On a discuté avec avec Badis Lebbihi, défenseur au Kaposvári Rákóczi FC

Romain Claudel - Publié le 4 juin 2014

Originaire de banlieue parisienne et formé à Lille, Badis Lebbihi est passé par Zulte-Waregem (Belgique), Dijon et Épinal, et jouait cette saison au Kaposvári Rákóczi FC, lanterne rouge du championnat hongrois. Gros plan sur son année, sa carrière et son intégration au pays du goulash et du poulet-paprika.

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Bonjour Badis et merci d’accorder ton temps à footballski. Tu joues au Kaposvári Rákóczi FC, club basé à Kaposvár en Hongrie. Comment as-tu fait le choix de venir jouer au foot dans ce pays ?

Je sortais de 6 mois sans avoir joué, après être parti d’Epinal suite à une blessure que je me suis faite dans les dernières journées de championnat. J’ai donc dû me soigner jusque septembre, période où il n’est plus du tout évident de trouver un club ; j’ai donc attendu janvier, où mon manager me parle de Kaposvar avec le projet de ramener des joueurs compétitifs afin de sauver le club. J’ai trouvé le projet intéressant, avec à la tête de l’équipe un coach respecté dans le monde du football (ndlr : Tibor Selymes, ancien joueur professionnel qui a participé aux Coupes du Monde 94 et 98 avec la Roumanie) : ça m’a tout de suite attiré.

Tu jouais à Épinal, en National, la saison dernière. Comment s’est passée ton adaptation au championnat hongrois ? Quelles sont les principales différences par rapport au championnat français ?

Mon adaptation s’est faite très rapidement, surtout grâce à la communauté francophone assez nombreuse ; même avec les étrangers, j’ai trouvé une ambiance saine, le fait qu’on se soit bien préparer footballistiquement en ne perdant qu’un seul match de toute la préparation a grandement facilité les choses également. Les différences par rapport au championnat français : je dirais que c’est surtout physique, dans l’impact et dans la capacité à répéter les efforts où en France c’est quand même beaucoup plus intense.

Les observateurs comparent souvent le niveau technique des divisions d’un pays à l’autre. Comment situerais-tu le championnat hongrois par rapport à la L1 et au National, où tu as joué ?

Je dirais qu’il y a deux catégories d’équipe en Hongrie : il y a le haut de tableau (deux ou trois équipe) que l’on peut comparer au milieu et bas de tableau de L1, puis il y a les autres équipes où le niveau varie entre L2 et National.

Je suis bien évidemment très triste pour le club qui, pour moi, ne méritait pas ça. Après c’est le football… C’est comme ça, l’essentiel est d’avoir tout donné, et moi je n’ai pas triché

Tu joues au poste de défenseur pour ton club ; quel est l’attaquant qui t’a posé le plus de problème cette saison ?

De loin Leonardo de Ferencváros. Tu sens que le mec a joué à un autre niveau (ndlr : joueur brésilien, il est passé par Feyenoord et l’Ajax) et j’ai bien aimé aussi le jeu de Zé Luis de Videoton (brésilien également, ancien de Braga).

La Hongrie est régulièrement frappée par des problèmes de hooliganisme et de racisme (nous avons parlé des dérives antisémites qui ont causé un match à huis clos pour l’équipe nationale hongroise dans un précédent article). As-tu rencontré des problèmes au cours de la saison ?

Personnellement, non, je n’ai pas eu de problème a ce niveau, ou alors c’est que je n’y prête pas attention. Mais je me souviens d’un match à Ujpest ou les supporters n’étaient pas tendre avec les étrangers de leur propre équipe…

Vous terminez la saison à la 16ème et dernière place de l’OTP Bank Liga. Comment as-tu vécu ces mauvais résultats ?

Je suis arrivé en janvier, l’équipe avait 9 points en 17 matchs joués, il n’en restait donc que 13 pour espérer se sauver. Malheureusement, on n’a pas réussi l’exploit, même si je pense qu’avec un peu plus de temps, on aurait pu y arriver. Je suis bien évidemment très triste pour le club qui, pour moi, ne méritait pas ça. Après c’est le football… C’est comme ça, l’essentiel est d’avoir tout donné, et moi je n’ai pas triché, j’ai tout donné jusqu’à la fin.

Quels sont tes projets pour l’année prochaine ? Te vois-tu continuer l’expérience en deuxième division, ou as-tu des envies d’ailleurs ?

Je suis ouvert à toutes propositions, ma priorité étant de jouer au plus haut niveau possible. Bien sûr, j’arrive en fin de contrat, maintenant à moi d’étudier les différentes propositions et choisir ce qu’il y a de mieux pour la suite de ma carrière.

Es-tu plutôt Unicum ou Palinka (ndlr : deux alcools locaux, pour lesquels il faut avoir l’estomac bien accroché) ?

Je ne bois pas d’alcool, donc aucune idée !

Comment se passe la communication avec tes coéquipiers ? As-tu appris le Hongrois, qui est l’une des langues les plus difficiles à apprendre au monde ?

Quasiment tout le monde au vestiaire parle un minimum anglais, donc on communique dans cette langue. Après, on n’était pas mal de francophones (8 à peu près) donc entre nous en français bien sûr. Non j’ai pas appris le hongrois, je connais juste quelques mots à force de les entendre tous les jours mais c’est vraiment très peu.

Qu’est-ce qui est le mieux (ou plutôt le pire) : la campagne hongroise, ou la campagne vosgienne ?

J’ai quand même une préférence pour la campagne vosgienne… Non mais, sérieusement dans les deux on s’ennuie à mort, je suis plus un gars de la ville.

 

Romain Claudel

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