Ligue Europa 2015/2016 – Seizièmes de finale aller

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Thomas Ghislain
Thomas Ghislain - Publié le 20 février 2016

Bon, et bien bonne année, voilà que c’est reparti en Ligue Europa. La phase de poules a eu un effet de débroussailleuse horrible pour nos clubs, qui ne sont plus que six représentants (dont une confrontation directe) pour ces 32e de finales aller. Venez revivre nos matchs avec les résumés loufoques des matchs de jeudi – et de mardi!

Fenerbahçe 2-0 Lokomotiv Moscou

Il y a de meilleures manières de préparer un 16e d’Europa Ligue que de se séparer de son meilleur buteur pendant la trêve hivernale. On ne s’habituera jamais aux excentricités de la cellule de recrutement du Loko ère Smorodskaya… Oumar Niasse parti pour Everton, il ne reste plus que Škuletić pour assurer le poste d’avant-centre, un joueur qui n’a jamais brillé dans le jeu tout en contre-attaque des cheminots. Le reste de la composition au coup d’envoi est plutôt classique, hormis Yanbaev qui remplace Chichkine, blessé, tandis que l’absence de Ćorluka, suspendu, a forcé Tcherevchenko à convoquer une paire Ďurica-Pejčinović qui a souvent pris l’eau par le passé.

Côté turc, pas de révolution non plus. L’effectif comporte quelques têtes connues, comme les anciens Mancuniens Nani et Van Persie, l’ex-Lillois Simon Kjær et le transfuge du Zenit Bruno Alves. L’entraîneur Vítor Pereira peut également compter sur une solide ossature d’internationaux turcs, avec le latéral Gökhan Gönül, les milieux Mehmet Topal et Ozan Tufan, ou encore l’ailier Volkan Şen, qui a posé beaucoup de problèmes à Yanbaev au cours du match.

Dès le début de la rencontre, le ton est donné : les Turcs partent à l’assaut du but de Guilherme, encouragé par la passivité des Moscovites en défense. Il faut toute l’agilité du gardien russo-brésilien pour détourner une première reprise acrobatique de Van Persie, qui a visiblement attendu le printemps européen pour sortir de sa léthargie. Un répit de courte durée : sur un mauvais dégagement de Ndinga, Gönül s’empare de la balle et centre au deuxième poteau vers Souza, qui trompe Guilherme d’une tête puissante (1-0).

Malgré un retour de flamme en début de seconde période, le Lokomotiv cède une seconde fois sur un centre d’Erkin repris par l’inévitable Souza (2-0). Le score aurait pu être bien plus lourd sans un excellent match de Guilherme, qui a sauvé plusieurs balles de but. Malheureusement, le « héros » de la soirée désigné par les médias, c’est Dimitri Tarasov, qui s’est distingué en exhibant un t-shirt à l’effigie de Poutine au coup de sifflet final. Un geste stupide, alors que les deux clubs ont tout fait depuis deux mois pour extraire cette rencontre du contexte politique délétère entre la Turquie et la Russie. Contrairement à ce qui s’était passé lors du match de poule contre Beşiktaş, les autorités turques ont vraiment tout fait pour éviter les incidents. Espérons que les Russes leur rendent la politesse la semaine prochaine.

Anderlecht 1-0 Olympiakos

Anderlecht recevait l’Olympiakos dans un match qui semblait, sur le papier, équilibré. Et les 90 minutes suivantes ne vont pas démentir cela. Dans une partie qui a eu du mal à décider de son vainqueur, Ideye Brown a manqué le coche en trouvant le poteau de Proto sur un service de Jimmy, mettant dans le vent un Büttner aux pâquerettes. Auparavant, les Mauves avaient alerté Roberto via Djuricic et Okaka, puis sur un numéro solo du Serbe, où le gardien brésilien tend fermement sa main droite pour repousser le danger. Peu d’occasions franches, peu de créativité offensive de part et d’autre, et un Anderlecht qui laisse le ballon à son adversaire tout en se procurant les meilleures occasions. Ah, et Defour a pris son jaune habituel.

La deuxième période repart avec les mêmes acteurs et donc la même dynamique. Ni l’Olympiakos ni Anderlecht n’arrivent à enflammer la partie. Cela allait se décider sur une erreur individuelle, et vu que Proto était impeccable, c’est tombé sur Roberto. Sur un corner anodin de Büttner, le gardien des Rouges et Blancs s’élève, touche la balle du poing, mais celle-ci revient vers son but tandis qu’il s’écroule sur un adversaire. Il n’en fallait pas plus pour Kara qui marque, d’un splendide retourné à 2 mètres de la ligne et dans un but vide, son premier but pour Anderlecht. Malgré une discussion avec l’arbitre de touche, le ref’ accorde le but qu’Anderlecht va chèrement protéger au match retour en Grèce. En effet, l’Olympiakos fut incapable de réagir et ce n’est pas le coaching de Marco Silva qui aurait pu y changer grand-chose.

