Euro 2016 : XI de légende – Savo Milosevic, « grobar » malgré lui

Pierre Vuillemot
Pierre Vuillemot - Publié le 12 juillet 2016

Si cet Euro 2016 ne verra aucune équipe Footballski aller au bout, il va sans dire que le football de l’Est et ses joueurs ont souvent marqué les éditions précédentes de cette grande compétition. De quoi vous proposer notre XI de légende à travers une série de onze portraits. Onze joueurs qui ont su marquer l’histoire de la compétition.


Il est probable que le nom de Savo Milošević ne vous soit pas totalement inconnu. Meilleur buteur et joueur le plus capé de la sélection nationale serbe, l’ancien joueur du Partizan Belgrade a longtemps roulé sa bosse sur les terrains européens avec, en point d’orgue, un Euro 2000 somptueux faisant de lui le meilleur buteur de la compétition. Derrière cette carrière de joueur, se cache pourtant un homme qui fit face à la guerre et à la mort d’une bonne partie de sa famille dans des événements tragiques. Un homme pour qui le football était un refuge et qui rêve encore de voir les querelles nationalistes mises de côté pour pouvoir enfin se tourner vers un avenir uni.

XI de légende : Attaquant – Savo Milošević

Entre la guerre et le football

Né en 1973 à Bijeljina, dans la république serbe de Bosnie, Savo Milošević fut marqué, comme tous les habitants, par la guerre qui frappa la région. Alors que tout enfant rêve d’une vie paisible et simple, celle de Savo bascula lors de l’adolescence. Entre bruits des armes, des explosions, des cris, des cadavres et les nettoyages ethniques des Tigres d’Arkan causant le tristement célèbre « massacre de Bijeljina », accompagnant ceux de Srebrenica, Bratunac ou encore Zvornik. A Bijeljina, où des milliers de personnes furent victimes de ces abominations. Dont son ami de jeu, Rade Sekanic, « une personne merveilleuse qui mourut brisé par une bombe ennemie« , comme il expliquait au journal El Pais, tout en refusant de citer le nom de cet ennemi.

Une période trouble, dure et cruelle qui marqua le joueur à jamais. Si chez certaines personnes, les affres de la guerre les tournèrent vers les extrêmes, Savo, lui, a su garder un discours intelligent et empreint de nostalgie. « La stupidité de la guerre a ruiné un pays si riche, si bon, si organisé … Nous sommes maintenant divisés, rabaissés, détruits […] L’ancienne Yougoslavie me manque. Mais je sens le respect de tous en Bosnie. » ajoutait-il. Puis en concluant par un symbolique, « j’ai des amis de toutes les races et de toutes les religions parce que je divise seulement les gens entre les bons et les mauvais. Je les distingue uniquement ainsi. » Un discours lourd de sens qui tranche avec celui d’un homonyme répondant au prénom de Slobodan. 

« Je ne peux pas oublier ce que ce beau pays m’a donné. La Yougoslavie me manque. Ça me revient à l’esprit comme une utopie. Je la vois si riche, si belle, si organisée, ce n’était pas parfait, mais nous n’avions pas compris qu’il fallait respecter ce pays et ses habitants. Nous avons tout détruit. Et je pense que la guerre aurait pu être évitée. » – Savo Milošević pour Zeit.de

Comme beaucoup, pour s’en sortir, le sport prenait une place importante dans la vie de Savo. Un refuge. Pour oublier et se protéger l’espace de quatre-vingt-dix minutes. Bien avant la guerre, dès le plus jeune âge, à sept ans, le football était présent dans la vie de cet enfant qui aimait se baigner dans la rivière Drina. Une rivière qui coupe aujourd’hui Serbes et Bosniaques, mais où Savo se sent bien. D’un côté, comme de l’autre.

