On a vécu Schalke 04 vs. Shakhtar Donetsk

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V. Athanasios Koulos
V. Athanasios Koulos - Publié le 2 mars 2016

Quand mon pote m’a proposé d’assister à, soit Leverkusen – Sporting, soit SchalkeShakhtar, mon choix fut vite fait. L’idée de voir à l’œuvre cet orfèvre d’Alex Texeira m’emballait au plus haut point. Et puis j’ai toujours aimé jouer avec les oranges à Fifa ! Enfin, avouons-le, j’étais curieux de visiter ce temple de modernité qu’est la Veltins Arena de Gelsenkirchen.

Malheureusement pour moi, une semaine ou deux après avoir acheté les places, ce monstre d’Alex Texeira succombait (lui aussi) aux sirènes chinoises. Qu’à cela ne tienne, je me contenterai de ce diable de Taison qui avait martyrisé les rouges de l’Olympiakos, en Europa League, du temps où il évoluait au Metalist Kharkiv, ou encore du jeune talent ukrainien Viktor Kovalenko.


Voir aussi : L’oeil du recruteur #5 : Viktor Kovalenko


Nous voilà donc partis au départ de Namur en Belgique, direction Maastricht puis Venlo pour bifurquer ensuite vers la Ruhr et Gelsenkirchen. Le voyage se passe sans encombre, l’autoroute des Pays-Bas est des plus confortables. Arrivé en Allemagne, ma vieille Clio de 13 ans d’âge a du mal à rivaliser avec les grosses berlines allemandes qui déboulent de tous les côtés (ils sont dingues ces Allemands !). Après une petite heure de route dans le pays de Goethe, on aperçoit la sortie Gelsenkirchen – Buer. Le temps de se parquer dans un des nombreux parkings aux alentours du stade, et nous voilà arrivés devant l’entrée de la Gazprom Tribüne. La foule n’est pas immense, nous sommes deux heures 30 avant le coup d’envoi mais les nombreux stewards locaux nous ouvrent les portes.

L'entrée de la Gazprom Tribüne (c) V.Koulos

L’entrée de la Gazprom Tribüne | © V.Koulos / Footballski

Le temps de faire le tour du stade, de visiter le fan shop, où, ô déception, ils n’avaient plus de maillots officiels en M ou L, nous voilà entrés dans le stade à proprement parlé. Nous sommes surpris de la totale liberté dont nous disposons à l’intérieur. Aucun contrôle de nos billets, les stewards qui nous interpellent ne sont là que pour nous aider et nous guider. Au niveau organisationnel, on voit qu’on est en Allemagne, les stands de nourriture et boissons sont partout, mais impossible de payer en cash. Nous devons passer par des caisses spéciales où l’on nous donne des cartes de payement rechargeable. Le temps de se désaltérer et de se sustenter, nous nous dirigeons vers nos places une heure avant le coup d’envoi.

Le stade n’est pas encore bien garni pour l’échauffement des équipes. Ce sont les Ukrainiens qui montent sur la pelouse les premiers. Nous sommes en admiration des contrôles orientés poitrine d’ Ismaily qui s’échauffe de notre côté et de la technique en générale de l’équipe ukrainienne toute entière. Quelques minutes après suivent d’abord les gardiens allemands qui ont le don de réveiller un peu la tribune ultras des königsblauen qui se remplit petit à petit. Malgré tout l’ambiance reste calme quasi jusqu’au coup d’envoi, chose qui m’étonne et me déçoit un peu. Le calme de l’assistance et le gigantisme de l’enceinte amplifient encore plus la sensation de froid de l’air ambiant.

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© V.Koulos / Footballski

Heureusement sur la pelouse le match démarre sans attendre. Les Allemands obtiennent un coup franc intéressant à l’entrée du rectangle et la frappe de Geis s’écrase sur le poteau d’un Pyatov qui était plus que battu ! On sent les Allemands conquérants et Leroy Sané est plus que déroutant sur la gauche. Quelques minutes plus tard, c’est au tour de Belhanda de tester Pyatov, mais là, le gardien ukrainien détourne brillamment le ballon en corner. Malgré cela, le Shakhtar montre beaucoup de métier et ne panique nullement. Ils procèdent en contre et leur trio de milieux offensifs, Taison, Kovalenko, Marlos fait mal en reconversions offensives. Peu avant la demi-heure, une énième reconversion à la suite d’un ballon de la défense orange dégagé dans les pieds de Kovalenko matiamène le 0-1. Le jeune blondinet a le temps de contrôler à la moitié du terrain et rouler dans la farine Matip, totalement aux fraises sur le coup. Le jeune successeur d’Alex Texeira prit le temps de lancer en profondeur Facundo Ferreyra qui remisa légèrement en retrait pour Marlos qui nous gratifia d’un but en talonnade s’il vous plait. Le 0-1 jeta un fameux coup de froid dans la Veltins Arena qui s’était finalement réveillée. On ne vit plus grand-chose avant le retour aux vestiaires sous les huées de quelques supporters allemands.

