#12 Les trophées Footballski

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Pierre Vuillemot
Pierre Vuillemot - Publié le 14 mars 2016

Voici le douzième numéro des trophées Footballski. Chaque semaine, nous revenons à travers ces quelques catégories sur ce qui se fait de mieux dans nos championnats.

LE FRANÇAIS DU WEEK-END : Anthony Le Tallec (Atromitos)

Et si l’Atromitos s’offrait une fin de saison épique ? Longtemps à la lutte pour le maintien, les coéquipiers de Daouda Mbow ont accroché un succès précieux ce week-end contre l’Asteras, leur permettant de croire encore aux play-offs. Et ils le doivent en partie à Anthony Le Tallec. Entré à la 83’, l’ancien Havrais n’a eu besoin que de cinq minutes pour redonner l’avantage à son équipe, d’une tête en deux temps sur un coup franc excentré, à l’approche du temps additionnel (88’). Précieux.

LE JOUEUR DU WEEK-END : Spartak Gogniev (Ural)


S’il y a bien un joueur qui fait souvent parler en Russie c’est bien Spartak Gogniev. Surnommé la « prostituée russe » du fait qu’il fut joueur de la plupart des clubs de Premier League Russe, Spartak Gogniev n’est pas très populaire dans son pays. Avec un rendement but/match assez faible, il est assez décrié pour son manque d’efficacité. Mais du côté des supporters d’Ural, on l’adore! Se donnant toujours à fond sur le terrain, pour Dyadya Mavr, capo des ultras d’Ekaterinbourg, c’est un modèle pour les jeunes. Samedi, Ural recevait l’Anzhi et se devait de l’emporter pour continuer à regarder vers le haut. Et Gogniev a frappé fort, très fort. Buteur dès le début du match sur une bonne passe de Korobov, il fut également à l’origine du but du Sapeta à la demi heure de jeu. Menant 2-0, Ural s’est fait reprendre 2-2 et au vu de la tournure du match cela semblait bien mal embarqué pour les oranges. C’était sans compter sur Spartak Gogniev, qui a inscrit deux buts dans les dix dernières minutes, le premier d’une frappe enroulée du gauche et le second d’une tête plongeante dans les arrêts de jeu pour une victoire finale 4-2. Gogniev a fait taire beaucoup de détracteurs, une performance assez rare pour Spartak qui, pour la première fois depuis son arrivée à Ural, repart avec le ballon du match.

LE BUT DU WEEK-END : Darko Jevtić (Lech Poznan)

C’était le match des beaux buts entre le Lech et le Ruch ce week-end en Pologne, après une ouverture du score de Gajos d’une magnifique frappe, le Suisse Darko Jevtic conclut le spectacle avec un doublé et un dernier but pour sceller la victoire du club de Poznan. Une victoire importante et un but magnifique.

LE TIFO DU WEEK-END : Cracovia vs. Legia Varsovie

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On reste en Pologne avec le match opposant le Cracovia au Legia. Un match important sur le terrain entre deux clubs du haut de tableau, mais aussi, et c’est ce qui nous intéresse dans cette catégorie, dans les tribunes. Un match spécial pour les supporters du club de Cracovie qui fêtait pour l’occasion ses 110 ans, un anniversaire célébré comme il se doit.

Dans un stade comble, les supporters du Cracovia commenceront dans un premier temps par entonner l’hymne ou encore des chants tels que « Do boju Cracovia… – Cracovia, bat toi », « Cracovia gol! » ou encore « Ajax », les supporters du club néerlandais ayant un lien d’amitié avec les polonais. Puis, à la 19ème minute, l’ambiance monta d’un cran avec une invasion de drapeaux en tribune, 1906 pour être précis, faisant écho à la date de création du club, et l’apparition de la banderole « W królewskim Krakowie – Cracovie, la ville royale ». Mais le point culminant de la soirée sera lors de la 75ème minute avec le déploiement d’un tifo géant de plus de 2500 m² recouvrant les secteurs A, B et D avec pour inscription Kibolska Subkultura Cracovia que l’on peut traduire par un « Cracovia, culture ultra », Kibole étant un mot inventé par les journalistes et dérivé du mot Kibice, soit supporter, un mot pour différencier les supporters « normaux » des ultras.

Enfin, si les ultras du Legia ont été relégués au second plan dans ce match tant les supporters du Cracovia ont été présents derrière l’équipe, on ne peut que déplorer et condamner les cris de singe en fin de match à l’encontre de l’attaquant sénégalais du Cracovia, Boubacar Dialiba, qui passait alors devant eux.