Dans sa biographie, le joueur revient sur sa première fois avec le ballon rond et ses terrains. « Le football est ma vie aussi loin que je m’en souvienne. Le terrain était à cent mètres de chez moi et en vacances, toute la journée, nous étions là-bas. À l’école, j’étais le meilleur élève, j’avais les qualités pour continuer mes études, mais le sport et la formation professionnelle ne pouvaient coexister.  Je suis originaire d’une petite ville en Bosnie, et il est difficile de supposer qu’on puisse s’en sortir à travers le football là-bas. Cependant, quand je suis arrivé dans ma treizième année, j’ai été appelé avec l’équipe nationale cadette de Yougoslavie, et j’ai enfin pu apercevoir une petite chance de m’en sortir. En classe, personne ne me croyait quand je leur parlais de ma sélection. Ils pensaient que c’était une excuse pour sécher l’école. Par la suite, tout le monde était vraiment heureux car il est rare que quelqu’un que vous connaissez là-bas soit invité à représenter le pays. J’étais dans la municipalité de Bijeljina et dans la région, ils me connaissaient tous comme un garçon qui avait une bonne frappe de  balle, et n’étaient donc pas surpris quand je suis allé à Belgrade. »

« Mon plus grand rêve était de jouer pour le Partizan »

Et puis, en 1989, quelques années avant les massacres, un miracle arrive dans la vie du jeune Savo qui commence à se faire un nom chez les espoirs du pays. Au point de voir débarquer des émissaires du grand Partizan chez lui, à Bijeljina. Bien que son père proteste, ne voulant pas laisser partir son fils à Belgrade, le club arrive à lui faire changer d’avis. Le père comprit que l’offre était totalement inespérée pour ce jeune garçon encore relativement anonyme. Au grand bonheur du fiston qui ne rêve que d’une chose : Porter cette tunique blanche et noire. « C’était un conte de fées dans lequel les gens ordinaires comme mon père ne pouvaient y croire facilement. » racontait-il à Vreme.

« Comme tout enfant imprégné par les « Grobari », mon plus grand rêve était de jouer pour le Partizan. À Belgrade, je suis arrivé à l’âge de quinze ans, et mon but était de répondre aux attentes beaucoup plus vite que celles présentes dans mes rêves les plus fous. Quitter le domicile parental fut le plus grand changement dans ma vie. Après avoir joué dans quatre pays et huit équipes différentes, avec leurs propres mentalités, aucun changement n’a été proche de cela. Depuis la Bosnie, venir comme un enfant à Belgrade, sans connaissances, avec beaucoup de tentation. Ma maison et mon école m’ont fortement aidé à maintenir le bon sens et à rester les pieds sur terre. Je poursuivais mes objectifs, je n’ai pas regardé les gens autour de moi. J’ai signé un contrat de bourse avec le Partizan, qui était plus que suffisant pour un garçon d’une quinzaine d’années. » En ajoutant : « Si j’avais eu plus, cela n’aurait pas été une bonne chose. Je l’ai fait grâce à l’obstination, la persévérance, la discipline, le dévouement. J’ai été élevé de façon patriarcale, en sachant que rien ne tombe du ciel comme ça, que rien ne compte à part le travail décent et la sueur. Je l’ai appris et ça m’accompagne aujourd’hui. Tout ce que je sais, je l’ai appris dans la maison, sauf pour deux choses : trouver des amis et que l’argent ne change pas un homme dans le bon sens. On n’a pas eu tant d’argent à la maison, et j’ai appris comment faire face à de grosses rentrées d’argent. » comptait le joueur, toujours dans sa biographie.

Résultat des courses, le tout jeune attaquant serbe s’éclate et régale les foules l’espace de trois saisons en professionnel avec un peu moins d’une centaine de matchs, 65 buts inscrits et des premières sélections internationales. De quoi rendre fier ce père qui ne pouvait imager voir son fils devenir joueur professionnel et vivre du football.

Une carrière mouvementée

Et puis il connut les dérapages, les loupés, les difficultés et les moments de doute. Transféré à Aston Villa après ses premières années belgradoises, le jeune arrive comme l’un des grands espoirs du football pour la coquette somme de 3,5 millions de livres.

