#18 Les trophées Footballski

Pierre Vuillemot
Pierre Vuillemot - Publié le 2 mai 2016

Voici le dix-huitième numéro des trophées Footballski. Chaque semaine, nous revenons à travers ces quelques catégories sur ce qui se fait de mieux dans nos championnats.

LE FRANÇAIS DU WEEK-END : Bryan Nouvier (CFR Cluj)

Malgré ses 10 points de pénalité en début de saison, le CFR Cluj a quasiment assuré son maintien en Liga I après sa belle victoire 5-1 face au Poli Timișoara. Bryan Nouvier, formé au FC Metz, a ouvert le score au meilleur moment, juste avant la mi-temps, après une belle action construite par ses coéquipiers. Il marque là son deuxième but des playdowns, après avoir participé à la fête face à Botoșani (victoire 6-0), et son troisième de la saison. Invaincu à domicile depuis le début de l’année, le CFR Cluj a pour lui un calendrier favorable pour assurer définitivement sa présence dans l’élite dès les prochaines journées. A Timișoara, par contre, on s’approche lentement mais sûrement vers un improbable duel ACS Poli vs. ASU Poli la saison prochaine en Liga II.

LE JOUEUR DU WEEK-END : Takayuki Seto (Astra Giurgiu)

Exceptionnellement, le joueur du week-end… n’a pas joué ce week-end! Du moins pas encore. Symbole de la lente construction du club jusqu’à son titre, Seto mérite peut-être plus que les autres qu’on parle de lui. Arrivé au club en 2007, alors que l’Astra Ploiești n’était encore qu’en 3e division, le Japonais a progressé en même temps que son équipe. Devenu un pilier de l’effectif au milieu du terrain, il a tout connu avec son club. Les trois premières divisions roumaines, dans lesquelles il a joué et marqué, le déménagement du club à Giurgiu en 2012, jusqu’aux premières épopées européennes, et notamment l’exploit face à l’Olympique Lyonnais. Parti tenter sa chance en Turquie l’été dernier, Seto a connu une demi-saison mitigée à Osmanlispor et est finalement revenu à l’Astra en prêt cet hiver. Avec succès, puisqu’il connaît la consécration hier soir avec le premier titre de champion de Roumanie de l’histoire du club. Cerise sur le gâteau, il deviendra ce soir, grâce à sa titularisation face au Dinamo, l’étranger le plus capé en Liga 1 avec 203 matchs disputés!

LE BUT DU WEEK-END : Eduardo Pincelli (Ethnikos Achnas)

Un match sans trop d’importance pour les deux équipes chypriotes, puisque Doxa et Ethnikos Achnas (classés respectivement 9e et 12e) sont assurées de se maintenir en première division l’année prochaine. Mais les supporteurs présents au stade ont assisté à un magnifique but sur corner direct. L’Ethnikos, qui mène 1-0 à la 55e minute, obtient un corner. Son milieu de terrain brésilien, Eduardo Pincelli, se charge de le tirer. Il exécute un corner direct sensationnel pour tromper la vigilance d’Alexandre Negri, le gardien de Doxa, et faire le break pour son équipe.

LE TIFO DU WEEK-END : Lech Poznan vs. Legia Varsovie

"Pociagamy za sznurki" - "Nous tirons les ficelles"

« Pociagamy za sznurki » – « Nous tirons les ficelles »

"Ludzie starej daty" - "Gens de la vieille école"

« Ludzie starej daty » – « Gens de la vieille école »

Jouer de finale en Pologne entre le Lech et le Legia. Le match se jouant au même où nous mettons en ligne cet article, nous y reviendrons plus dans le détail demain dans les images de la semaine.

L’IMMIGRÉ DU WEEK-END : Václav Černý (Ajax Amsterdam)

Souvent utilisé avec l’équipe espoir ou les U19, la pépite tchèque Černý avait déjà porté les couleurs des Seniors quelques fois cette saison. Mais ce dimanche, dans un sprint final haletant où l’Ajax pourrait être champion à la différence de buts face au PSV (un cas similaire à 2007 lorsque le PSV avait remporté le titre pour un petit but d’avance), il fallait à tout prix corriger Twente, surtout que le rival d’Eindhoven faisait de même face à Cambuur (victoire 6-2). Et le premier des quatre buts ajacides fut inscrit par l’ailier droit Černý, son premier également pour l’équipe première en championnat, suite à un crochet et une frappe pleine de sang-froid. Formé, titulaire puis buteur dans la meilleure école de jeunes d’Europe, suffisant pour que l’espoir tchèque soit appelé chez les A’ d’ici quelques jours?