L’IMMIGRÉ DU WEEK-END : Yevhen Konoplyanka (FC Seville)

Séville jouait un match à six points face à Villarreal ce dimanche. En cas de défaite, les Sévillans pouvaient être relégués à 11 points de leur adversaire, placé à la quatrième et dernière place qualificative pour la Ligue des Champions. A ce scénario catastrophe, tout le Ramón Sánchez Pizjuán y a cru, lorsque Bakambu plante un doublé en dix minutes en première mi-temps. Mais un CSC de Ruiz plus tard, le beau Yevhen Konoplyanka nous sort sa spéciale: accélération côté gauche, frappe dans la lunette du droit, 3-2 pour Séville. Un but ô combien important marqué par l’Ukrainien, son quatrième de la saison en Liga, lui qui est plus souvent joker de luxe que titulaire indiscutable dans l’équipe sévillane. Malheureusement, il sortira sur blessure, remplacé par Reyes qui ponctuera le match par 4-2, mais sous les applaudissements. Car le Kono du Dnipro, le jour-même où celui-ci renaît de ses cendres (cf. infra), c’est bien lui. On t’aime Yevhen.


Lire aussi : Yevhen Konoplyanka, de Kirovograd à Varsovie


LA POLÉMIQUE DU WEEK-END : La main de Lukáš Vácha

Déjà présent lors de la précédente édition des Trophées Footballski pour un magnifique but, Lukáš Vácha continue de faire parler de lui ce week-end mais, cette fois, pour ses qualités de gardien.

Après un match nul face à la Lazio, le Sparta Praha retrouvait le championnat face à un adversaire largement à la portée du club pragois, le Sigma Olomouc, avant dernier du championnat. Si au final le club s’est imposé 2-0, le match fait surtout parler dans la presse tchèque et dans ses lignes pour un fait de jeu intervenu à la demi-heure de jeu.

Ainsi, sur une tête de Aidin Mahmutovič à bout pourtant pour Olomouc, le milieu défensif du Sparta se prend pour un néo-gardien de but et semble suppléer David Bičík. Une action confuse qui sur les images ne laisse que très peu de doute sur la main et donc l’arrêt de Lukáš Vácha. Une action qui n’a cependant pas été sifflée par l’arbitre, ni contestée par les joueurs du Sigma Olomouc qui constateront à la mi-temps ce fait de jeu.

Un fait de jeu qui prend encore plus d’importance quand on voit le match du Sigma Olomouc qui a su être extrêmement solide et n’a chuté que durant la seconde mi-temps avec des buts de Lukáš Mareček puis de Lukáš Juliš dans la dernière minute du match. De son côté, Lukáš Vácha se défend en clamant que l’arrêt vient bel et bien du véritable gardien du Sparta, David Bičík.

LE MATCH DU WEEK-END : Dnipro Dnipropetrovsk vs. Shakhtar Donetsk

Une semaine après avoir chuté de manière presque grotesque (coucou Gueye) à Kiev face au Dynamo, le Dnipro recevait l’autre poids lourd du championnat ukrainien : le Shakhtar Donetsk. L’ancien club de Konoplyanka n’est plus ce qu’il était il y a moins de 10 mois.  Le club de la Dombass, lui, résiste aux affres de la crise pour tant bien que mal conforter sa position dominante au pays. Le beau match des ouailles de Lucescu en Europa League, jeudi, présageait d’une raclée en bonne et due forme pour le Dnipro.  Pourtant l’inverse s’est produit !

L’élément déclencheur de cette révolte à la fatalité est un joueur que l’on a plaisir à enfin revoir en pleine possession de ses moyens : Roman Zozulya. Sa combativité a entraîné dans son sillage toute son équipe comme lorsqu’à la 10ème minute, il se jette sur Kovalenko (faute ?) qui remet involontairement dans la course de Matheus qui talonne ensuite superbement dans la surface pour Ruiz ! 1-0, la Dnipro Arena s’enflamme comme à ses plus belles heures. Le Shakhtar possède pourtant encore les armes nécessaires pour la refroidir. Notamment le pied droit clinique de Srna qui dépose le cuir sur la tête de Malyshev à la 22ème minute qui remet les équipes sur un pied d’égalité.

On s’imagine alors le club minier prendre l’ascendant petit à petit et logiquement sur son valeureux adversaire comme l’avait fait le Dynamo à Lviv face au Karpaty, deux jours plus tôt. Mais il reste à Dnipropetorvsk, quelque chose qu’il n’y a plus forcément à Lviv : l’âme d’un grand club. Sur un service de Zozulya, Shakhov envoie une belle frappe tendue dans le petit filet de Pyatov juste avant la mi-temps. Ce but crée un élan que les hommes de Lucescu n’ont plus l’énergie de renverser.

Dès le départ de la seconde période, le héros du soir creuse l’écart. Zozulya place sa tête sur un centre de Matheus et fait échoir une énorme chape de plomb sur les têtes des hommes de l’Est. Les jeunes talents du Shakhtar, Ferreyra et Kovalenko, tentent bien de remettre leur club dans la course mais rien n’y fait. Ce sont même les locaux qui ajoutent un but par l’intermédiaire de Bezus sur pénalty dans les arrêts de jeu. Le stade est en fusion, une fois encore, le Shakhtar est tombé à Dnipropetrovsk.

La rédaction de Footballski


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