© David Rogers/Allsport

© David Rogers/Allsport

Au final, bien que sur le papier le bilan de Savo n’est pas des plus catastrophiques, le joueur se voit affubler du surnom de ‘miss-a-lot-evic’ pour sa tendance à vendanger ses actions. Ne laissant en guise de bons souvenirs qu’un but incroyable lors de la finale de la Coupe de la Ligue 96 et un style vestimentaire hors du commun grâce à un bandana aux couleurs du club de Birmingham. Un accessoire de mode qui se vendait alors comme des petits pains et fit la renommée du joueur, à défaut de ses prestations sur le terrain.

« J’ai passé un moment difficile en Angleterre, mais je ne blâme personne. » racontait le joueur au Guardian. « J’ai joué trois années et 100 matchs pour Aston Villa, je ne regrette pas. Ce fut une grande expérience et elle m’a servi en Espagne. Le football espagnol est plus proche du football yougoslave, tactiquement, techniquement. C’était plus offensif, c’était plus facile à s’adapter. »

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© Shoot Aston Villa

Un transfert à Saragosse plus tard, le joueur retrouva le chemin du succès durant l’année 2000 et l’Euro légendaire pour le peuple français. Si Savo ne souleva pas ce trophée de champion d’Europe, il brilla sous le maillot de la sélection nationale de la République fédérale de Yougoslavie en inscrivant pas moins de cinq buts durant cette compétition et terminant co-meilleur buteur.

« Une équipe comme la nôtre aurait pu mieux faire », confiait-il à UEFA.com. « Predrag Mijatović, Dragan Stojković, Vladimir Jugović, Siniša Mihajlović, Dejan Stanković, Slaviša Jokanović, Miroslav Djukić, Darko Kovačević, Dejan Govedarica, Ljubinko Drulović… c’était une équipe si brillante. » C’est le moins que l’on puise dire.

Après avoir gagné face à la Croatie, cette Yougoslavie remportait un match totalement fou face à une autre ancienne République yougoslave, la Slovénie. Menés 3-0, les coéquipiers de Savo, auteur d’un doublé lors de ce match, avaient trouvé la force de revenir à 3-3 en l’espace de quelques minutes seulement. Avant de chuter 4-3 quelques jours plus tard face à l’Espagne dans un match tout aussi fou alors que la sélection menait au score. « Ce match face à l’Espagne, nous ne pouvions pas nous permettre de le perdre, mais c’est arrivé« , regrettait Milošević. « Nous ne savions pas à ce moment-là si nous étions encore dans la compétition. »

Corrigé 6-1 par les Pays-Bas malgré un but de Savo, la Yougoslavie voyait cette compétition terminer de la plus mauvaise des manières après avoir tant donné durant la phase des groupes. Un spectacle loin du dernier Euro en date. « Parfois, les souvenirs sont positifs et parfois on est déçu, mais honnêtement, le plus important reste de participer à de grands tournois comme l’EURO« , expliquait-il, toujours pour l’UEFA. « C’est le rêve de chaque joueur. Des buts, des victoires et de la joie, c’est ce que tout le monde veut. Je regrette simplement que l’EURO 2000 ait été mon seul avec l’équipe nationale. »

© Phil Cole /Allsport

© Phil Cole /Allsport

Malgré tout, cet Euro sonnait aussi comme un changement important dans la carrière du joueur. Transféré pour environ 25M€ à Parme après ses performances tonitruantes, faisant de lui l’un des plus gros transferts du mercato, le joueur est attendu au tournant et doit faire oublier définitivement le ‘miss-a-lot-evic’ qu’il était. Malheureusement, Parme sera bien un échec. Ne confirmant pas les espoirs placés en lui lors de ses débuts en Serbie et sous le maillot de la sélection. « Je ne peux tenir personne responsable. J’ai choisi Parme, ce fut ma décision. J’en assume les responsabilités. » , se justifiait sans aucune langue de bois le joueur pour le journal Zeit. Bien qu’il n’ait jamais réellement explosé, il fut professionnel durant tout le long de ses passages, de l’Espagne à la Russie. Marquant au passage une dizaines de buts sous les maillots de ses clubs.