Valencia 6-0 Rapid Vienne

Si l’Anschluss était une rencontre de football, ce ValenceRapid en serait le parfait miroir. Avec un score incroyable de 5-0 dès la 35ème minute en faveur des Espagnols, les Vert et Blanc ont tout simplement été balayés. Pourtant leur adversaire réalise une saison médiocre en Liga (seulement douzième) et son entraîneur, Gary Neville, est contesté. Le Rapid Vienne a sans doute vécu son Brésil-Allemagne 2014 ce jeudi 18 février. Malgré une équipe type et des joueurs en forme, Hofmann, Schwab, Petsos et Schobesberger, les hommes de Zoran Barisic se sont fait piétiner, massacrer et totalement humilier. Dépassés dans tous les secteurs de jeu, notamment dans l’engagement, ils ont dû faire face à la réussite insolente de Santi Mina, auteur de trois passes décisives et de deux buts. Pourtant le Rapid a tenté sa chance à neuf reprises, sans réussite. Le match retour sera l’occasion de laver cet affront qui fait tache dans la belle saison des Autrichiens (2ème en Bundesliga, 1er de leur groupe de C3).

Sparta Prague 1-0 Krasnodar

Alors que le Sparta avait eu la chance de reprendre la route du championnat local le week-end dernier, Krasnodar, lui, jouait là son premier match officiel de la nouvelle année alors que le championnat russe n’a toujours pas sorti le bout de son nez. Dans un Letna bien garni, le Sparta prend rapidement les choses en main et attaque dès le début de match avec une superbe action offensive repoussait par Dikan. Quelques minutes plus tard, ce même Dikan eut la bonne idée de stopper une nouvelle fois deux grosses actions tchèques, dont une belle frappe de Krejci.

Dominateur durant toute la première mi-temps, le Sparta continuera sa très belle performance en ne concédant tout simplement aucune action russe. Si Dikan sort une prestation grandiose dans ses cages, il n’est malheureusement pas vraiment aidé par ses partenaires. Une situation qui ne tardera pas à faire plier les Russes sur un centre de Dockal pour la tête à bout portant de Julis. Le Sparta prend enfin l’avantage et ne le cédera pas malgré quelques actions des Russes en fin de match, les premières du match.

Shakhtar 0-0 Schalke 04

Pour son premier match de l’année, le Shakhtar se présentait avec une fraîcheur physique dans une Lviv Arena encore une fois pleine à craquer, mais incertaine quant à son football avec la perte hivernale de son maître à jouer Alex Teixeira, parti se remplir les poches en Chine. Contre eux, se présentait une très jeune équipe de Schalke, mais ô combien talentueuse et virevoltante, promettant de beaux mots de tête à la défense du Shakhtar.

La partie débute sur un round d’observation pendant lequel Schalke se met en évidence par Choupo-Moting, mais Rakitskiy et Kucher veillent au grain. L’arbitre est tendu et a le sifflet facile, ce qui provoque l’ire des joueurs.. Et entraîne encore plus de fautes. De retour en Ukraine, Younes Belhanda se créera la première énorme occasion du match en faisant un festival dans la surface ukrainienne avant de voir son tir repoussé par Pyatov. Le match s’emballe, mais le Shakhtar est trop brouillon techniquement dans les 30 derniers mètres pour inquiéter Schalke, marquant clairement le vide qu’a laissé Alex Teixeira dans l’entre jeu. Son remplaçant, Viktor Kovalenko, est en jambe, mais manque d’imagination dans son jeu, sûrement du à son envie de bien faire, handicap clairement les offensives de Donetsk. Cette première mi-temps fut agréable par l’engagement des deux équipes, mais manque cruellement d’occasion, et donc de but.

Le Shakhtar reprend la seconde mi-temps avec plus d’idée et d’envie, et provoquera sa première vraie occasion par l’intermédiaire d’Oleksandr Gladkiy, mais son manque, récurent d’efficacité ne permet pas au Shakhtar de concrétiser sa domination. Et ce fut bien dommage, car Schalke poussera par la suite avec un Leroy Sane très actif, mais qui butera sur un Kucher solide, mais plus encore par l’intermédiaire du latéral droit Junior Caiçara, véritable feu follet incontrôlable dans son couloir. Belhanda puis Neustadter mettront à contribution Pyatov, mais ce dernier sorti les barbelés et ne laissa rien passer. Et même pas un coup franc indirect dans sa surface, très litigieux, qu’il repoussera avec l’aide de ses coéquipiers. Le Shakhtar se procurera une dernière occasion, mais manquera encore une fois de lucidité dans le dernier geste. Et la lucidité, ce fut ce qui manqua à Oleksandr Kucher qui commit une faute inutile sanctionnée d’un second carton jaune, et donc d’un rouge synonyme de suspension pour le match retour en Allemagne.

Si ce résultat paraît être mauvais pour le Shakhtar sur le papier, il fut plutôt heureux au vu du niveau de jeu affiché et par le bon match de Schalke qui a buté sur un très bon Pyatov pendant tout le match. Le retour en Allemagne paraît périlleux pour l’équipe de Donetsk, mais le championnat aura repris, et l’équipe aura sûrement trouvé plus de points de repère dans son jeu. Enfin on l’espère.

La rédaction de Footballski


Photo à la une : © uefa.com

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La Syldavie gagnera la Coupe du Monde 2018. Folie sur la PMAN.

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