein (1-1).

Certes, la Moldavie n’a pas beaucoup encaissé de buts durant ces éliminatoires, mais le bilan de Kurteyan ne compte donc aucune victoire, seulement deux matchs nuls et cinq défaites. Et rien d’étonnant à cela: la constante des matchs moldaves depuis un an est l’incapacité à se créer des occasions, et qui plus est à tirer au but – hormis face au Liechtenstein et surtout à Vaduz. Trois petits buts en 8 matchs (dont un seul dans le jeu, au Liechtenstein), c’est bien trop peu. Trop frileux, ses choix lors des deux derniers matchs (surtout en ce qui concerne la titularisation de Milinceanu en pointe) ont de plus posé question, tout comme la persistance à aligner Ilie Cebanu, qui malgré de gros arrêts réalisés à chaque match, se permet une floche de temps à autres (Zlatan peut s’en souvenir). Pour sa défense, deux de ses jours-clés manquaient pour ces deux joutes, le capitaine Epureanu et le milieu du Hellas Vérone Artur Ioniţă.

Un an de perdu ?

Au fil de ses résultats décevants, Kurteyan martelait qu’il était plus important de construire des bases pour le future que de regarder aux résultats, lui qui était auparavant en charge des U21. Toujours est-il que depuis l’accident face au Liechtenstein, la Moldavie était méconnaissable et passionnait de moins en moins son public. Outre les matchs officiels, rappelons que cela fait maintenant 14 matchs que la Moldavie n’a plus gagné (une victoire amicale contre l’Arabie Saoudite, 4-0, en mai 2014).

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Kurteyan et son leader et capitaine, Alexandru Epureanu.

Mais construire quoi, et pour quand ? Il n’y a pas de trace d’une réelle évolution malgré l’esquisse d’une colonne vertébrale Cebanu-Epureanu-Cojocari-(Ioniţă)-Dedov. Mais dès qu’un maillon manque (comme Epureanu) ou est en méforme (comme peuvent l’être Cebanu ou Dedov), la mécanique s’enraye très facilement. Au-delà de son arrière-garde, plus ou moins constante lors de ces éliminatoires, la moitié offensive de l’équipe reste peu solide et manque cruellement d’automatismes et d’idées.

Stoica pour la réception de la Russie

Stoica a désormais la difficile tâche de remettre à flot le navire moldave mais le challenge peut se révéler excitant lorsqu’on regarde le calendrier du mois prochain. En effet, la Moldavie jouera le rôle d’arbitre avec un déplacement de gala en Suède en guise de point d’orgue de cette campagne. Mais avant cela, la Moldavie accueillera la Russie le 9 octobre, un match très attendu dans un pays où l’influence moscovite reste culturellement et politiquement tangible et sensible. D’ailleurs, tous les tickets ont été vendus en seulement deux jours (!), et d’ores et déjà disponibles sur internet au quintuple du prix (500 lei au lieu de 100). C’est un match à suivre sur le terrain et dans les tribunes, car entre grand frère et ennemi proche, nul ne sait encore si la Russie sera en grande partie applaudie ou huée.

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Ştefan Stoica, époque Milsami.

L’on sera attentif aux choix du Roumain, lui qui peut surfer sur une vague de succès avec son club du Zimbru Chişinău depuis le début de la saison. A partir de novembre, la Moldavie n’aura donc plus de match officiel jusqu’en septembre 2016. La tâche de la FMF sera donc de trouver la bonne personne pour préparer la nouvelle campagne et effacer les déceptions de celle-ci. Qui sait, avec Dobrovolski ? Il est libre…

Thomas Ghislain

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La Syldavie gagnera la Coupe du Monde 2018. Folie sur la PMAN.

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