« Je n’aime pas mixer politique et sport » , poursuivait le joueur. « Mais nous pouvons prouver au monde que nous sommes des gens normaux et nous nous efforçons de les convaincre que les Serbes peuvent être des gens bien. » Cet engagement, il le porta jusque dans la rue.

Parti démocrate et adhésion politique

La tête bien faite, Milošević ne s’est jamais vraiment arrêté à jouer au football. Profitant de sa notoriété pour faire passer ses messages, sa vision et ses opinions sur les sujets brûlants de la société de l’ex-Yougoslavie. Suiveur du Parti démocrate serbe depuis 1993 après une rencontre avec Zoran Djindjic, alors président du parti, le joueur n’a pas caché son admiration pour l’homme et ses idées. « Bien que je ne me compare pas à cet homme (Zoran Djindjic, ndlr) de quelque façon que ce soit, je me suis aperçu qu’au cours de cette première rencontre, j’étais sur la même longueur d’onde que Zoran Djindjic sur de nombreuses questions. J’ai vu en lui le seul homme politique en Serbie avec une image réaliste de l’état et de la société dans laquelle nous vivons. » revenait l’attaquant serbe dans une interview pour le site Vreme.

© DIMITAR DILKOFF/AFP/Getty Images

© DIMITAR DILKOFF/AFP/Getty Images

Un engagement qu’il exposa publiquement quelques années plus tard dans les manifestations étudiantes et de l’opposition serbe contre les fraudes électorales du parti politique de Slobodan Milošević durant l’hiver 96-97. « Voilà comment je me sentais. J’ai eu besoin de dire publiquement ce que je pensais sur les politiques qui ont conduit la Serbie. » En ajoutant, « Je pensais pouvait le faire, croire que nous, en tant que personnage public, nous avons le devoir de nous joindre à un mouvement essayant d’interrompre la folie continuelle dans laquelle se trouve cet état et cette société. » Puis, en concluant, « Au risque que quelqu’un pense que je suis trop arrogant – ce que je ne suis pas -, je dirai que peu importe ma profession et mon opinion sur les joueurs de football, j’ai cru que c’était mon devoir de dire des choses à dire à ces jeunes. Il m’a semblé qu’un homme de mon expérience et de mon savoir avait le droit de parler à des étudiants et de leur apporter un soutien dans ces moments où ils avaient une bataille, non seulement pour leurs vies, mais aussi les nôtres. »

Jusqu’à devenir officiellement membre du Parti démocrate, en 2003, après l’assassinat de son ami Zoran Djindjic, alors Premier Ministre, d’une balle en plein coeur. Une tragédie qui révolta bien évidemment le natif de Bijeljina, entre la colère de perdre un proche et celle de voir l’homme en qui il voyait le futur du pays partir bien trop vite à ses yeux. « Un pays où l’on tue son Premier Ministre« , comme il le disait.

Un pays dans lequel, le doux rêve de Savo est de tenter d’oublier les tourments du passé. Pour continuer à avancer, ensemble. « Tout le monde parle de nous comme des nationalistes, mais j’ai le sentiment que nous, les Serbes, pensons avoir un monde meilleur que les autres. Nous avons une capacité inépuisable à nous quereller. » arguait-il, toujours pour Zeit. Tout en espérant voir la future génération qui n’a pas connu cette guerre insuffler un nouvel espoir. « Je ne vois pas en eux la haine de nos vieux amis. Il me donne l’espoir. Que les jeunes joueurs laissent la guerre derrière eux. »

La grande faucheuse

Si vous allez au JNA, vos oreilles ne devraient pas bouder leur plaisir à entendre un stade reprendre en coeur « Dobro Pamtim Sve » et son « quand je mourrai, ils vont dire quel Grobari j’étais. » Savo, lui, l’amoureux du Partizan, est un Grobar. Un fossoyeur. Au sens propre.