LA POLÉMIQUE DU WEEK-END : Shakhtar-Dynamo, où quand la Sbirna se fout sur la gueule

Le Classico ukrainien nous a encore livré son lot de « spectacle » dimanche soir. Malgré un match sans enjeu, le Dynamo étant déjà assuré du titre, les choses ont dégénéré en fin de rencontre avec une bagarre générale impliquant plusieurs internationaux ukrainiens. Comme à l’aller, le score sera de 3 à 0 en faveur du Shakhtar. Un Shakhtar qui va bénéficier durant la rencontre d’une certaine impunité, pourrait-on dire, lors de contacts musclés très à la limite. La frustration d’une rencontre qui échappe au Dynamo s’ajoutant à l’arbitrage contestable va faire monter la tension dans le match jusqu’à ce que le bouchon saute après le 3ème but.

Taras Stepaneko viendra en bas du parcage visiteur chambrer les supporters du Dynamo, un geste qui fera rentrer Sergiy Rybalka dans une colère noire. En regagnant le rond central, le milieu du Shakhtar va recevoir un coup de la part d’Andriy Yarmolenko. S’en suivront une bagarre générale puis des coups violents échangés entre Yarmolenko et Oleksandr Kucher sortie du banc pour en découdre. Les trois ukrainiens, Stepanenko, Kucher et Yarmolenko seront exclus, tout comme Mircea Lusescu fou de rage après ces incidents.

Stepanenko n’a pas été tendre avec Yarmolenko en conférence de presse d’après match annonçant que leur amitié était terminée. On avait l’habitude en Ukraine de voir des derbys bouillants sur le terrain, impliquant souvent des joueurs brésiliens, cette fois-ci, le bordel fut 100% ukrainien, une bonne nouvelle pour l’ambiance dans le vestiaire de la sélection à un mois de l’Euro.

LE MATCH DU WEEK-END : AS Trencin vs. Slovan Bratislava

Choc ce week-end ce vendredi avec ce duel en finale de coupe de Slovaquie entre l’AS Trencin, actuel leader du championnat, et son dauphin, le Slovan Bratislava. Vainqueur de la précédente édition, Trencin se rendait à Trnava, dans le nouveau stade de la ville, avec la ferme ambition de remporter cette deuxième finale de leur histoire, ces derniers ayant déjà remporté ce titre l’année dernière. Composé de son équipe type et emmené par Matus Bero comme principale arme offensive, les hommes Martin Ševela n’ont pas tardé à se mettre en valeur avec une nette domination dans tous les compartiments dès les premiers instants du match.

Dans une très belle ambiance, on peut déplorer le fait que le stade était vide, composé essentiellement de deux parcages, l’un du Slovan, l’autre de Trencin, la faute au choix de la ville, Trnava. Le club local, le Spartak, étant l’ennemi juré du Slovan Bratislava tandis que ses supporters n’aiment pas forcément bien plus l’AS Trencin et ses convictions antifascistes. Malgré tout, la première mi-temps ne donnera aucun but bien que Matus Bero ait touché le poteau de Jan Mucha lors d’un de ses tirs. Le seul véritable moment fort a finalement été un beau craquage de fumigènes à la 32ème minute de la part des supporters du Slovan Bratislava.

Après 53 minutes, le Slovan eu une belle action et se permet d’ouvrir le score. Kubik trouve la profondeur grâce à un appel d’Adam Zrelak, une nouvelle fois très remuant sur le front de l’attaque, qui crucifie Šemrinec d’un petit dribble et n’a plus qu’à conclure dans un but vide. Alors que Trencin semblait supérieur, le Slovan Bratislava ouvre le score et se place parfaitement dans une finale au scénario renversant. Car oui, quelques minutes plus tard, c’est au tour de Trencin et de son géant autrichien Stefan Maierhofer de se montrer. Tout juste entré en jeu, l’attaquant autrichien pèse énormément sur la défense du Slovan et se voit récompensé à la 77ème grâce à un but typique du renard des surfaces. 1-1, tout est relancé.
C’est alors au tour d’un autre protagoniste de se mettre en valeur : Gino Van Kessel. Formé à l’Ajax, le Néerlandais, qui était déjà très remuant depuis le début du match, débloque la situation et crucifie Jan Mucha pour scorer le 2-1. On est alors à la 87ème minute, le Slovan tente le tout pour le tout. Jan Mucha montre sur le dernier corner du match et, sur la contre-attaque, c’est encore Gino Van Kessel qui n’a plus qu’à tirer dans un but vide. 3-1, Trencin remporte là sa deuxième coupe de Slovaquie et vise le doublé coupe-championnat. Symbole d’une équipe qui ne cesse de monter.

La rédaction de Footballski


Image à la une : © metalist.ua

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