La deuxième mi-temps reprend dans le même schéma, les Allemands gardent la possession, mais n’en font rien. Pendant ce temps, au quart d’heure, à la suite d’un dégagement à nouveau anodin, Matip (encore lui) négocie mal une tête et permet à Taison de lui chiper le ballon, de le déborder sur la droite et de centrer à ras de terre pour Ferreyra qui n’a quasi plus qu’à pousser le ballon dans le but 0-2, la moitié du public quitte d’un seul coup le stade !

La fin de la deuxième mi-temps fut longue dans une grande enceinte à moitié vide et silencieuse mis à part les coups de sifflet des supporters locaux pour leurs couleurs. Et ce qui devait arriver arriva, une perte de balle de Sam dans le rectangle ukrainien amena une énième contre-attaque. A la suite d’une course de 60 mètres, Taison décala subtilement vers la droite à Kovalenko qui s’en allait crucifier le pauvre Fährmann qui au final n’eut aucun arrêt à réaliser de la soirée !

Ce fut, au final, une rencontre relativement bizarre à laquelle nous avons assisté. Schalke, bien que rempli de bonnes intentions, se fit surprendre par une équipe plein de métier et ultra rapide en reconversion offensive. On a le sentiment que les Allemands ont cru que le match était gagné après les 10 premières minutes du feu de Dieu qu’ils nous ont accordé. Les Ukrainiens, eux se montrèrent plus intelligents et roublards aux moments opportuns à l’image de leur capitaine Darijo Srna.

LES NOTES FOOTBALLSKI :

Standing du stade (5/5) :

Il est difficile de faire mieux comme stade. C’est le comble de la modernité. Pourtant, le stade a déjà 15 ans mais pour quelqu’un, comme moi, qui est habitué à l’inconfort des enceintes belges ou la vétusté des stades grecs, la Veltins Arena, c’était un peu comme le monde des poupées à Euro Disney. Féérique.

Disponibilité des billets (4/5) :

Sur le site du club, il est facile de commander ses places en ligne avec l’option de l’envoi par courrier.

Tarifs (4/5) :

Nous avons payé 40 euros pour nos places à hauteur du rond central. Certes nous étions un peu haut, mais on a déjà vu pire.

Ambiance (2/5) :

Évidemment, le résultat n’a pas pu faire du stade un chaudron, mais j’ai trouvé l’ambiance dès le départ très froide. Or, pour avoir déjà vécu des rencontres dans d’autre stades d’Allemagne, je sais que le public allemand est capable de mettre une bonne ambiance dans une arène. Maintenant, je ne connais pas le contexte. Il est vrai que les résultats de Schalke sont décevants cette saison, ceci explique peut-être cela.

Risques (5/5) :

Je me suis rarement senti aussi à l’aise autour d’un stade. La rigueur et la discipline allemande y sont certainement pour quelque chose. De plus, il y a énormément de stewards partout dans le stade qui viennent t’aider spontanément. Tout est donc mis en œuvre pour ton propre confort.

Accessibilité & Transports (5/5) :

Le stade est situé en dehors de la ville, juste à côté de l’autoroute. Il y a un nombre incalculable de parking tout autour du stade. Il est également possible d’accéder au stade via une ligne de tram.

Boissons (3/5) :

Bières (sans alcool), soft, café, thé, cacao, vin chaud… Tout est là mais peut-être un chouilla chero mais on reste dans des prix relativement corrects. En effet, un peu moins de 4 euros pour un demi, ce n’est pas bon marché, mais c’est honnête. Le hic c’est le sans alcool dans la bière qui fait mal au belge que je suis ! Du coup leur bière, c’est de la pisse de chat si vous me permettez l’expression.

Quartier environnant (1/5) :

La Ruhr, c’est des usines et autoroutes à perte de vue. Le stade en est bordé de tout côté et est totalement excentré du centre. Autant dire qu’on ne s’attarde pas trop aux alentours une fois le match terminé.

Vincent Koulos


Image à la une :  © V.Koulos / Footballski

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