Alors que l’année 2000 est classée comme exceptionnelle pour le joueur avec l’Euro que l’on connait, elle fut pourtant bien plus délicate que ce que le sportif ne le laisse penser. Un an avant cette compétition, sa mère livre ses dernières forces contre un cancer qui l’emmena aux côtés des victimes de la guerre, six pieds sous terre. La faute à l’embargo international et les bombardements empêchant cette dernière de pouvoir se soigner convenablement. Un événement toujours difficile à gérer dans la vie mais qui, dans le cas de Savo, est annonciateur d’une suite tragique. Avec la grande faucheuse en guise de personnage principal.

© DIMITAR DILKOFF/AFP/Getty Images

© DIMITAR DILKOFF/AFP/Getty Images

C’est en 2009 que cette dernière fait son retour dans la vie du joueur serbe. Alors que sa famille se trouve sur l’autoroute entre Bijeljina – Rača, non loin de la frontière avec la Serbie, la Ford Fiesta conduite par la famille Milošević entre en collision avec une Renault Laguna qui n’avait pas respecté le Code de la route. Si cet accident ne fait aucune victime, il est malheureusement là pour rappeler à Savo que cette mort qui l’accompagne depuis son enfance et la guerre continue à veiller. Prête à frapper.

Deux ans plus tard, en 2011, l’histoire est tout autre. Bien plus sanglante. Alors que le père et grand-père du joueur se disputent, un coup de fusil M-48 éclate dans la demeure familiale de la ville de Glavičice, non loin de Bijeljina. Il s’avère que le grand-père, a asséné un tir mortel dans le thorax de son propre fils, père du joueur. « Voilà … mon grand-père a tué mon père … » explique désabusé Savo pour Vreme en 2014.  « Plus tard, il s’est avéré que c’était un accident. C’est un peu plus facile. Oui, grand-père est sorti avec une arme à feu dans sa main, mais pas l’intention de tuer son fils, mon père … Un accident! Mais désastreux pour la famille. Dans ces moments, un homme perd la foi. » Pour la retrouver, il ne peut compter que sur sa famille, bien que décimée. Exaspéré, irrité, en colère contre ce grand-père dont il n’arrivait pas comprendre pourquoi « il avait apporté ce foutu fusil ?! » Pourquoi il a tiré ?!« , le joueur se reconstruit comme il le peut, avec à ses côtés ce qui lui reste de famille, notamment sa sœur et son frère. Dont le destin se chargera de lui. Une nouvelle fois.

On aurait pu penser que la fin logique de ces malheurs se trouverait à la mort du grand-père, qui se tua dans son dernier lieu de vie, en prison, détruit par son acte. Mais le destin tragique de la famille Milošević n’est pourtant pas terminé. C’est en 2013 que le sort continue de s’acharner avec la disparition tragique d’Andrija Milošević, 38 ans et frère de, après un accident de voiture.

© DIMITAR DILKOFF/AFP/Getty Images)

© DIMITAR DILKOFF/AFP/Getty Images

« Trois ans après l’assassinat de mon père, on m’a rapporté que mon frère a eu un accident de voiture … Nous étions très proches … terriblement proches … Ils l’ont emmené aux urgences … Après quinze minutes, quelqu’un est venu et m’a dit que … qu’il était mort. A Trente-huit ans! » poursuivait le joueur, toujours pour Vreme.

Comme une histoire glauque sans fin, la mort ne semble pas vouloir laisser de répit à l’ancien international. En 2014, c’est son oncle qui dut faire face à la « malédiction Milošević » suite à un accident de la route à Jahovca, non loin de Bijeljina. C’est sur cette route qu’un tracteur est venu faucher la vie d’un autre membre de la famille Milošević. Un de plus.

Une vie difficile, cruelle. Dans laquelle la guerre, les armes, les cadavres et la douleur ont rythmé une bonne partie de son existence. Où le football était là, comme un échappatoire. Comme seul refuge. Pour lui, le meilleur buteur et joueur plus capé de l’histoire de la sélection serbe. Lui, l’homme qui ne cessera d’espérer revoir la rivière Drina unifiée. Comme un symbole de cette jeunesse perdue.

Pierre Vuillemot


Image à la une : © DIMITAR DILKOFF/AFP/Getty Images

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